7 avril 2026 2 07 /04 /avril /2026 15:19




 

LA BD:

 


C'est quoi : BILLI 99

 

 

C'est de qui? Sarah Byam & Tim Sale



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Délirium





 

Déjà croisés sur le site? Oui pour Sale





 

Une planche: 

 



 

Ca donne Quoi ?  A Sulter, cité aussi tentaculaire que crépusculaire, le crime a envahi les bas fonds tandis que la corruption gangrène les hautes sphères.

 

Pour s’élever contre l’un et l’autre il y avait un justicier masqué, Toleado, mais celui-ci a été tué.

 

Pourtant, un nouveau héros, masque sur les yeux et rapière à la main, a repris le flambeau. Le héros en question est en fait une héroïne, fille du précédent Toleado et héritière  d’un des plus gros empire financier de Sulter qui met chaque nuit sa vie en danger.



 

Délirium publie cette oeuvre inédite en VF du regretté Tim Sale, scénarisé par Sarah Byam qui se révèle une uchronie politico-sociale fort sombre matînée de récit de vengeur masqué à mi chemin entre Zorro et Batman (le second n’étant finalement qu’un avatar super héroïque de l’autre…et encore “super”, le Chevalier Noir n’a pas de pouvoirs à proprement parler…mais on s’égare là!).



 

Rien de bien nouveau sous le soleil surtout que l’histoire est parfois un peu ardue à suivre ce qui explique peut être l’absence de ce titre des étagères de comics.

Pour être tout à fait franc, Billi 99 vaut surtout pour sa partie graphique.



 

En effet si on est pas encore au niveau de narration graphique de sa fructueuse collaboration avec Jeph Loeb pour DC et Marvel, il y a dans Billi 99, en substance, tout ce qui fera la réussite -méritée- du dessinateur: travail sur les ombres, poses dynamiques, cadrages cinématographiques, visages uber expressifs malgré l’économie du trait…



 

Rien que pour ça cette mini série valait la peine d’être éditée en VF, surtout que Délirium a opté pour la version colorisée par  soigné l’objet avec un grand format cartonné et des bonus en fin d’ouvrages (couv’ des single issues, storyboard…)




 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : THE TERMINATOR



 

 

C'est de qui? B.Fiedel



 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui.




 

On peut écouter ?

 

 


 

Ça donne Quoi ?  42 ans! J’ai montré le premier Terminator à mon cadet de 10 ans et dire que le film a vieilli est un euphémisme!

Enfin, ce qui a vieilli surtout c’est les effets spéciaux (le Terminator une fois sous forme en robot en stop-motion vaut son pesant de cacahuètes!) et…sa B.O!

 

Alors soi disant, en tout cas c’est ce qui est indiqué dans le livret de la ressortie luxe de la galette, Fiedel aurait opté pour une musique exclusivement synthétique pour montrer la domination des cyborgs sur l’humain… mouais, je pense plutôt qu’au mitan des années 80 tout le monde kiffait les synthés et voulait s’amuser à moindre frais (un gars derrière son clavier coûte forcément moins cher qu’un ensemble symphonique n’est ce pas!).



 

Une partition fort surannée donc mais assez sombre et rythmée pour aller avec les méandres politico-héroïques de Billi 99.

 

 

 

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30 janvier 2026 5 30 /01 /janvier /2026 10:57





 

LA BD:

 


C'est quoi : GOD BLESS AMERICA

 


C'est de qui? PF Radice



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Sarbacane





 

Déjà croisé sur le site? Non






 

Une planche: 


 


 

Ca donne Quoi ? Utah, début des années 50. Alors qu’il enquête sur des signalements d’Ovni, Nick Corey, shérif de son état et torturé s’il en est, découvre une voiture abandonnée et des possibles traces d’enlèvement.

Alors qu’il fouille les alentours un avion militaire s’écrase non loin et quand Corey arrive sur les lieux du crash il découvre que l’appareil volait sans pilote.

 

Bientôt, le FBI et les militaires s’incrustent sous prétexte que l’avion serait lié au détournement d’une bombe atomique, un tueur en série ressurgit du passé du shérif qui, cerise sur le gateau, va tenter d’assumer son homosexualité en tombant amoureux d’un agent fédéral.



 

Du roman, hommage/pastiche aux classiques noirs américains, de Richard Morgiève, Pierre François Radice, pour son second album chez Sarbacane, tire une adaptation dans un beau noir et blanc à la fois réaliste et expressif, crayonnée, à l’encrage quasi absent et aux niveaux de gris très réussis mais  qui, si elle reprend les éléments et fils narratifs déjà, à mon sens, trop nombreux du texte d’origine, a un peu de mal à les traiter tous à égalité.

 

On se retrouve avec une histoire où l’on passe parfois un peu du coq à l’âne en se demandant pourquoi, à l’origine, Morgiève a voulu tant en mettre.

On ne jettera du coup pas trop la pierre à Radice qui fait de son mieux et donne une vision qui, si donc un brin bancale parfois, ne manque pas de qualités, à commencer par un esprit polar old school bien rendu..

 

On notera aussi le soin tout particulier porté par l’éditeur au bouquin, présenté dans un grand format et sur un papier épais qui fait honneur au talent graphique du dessinateur. 






 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : HIGHEST 2 LOWEST




 

C'est de qui? H. Drosin



 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui




 

On peut écouter ?

 

 

 




 

Ça donne Quoi ?  Qu’il est loin le temps où Spike Lee réalisait des brûlots cinématographiques engagés et inventifs! 

Qu’il est loin le temps où Denzel Washington arrivait à s’empêcher de cabotiner et à surjouer pour pallier à des personnages tellement caricaturaux que ça en deviendrait presque géant!

 

Ce remake aussi interminable qu’inutile est, n’y allons pas par 4 chemins, un naufrage!

Rien ne va: du rythme au scénario en passant par le casting ou le montage, Highest 2 Lowest fait honte à l’original comme au roman dont ils sont tirés et ferait presque de la peine pour son réal et son acteur principal autrefois si intéressants.



 

Après 3 décennies à collaborer exclusivement avec Terence Blanchard qui, je l’ai déjà écrit dans ces pages, ne lui a pas composé que des scores inoubliables, loin s’en faut, Spike Lee a confié la musique de son dernier film à Howard Drosin, déjà en charge de l’orchestration de pas mal des partitions de Blanchard.

 

Bon, le résultat n’est pas plus fameux que si c’est Blanchard qui avait assuré le job, voire pire!

Une sorte de musique digne de jazz d'ascenseur, pour laquelle Drosin, allez savoir pourquoi, utilise des claviers affreusement datés avec des pistes sirupeuses à souhait.

La musique est de plus omniprésente sur ce (bien trop) long métrage qui n’avait pas besoin de ça et qui aurait même éventuellement pu être moins mauvais avec une bande son plus pêchue et originale …quoique…non, même pas.



 

Par contre, que ce soient les morceaux calmes comme les -assez rares- passages d’action, sur l’adaptation de Radice ça a apporté un décalage intéressant et un peu d’unité bienvenue.

 

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16 janvier 2026 5 16 /01 /janvier /2026 15:48




 

LA BD:

 


C'est quoi : FUNESTES AMOURS

 


C'est de qui? C. Burns



 

La Couv':

 




 

Déjà croisé sur le site? Oui.






 

Une planche: 


 


 

Ca donne Quoi ? Ce n’est pas la première fois que Charles Burns s’essaye à l’exercice de style. Si j’étais mauvaise langue je dirais presque que, depuis presque 15 ans que l’on chronique ses différents opus,  la quasi totalité de sa production s'apparente à ça finalement, entre pastiches de genre allant du polar au classique franco belge et autres variations de pulps surannés (pléonasme?!).



 

Au fil des ans et des albums, l'artiste a su imposer un style immédiatement reconnaissable et un univers bien à lui que l’on pourrait situer à la frontière entre David Lynch et Larry Clark, emportant dans son sillage une fanbase qui attend avec impatience ses productions.



 

Je classerai presque ces Funestes Amours où il pousse un peu plus loin le concept développé dans Love Nest dans cette catégorie d’ouvrages où Burns se fait plaisir, sachant que ses aficionados suivront de toute façon.

 

Il  y parodie les romances old school auxquelles il n’oublie pas d’ajouter sa touche de décalage glauque qui met son lecteur dans une situation de voyeur inconfortable.



 

Avec un fil rouge ténu entre les récits et quelques éléments plutôt perturbateurs, Burns réussit son pari de faire de Funestes Amours quelque chose de plus qu’une simple récréation mais sans atteindre, loin s’en faut, les grands titres qui ont fait son succès.






 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : INLAND EMPIRE




 

 

C'est de qui? Lynch



 

La Couv':

 


 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui




 

On peut écouter ?

 

 

 




 

Ça donne Quoi ?  Si Inland Empire est probablement l’un des long métrages que j’aime le moins du réal à la chevelure vif argent (et encore ne l’ayant vu qu’à sa sortie en salle je devrais peut être retenter l’expérience), c’est cependant une étape de plus dans sa quête du cinéma à la croisée des chemins, expérimental et éprouvant à la fois.

 

 

 

Côté B.O, comme à chaque fois avec Lynch, on est là aussi dans le conceptuel, avec un mélange de pistes instrumentales atmosphériques sourdes et sombres et des morceaux connus aux antipodes.

 

 

 

Pour la lecture de Funestes Amours je vous recommande de ne sélectionner que les morceaux écrits par Lynch himself, suites de nappes électro aux vrombissements divers, variations des musiques déjà rencontrées sur les précédents films, de Eraserhead à Mullholand Drive en passant par l’excellent Lost Highway.




 

 

 

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bobd - dans Comics Burns Indés Lynch
29 août 2025 5 29 /08 /août /2025 08:56




 

LA BD:

 


C'est quoi : LE SOUFFLE DU DIABLE

 


C'est de qui :  K. Broeders



 

La Couv':


 




 

Déjà croisé sur le site? Oui.

 

 

C'est édité chez qui? Anspach



 

Une planche: 

 



 

Ca donne Quoi ? La France rurale, fin du XVIII° siècle. alors qu’un brouillard aux relents nocifs semble s’abattre sur le pays, provoquant des réactions parfois extrêmes chez les habitants (processions illuminées, violences, superstitions …) Madeleine tente de faire prospérer son auberge où elle rudoie son demi-frère, un jeune amérindien ramené du Nouveau monde par leur défunt père.

 

En partant d’un fait divers authentique,  Ken Broeders, auteur belge complet trop rare en France à mon goût (nous l’avons croisé à peine 2 fois en 14 ans de B.O BD!) imagine un drame rural familial oppressant qui flirte avec le fantastique.

 



 

Suite à l’éruption d’un volcan islandais en 1783 un immense nuage toxique va parcourir l’Europe avec des répercussions catastrophiques sur le climat et la vie des populations.

Des chercheurs auraient même établi un rapport de causalité entre les conséquences de cette pollution -notamment des récoltes désastreuses- et les prémices de la fronde du peuple qui mènera à la Révolution Française.

 

Mariant le fond et la forme, Broeders dans son style graphique expressif aux couleurs bien choisies, fournit un bel écrin aux ambiances gothiques de son récit glauque.




 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : LE TRAIN DES EPOUVANTES



 

C'est de qui ? D. Gamley




 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui



 

On peut écouter ?

 

 

 




 

Ca donne Quoi ? Si les studios de la Hammer ont trusté le marché du film d’horreur durant deux décennies, leurs concurrents quasi directs de chez Amicus étaient également pas mal actifs sur le même créneau (si ce n’est que la plupart des films Hammer étaient à background « historico-gothiques » tandis que ceux de chez Amicus étaient plutôt contemporains).

 

 

 

Pour ce film à sketches où l’on retrouve les incontournables Peter Cushing et Christopher Lee (acteurs fétiches de la Hammer par ailleurs), la compositrice Elisabeth Luyden, première femme à écrire de la musique de film mais qui, de son propre aveu, faisait ça plus pour payer les factures que par choix, écrit une partition assez passe partout, où elle laisse de coté le sérialisme dont elle s’est faite spécialiste outre-manche.

 

 

 

Néanmoins on reconnaîtra à son score des qualités manifestes dans l’évocation de l’épouvante subreptice, de l’illustration thématique simple mais efficace.

 

A l’opposé d’un James Bernard, compositeur attitré de la Hammer, Luyden fait dans l’underscoring si nécessaire et, par la même, rend ses compositions plus variées que la moyenne.



 

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22 août 2025 5 22 /08 /août /2025 12:15


 

LA BD:


C'est quoi : AME AUGMENTÉE

 


C'est de qui :  E. Claytans Daniels



 

La Couv':


 




 

Déjà croisé sur le site? Non



 

Une planche: 


 


 

Ca donne Quoi ? Un couple de retraités participe à une expérience de clonage leur permettant de rajeunir tout en gardant leur expérience et intelligence actuelles.

 

Mais le processus foire et leurs “doubles” sont des espèces de blobs difformes et physiquement handicapés dont seuls les cerveaux fonctionnent comme il faut.

 

Commence alors une coexistence contre nature entre les 4 individus qui va lentement mais sûrement glisser vers une conclusion tragique.



 

Dire que ce gros one-shot happe son lecteur quasiment d’emblée pour le laisser, une fois l’album refermé avec un sentiment de malaise est un euphémisme.



 

Élaboré sur le long terme (deux décennies tout de même) Âme Augmentée est un tour de force qui aborde des thèmes profonds avec intelligence en mettant l’humain et ses faiblesses au cœur de l’histoire et en évitant l’écueil du questionnement métaphysique de comptoir.

 


 

Graphiquement aussi l’originalité est au rendez-vous. Le style de Claytans Daniels est torturé à souhait et exprime parfaitement le malaise du scénario, on pense un peu dans l’esprit à Ludovic Debeurme, Charles Burns, voire Killofer.



 

Une lecture peut être pas à la portée de tout un chacun de prime abord mais qui se révèlera enrichissante pour ceux qui tenteront cette expérience!



 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : LA BOÎTE



 

C'est de qui ? Butler, Chassagne et Pallet




 

La Couv':


 


 

Déjà entendu chez B.O BD



 

On peut écouter ?

 




 

Ca donne Quoi ? A l’instar d’un Jonny Greenwood de Radiohead, certains des membres du groupe Arcade Fire, ont su, en marge de leur pop-rock british, composer quelques bandes son pour le grand écran pas inintéressantes, loin s’en faut. (notez cependant que je ne compare pas les deux groupes, Arcade Fire étant à Radiohead ce que Hans Zimmer est à Goldsmith: une pâle resucée sans inspiration notoire et je n’abuse pas, pour les avoir subis en concert).

 

 

 

Ainsi sur cet étrange long métrage à l’atmosphère oppressant, Palett et sa clique s’amusent à citer rien moins que le Bernard Herrmann période Hitchcock avec, entre autre, une utilisation des cordes classique mais bien mise au goût du jour, appuyée par une post-prod léchée qui conforte  les ambiances glauque et tendue du film.



 

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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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