19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 08:43

 

 

 

 

LA BD:

 

 


C'est quoi : PRINCE VALIANT. VOL. 12. 1959-1960

 


C'est de qui : Hal Foster

 

 

La Couv':

 

Toujours Valiant  /  Prince Valiant 1959-1960

 

Déjà croisé sur le site? Yep

 

 

Une planche:

 

Toujours Valiant  /  Prince Valiant 1959-1960

 

Ca donne Quoi ? Douzième volume déjà des aventures de Val (le quinzième sort cette année, si tout se passe bien, la collection devrait pousser au moins jusqu’à 20 pour clore ceux écrits et dessinés par Foster puis enchaîner sur les « repreneurs », Brian Kane, l’éditeur de l’anthologie, m’ayant dit que le but était de recoller à la parution actuelle, on n’est ps près d’en voir le bout) et nous voilà à l’aube des sixties.

 

Foster écrit et dessine ses pages du dimanche depuis 23 ans déjà, il a déjà 68 balais au compteur et si la majeure partie des strips proposés ici sont majestueux, on commence à sentir que le rythme imposé l’oblige parfois  à proposer des fonds colorés unis en lieu et place de certains décors fouillés auxquels il a habitué ses lecteurs. On est cependant encore loin du passage de flambeau puisqu’il ne s’opérera qu’une décennie plus tard.

 

Outre le sauvetage ingénieux de Gauvain, retenu par un seigneur félon, Valiant va, sur ordre du Roi Arthur, partir en quête du Graal, de trop nombreux chevaliers de la Table Ronde ayant disparu en essayent de retrouver le calice mythique.

 

 

Toujours Valiant  /  Prince Valiant 1959-1960

 

Il est étonnant que Foster, pourtant friand d’Histoire et de légendes, on l’a vu sur les tomes précédents, n’ait pas fait plus tôt usage de la légende du Graal, pourtant très liée à celle des chevaliers d’Arthur. Il faut peut être se souvenir que, comme chez Mallory par exemple, elle est également synonyme de crépuscule des héros d’où cette incursion tardive.

 

L’arc donne l’occasion au héros comme à son créateur, une fois encore, de mettre en exergue les valeurs chrétiennes véhiculées par la série.

 

En parlant de ces dites valeurs, une page a particulièrement retenu mon attention. Juste avant de se mettre en quête de la coupe du christ, Val et Aleta (sa royale épouse) ont une dispute, cette dernière gifle notre chevalier qui, en réponse, lui donne un fougueux baiser avant de …lui administrer une violente fessée !

 

Si, époque oblige, on peut remettre ça dans son contexte et se dire que, peut être, à l’époque, il était normal pour un époux de corriger sa femme au besoin (mais rien que de l’écrire ça me semble effarant), le strip va même plus loin, quitte à devenir surréaliste – nous sommes en 1959 ! – la toute dernière vignette nous montre une Aleta languissante à sa fenêtre regarder son héros (penaud ! l’honneur est sauf ?) s’éloigner en disant :

 

 

Toujours Valiant  /  Prince Valiant 1959-1960

 

Et pour ceux qui sont fâchés avec la langue de Shakespeare ça donne :

 

« Oh toi bête magnifique ! Reviens moi seulement sain et sauf à nouveau, et tu pourras me fesser autant que tu voudras ! »

 

Alors, Prince Valiant, bd pour amateur de bondage avant l’heure ?

 

Trêve de plaisanterie, après 12 volumes, l’immense plaisir de lecture est toujours au rendez-vous !

 

 

 

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Une chronique de Fab

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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 08:42

 

 

 

LA BD:

 

 

 


C'est quoi : THE LAST CONTRACT

 

 

C'est de qui : Estherren & Brisson

 

 

La Couv':

 

Dernière tournée  /  The Last Contract  Vs.  The Takers

 

Déjà croisée sur le site? Non.

 

 

C’et édité chez qui ? Ankama

 

 

Une planche:

 

Dernière tournée  /  The Last Contract  Vs.  The Takers

 

Ca donne Quoi ? A la lecture de The Last Contract on se dit que les acteurs comme Clint Eastwood ou Bruce Willis ont fait les beaux jours de pas mal de scénaristes de comics US. Que ce soit le récent Southern Bastards ou cette mini série ci, les vieux durs à cuire implacables à qui on l’a fait pas et qui dézinguent à tout va, sont à la fête.

 

Ancien tueur à gages ultra efficace, un vieux retiré du métier comme, quasiment, de la vie en général, voit débarquer chez lui un duo de punks venu le refroidir. Ils bossent pour le compte d’un caid qu’un maitre chanteur menace de couler en dévoilant tous ses contrats passés…à moins qu’il ne fasse buter notre « héros ».

 

S’engage alors une multiple course poursuite des plus sanglante entre tout ce petit monde de tueurs dégénérés afin de sauver leurs  peaux et retrouver l’origine de tout ce bordel.

 

Si pas forcément des plus original dans son sujet (l’un des protagonistes envoie même une vanne très second degré à ce sujet), The Last Contract a pour lui une narration et un rythme ultra nerveux et un dessin à l’encrage léger et plutôt réussi même si la mise en couleur fait parfois perdre de la lisibilité.

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LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? TAKERS

 

 

C'est de Qui ? P. Haslinger

 

 

La couv'

 

Dernière tournée  /  The Last Contract  Vs.  The Takers

 

Déjà croisé dans le coin?  Une fois ou deux oui.

 

 

On peut écouter?

 

 

Ca donne Quoi ? Petit film de casse avec trahisons, mafia russe, flic acharné et j’en passe, Takers a dû plus attirer par son casting éclectique que par son pitch ou sa réalisation…et encore !

 

La B.O a été confiée au faiseur Paul Haslinger qui, en parallèle de presque 20 ans de carrière avec Tangerine Dream s’est appliqué à rester dans le ventre mou de la discipline en  mettant en musique films d’action ou d’horreur burnés (les Underworld c’est lui), et jeux vidéo du même tonneau (quelques Rainbow Six ou Far Cry pour les connaisseurs).

 

Pour finir de vous situer, on est dans de l’électro froide et incisive, pas souvent inspirée pour ne pas dire téléphonée  qui vieillira aussi mal que le héros de The Last Contract sans forcément être aussi mortelle (quoique !) ; après, le temps d’un one shot, pourquoi pas ?

 

 

 

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Une chronique de Fab

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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 16:25

 

 

 

 

 

LA BD:

 

 

 


C'est quoi : LA FILLE DE L’OUVRE BOITE

 


C'est de qui : Rob Davis

 

 

Une Couv':

 

Filles Perdues   /   La fille de l'ouvre boite  Vs.  Little Girl Lost

 

Déjà croisé sur le site? Oui.

 

 

C’est édité chez qui ? Warum

 

 

Une planche:

 

Filles Perdues   /   La fille de l'ouvre boite  Vs.  Little Girl Lost

 

Ca donne Quoi ? Vous vous souvenez peut être de cet intriguant album, l’Heure des Lames, chroniqué ici l’an passé ; on y découvrait un univers des plus atypique où, dans une Angleterre alternative et orwellienne, des ados fabriquaient leurs parents, où chacun connaissait la date de sa mort, ou encore, où la police n’est composée que de personnes du troisième âge.

 

La Fille de l’ouvre boîte nous y replonge de plein pied en nous narrant la jeunesse de Vera, l’héroïne du tome précédent, qui a décidé de sauver Scarper de son inéluctable décès.

 

Si la première partie de l’album s’inscrit sans la lignée de ces récits initiatiques de collège, de Courtney Crumrin à Gotham Academy en passant par Harry Potter, ce n’est que pour mieux en dynamiter les codes. Vera est une freak même dans ce monde surréaliste et ne rentrera clairement pas dans le moule, même si sa mère tyrannique en a décidé ainsi.

 

A la moitié du tome on commence à rattacher les wagons du premier, retrouvant la cavale de nos deux héros restants (Vera, donc, et Castro) et l’histoire s’emballe bien comme il faut.

 

L’univers de la série de Rob Davis, métaphore surréaliste et décalée de l’adolescence et de sa rébellion, portée par un beau graphisme en noir et blanc, plus délié que sur le précédent,  pourra surprendre certains lecteurs néophytes, les autres, plus exigeants et peut être plus ouverts, y trouveront à n’en pas douter leur compte.

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

C'est Quoi ? LITTLE GIRL LOST

 

 

C'est de Qui ? B. Herrmann

 

 

La couv'

 

Filles Perdues   /   La fille de l'ouvre boite  Vs.  Little Girl Lost

 

Déjà croisé sur B.O BD?  Plein de fois oui.

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne quoi? La série Twilight Zone a été pour Bernard Herrmann une véritable aubaine. Bac à sable musical aux possibilités très étendues, elle lui a permis, au gré des scénarios et épisodes de s’adonner à une pratique qu’il affectionnait dans la composition de B.O : l’expérimentation.

 

Ainsi sur ce Little Girl Lost, il marie des cordes assez surprenantes dans le genre : la harpe (quatre !), une viole d’amour (violon à double cordes dont un set résonnant par sympathie), et leur ajoute des vents, des percussions diverses et pour parfaire le tableau iconoclaste, un vibraphone.

 

Le résultat est tout bonnement excellent. Herrmann arrive à mettre tout ce petit ensemble au diapason (dans les deux sens du terme) et propose une musique qui passe de la douceur hypnotique à la répétition stressante en faisant un détour par la mélodie éthérée quasiment surréaliste.

 

Si manquant peut être un peu d’action pour certaines scènes de la fin de la Fille de l’Ouvre Boite, le score de Little Girl Lost éclaire avec réussite l’atmosphère décalée de la BD.

 

 

 

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Une chronique de Fab

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24 février 2017 5 24 /02 /février /2017 08:24

 

 

 

 

LA BD:

 

 

 


C'est quoi : CUL DE SAC. TOME 2.

 


C'est de qui : R. Thompson

 

 

La Couv' :

 

Tiercé gagnant!  /  Cul de Sac 2  Vs.  It Was A Short Summer - Charlie Brown

 

Déjà lu chez B.O BD? Non

 

 

C’est édité par qui ? Urban Comics

 

 

Une planche:

 

Tiercé gagnant!  /  Cul de Sac 2  Vs.  It Was A Short Summer - Charlie Brown

 

Ca donne Quoi ? Quand on parle de comics strips d’humour, il y en a deux en particulier que, très probablement comme pléthore d’amateurs, j’adule : les Peanuts et Calvin et Hobbes.

 

Le premier a bercé ma jeunesse à l’époque où Gallimard la publiait sous le titre Snoopy, probablement plus vendeur que l’original; le second a été une révélation quand je l’ai découvert en V.O, au tout début du collège, et c’est avec le blondinet et son tigre imaginaire que j’ai appris l’anglais (ou presque).

 

Ce doublé vient de se transformer en tiercé –gagnant !-  avec la série du récemment disparu Richard Thompson, Cul de sac, qu’Urban édite en intégrales classes dont vient de sortir le tome 2.

 

On y suit le quotidien de la famille Otterloop : le père et la mère, gentils « beaufs » déconnectés, Petey, pré-ado complexé à l’ami imaginaire encombrant qui se découvre un nouvel  et, surtout, la désopilante Alice, qui ne s’en laisse pas compter, qui dance sur une plaque d’égout ou encore qui n’hésite pas à remettre en question l’enseignement de son instit’.

 

Décalé parfois jusqu’au loufoque, plein d’un humour aussi subtil qu’il est parfois profond (pas mal de sujets sont abordés au fur et à mesure des strips), Cul de Sac, si pas révolutionnaire dans ses graphismes, est une perle dans son genre qui, comme ses prestigieux ainés, allie avec talent le  fond et la forme.

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? IT WAS A SHORT SUMMER, CHARLIE BROWN

 

 

C'est de Qui ? Vince Guaraldi

 

 

La couv'

 

Tiercé gagnant!  /  Cul de Sac 2  Vs.  It Was A Short Summer - Charlie Brown

 

Déjà croisé ici? Oui

 

 

On peut écouter?

 

 

Ca donne Quoi ? Moyen Métrage adapté des Peanuts de Schultz, sorti dans les années 60, It was a short summer, Charlie Brown voit notre petite équipe enrolé de force par Lucy dans un camp de vacances.

 

Vince Guaraldi, compositeur attitré de versions animées de la série, jazzman de métier, fait osciller ses thèmes entre ritournelles bucoliques et fantaisies pop enjouées, le tout dans un état d’esprit groovy old school très agréable.

 

Musique essentiellement d’accompagnement plus qu’illustrative, où piano et cuivres sont les principaux instruments entendus (agréablement complétés par un vibraphone de temps à autre), cette B.O apporte une ambiance easy-listening aux mésaventures des Otterloop qui n’en ressortent que plus décalées et fun.

 

 

 

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Une chronique de Fab

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 08:29

 

 

 

LA BD:

 

 


C'est quoi : GONZO

 


C'est de qui : Will Bingley et Anthony Hope-Smith

 

 

La Couv':

 

BD Parano  /  Gonzo  Vs.  Birdman

 

Déjà croisé sur le site? Non.

 

 

C’est édité chez qui ? Nada.

 

 

Une planche:

 

BD Parano  /  Gonzo  Vs.  Birdman

 

Ca donne Quoi ? Enfin ! Une BD sur l’inventeur du Gonzo journalisme, ce fan de la Beat Génération qui allait mettre en pratique le Sur La Route de Kerouac, sur les traces de ses prédécesseurs. Entre le reportage sur les Hell’s Angels qui tournera plus que mal, la course à Vegas qui finira en « parano », son impossibilité à assumer  paternité et ou vie de couple, sa tentative de se faire élire shériff ou encore ses renvois successifs de rédaction de journaux et magazines, la vie dissolue et surréaliste de Thompson méritait bien un album à part entière (oui, ok, y a bien Spider Jerusalem mais quand même).

 

Assez loin de l’image donnée par l’interprétation outrancière et cabotine de Jack Sparrow, Thompson est présenté ici comme le junkie et l’alcoolo qu’il était certes mais, avant tout, comme un artiste avide d’écriture, d’expériences nouvelles, de filiation avec ses illustres modèles.

 

L’autre grand atout de ce généreux one shot est son dessin accrocheur, trait charbonneux et nerveux, digne héritage d’une certaine école américaine old school dont les références aujourd’hui seraient à mi chemin du regretté Darwyn Cooke (période Catwoman)  et de Michael Lark, artiste croisé entre autre sur Gotham Central.

 

Des titres à des années lumières du genre de la bio de Thompson donc et justement c’est là qu’est l’originalité, plutôt que de choisir quelque chose d’attendu et de passe-partout (comprenez « réaliste ») le scénariste (ou peut être plus probablement l’éditeur d’origine) a su opté pour une option gagnante.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

 

C'est Quoi ? BIRDMAN

 

 

C'est de Qui ? Antonio Sanchez

 

 

La couv'

 

BD Parano  /  Gonzo  Vs.  Birdman

 

Déjà entendu sur B.O BD? Yep

 

 

On peut écouter?

 

Ca donne Quoi ? Attention : concept ! Pour la B.O de ce film surprenant (et un brin maniéré d’accord,  moins que le suivant cela dit mais ne nous égarons pas) avec un Michael Keaton (qui aurait d’ailleurs pu faire un meilleur Hunter S. Thompson de cinéma que Johnny le Cabot) ressuscité, Innaritu fait appel au batteur Antonio Sanchez, ex sideman de Chick Corea et actuellement derrière les fûts pour Pat Metheny (excusez du peu !).

 

Le résultat est tout bonnement hallucinant, avec son seul instrument rythmique Sanchez dynamite les codes du score et produit un ovni avant-gardiste qui s’avère même particulièrement mélodique, contre toute attente.

 

Si je conçois qu’à l’écoute seule ça puisse vite devenir fatiguant, malgré la virtuosité du musicien, c’est assez surprenant à la lecture d’une BD, surtout quand celle-ci évoque le « pape du Gonzo » !

 

 

 

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Une chronique de Fab

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  • : Conseils d'écoutes musicales pour Bandes Dessinées
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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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