3 mars 2026 2 03 /03 /mars /2026 08:35





 

LA BD:

 


C'est quoi : BARRIO NEGRO



 

C'est de qui? Bocquet & Javi Rey



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Dargaud





 

Déjà croisés sur le site? Oui pour les 2.





 

Une planche: 


 


 

Ca donne Quoi ? S’il vient d’obtenir son diplôme d’ingénieur et d’épouser Germaine son amour de jeunesse, Joseph ne trouve pas de travail dans la France des années 30 et accepte un poste à responsabilités en Equateur.

 

Mais rapidement le couple va aller de déconvenues en déconvenues quand, arrivés à Panama, ils apprennent que la compagnie a fait faillite et qu’ils ne recevront pas l’argent nécessaire à la suite du voyage.

 

Un retour en France ne s’avère pas plus possible et bientôt à court de moyens, Germaine accepte un emploi d’accueil dans un hôtel tandis que Joseph doit habiter dans le quartier des gens de couleur.

Là il va faire la connaissance d’une jeune panaméenne aux mœurs libres dont il va tomber amoureux tandis que son couple se délite et que sa vie glisse dangereusement dans les abus en tous genres.




 

Cinquième adaptation des Romans Durs de Simenon chez Dargaud, et troisième signée par Bocquet, ce Barrio Negro (c’est le titre en espagnol qui a été choisi pour cette version BD) n’usurpe pas son appartenance à la collection tant Simenon n’est pas tendre avec ses personnages, des hommes et des femmes aux travers terriblement humains qui  subissent leur  destin dans un pays pour lequel ils n’ont pas les codes et où ils ont bien du mal à survivre loin de leur confort. 

 


 

Etude de mœurs ciselée, Barrio Negro trouve une belle identité graphique ici via le dessin semi réaliste aux belles couleurs pastels de Javi Rey qui traduit aussi bien les multiples  expressions que ressentent les protagonistes que l’atmosphère moite et souvent sordide des lieux qu’ils traversent. 



 

Barrio Negro est, avec La Neige était sale, l’opus le plus réussi de la collection de chez Dargaud.






 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : LES PORTES DE LA NUIT



 

 

C'est de qui?  Kosma



 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui




 

On peut écouter ?

 




 

Ça donne Quoi ? Si la galerie d’acteurs des Portes de la Nuit réunit une jolie brochette de ce que le cinéma français comptait de talents à l’époque (et encore, le rôle de Montand devait être au départ tenu par Gabin), c’est bien Paris qui est le personnage principal de ce drame sur fond de lendemain de guerre qui (dé)chante, inspiré d’un ballet écrit par Carné et Kosma.

 

 

 

Ainsi, ce dernier, qui a déjà mis en musique les deux précédentes collaborations du duo Carné-Prévert, les superbes Visiteurs du Soir et non moins réussis Enfants du Paradis, fait encore des merveilles pour évoquer en musique les mots du poète et sa vision de la ville.

 

 

 

Outre la musique diégétique, jouée notamment par l’accordéon, et deux chansons dont les immortelles Feuilles Mortes, le compositeur d’origine hongroise insiste sur l’aspect sombre du scénario, reflet d’une époque qui ne l’est pas moins via des thématiques riches et travaillées, discrètes mais efficaces.

 

 

 

L’échec relatif du film marquera la fin du travail commun d’un des trios les plus remarquable qu’aura connu le cinéma français.

 

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24 février 2026 2 24 /02 /février /2026 16:04




 

LA BD:

 


C'est quoi : JUSTE APRÈS LA VAGUE

 

 

C'est de qui? D. Monféry



 

La Couv':



 

 

C’est édité chez qui? Rue de Sèvres





 

Déjà croisé sur le site? Oui.






 

Une planche: 

 



 

Ca donne Quoi ? Une catastrophe naturelle a provoqué une dramatique montée des eaux sur la planète, rayant de la carte une immense majorité de la population.

Coincés sur un sommet aride, une famille de 8 enfants et leurs parents espèrent du secours. Mais le niveau des eaux continue peu à peu de monter alors que les moyens de subsistance se raréfient.

 

Les parents décident de prendre la barque pour tenter de trouver les restes de civilisation mais, dilemme, ils ne peuvent pas embarquer toute leur progéniture.

 

Ils font le cruel choix d’en laisser trois sur le pic rocheux, se promettant de revenir les chercher. Mais les dangers du voyage et ceux qui guettent les enfants resté seuls vont mettre à mal ce projet.

 


 

C’est à nouveau sur une adaptation littéraire que l’on retrouve le talent de conteur et d’illustrateur de Dominique Monféry sur B.O BD (et chez Rue de Sèvres aussi d’ailleurs) et c’est, comme sur ses précédents albums, toujours un plaisir.



 

S’emparant du récit pseudo post-apocalyptique (l'intérêt est évidemment ailleurs!) de Sandrine Collette, Monféry en fait à la fois ressortir, via ses compositions habitées au style semi réaliste qui emprunte aussi bien au classicisme des grands illustrateurs qu’à l’expérience dans l’animation de l'artiste, le tragique de cette famille déchirée par des choix cornéliens et des épreuves terribles, mais aussi le background aquatique hostile faisant de l’océan un ennemi à part entière, aux aspects souvent monstrueux.

 


 

Ses personnages ne sont pas en reste avec des visages aux expressions anguleuses qui traduisent tout le malheur qui s’abat sur cette famille face aux éléments et au destin.

 

Une version puissante et terrible d’un texte déjà fort, dont Monféry ne retire que l’essentiel pour son narratif, faisant de son adaptation une vraie réussite. 




 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : SHE WILL



 

 

C'est de qui?  C. Mansell



 

La Couv':


 


 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui.




 

On peut écouter ?

 

 

 

 

 

 

Ça donne Quoi ? Huis clos, hallucinations, trauma, ambiances…She Will, pour un film plus ou moins fantastique, compose avec les éléments du genre en proposant une image soignée à défaut d’un scénario vraiment convaincant. 

 

Il donne néanmoins à Clint Mansell l’occasion de creuser un peu plus psychologiquement la veine d’un genre auquel il vient de se frotter avec In the Earth.

 

Le compositeur écrit des pistes aux atmosphères souvent glaçantes, où il mélange orchestration classique et sons électroniques, ajoutant même quelques voix et chœurs de ci de là.



 

Bon, soyons honnêtes nous sommes loin des grandes réussites du maestro, et sa partition se révèle quasiment aussi lambda que les images qu’elle accompagne, esthétique et léchée mais manquant parfois d’une touche d’originalité qui aurait fait la différence.

 

Néanmoins, le score reste bien au-dessus de beaucoup de choses que l’on a pu entendre sur le même créneau et son ambiance oppressante en fait une B.O plutôt adéquate à Juste après la Vague.

 

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10 février 2026 2 10 /02 /février /2026 10:50


 

LA BD:

 


C'est quoi : LE SANCTUAIRE

 

 

C'est de qui? Lavoine.



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Sarbacane





 

Déjà croisé sur le site? Non.





 

Une planche: 

 



 

Ca donne Quoi ? Vous vous souvenez de la grippe aviaire? Imaginez qu’elle se soit étendue à tous les volatiles et que, par extension, elle ait atteint la population, faisant des ravages chez les humains.

 

Une famille a réchappé à l’éradication en se réfugiant dans des montagnes désolées où ils survivent du mieux qu’ils peuvent. Le père, complètement cyclothymique, est parfois ultra protecteur et à d’autres moments tyrannique jusqu’à en devenir violent.  La mère a plus ou moins perdu la raison et leurs deux filles doivent composer avec un quotidien ardu au milieu des tâches que leur a assigné leur paternel et de l'entraînement martial qu’il leur impose.

 

La plus jeune, qui a le rôle de chasseuse, découvre un jour, alors que le père est parti au “ravitaillement, une mine abandonnée où se terre un vieil ermite acariâtre et lubrique.

 

Si les contacts sont difficiles de prime abord, l’homme va apprendre à la jeune fille que les oiseaux ne représentent pas le danger que veut leur faire croire leur père (qui en extermine dès qu’il en a l’occasion) et elle va même se lier d’amitié avec un rapace.

 

Peu à peu les rapports entre ces quelques survivants vont donner naissance à une inévitable tragédie.



 

Laurine Roux a un talent manifeste pour allier le fond et la forme, utilisant des genres variés et souvent forts éloignés pour faire passer son message.

Dans le Sanctuaire par exemple, le lecteur pense de prime abord avoir à faire à un récit postapocalyptique mais bien vite force est de constater que l’auteure a aussi -surtout-  voulu écrire un roman d'initiation,  une parabole sur la parentalité toxique, l’émancipation…



 

Pour sa première incursion dans le monde de la bande dessinée, Jérôme Lavoine frappe fort avec cette adaptation en trichromie noir, blanc et bleu qui rend toute la beauté et l’âpreté bucolique des monts enneigés où se déroule l’histoire, avec une faune également de toute beauté.



 

Tout au long de ces 160 pages, il a su capter le message  du matériau d’origine et le rendre à sa façon aussi personnelle que fidèle.





 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : WINTER’S BONE



 

 

C'est de qui?  D. Hinchliffe



 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui




 

On peut écouter ?

 

 

 

 

 

Ça donne Quoi ? Le leader des Tindersticks, qui, avec son groupe, avait notamment composé quelques B.O pour notre Claire Denis nationale (dont le très beau Trouble Every Day), a aussi à son actif des scores en solo.



 

Pour cette adaptation d’un roman noir, le musicien multi-instruentaliste a écrit des thèmes où le banjo, le violon, la guitare et  la mandoline, instruments typiques de la musique folklorique de la région des Ozarks où se déroule l’histoire du film, volent souvent la vedette aux cordes et vents classiques.



 

Les atmosphères prédominantes sont donc souvent mélancoliques voire intimistes avec cependant quelques sursauts plus virulents qui sortent un peu l’ensemble d’une torpeur très underscoring.

 

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30 janvier 2026 5 30 /01 /janvier /2026 10:57





 

LA BD:

 


C'est quoi : GOD BLESS AMERICA

 


C'est de qui? PF Radice



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Sarbacane





 

Déjà croisé sur le site? Non






 

Une planche: 


 


 

Ca donne Quoi ? Utah, début des années 50. Alors qu’il enquête sur des signalements d’Ovni, Nick Corey, shérif de son état et torturé s’il en est, découvre une voiture abandonnée et des possibles traces d’enlèvement.

Alors qu’il fouille les alentours un avion militaire s’écrase non loin et quand Corey arrive sur les lieux du crash il découvre que l’appareil volait sans pilote.

 

Bientôt, le FBI et les militaires s’incrustent sous prétexte que l’avion serait lié au détournement d’une bombe atomique, un tueur en série ressurgit du passé du shérif qui, cerise sur le gateau, va tenter d’assumer son homosexualité en tombant amoureux d’un agent fédéral.



 

Du roman, hommage/pastiche aux classiques noirs américains, de Richard Morgiève, Pierre François Radice, pour son second album chez Sarbacane, tire une adaptation dans un beau noir et blanc à la fois réaliste et expressif, crayonnée, à l’encrage quasi absent et aux niveaux de gris très réussis mais  qui, si elle reprend les éléments et fils narratifs déjà, à mon sens, trop nombreux du texte d’origine, a un peu de mal à les traiter tous à égalité.

 

On se retrouve avec une histoire où l’on passe parfois un peu du coq à l’âne en se demandant pourquoi, à l’origine, Morgiève a voulu tant en mettre.

On ne jettera du coup pas trop la pierre à Radice qui fait de son mieux et donne une vision qui, si donc un brin bancale parfois, ne manque pas de qualités, à commencer par un esprit polar old school bien rendu..

 

On notera aussi le soin tout particulier porté par l’éditeur au bouquin, présenté dans un grand format et sur un papier épais qui fait honneur au talent graphique du dessinateur. 






 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : HIGHEST 2 LOWEST




 

C'est de qui? H. Drosin



 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui




 

On peut écouter ?

 

 

 




 

Ça donne Quoi ?  Qu’il est loin le temps où Spike Lee réalisait des brûlots cinématographiques engagés et inventifs! 

Qu’il est loin le temps où Denzel Washington arrivait à s’empêcher de cabotiner et à surjouer pour pallier à des personnages tellement caricaturaux que ça en deviendrait presque géant!

 

Ce remake aussi interminable qu’inutile est, n’y allons pas par 4 chemins, un naufrage!

Rien ne va: du rythme au scénario en passant par le casting ou le montage, Highest 2 Lowest fait honte à l’original comme au roman dont ils sont tirés et ferait presque de la peine pour son réal et son acteur principal autrefois si intéressants.



 

Après 3 décennies à collaborer exclusivement avec Terence Blanchard qui, je l’ai déjà écrit dans ces pages, ne lui a pas composé que des scores inoubliables, loin s’en faut, Spike Lee a confié la musique de son dernier film à Howard Drosin, déjà en charge de l’orchestration de pas mal des partitions de Blanchard.

 

Bon, le résultat n’est pas plus fameux que si c’est Blanchard qui avait assuré le job, voire pire!

Une sorte de musique digne de jazz d'ascenseur, pour laquelle Drosin, allez savoir pourquoi, utilise des claviers affreusement datés avec des pistes sirupeuses à souhait.

La musique est de plus omniprésente sur ce (bien trop) long métrage qui n’avait pas besoin de ça et qui aurait même éventuellement pu être moins mauvais avec une bande son plus pêchue et originale …quoique…non, même pas.



 

Par contre, que ce soient les morceaux calmes comme les -assez rares- passages d’action, sur l’adaptation de Radice ça a apporté un décalage intéressant et un peu d’unité bienvenue.

 

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21 janvier 2026 3 21 /01 /janvier /2026 09:40




 

LA BD:

 


C'est quoi : LE NOM DE LA ROSE 2

 


C'est de qui? Manara



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Glénat





 

Déjà croisé sur le site? Oui.






 

Une planche: 

 



 

Ca donne Quoi ? Alors qu’Adso goûte -presque- à son corps défendant aux plaisirs de la chair (et va connaître de fait également une cruelle peine) et que d’autres cadavres sont découverts à l'abbaye, arrive une délégation de prêtres pour un débat qui s’annonce houleux et, cerise sur le gâteau, un cruel inquisiteur débarque également sur place pour enquêter sur les crimes.

Guillaume de Baskerville se retrouve alors dans l'œil du cyclone et va avoir fort à faire pour s’en sortir.



 

Dans sa postface à ce second et dernier volet de l’adaptation par le maître italien de l’érotisme du chef d’oeuvre de son regretté compatriote, Jean Jacques Annaud, responsable d’une version cinéma très réussie même si elle comporte de notables différence avec son modèle littéraire, confirme qu’adapter c’est forcément s’approprier, voire trahir un peu, mais qu’Umberto Eco avait cautionné sa vision.



 

Comme nous l’avions dit dans la chronique du tome précédent, vouloir rendre en deux albums de BD la complexité du Nom de la Rose est une gageure que peu auraient mené à bien.

C’est une semi réussite que l’on peut accorder à Manara qui, devant la difficulté d’avoir à évoquer à la fois l’enquête holmesienne du roman mais aussi sa thématique religieuse, à savoir l’affrontement entre les représentants du Pape et les Franciscains sur la prétendue pauvreté du Christ, livre un album assez chargé niveau textes et au rythme un peu bancal.

 


 

Néanmoins la partie graphique est une indéniable réussite (hormis peut être - comme le fait remarquer d’ailleurs Jean Jacques Annaud- on est pas trop regardant sur l’interprétation visuelle de la seule femme de l’histoire que l’artiste transalpin a représenté dans la plus pure tradition de ses héroïnes célèbres) que ce soit sur le travail de rendu architectural, l’expressivité des personnages (si l’on n’est pas trop allergique aux ressemblances avec acteurs existants), la beauté des décors, et, last but not least, les variations de représentations selon le récit.



 

Un diptyque à ranger aux côtés du Caravage et des aventures de Giuseppe Bergman dans les oeuvres “tout public” de Milo Manara. 








 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : RIPPER STREET S.4




 

C'est de qui? D. Scherrer



 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui




 

On peut écouter ?

 




 

Ça donne Quoi ?  Ripper Street est un cas rare (unique?) dans le monde des séries tv.

Condamnée à l’arrêt pur et simple par la BBC, initiatrice du programme, la série s’est vue offrir deux saisons supplémentaires et une fin digne de ce nom grâce à un engouement massif des fans via une pétition en ligne qui a poussé Amazon à investir.

 

Il faut dire que Ripper Street est pétri de qualités: casting, scénarios, réalisation et, of course: B.O.



 

Dominik Scherrer, le compositeur, qui à coté n’a pas fait de choses fort remarquables par ailleurs, a écrit une partition gothique aux accents victoriens avec quelques ajouts originaux côté instruments qui ne manque ni de suspense ni d’émotion sans pour autant en faire des tonnes dans un domaine comme dans l’autre.

 

 

 

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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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