23 mai 2017 2 23 /05 /mai /2017 10:13

 

 

 

LA BD:

 

 


C'est quoi : CHRONOSQUAD 3.

 


C'est de qui : Albertini & Panaccione

 

 

La Couv':

 

Le Temps est venu (et reparti!)  /  Chronosquad 3  Vs.  Animal Farm

 

Déjà croisé chez nous? Oui, sur les précédents.

 

 

C’est édité par ? Delcourt

 

 

Une planche:

 

Le Temps est venu (et reparti!)  /  Chronosquad 3  Vs.  Animal Farm

 

Ca donne Quoi ? Toujours à la recherche des deux ados fugueurs (qui en vivent de belles !) , nos agents spéciaux  se retrouvent confrontés à un véritable nœud gordien entre factions rebelles, resquilleurs temporels et autres non-dits hiérarchiques ; l’avenir même des Chronosquads est pourtant en jeu !

 

Action et humour sont toujours les maîtres mots de ce troisième volet auquel on reprochera pourtant l’intrication et la multiplication des intrigues qui perdent parfois le lecteur.

 

C’est d’autant plus dommage qu’outre un graphisme parfois excellent,  l’histoire fourmille de bonnes idées qui auraient peut-être méritées d’être développées sur une série plus longue, voire des séries parallèles (sachant qu’avec la conjoncture actuelle je présume que c’était difficilement envisageable sur les seuls noms des auteurs, Panaccione commence certes à être connu mais c’est la première incursion dans la BD pour le scénariste).

 

On jugera sur le quatrième (et dernier donc) tome si  Chronosquad est une série marquante sachant qu’elle a d’ores et déjà pour elle une vraie originalité et une exploitation maline du voyage spatio-temporel.

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? ANIMAL FARM

 

 

C'est de Qui ?

 

 

La couv'

 

Le Temps est venu (et reparti!)  /  Chronosquad 3  Vs.  Animal Farm

 

Déjà entendu chez nous ? Non

 

 

On peut écouter?

 

 

Ca donne quoi ? Jamais à un grand écart près, j’ai décidé de tenter le score hautement improbable d’une version qui ne l’est pas moins d’un (n’ayons pas peur des mots) petit chef d’œuvre de la littérature.

 

La Ferme des Animaux est une parabole à peine imagée du communisme sous Staline où, sous l’impulsion de certaines d’entre elles, les créatures à quatre pattes se rebellent contre leurs maîtres pour finir dans un état quasi pire qu’au départ.

 

Après le succès d’une poignée de longs métrages avec de vrais animaux à voix humaines, la chaine de télé US TNT se penche, à la fin des années 90, sur l’adaptation live du roman d’Orwell.

 

Pour employer une expression consacrée, ce film a clairement le cul entre deux chaises. Oscillant sans cesse entre le pamphlet un brin pompier à charge contre le soviet système et le film pour enfants avec chansons surréalistes, il n’atteint jamais vraiment son but, si tant est qu’il n’en eut jamais un, et s’avère bien en dessous de la version animée des années 50.

 

Sa musique est à l’avenant, mêlant sans vergogne thèmes orchestraux sirupeux dignes des pires Disney et passages inspirés par les Chœurs de l’Armée Rouge, avec, pour faire bon ton, quelques pistes plus dédiées au suspense ou carrément martiaux.

 

Le résultat, évidemment inégal, n’en reste pas moins toujours surprenant, très conceptuel, et est venu ajouter une dose de décalage très amusant à ce troisième tome de Chronosquad.

 

 

 

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Une chronique de Fab

 

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12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 13:02

 

 

 

 

LA BD

 

 

 

C'est quoi : OMS EN SERIE 3.

 

 

C'est de qui ? Jean-David Morvan & Mike Hawthorne, d'après Stefan Wul

 

 

La Couv':

 

Je ne suis pas un animal, je suis un Om!!  /  Oms en série 3 vs Star Trek IV Retour sur Terre

 

Déjà croisé sur le site? oui.

 

 

C’est édité chez qui ? Ankama

 

 

Une planche:

 

Je ne suis pas un animal, je suis un Om!!  /  Oms en série 3 vs Star Trek IV Retour sur Terre

 

Ca donne Quoi ? Fin de l'adaptation du roman de Stefan Wul Oms en série. Tiwa, la jeune draag qui avait choisi Terr, a décidé de venir le voir. Elle l'aide à convaincre les draags de ne pas s'attaquer aux oms suite à une démonstration d'explosion d'une bombe. Le peuple draag vit en paix depuis si longtemps qu'il a oublié les dégâts que peut causer une arme de destruction massive. Ce tir de démonstration suffit donc à d'arrêter immédiatement la guerre avec les oms…

 

La fin de la trilogie est digne des 2 premiers tomes autant par le scénario qui comporte des éléments plutôt originaux que par les dessins qui restent d'excellente facture. Jean-David Morvan a imaginé une façon de mettre les oms en série différente de celle du roman mais très astucieuse. Il est aussi allé un peu plus loin que ne l'avait fait Stefan Wul dans sa conclusion. Mike Hawthorne a délaissé les draags, à part Tiwa, car ce tome donne la part belle aux aventures des oms dans des décors, naturels ou technologiques, souvent impressionnants.

 

Voilà une trilogie qui ravira les amateurs de SF autant que ceux d'aventure.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

 

C'est Quoi ? STAR TREK. RETOUR SUR TERRE.

 

 

C'est de Qui Leonard Rosenman

 

 

La couv'

 

Je ne suis pas un animal, je suis un Om!!  /  Oms en série 3 vs Star Trek IV Retour sur Terre

 

Déjà entendu chez nous?  oui.

 

 

On peut écouter?

 

 

Ca donne Quoi ? Les musiques de la saga Star Trek ont des passages grandiloquents et l'on ne coupe pas au thème musical de la série à certains moments. Pourtant cette B.O accompagnera la lecture de ce 3e tome avec ses effets de déplacements d'engins et surtout ses chants de baleine (vers la fin) qui pourraient être ceux des draags, peuple aquatique.

 

Si l'on en croit sa biographie, Leonard Rosenman a écrit sa 1e BO de film (À l'Est d'Eden d'Elia Kazan) parce qu'il était le professeur de piano de James Dean et que ce dernier l'a présenté au réalisateur. Puis il n'a plus arrêté de composer pour le cinéma et la télévision quasiment jusqu'à sa mort en 2008.

 

Je trouve triste cette phrase qu'il a dite : "L'année où j'ai composé ma 1e BO de film, j'avais 5 grands concerts programmés à New York. Après cette année-là, je n'ai plus eu de concerts là-bas pendant 20 ans." Phrase prononcée en référence à ses autres œuvres composées dans un registre plus classique : symphonies, concertos, musique de chambre dont plusieurs quatuors à cordes (il avait eu Arnold Schoenberg comme professeur, rien que cela!). Cela montre le mépris qu'une partie du public avait pour les compositeurs de musiques de films.

 

Mépris que nous n'avons pas à BOBD…

 

 

 

 

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Une Chronique de Gen

 

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1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 07:24

 

 

 

Retrouvez, en fin de chronique, l'interview "Musique et BD" de Renaud Farace.

 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi : DUEL

 

 

C'est de qui ? R. Farace

 

 

La Couv':

 

Dualité retrouvée  /  Duel  Vs.  Jeanne la Pucelle

 

Déja croisé sur le site? Non

 

 

C’est édité chez qui ? Casterman

 

 

Une planche:

 

Dualité retrouvée  /  Duel  Vs.  Jeanne la Pucelle

 

Ca donne Quoi ? Je devais avoir une douzaine d’années quand j’ai vu pour la première fois le film Les Duellistes, premier long métrage aujourd’hui injustement oublié d’un réalisateur qui allait être amené, en faisant chasser Sigourney Weaver en petite culotte par un dangereux alien ou en faisant traquer des réplicants à un jeune Harrison Ford,  à inscrire son nom au panthéon des metteur en scène du XX° siècle.

 

Pourtant, en lisant la nouvelle de Joseph Conrad-  auteur que j'affectionne- quelques années plus tard, j’ai trouvé à l’adaptation cinématographique des manques, ne serait-ce que dans la portée psychologique du propos de l’auteur, qui font qu’aujourd’hui je ne peux que me réjouir de la version en BD de Renaud Farace, plus en adéquation à mon goût avec le texte d’origine.

 

Le postulat de départ peut sembler maigre pour remplir un album de plus de 190 pages ( la longue nouvelle de Conrad en fait cependant déjà 150 ) : pendant les guerres napoléoniennes, deux officiers diamétralement opposés, Hubert et Féraud,  vont, sur près de deux décennies, s’affronter en duel à maintes reprises.

 

L’affaire part d’une question d’honneur assez triviale et prendra des proportions dantesques qui feront des deux hommes et de leur différend (par ailleurs inconnu de tous hormis le lecteur) une légende au sein des armées.

 

Dualité retrouvée  /  Duel  Vs.  Jeanne la Pucelle

 

 

Outre une belle exploitation du background historique et une mise en avant bienvenue d’un Féraud plus sympathique que celui campé par Keitel chez Scott, Farace réintroduit la dimension psychologique via l’alliance fond et forme qui sont une constante chez Conrad (si vous en doutez je vous invite à relire Au Cœur des Ténèbres qui, via un parcours initiatique prenant, recèle de réflexions quasi philosophiques d’une grande richesse).

 

L’auteur n’a pas hésité à introduire quelques éléments de son cru, tous bienvenus (le frère d’armes Corse en tête), et, surtout, a fait preuve d’une ingéniosité graphique pour représenter les différents duels via une bichromie rouge sang assez géniale.

 

Le trait, étonnante symbiose d’un Breccia et d’un Juncker, dans un noir et blanc tantôt réaliste et précis, tantôt plus lâché est un vecteur aussi inattendu que réussi.

 

Un de mes gros coup de cœur de ce premier semestre !

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? JEANNE LA PUCELLE

 

 

C'est de Qui ? Jordi Savall

 

 

La couv'

 

Dualité retrouvée  /  Duel  Vs.  Jeanne la Pucelle

 

Déjà entendu sur B.O BD? Au moins une fois oui.

 

 

On peut écouter?

 

 

Ca donne Quoi ? S’inspirant entre autre de la Messe de l’Homme Armé de Dufay, le compositeur catalan, accompagné de  ses deux ensembles de musique médiévales Hespèrion XXI et la Capella Reial de Catalunya, compose pour la vision de Jacques Rivette de l’histoire de Jeanne D’Arc, une bande son majestueuse.

 

Séparée en deux parties, l’une toute instrumentale et l’autre ponctuée de voix, la musique de Savall, directement héritée des modes d’écriture (harmonies et instruments) du XV° siècle, arrive à décrire avec force à la fois l’épopée guerrière de la Pucelle d’Orléans et de sa foi quasi mystique.

 

Tout un pan de la musique de l’époque est revisité ici, martiale, populaire, et, évidement, sacrée, l’interprétation est à la mesure de l’écriture, avec une mention toute particulière aux solistes.

 

Les puristes (si toutefois il y en avait !) me feraient justement remarquer que les époques entre la BD du jour  et la musique retenue sont fort éloignées ; je le rétorquerais que la dimension dramatique de l’œuvre de Savall, ainsi que sa variété, en font un compagnon de route aussi remarquable que l’adaptation du Duel par Farace.

 

 

 

 

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Bonjour  Renaud et merci d’avoir accepté de te prêter au jeu du questionnaire croisé B.O/BD.

 

 

 

Commençons par un classique :

 

 

Tes Cinq Cd de chevet ?

 

 

Justement, je vais essayer de sortir des éternels classiques incontournables (Beatles, The Who, The Clash et toussa toussa) pour retenir :

 

 

- Wampas, le Toutafonlive
- Stupeflip, The Hypnoflip Invasion
- Svinkels, Bons pour l’asile
- Beck, Odelay
- The Pixies, Trompe le monde (peut-être pas le préféré des amateurs, mais j’ai commencé avec celui-ci, et on reste toujours plus attaché à l’album qui fait découvrir tel groupe ou tel artiste)

 

 

 

 

 

Et tes Albums de Bd ?

 

 

- Qrn sur Bretzelburg, Spirou & Fantasio n°18, André Franquin
- La Valléé des bannis,  Spirou & Fantasio n°41, Tome & Janzy
- 3 ombres, Cyril Pedrosa
- Vitesse moderne, Blutch
- Les 5 conteurs de Bagdad, Duchazeau & Vehlman
- Ici même, Tardi
- Dieu est mort ce soir, Soda n°4, Tome & Gazzotti


Ça en fait 7, mais ça aurait pu en faire 700, je me suis limité…

 

 

 

Dualité retrouvée  /  Duel  Vs.  Jeanne la Pucelle

 

 

 

 

Les influences et les goûts :

 

 

Une musique de film qui t’a marqué, que tu affectionnes particulièrement (indépendamment du film) ?

 

 

Conan le barbare, de Basil Poledouris.
Sinon, dans la catégorie purs films musicaux, The Rocky Horror Picture Show et Hair.

 

 

 

Qui sont tes maîtres à penser en BD, ceux qui t’ont donné envie d’en faire, quelles sont tes influences ?

 


                  Les influences restent inconscientes, dans le sens où je ne me rends pas compte si je cherche à dessiner ou raconter comme untel ou untel, mais j’ai une grande admiration pour :
Franquin, Tome & Janry, Blutch, Blain, Tardi, Pratt, Alberto Breccia, Goscinny, Luc Warnant, Pedrosa, Duchazeau, Frederic Peeters, Alfred, Frank Miller (ses œuvres en N&B), Alan Moore, Bonhomme, Brüno...

 

 

Dualité retrouvée  /  Duel  Vs.  Jeanne la Pucelle

 

 

Ton travail :

 

Ecoutes tu de la musique quand tu écris/dessine, et plutôt quoi ?

 

 

 

J’écoute tout le temps quelque chose. Après, cela dépend du moment dans la conception de la BD.

 

Pour le scénario, du non vocal pour ne pas être distrait : du classique (beaucoup), du jazz, des BO…

 

Pour le dessin, ça dépend de l'énergie requise et bien entendu de l'envie du moment : hip hop, punk, rock inde, electro, chansons françaises...  les émissions musicales « Certains l'aiment Fip » et « C’est MagniFip », et les podcasts de France Culture.


Sinon, je me suis mis License to ill des Beasty Boys pour répondre à tes questions.

 

 

 

 

Ce sur quoi tu travaille actuellement, tes prochains projets (si tu as la liberté de les évoquer bien sur) ?

 

Ma priorité : une saga tragique qui prend place au crépuscule de la colonisation en Indochine. Puis un récit d’aventures avec des pirates et du vaudou. Et, en parallèle à tout ça, écrire des scénarios en apparence légers mais bien trashs dans le fond — un peu à la Joe Dante — pour des potes/ses incroyablement doué/e/s.


Sinon, la suite des aventures de Détective Rollmops, mon précédent album, avec Olivier Philipponneau.

 

 

 

 

Et si…

 

…en lieu et place de la Bande Dessinée tu avais fait de la musique tu aurais été qui, tu aurais joué quoi ?

 

 

 

Ce qui est marrant, c’est que tous les auteurs de BD que je connais font de la musique, voire jouent dans un groupe. Je crois que ce n’est pas un hasard si on appelle « album » l’objet produit en BD et en musique, il y a un lien d’amour, d’admiration et de désir entre ces 2 univers (Solé et Crumb ont illustré pas mal de pochettes de 33 tours par exemple).

 


Je gratouille moi-même à mes heures perdues (ou gagnées, parce que c’est toujours un plaisir), et si j’avais choisi une vie de musicien, j’aurais été moi-même, à hurler du hip hop punk hardcore psychédélique à la face de ce monde de merde, à fumer avec Zappa, les Cypress Hill et Iggy Pop…

 

 

 

Encore un grand merci pour tes réponses, et au plaisir de te retrouver dans les pages de Bandes Originales Pour Bandes Dessinées !


 

Big up !

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 07:40

 

 

 

 

LA BD:

 

 


C'est quoi : NAM-BOK

 


C'est de qui : T. Martin

 

 

La Couv':

 

Le retour de l’esquimau  /  Nam-Bok  Vs.  Drowning By Numbers

 

Déjà croisé sur le site? Oui.

 

 

C’est édité chez qui ? Futuropolis

 

 

Une planche:

 

Le retour de l’esquimau  /  Nam-Bok  Vs.  Drowning By Numbers

 

Ca donne Quoi ? "Don't shoot the messenger" comme on dit dans la langue de Jack London. C'est ce qu'aurait pu s’écrier Nam Bok le héros de la nouvelle du London en question que Thierry Martin a choisi d'adapter pour Futuro.


En effet cet esquimau, parti un beau jour sur sa frêle embarcation de pêcheur va se perdre et rencontrer d'autres hommes et avec eux la civilisation.


Les bateaux à voile, le train, les immeubles... Mais aux yeux de son peuple, à qui il revient raconter son aventure, tout ceci révèle de la plus sombre magie et Nam Bok est vu d'un plutôt mauvais œil.


Au delà du récit de grand nord cher à l'auteur de Construire un feu, c'est la parabole du choc des civilisations et le mythe du bon sauvage que l'on retrouve en sous texte.


 

 

Le retour de l’esquimau  /  Nam-Bok  Vs.  Drowning By Numbers

 

Martin alterne les portraits anguleux expressifs de personnages, proche de son style jeunesse habituel, aux pleines pages de décors superbes dont certaines n'ont rien à envier aux marines de Cromwell.

 

Une adaptation inspirée et originale d'un auteur important de la littérature américaine, trop souvent réduit à ses quelques œuvres connues.

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

 

C'est Quoi ? DROWNING BY NUMBERS

 

 

C'est de Qui ? M. Nyman

 

 

La couv'

 

Le retour de l’esquimau  /  Nam-Bok  Vs.  Drowning By Numbers

 

Déjà entendu chez nous?  Oui.

 

 

On peut écouter?

 

 

Ca donne Quoi ? Les films de Peter Greenaway sont, n’ayons pas peur des mots, souvent difficiles d’accès. La musique qui les accompagne leur ressemble, oscillant entre minimalisme et conceptuel.

 

C’est dans ce dernier domaine que l’on peut classer la B.O de Drowning By Numbers pour lequel le réalisateur a demandé à Michael Nyman, son compositeur attitré des débuts, d’écrire une partition entièrement et exclusivement basée sur la Symphonie Concertante en Mi bémol de Mozart.

 

Le résultat est évidement très « thématique » puisque Nyman, qui joue et compose beaucoup dans le registre classique en parallèle de sa carrière cinématographique, a pondu 13 variations plus ou moins développées de la pièce musicale créeant de véritables pistes à part entière. 

 

Comme chez Mozart, l’alto et le violon sont à l’honneur et l’atmosphère faussement monotone au départ - mais en fait aussi mélodique que parfois enjouée et séduisante-  de la B.O ont apporté un décalage intéressant et amusant à l’adaptation de Thierry Martin.

 

 

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Une chronique de Fab

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7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 12:36

 

 

 

 

Retrouvez, en fin de chronique, l'interview "Musique et BD" de Phillippe Marcelé.

 

 

 

 

LA BD:

 

 


C'est quoi : MACBETH

 


C'est de qui : Marcelé

 

 

Une Couv':

 

De Bruit et de Fureur  /  Macbeth  Vs.  Logan

 

Déjà croisé sur le site? Oui.

 

 

C’est édité chez qui ? Mosquito

 

 

Une planche:

 

De Bruit et de Fureur  /  Macbeth  Vs.  Logan

 

Ca donne Quoi ? On l’a vu l’an passé, les adaptations du Barde en BD, si nombreuses, oscillent entre le trop sage et le décalage complet. La richesse de Macbeth, que ce soit d’un point de vue thématique, narratif comme du langage employé en a fait l’une des pièces les plus appréciées et reprises (à toute les sauces !) de son auteur.

 

Philippe Marcelé, qui s’y était déjà frotté  il y a presque 40 ans, a senti le besoin de revenir aujourd’hui sur la tragédie écossaise qui, de son propre aveu, l’a toujours fasciné.

 

Si évidement on connait la trame par cœur, il est intéressant de voir les parti pris : la représentation des sorcières, lascives au possible, mais également les répliques retenues, les passages sciemment omis (l’assassinat du Roi par exemple), ou encore la place faite à Lady Macbeth, véritable personnage principal de la pièce.

 

De Bruit et de Fureur  /  Macbeth  Vs.  Logan

 

Autre point crucial de cette version, la partie graphique. N’y allons pas par quatre chemin, Marcelé a rendu à Macbeth son aspect de tragédie barbare à plus d’un titre. Certaines planches pourraient être tirées d’un récit de fantasy sauvage,  à mi chemin entre une version fantasmée de Thorgal et le Conan de Buscema (avec d’ailleurs un clin d’œil au Death Dealer de Frazetta).

 

Les visages sont torturés, les paysages immergent le lecteur dans la dureté du récit le tout dans un noir et blanc sur expressif, aux matériaux divers et variés, tout en hachures savamment réalisées.

 

Un album hors des modes et du temps qui dynamite un récit mythique toujours aussi fort !

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? LOGAN

 

 

C'est de Qui ? M. Beltrami

 

 

La couv'

 

De Bruit et de Fureur  /  Macbeth  Vs.  Logan

 

Déjà entendu chez nous?  Oui.

 

 

On peut écouter?

 

 

Ca donne Quoi ? A moins que vous ne soyez nouveau dans le coin vous savez que les grands écarts ne nous ont jamais fait peur chez B.O BD.

 

Ainsi il ne m’a pas paru incongru, connaissant le sujet de la pièce adapté par Marcelé et ayant vu ce qui reste à mon sens probablement le film Marvel le plus intéressant de tout ce qui a été fait jusqu’à présent (même si pas exempt de défauts) de marier la B.O de Logan à Macbeth.

 

Crépusculaire, violent, tragique et sans concessions, les deux médiums ont plus d’un point en commun.

 

Certes le parti pris de Beltrami (faiseur passable à coté de ça et également responsable entre autres des B.O des précédents films consacrés au mutant griffu) d’opter pour beaucoup d’électro oblige à un court temps d’adaptation mais, une fois lancée, la lecture de la vision barbare de l’œuvre de Shakespeare s’accommode bien des rythmiques limites industrielles couplées aux cordes et cuivres montantes imitant les sirènes.

 

Présenté  comme un western des temps modernes, Logan en a certainement la noirceur, c’est via une orgue Hammond toujours à la limite de l’atonalité et des nappes plombées, que Beltrami apporte un peu de répit et de mélancolie dans sa partition, il lui ajoute un harmonica de verre, qui n’a rien à voir avec l’instrument cher à Bob Dylan mais est une sorte de mix improbable entre un piano et des bols musicaux (si, si !).

 

Minimalisme et épure  pour férocité maitrisée : un mélange hautement addictif !

 

 

 

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Bonjour Phillippe et merci d’avoir accepté de vous prêter au jeu du questionnaire croisé B.O/BD.

 

 

 

Commençons par un classique :

 

 

Vos Cinq Cd de chevet ?

 

 

J'ai peur de décevoir. En fait je ne crois pas être très mélomane et je n'écoute quasiment que de l'opéra, sans doute parce que ce n'est pas que de la musique. Mais à part des chanteurs lyriques, je suis dans l'incapacité de citer un seul chanteur ou un seul groupe.

 

 

 

Et vos Albums de Bd ?

 

 

Il m'est impossible de citer tous les auteurs que j'aime. Mais s'il faut en citer quelques uns, je mettrai en premier Guido Buzzelli, Crumb, Hugo Prat, Munoz et Sampayo, Tardi, Cabanes, et beaucoup d'autres. Mais il faudrait citer aussi les classiques: Töpffer, McCay, Cannif, etc.

 

De Bruit et de Fureur  /  Macbeth  Vs.  Logan

 

 

 

Les influences et les goûts :

 

 

 

Une musique de film qui  vous a marqué, que vous affectionnez particulièrement (indépendamment du film) ?

 

 

Le cinéma a beaucoup d'importance pour moi, mais je ne sais pas comment répondre à cette question. Je crois que je n'ai jamais fait attention à la musique, bien qu'elle ait, sans aucun doute, influencé ma perception du film.

 

 

Votre travail :

 

 

Ecoutez vous de la musique quand vous écrivez/dessinez, et plutôt quoi ?

 

 

Pendant longtemps, j'ai écouté beaucoup de musique, c'est à dire d'opéras. Maintenant, que ce que je fais le permet, j'écoute plutôt des livres-audio ou des émissions de radio.

 

 

 

 

Ce sur quoi vous travaillez actuellement, les prochains projets ?

 

 

En ce moment, en bande dessinée, je suis parti sur un nouveau projet avec Rodolphe. C'est une conversation fictive avec Lovecraft.

 

 

De Bruit et de Fureur  /  Macbeth  Vs.  Logan

 

 

Et si…

 

 

…en lieu et place de la Bande Dessinée vous aviez fait de la musique, vous auriez  été qui, vous auriez joué quoi ?

 

 

C'est une question que je ne me suis jamais posée. Et je crois que j'ai bien fait car, à la différence de Ingres, de Crumb et de quelques autres (Margerin par exemple), je ne crois pas que j'aurais été un bon musicien dans quelque genre que ce soit.

 

 

 

Encore un grand merci pour vos réponses, et au plaisir de vous retrouver dans les pages de Bandes Originales Pour Bandes Dessinées !

 

 

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Une chronique et une interview de Fab

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  • : Conseils d'écoutes musicales pour Bandes Dessinées
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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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