24 janvier 2023 2 24 /01 /janvier /2023 14:28

 

LA BD:





 

C'est quoi ? HISTOIRES COURTES



 

C'est de qui ? J. Itto



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui ? Delcourt Tonkam

 

 

Déjà croisé sur le site? Non



 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Dérangeantes, malaisantes, terrifiantes, …les adjectifs qui s’appliquent aux histoires courtes présentes dans ce recueil. 



 

Qu’il s’agissent de gens retrouvés nus et cousus entre eux par un désaxé qui terrorise la population, d’un foetus sorti du corps d’une morte, d’une jeune femme amatrice d’ovnis qui disparaît mystérieusement aux yeux de ses amoureux, voire de l’admiration de l’auteur pour un mangaka célèbre, les scénarios des nouvelles de Itto sont tout aussi perturbants (tiens encore un adjectif) que leur desins, qui, sans crier gare, tombent dans l’horreur torve au détour d’une page.

 

On retrouve également deux adaptations de textes d’Edogawa Ranpo, l’un des maîtres de l’Ero-guro auquel d’autres mangakas se sont déjà frottés (dont certains croisés chez nous) sur lesquels Itto est clairement à son aise.



 

Panorama assez parlant du talent et de l'œuvre de l’auteur japonais, ces nouvelles dessinées, si un brin inégales (mais c’est souvent le cas dans ce genre d’anthologie) sont une excellente entrée en matière vers le reste de l'œuvre d’Itto disponible en VF, dont une grande partie chez Delcourt d’ailleurs.



 

Cerises sur le gâteau, l’édition proposée ici contient pas mal de pages en couleur et des illustrations originales, le tout sous format cartonné (dans le style des recueils luxe de Tezuka) et pourra -entre autre- faire un fort joli cadeau d’ici un gros mois au pied du sapin pour tout amateur de mangas adultes et/ou d’horreur gore et graphique.






 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi :LO SPETTRO



 

C'est de qui ? De Masi



 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui



 

On peut écouter ?

 


 

 

Ca donne Quoi ? Ce remake transalpin des Diaboliques de Clouzot version gothique, réalisé au début des années 60, à l’époque où la Cinecitta connaît l’effervescence d’une bouteille de champagne entre les mains du vainqueur d’un Grand Prix, possède une B.O qui allie le savoir faire italien et l’efficacité des classiques de la Hammer, avec force glissandos de cordes et alternance de passages romantiques et de pistes dédiées à l’épouvante.

 

 

Notons que la paternité de la partition reste floue, en effet si le générique du film l’attribue à Franco Manino, une réédition tardive en cd affiche Francesco de Masi comme auteur.

 

Les compositeurs, compatriotes, ayant été de vrais stakhanovistes de la discipline et comptant des centaines de scores à leur actif (avec parfois des dizaines de réalisations en une seule année), il y a fort à parier qu’à un moment donné, même les deux intéressés auraient été bien incapables de dire s’ils avaient écrit cette B.O de série B honnête, un rien lambda et surannée  mais, reconnaissons le, assez flippante par moments !






 

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17 janvier 2023 2 17 /01 /janvier /2023 14:33





 

LA BD:





 

C'est quoi ? FRIDAY



 

C'est de qui ? Brubaker & Martin



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui ? Glénat

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui, les deux.



 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Toute sa jeunesse, Friday l’a passé à éclaircir des mystères avec son meilleur ami Lancelot, un marginal comme elle.

 

Au moment de quitter leur patelin pour la fac, la jeune fille a voulu savoir s' il y avait quelque chose de plus entre eux et a quelque peu mis à mal leur amitié.



 

La voilà revenue le temps des vacances de fin d’année et à peine a-t-elle remis les pieds à King’s Hill que Lancelot l’entraîne sur une nouvelle enquête plutôt glauque qui fait rapidement ressortir de vieux démons.



 

Après plus de 3 décennies à exploiter extensivement l’univers du polar et des super-héros, avec un petit virage de temps à autre du coté du fantastique, voilà que le vétéran Ed Brubaker prend tout le monde de court avec cette nouvelle série, qui, si elle flirte avec ses genres de prédilection, se veut avant tout une histoire sur les relations d’adolescents.

 


 

Et pour ne rien gâcher, le scénariste se révèle un fin observateur avec ses personnages aux profils bien écrits qui n’ont rien à envier à ceux du spécialiste du genre.

L’histoire de ce premier volet, une fois le contexte installé, se révèle accrocheuse et riche en suspense comme en action.



 

Au dessin il s’est associé à l’espagnol Marcos Martin, lui aussi pas mal versé dans le super-héros, mais dont le trait atypique et anguleux n’est jamais meilleur que sur des séries un peu en marge, je pense notamment à Private Eye et Barrier, et qui donne ici au scénario de Brubaker une vraie personnalité et fait sortir le titre des sentiers battus.



 

Un habile et prometteur mélange des genres!






 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : GRIMM SEASON 2



 

C'est de qui ? R. Marvin



 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui.



 

On peut écouter ?

 


 

Ca donne Quoi ? Si la série TV Grimm malgré son mélange de polar et de fantastique ne m’a pas convaincu sur ses 6 saisons a maintenu un bon niveau sur sa B.O pas mal fichue qui emprunte autant aux anciennes musiques d’épouvante avec des effets instrumentaux intéressants, qu’aux canons actuels du genre.

 

Le compositeur joue autant sur l’étrangeté du monde surnaturel avec des mélodies aux échos  elfmaniens aux dissonances de cordes agréables, que sur le suspense et l’action- pas mal représentés- à base de pistes plus musclées avec  notamment un peu de guitare disto et un travail intelligent sur la rythmique et les effets de post prod.

 

Un mash-up de genres dans l’esprit de celui de Friday pour lequel il a fait une bande son plus qu’honorable.






 

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4 janvier 2023 3 04 /01 /janvier /2023 17:31

 

 

LA BD:




 

C'est quoi ? AKELARRE


 

C'est de qui ? M. Carot


 

La Couv':

 


 

Déjà croisé sur le site? Oui.


 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? En plein moyen-age, en Espagne, un concours de beauté est organisé dans une grande ville.

 

Attirées pour diverses raisons, des jeunes filles vont toutes vivre une rencontre ou évènement qui va changer leur existence.


 

Une femme qui cache ses atours sous une armure pour défendre l’honneur de sa famille va découvrir les joies du saphisme et l’amour, une soeur et un frère vont être poussés dans les bras l’un de l’autre par des parents dérangés, une servante enrobée est prête à tout pour gagner le titre…

 

Mais le malin ne serait-il pas derrière tout ceci?!


 

Manolo Carot, après le récent Chute de Dante, voit un autre de ses albums érotiques traduits chez nous.

Construit en plusieurs petits récits qui se recoupent, l’ensemble est, comme toujours avec l’auteur, aussi explicite que réussi graphiquement. 

 

Chaque chapitre est fourni en relations sexuelles diverses et variées qui laissent peu de place à l’imagination mais titille le lecteur…enfin pas toutes!

 

Parce qu’en plein “Vives-gate” :Angoulême 2023, il ne sera pas inutile d’informer le lecteur que viol et inceste font partie intégrante du récit -à replacer dans un contexte historique où, hélas, c'étaient des pratiques plutôt courantes- et que l’album est donc à réserver à un public plus qu’averti.


 

 

Mais notons également que les thématiques de l’hypocrisie de la religion, la force de l’amour malgré les interdits (le couple lesbien) et l’acceptation de l’autre sont aussi des thématiques traitées -certes légèrement mais tout de même- dans cette débauche de sexe moyenâgeux.  




 

LA MUSIQUE:




 

C'est quoi :DANS LES GRIFFES DE LA MOMIE


 

C'est de qui ? D. Banks


 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui


 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Comme ils avaient pu le faire pour Dracula, ou Frankeinstein, les studios de la Hammer usèrent le filon de la Momie jusqu’à la corde.

J’en veux pour preuve ce troisième film, fort loin du premier, qui surfe sans vergogne et sans beaucoup d’intérêt sur la vague de popularité déjà mourante de la franchise.

 

C’est à l’australien Don Banks qu’est confié la mise en musique de cette suite ; les cadors de la Hammer, James Bernard en tête, étant assigné à des projets plus bankable.

 

Si Banks jazzman de formation, s’intéresse déjà à l’époque à la musique sérielle ; pourtant, dans sa B.O rien de bien original à se mettre sous la dent.

On est dans du score made in Hammer lambda, avec peu d’instruments, essentiellement des cordes et des cuivres, certes pas trop mal utilisés mais sans grande originalité.

 

Question peut être de rendement le compositeur accouche d’une partition efficace mais loin d’être inoubliable dont néanmoins l’atmosphère générale d’horreur parfois lyrique, et l’ étrange absence de motifs en rapport avec la Momie du titre, sont tout désignés pour aller avec notre BD du jour à laquelle ils ajoutent une couche de plus de sulfureux !

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2 janvier 2023 1 02 /01 /janvier /2023 14:24

Une fois n'est pas coutume, on commence l'année sur les chapeaux de roue avec un cycle thématique fripon, genre qui a toujours la côte, ici comme ailleurs.
 

LA BD:




 

C'est quoi ? DEMONE X


 

C'est de qui ? F. Mensink


 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui ? Tabou BD

 

 

Déjà croisé sur le site? Non


 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ?Dans une sorte d’enfer, la lubrique et colérique maîtresse des lieux s’ennuie à mourir entre des serviteurs  stupides et des esclaves sexuels trop soumis.

Aussi quand elle découvre dans notre mone une jeune femme à la libido déchainée qui lui ressemble beaucoup elle envoie un de ses sbires monstrueux l’enelver pour en faire son jouet.

 

Mais c’est sans compter sur le fort caractère de notre humaine qui, si elle se prête aux fantasmes de la démone, ne compte pas se laisser enfermer dans cet univers diabolique sulfureux.


 

Dans un style graphique semi réaliste soigné qui est à mi chemin du cartoon sexy à la Dean Yeagle et du comics d’un Adam Hugues, Frans Mensink, qui a débuté chez Metal Hurlant, nous livre un divertissement coquin et gothique avec force scènes explicites et gros plans.

 


 

Le scénario est, vous l’aurez compris, plus anecdotique et sert surtout à l’artiste hollandais pour faire montre de sa maitrise du genre.

Une lecture fun même si un peu rapide.






 

LA MUSIQUE:




 

C'est quoi :FUN WITH DICK AND JANE


 

C'est de qui ? T. Shapiro


 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD


 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? Remake d’une comédie des années 70 ce long métrage qui a vu une poignée de noms célèbres attachés à son développement avant que quasi tous de désistent n’a du sa sortie qu’à la présence de Jim Carrey, alors en plein élan, à son générique.

 

Si le scénario actualise bien les éléments d’origine de l’histoire, le film reste une gentilette série B qui fait sourire mais guère plus.

Ah, si!

Sa B.O du coup! Si elle sonne un brin daté en 2022, elle a néanmoins le mérite de jouer la carte d’une certaine originalité en détournant quelques codes du genre pour les mettre à des sauces diverses et variées: action, groove, burlesque, folklorique même…

 

Bref Shapiro, spécialiste des comédies grand public (mais pas forcément réussies) des années 2000, en fait peut être un peu beaucoup mais le coté décalé de sa partition va plutôt pas mal à l’humour noir et sexy de Démone X. 




 

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22 octobre 2022 6 22 /10 /octobre /2022 09:54

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ? DRACULA EDITION DEFINITVE

 

 

C'est de qui ? Bess

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Glénat

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Il y a 3 ans de ça George Bess se frottait au Dracula de Bram Stoker pour un résultat réjouissant.

Glénat propose en cette fin 2022 une version augmentée de l’album avec, outre quelques pages de recherches graphiques en fin de volume, l’adaptation -toujours signée Bess- de la nouvelle l’Invité de Dracula, écrite par Stoker mais dont l’auteur n’était pas assez satisfait pour l’inclure à son chef d’œuvre.

 

Reste que Bess en livre une adaptation graphiquement impeccable, aussi expressive que détaillée, et qui rend tout l’efrroi du texte d’origine (racontant la première rencontre entre Jonathan Harker et le monde du  surnaturel).

 

Voici ce que l’on disait du Dracula lors de la sa sortie.

 

 

Bess opte pour un noir et blanc expressif et réaliste, dans un style réaliste à la fois old school et hors du temps qui retranscrit à merveille toute l'horreur gothique, la sensualité et la tragédie du matériau d'origine. Sa mise en page et ses choix graphiques et narratifs sont impeccables, sa ré-écriture du style épistolaire du roman est fournie sans jamais être trop chargée et, à quelques infimes exceptions près, tout est là !

 

Allez, si je devais émettre une seule réserve sur ce magnifique travail c'est le choix, à certains moments de proposer un fond de page style décor abstrait photoshoppé qui jure quelque peu avec la beauté du trait de l'artiste.

 

 

L'histoire me direz-vous ? Si vous avez la chance de la découvrir, je ne vais pas trop vous la spoiler, je vous dirais juste que c'est celle d'un comte vampire de Transylvanie qui fait l'acquisition de propriétés dans le Londres Victorien, afin de propager le mal dans la capitale britannique, et du groupe d'hommes et femmes valeureux qui va lui tenir tête (oui, je sais, j'ai synthétisé au maximum!).

 

 

Et, du coup, je rajouterai que vous avez encore plus de chance de découvrir Dracula conté par Georges Bess !

 

 

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :PARTITA

 

 

C'est de qui ? K. Penderecki

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Ce sont les similitudes de certaines mélodies, d'arrangements et autres atmosphères avec son contemporain Wojciech Kilar qui m'ont fait au départ m'intéresser à l’œuvre de Penderecki, en marge de celles, que nous évoquions il y a fort peu, utilisées au cinéma et pas toujours représentatives de l'étendue du talent du compositeur.

 

Celle qui nous intéresse présentement n'est, je vous l'accorde, pas d'une approche facile, et s'adresse à l'auditeur averti, amateur, ou, plus simplement, à celui qui va faire confiance au conseil du maître des lieux !

 

Violoncelles d'outre tombe, carillon frénétiques, basse et guitare électrique, cymbales malmenées, cuivres torturés... si les dissonances, et autre notes asynchrones ne rendaient pas déjà la pièce assez étrange comme cela, l'instrumentation panachée de Penderecki finit de faire de cette Partita une œuvre qui met mal à l'aise et a probablement été une source d'inspiration pour la génération de compositeurs de musiques de films actuelle, celle de la branche des Jed Kurzel, des Johann Johannsson et autres Hildur Guonadottir (comme il l' a été pour celle des films d'horreur des années 70 et 80).

 

Gageons que si ils avaient existé à l'époque Penderecki auraient utilisé lui aussi les sons de drones chers aux cœurs des artistes ci dessus.

 

Toujours est-il que la noirceur et le sentiment de malaise contant de cet opus fait un contrepoint idéal à la version inspirée de Georges Bess du roman mythique de Bram Stoker !

 

 

 

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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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