2 mai 2026 6 02 /05 /mai /2026 15:22

 

LA BD:

 


C'est quoi : LE HORLA

 

 

C'est de qui? Les Frères Brizzi



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Futuropolis





 

Déjà croisés sur le site? Oui.




 

Une planche: 

 


 

Ca donne Quoi ? Dans le haut du panier de mes auteurs favoris, Maupassant a toujours trusté les premières places, au coude à coude entre autres avec Oscar Wilde.

 

En BD ça fait bien 10 ans -et la version de Sorel du…Horla d’ailleurs- que je n’avais pas lu quelque chose qui faisait honneur à l’écrivain, heureusement les (sur)doués frères Brizzi, sur la lancée de leurs adaptations littéraires chez Futuro et Daniel Maghen, qui sont toutes plus réussies les unes que les autres, ont décidé pour la lancée “officielle” de leur Bibliothèque Fantastique qui s’enrichira d’un nouveau titre chaque année, de se frotter à Maupassant.



 

En deux mots le Horla c’est le récit effrayant et tragique d’un bourgeois normand qui, après le passage d’un voilier sud américain sur la Seine proche de sa demeure, se pense possédé et commence à ne plus arriver à dormir, à avoir des visions lugubres et à lentement mais sûrement sombrer dans la folie.



 

Terrain de jeu idéal pour les frères Brizzi qui livrent là une version habitée!

Comme toujours ils ont choisi le noir et blanc et les niveaux de gris. Gaetan gère les décors tandis que Paul dessine les protagonistes. Les premiers sont à la croisée du Romantisme et de l'expressionnisme tandis que les seconds empruntent aux grands caricaturistes avec une force d’expressivité rare.



 

En 80 pages les auteurs s’approprient le texte d’origine tout en y restant très fidèle et signent à nouveau un petit chef d’oeuvre du 9° Art que l’on classera à coté de leurs précédents opus en attendant impatiemment le prochain tome de la collection sur lequel ils ont déjà commencé à travailler: La Femme au collier de velours d’Alexandre Dumas.




 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : THE HAUNTING OF JULIA



 

 

C'est de qui? C. Towns



 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui




 

On peut écouter ?  

 


 

 

Ça donne Quoi ? Colin Towns joue la carte de la sobriété, voire de l’underscoring pour cette série B de 1977, où Mia Farrow joue une mère ravagée par la mort de sa fille qui croit être hantée par son fantôme, plot plutôt classique dans le fantastique. 

 

 

Utilisant peu d’instruments dont -hélas mais bon c’est l’époque qui voulait ça- des synthétiseurs, il crée une atmosphère fort tendu, et même si quelques pistes de cette B.O sonnent  très datée, on appréciera la force du piano lead, des cloches lugubres, des cuivres hauts perchés et des cordes survoltées.

 

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25 avril 2026 6 25 /04 /avril /2026 13:14




 

LA BD:

 


C'est quoi : FRANKENSTEIN

 

 

C'est de qui? D. Sala.



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Casterman





 

Déjà croisé sur le site? Oui.





 

Une planche: 


 


 

Ca donne Quoi ? Si vous suivez un peu l’actualité littéraire vous devez avoir vu passer ces derniers mois pas mal de nouvelles éditions du roman de Mary Shelley, pierre angulaire de la littérature fantastique gothique, illustrées pour la plupart, certaines très réussies, d’autres un peu plus…opportunistes diront nous.



 

Ajoutez à cela  l’adaptation pour Netflix de Del Toro l’an passé et quasiment une version par an en BD depuis 2020 et on devrait pouvoir affirmer que tout le monde, peu ou prou, connaît l’histoire de Victor Frankenstein, le scientifique qui s’était pris pour dieu et de sa créature composée de bouts de cadavres, ramenée à la vie sans avoir rien demandé et qui, incapable de se réinsérer dans la société des hommes va se venger de son créateur.

 

Alors, me demanderez vous, pourquoi s’intéresser à cette nouvelle version?

Et bien, comme ça a déjà été le cas pour celles de Bess ou de Crépax, je vous répondrai: pour son auteur!

 

Oui parce que David Sala sur Frankenstein, je vois mal comment tout bon bédéphile esthète pourrait passer à côté! Et la lecture de l’album m’a conforté dans mon choix.

 

En effet, si l’histoire est peu ou prou identique à l’originale, Sala se l’approprie tout de même pas mal, en  enlevant par exemple les épisodes du navire dans les eaux glacées en rajoutant un épisode au début de l’existence de la créature avec une jeune femme qui le recueille, en choisissant de ne  pas montrer comment le monstre s’éveille à la vie (foin de foudre et d’électricité mais on notera que dans le roman originel ceci n’est pas explicite non plus)... tout ceci reste de l’ordre de l’anecdotique, l’esprit gothique de matériau d’origine étant bien là - là où évidemment l'œuvre est une réussite indéniable c’est sur sa partie graphique.

 


 

L’artiste choisit avec intelligence d’exploiter l’un des courants artistiques majeurs de l’époque du roman, à savoir l'impressionnisme et l’Art Nouveau.

 

Cela donne de magnifiques planches picturales où il s’amuse à faire des références à certaines grandes oeuvres de Klimt (et dans une moindre mesure Mucha ou encore Millais)  qui, foisonnantes de couleurs et de nuances, contrastent avec des passages bien plus sombres dans les tons, rappelant l'ambiance foncièrement gothique du texte de Shelley. 



 

Si, donc, l’amateur de BD aurait pu hésiter à lire cet énième Frankenstein, se disant -en partie à raison- qu’il n’ allait rien découvrir de bien neuf, force est de reconnaître que passer à côté d’un album aussi abouti visuellement et narrativement serait une faute de goût évidente.







 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : L’ACTE PREALABLE



 

 

C'est de qui? Scriabin



 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui




 

On peut écouter ?  

 


 




 

Ça donne Quoi ?  Œuvre posthume de Scriabin, ambitieux jusqu’à la déraison qui voulait écrire une partition durant plusieurs jours, cet Acte Préalable fut terminé par l’un des fidèles élèves du compositeur russe, Alexander Nemtin, qui y consacra une grande partie de sa carrière.

 

 

 

Le résultat force l’admiration de par ses élans grandioses que ce soit dans l’épique comme dans le fantastique avec des thèmes polymorphes aussi différents que possible et où pourtant l’auditeur attentif arrive à déceler une unité ténue.

 

L’orchestre est souvent bouillonnant, les chœurs –partie la plus impressionnante de l’œuvre- chantent des mélodies sans paroles, parfois transpercées d’une voie stridente.

 

 

 

On peut déceler dans cet opus hors normes une influence certaine sur certains compositeurs de B.O du XX° siècle, à commencer par John Williams, amateur de classique s’il en est.

 

 

 

Le magma musical de ce Mystère possède la force d’évocation nécessaire à cette version de Frankenstein.

 

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13 avril 2026 1 13 /04 /avril /2026 08:48




 

LA BD:

 


C'est quoi : DORTMUNDER. BANK SHOT.

 

 

C'est de qui? Headline, Alonso Iglesias.



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Dupuis





 

Déjà croisés sur le site? Oui pour le scénariste.





 

Une planche: 

 



 

Ca donne Quoi ? Braquer une banque, un classique qui, bien préparé, peut être mené à bien même par une équipe de bras cassés comme celle que John Dortmunder vient de rejoindre malgré ses réticences sur certains coéquipiers.

 

Sauf que là il faut carrément braquer LA banque, celle ci ayant été installée dans un mobil home le temps des travaux du  bâtiment d’origine.

 

Qu’à cela ne tienne, notre bande se dégote un camion … et un châssis de roues de caravane, vu que la banque/mobile home en est dépourvue -sinon ce serait trop facile! - et se lance dans ce qui va se révéler, vous vous en seriez douté, un fiasco de première!

 


 

Bon, je ne vous cache pas que, côté atmosphère et scénario, je suis plutôt team Parker que team Dortmunder. Westlake, avec un certain humour, explique qu’il a inventé le personnage parce que “Parker avait refusé le rôle qu’il lui avait trouvé”. Et on peut comprendre notre dur à cuire quand on voit le chat noir que Dortmunder peut être.

 

Pour l’ambiance ce Bank Shot lorgne plus vers du Elmore Leonard ou un Ocean Eleven sans le glamour que vers la violence sourde des histoires ou Parker tient le premier rôle.



 

Le trait semi réaliste anguleux et un rien cartoony du dessinateur espagnol Jesus Alonso Iglesias, s’il n’a pas à mon goût l’impact de celui de Kieran ou de Darwyn Cooke sur …Parker (décidément!), est tout à fait adapté à l’humour noir du scénario et se démarque du lot de la bd franco belge mainstream par son originalité.

 

Du noir fun et old school très recommandable! 

 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : NEVER LET GO



 

 

C'est de qui? J. Barry



 

La Couv':


 


 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui




 

On peut écouter ?  

 

 


 

Ça donne Quoi ?  John Barry, responsable entre autre de certains des plus mémorables scores de la saga des James Bond met en musique ce petit film noir où Peter Sellers, joue un de ses rares rôles non comiques.

 

 

 

Ouvertement orientée jazz, la B.O de Never Let Go n’en oublie pas le suspense et si l’orchestre de Barry se fait parfois très présent (notamment sur certaines séquences du long métrage), le compositeur sait aussi ménager ses effets avec des breaks rythmiques lourds de menaces, des phrasés de flûte dans l’esprit d’un Lalo Schifrin et des cuivres menaçants qui ne sont pas sans rappeler parfois l’excellent travail de Bernstein sur The Man With The Golden Arm, quelques années plus tôt.

 

 

 

Un panaché d’ambiances très cool à l’image de cette adaptation de  Dortmunder.

 

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26 mars 2026 4 26 /03 /mars /2026 10:41




 

LA BD:

 


C'est quoi : KETSUDAN



 

C'est de qui? Mud & Motteler



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Dargaud





 

Déjà croisés sur le site? Oui pour les 2.





 

Une planche: 

 



 

Ca donne Quoi ?  Dans le Japon médiéval, le shogun doit choisir un précepteur pour son héritier mâle.

A la -mauvaise- surprise de Akitora, seigneur de guerre bardé de victoire qui pensait accéder au poste, c’est Fuyusaru, légende vivante - mais vieillissante!- du shogunat qui a fait ses preuves par le passé.

 

Les 2 hommes en viennent aux mains (nfin, au katanas) et Fuyusaru est blessé et humilié. Le viel homme se fait alors seppuku -suicide rituel- poussant son fils à provoquer Akitora en duel pour laver leur honneur.

 

Dilemme, Natsumé, le fils en question, est amoureux d'Harumi, la fille de son nouvel ennemi dont il va provoquer la mort et par la même l’ire de sa bien aimée.

 

L’histoire vous parle? Pas étonnant, ce n’est rien moins que la pièce de Corneille, le célèbre Cid, que Mud, transfuge du Label 619 (on l’avait croisé sur Doggybags il y a quelques années), resitue dans le Japon de l'Ère d’Edo.

 

Et bien évidement ça fonctionne à plein!

Le découpage et le style graphique de julien Motteler, que l’on a aussi vu chez nous, sur des choses aussi variée qu’ intéressantes, aux influences qui vont du comics aux mangas en passant, of course, par le franco-belge, est le gros point fort de ce généreux one-shot.

Cadrages originaux, narration dynamique, séquences de batailles et combats muettes ultra efficaces, Ketsudan est une réussite visuelle.



 

Le seul petit bémol que j’apporterai à l’album, mais je comprends que c’est un choix scénaristique, c’est la reprise quasiment à l’identique des dialogues de Corneille qui, s’ils sonnent parfois très bien, semblent un peu plus figés voire empruntés à d’autres moments et risquent de déstabiliser certains lecteurs, ne serait-ce que de par les rimes. Ce ressenti, tout personnel, n'entame pas pour autant la qualité de ce Ketsudan.



 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : L’OMBRE DU GUERRIER



 

 

C'est de qui? S. Ikebe



 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui.




 

On peut écouter ?

 

 

 




 

Ça donne Quoi ?  Parmi les grands succès de Kurosawa figurent des adaptations des pièces de Shakespeare (Macbeth, le Roi Lear…).

Des décennies avant notre duo d’auteurs, le réal japonais avait  compris l'intérêt de transposer les grandes tragédies classiques dans d’autres contextes et notamment le japon médiéval.

 

Kurosawa a toujours porté une grande attention à la musique de ses longs métrages. Après le départ pour  désaccords de Masaru Sato, compositeur fétiche de Kurosawa depuis I live in fear en 55, le réalisateur, qui rencontrera maints autres problèmes sur le tournage de Kagemusha, fait appel à Ikebe. Ce dernier, compositeur classique de formation, très prolifique, remplace Sato au pied levé et fournit un travail d’orfèvre (qui poussera Kurosawa à collaborer à nouveau avec lui sur 3 autres films par la suite). 



 

Puissant et évocateur, répondant aux images et aux thèmes shakespeariens de son sujet, le score de Kagemusha est un modèle de musique épique ayant su marier les influences occidentales et orientales à la fois. Juste ce qu’il fallait à Ketsudan.

 

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24 mars 2026 2 24 /03 /mars /2026 09:04





 

LA BD:

 


C'est quoi : CORUM



 

C'est de qui? Chauvel & Merli



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Glénat





 

Déjà croisés sur le site? Oui pour Chauvel.





 

Une planche: 


 


 

Ca donne Quoi ?   Il y a de cela maintenant plus de trois décennies j’ai découvert l’univers de Michael Moorcock via les jeux de rôle adaptés de ses univers (par Chaosium en V.O et chez nous par Oriflam)  notamment Stormbringer qui s’inspirait d’Elric puis Hawkmoon.



 

Si j’ai par la suite lu la saga des romans d’Elric, je ne me suis jamais penché sur les romans du reste des cycles du Champion Éternel, sorte de multivers bien avant Marvel, et notamment  le cycle de Corum.

 

 

 

J’ai découvert ce dernier il y a une poignée d’années grâce à une version comics, signée rien moins que Mignola et Baron, mais j’étais plutôt content de m’y replonger avec ce premier tome d’une adaptation qui vient de paraître chez Glénat dont David Chauvel signe le scénario, confiant la partie graphique au dessinateur transalpin Luca Merli qui se glisse avec talent dans la charte graphique des autres albums inspirés par Moorcock chez le même éditeur.



 

Bon, on est clairement donc est en terrain connu que ce soit visuellement comme scénaristiquement.  Outre une mythologie partagée (Arioch le dieu du chaos entre autre qui est directement opposé à Corum), l’image de l’anti-héros, victime de son destin (et il morfle dès le début de l’histoire!), vu plus ou moins comme un paria par la majeure partie des gens qu’il rencontre, jouet du destin, soumis aux vicissitudes d’une existence faite de combats et de déceptions, Corum est un personnage aux facettes sombres multiples, intéressant par ses faiblesses.

 

 

 

Si de mon coté je ne suis plus trop client du genre, cette nouvelle série est une porte d’entrée intéressante pour ceux qui souhaitent découvrir une nouvelle facette de la riche oeuvre de Moorcock et un gage de qualité pour les amateurs de fantasy bien dark.



 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : THE WITCHER. SIRENS OF THE DEEP.



 

 

C'est de qui? J. Trapanese



 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui.




 

On peut écouter ?

 


 

Ça donne Quoi ?  Déjà responsable de la musique de la saison 2 de la série Netflix, Joseph Trapanese rempile pour ce long métrage d’animation qui prend place entre 2 épisodes de la saison 1.



 

Le compositeur, malgré une carrière intéressante en marge de ses boulots pour le cinéma (il a notamment collaboré avec M83 et feu les Daft Punk), n’a rien fait de notable sur grand écran mais a cependant une filmo assez diversifiée pour savoir se fondre dans le genre pour lequel il compose.



 

Donc là vous avez de la fantasy basique mais efficace avec pas mal de morceaux de bravoure bien pêchus qui ne dénotent pas sur ce premier Corum même si, en tant que tels, sont un rien fatigants à écouter.


 

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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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