27 août 2021 5 27 /08 /août /2021 07:53

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  UN ETE CRUEL

 

 

C'est de qui ? Brubaker & Phillips

 

 

La Couv':

 

C’est édité chez qui ? Delcourt comics

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui très souvent.

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? J’ai eu la « malchance » de découvrir Criminal, la série phare de Brubaker et Phillips, alors que je terminais une énième lecture des Sin City de Miller. Et à l’époque j’avais jugé que cette dernière était bien supérieure à Criminal et j’ai gardé ce préjugé pendant quelques années.

 

Force est de reconnaître que je me méprenais, les deux séries, si elles sont chacune à leurs manières ancrées dans une tradition du Noir Américain, ont leurs qualités (et leurs défauts) propres, partagent certes des points communs (la voix-off omniprésente, les loosers magnifiques, les femmes fatales…), mais restent deux oeuvres aussi différentes que magistrales.

 

Ce huitième tome de la série qui vient de paraître en VF (même s’il est présenté comme un hors-série, il s’agit bien, selon les propres dires de Brubaker en fin de bouquin, d’un tome de l’arc principal) revient sur la façon dont est mort Teeg Lawless, l’un des protagonistes principaux de l’histoire, et sur ce qui a forgé le caractère orageux de son rejeton et des potes de ce dernier. Le tout via le récit imbriqué de destinées qui s’entrechoquent sur fond de casse d’envergure.

 

Au scénar comme au dessin les habitués de Criminal ne seront pas déçus, l’univers de la série est toujours aussi poisseux et désespéré, avec son casting de has been attachants dans leur tragédie, croqués de façon viscérale par un Phillips toujours au top.

 

 

Petit bémol sur la colo du fiston, qui m’avait déjà fait tiquer sur le tout récent Pulp et qui, je trouve, est un peu excessive sur certaines cases ; mais rien qui gâche le plaisir de ce gros TPB que les amateurs ne reposeront pas avant de l’avoir terminé.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :THE BIG SLEEP

 

 

C'est de qui ? J. Fielding

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD?

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Après plus d’une décennie a avoir collaboré avec les grands noms du cinéma américain, et pu, sur les longs métrages de Peckimpah surtout, expérimenter dans divers domaines (adaptation de musique classique, sonorités folkloriques et autres free jazz avant-gardiste) Jerry Fielding est mandaté pour écrire la musique du remake du Grand Sommeil avec Mitchum en lieu et place de Bogart.

 

Si cette version de 78, n’est pas à la hauteur de son modèle (reconnaissons que l’intrigue du roman d’origine est assez brumeuse par moment) et que la transposition dans le Londres des 70’s n’amène rien à l’histoire, bien au contraire, la musique de Fielding est par contre une belle réussite du genre.

 

Bien plus sobre que sur pas mal de ses précédentes partitions, le compositeur écrit des thèmes à la croisée des styles d’un Lalo Schifrin et d’un John Barry, moins groovy cependant, avec une place importante réservée au suspense et à l’underscoring via des plages de piano, de cordes ou encore de vents qui opèrent quelques savantes montées en puissance quand l’intrigue le demande, appuyés par des rythmiques savantes.

 

Classique dans l’esprit, le score de The Big Sleep sait évoquer beaucoup sans trop en faire et son atmosphère pleine de tension est très raccord avec ce nouveau Criminal.

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

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3 août 2021 2 03 /08 /août /2021 07:05

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  TEXAS BLOOD 1

 

 

C'est de qui ? Chris Condon & J. Phillips

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Delcourt Comics

 

 

Déjà croisés sur le site? Non

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Alors qu’il est proche d’une retraite bien méritée, le sheriff Joe Bob Coates voit débarquer Randy un ancien habitant de sa bourgade dont le frère s’est fait descendre dans d’étranges circonstances.

 

Rangé des conneries de jeunesse Randy va replonger à la vitesse grand V et sa personnalité borderline –c’est un euphémisme !- va le pousser à commettre des extrémités dont notre sheriff se serait bien passé.

 

Texas Blood est un peu un ersatz des productions Brubaker/ Phillips et pas seulement à cause de l’identité graphique de Jacob Phillips, rejeton du dessinateur de Criminal et Fatale (et coloriste de certains des derniers albums sortis) très –trop ?- proche de celle de son paternel mais aussi par une certaine volonté de proposer une histoire pessimiste au possible.

 

Cela étant, ce récit noir aux héros atypiques, avec sa voix-off et ses dialogues au scalpel, s’il devrait convaincre les amateurs en manque, pourrait décevoir ceux qui s’attendront à une série de la teneur de celles du duo cité ci-dessus.

 

 

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :THE DISAPERANCE

 

 

C'est de qui ? R. Farnon

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Pas sur.

 

 

On peut écouter ?

 

Ca donne Quoi ? Le compositeur canadien Robert Farnon, même si plus versé dans la musique légère (c’est un courant de la musique classique n’est ce as, pas de la musique de film pour adultes !) s’est taillé une belle réputation autant dans le monde de la musique pop – comme arrangeur- que dans celle de la musique de films et de télévision.

 

Si sa carrière pour le cinéma est assez restreinte et ne comporte as de films majeurs, l’exemple du jour fait regretter que Farnon n’est pas plus œuvré dans le domaine.

 

En effet, son sens de l’illustration musicale imparable, via un emploi des cordes audacieux, de percussions et bruitages divers, le tout soutenu par des nappes de synthétiseurs (nous sommes au milieu des 70’s) qui ne passent jamais les limites du supportable fait que la musique du film reste aussi écoutable qu’efficace quarante ans après son écriture.

 

Naviguant entre thriller oppressant et tension paranoïaque, la B.O de The Disapperance apporte un vrai plus à un comics qui aurait été trop lambda pour moi sans cet accompagnement musical puissant.

 

 

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Une Chronique de Fab

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2 juillet 2021 5 02 /07 /juillet /2021 09:41

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ? EVEN

 

 

C'est de qui ? Kispreilov et Zidrou

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Delcourt.

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui, ensemble.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Dans un futur proche, dans le sud de la France l’Erospital  -centre qui soigne par la sexualité virtuelle toutes sortes de maux-connaît un succès retentissant dans une société divisée selon la beauté des gens les Swiiits et les Uggs.

 

Mais cet établissement reconnu voit sa réputation entachée par le suicide d’une de ses fondatrices. Son ex époux, aidé d’une journaliste aux dents longues et d’une femme de ménage « Ugg » secrètement amoureuse de lui, vont enquêter sur cette mort et, au-delà de découvrir ce qui s’est passé, mettre en lumière les dysfonctionnements de cette société biaisée.

 

 

Zidrou nous propose une dystopie fort noire à bases de pulsions sexuelles diverses et variées, de libertés bafouées et autres opposition sociales basées sur le physique qui font un certain écho à la mode – aussi surréaliste que dégradante quelque part- des influenceurs.

 

 

Si les thématiques sont plutôt pas mal amenées cet Even est pour moi un Zidrou « mineur », préférant largement le scénariste sur les contes médiévaux ou le fantastique victorien que sur ses one shots contemporains.

 

 

Au dessin Kispreilov, qui retrouve Zidrou après Rosko, livre une copie plus que convaincante avec un trait expressif anguleux et une belle gestion des ombres même si parfois la colo ne lui rend pas trop justice.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :R.I.A

 

 

C'est de qui ? A. Milne

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Non

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? A l’écoute de la B.O de cette série Z où une épouse parfaite se révèle être une machine cybernétique qui prend en otage son amant dans une sorte de tv réalité (oui hein !!), on conçoit sans peine que le background de la compositrice Alexandra Milne soit la jungle, la house et l’électro londonienne des années 2010.

 

Dénuée d’instruments classiques, la partition de la britannique joue essentiellement sur les ambiances, entre tension insidieuse et suspense lourd, le tout à bases de nappes quasi expérimentales et de mélodies minimalistes cliniques qui ne sont dérangées que par quelques pistes plus excitées dignes d’une NIN première époque.

 

L’ensemble sonne parfois un brin daté (on croirait entendre la musique d’un jeu vidéo des années 90), très froid, souvent hypnotique.

 

Des adjectifs que l’on peut également associer au one-shot cyber sexuel de Zidrou.

 

 

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Une Chronique de Fab


 

 

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28 juin 2021 1 28 /06 /juin /2021 09:37
 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ? GUN CRAZY 2

 

 

C'est de qui ? Steve D & Jef

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Glénat

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui sur le précédent.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Un flic bourrin qui a peur de son clébard raciste et un dézingueur de curés pédophiles qui se croit investi d’une mission sacrée pourchassent chacun de leur côté un tueur surarmé qui se prend pour un super héros du KKK, lui-même pourchassé par 2 filles déjantées pleines de flingues et de drogues qui veulent se faire la malle en Suisse avec la récompense que leur a promis le frère d’une des victimes du super héros allumé.

 

Tout ce petit monde se retrouve à Végas où ils vont tenter de remplir leur rôle sans trop y laisser de plumes, peine perdue évidement, le sang va couler à l’hectolitre, les balles vont fuser dans tous les sens et peu d’entre eux vont s’en sortir.

 

 J’ai lu, ailleurs, des références à Tarantino (encore du coup !) voire aux frères Cohen pour évoquer cette suite de Gun Crazy. En cinéphile averti j’irai plutôt chercher la comparaison chez un Guy Ritchie, celui de Revolver très exactement, film aussi maladroit que mésestimé à mon sens.

 

 

 

 

 

 

 

Ici aussi les protagonistes plus grands que nature (trop ?) sont nombreux (trop ??), l’action est omniprésente (trop ???), le psychédélisme et la voix off s’invitent à la fête (tro…bon vous avez compris je crois !) et on a l’impression d’assister à un exercice de style déjanté sans trop de scénar derrière.

 

 

Ca flingue, ça fait des bons mots, ça insulte, ça roule vite… Gun crazy deuxième du nom porte encore mieux son nom que le précédent même s’il dilue le ton subversif très « années 80 » de ce dernier dans une surenchère certes un brin second degré de violence stylisée (trop ????).

 

 

Coté graphisme les références à Moebius sont toujours là avec une apothéose de couleurs volontairement flashys voire criardes qui donne un côté un peu irréel bienvenue au déchainement de férocité de cette conclusion orgasmique d’un diptyque qui m’a semblé pour le coup aussi déséquilibré que les deux volets de Kill Bill d’un certain…Tarantino !

 

 

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi : SEVEN SWORDS

 

 

C'est de qui ? Black Elephant

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Non

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? Le Stoner Rock et ses dérivés a fait, au fil des décennies, des émules partout dans le monde et c’est un combo transalpin qui remplit l’office de B.O du jour.

En effet, là où la variété décalée du premier tome de Gun Crazy appelait celle de la musique d’American Gods, ce second volet shooté à l’adrénaline et l’ultra violence demandait quelque chose d’ouvertement plus pêchu !

 

Distorsion est le maître mot du style de Black Elephant (et du genre tout court cela dit), une disto crachée par les guitares branchées en direct sur les pédales fuzz héritées d’Hendrix qui vient hurler sa rage et son spleen agressif sur des rythmiques de batterie assénées tantôt comme la lente avancée d’un char d’assaut tantôt comme une attaque aérienne de zéros japonais.

 

Quasi dénué de voix (là aussi on retrouve une caractéristique du genre qui préfère laisser parler sa musique torturée) l’album Seven Swords vous assène claque sonore après claque sonore vous laissant sonné à la fin de l’album... et alors quand vous avez pris le parti de l’écouter en lisant la bd du jour … !

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

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23 juin 2021 3 23 /06 /juin /2021 08:36
 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  PULP

 

 

C'est de qui ? Brubaker & Phillips

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Delcourt

 

 

Déjà croisés sur le site? Fort souvent.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Max Winter, ancien hors la loi de l’Ouest américain, écrit des récits de cow-boys  pour un magazine cheap, mais le public – selon son éditeur-  se lasse du genre et sa paye baisse à vue d’œil.

 

Soucieux d’assurer à sa compagne un avenir à peu près décent Max va renouer avec son passé et repasser du mauvais côté de la loi ; mais à l’âge de la retraite, avec un palpitant qui vous joue des tours, l’affaire se révèle vite plus que risquée, surtout quand on s’associe avec les mauvaises personnes !

 

 

Le duo mythique qui a détrôné Frank Miller et son Sin City du must have du noir en comics (faute surtout à l’arrêt de la dite série cela étant) revient en proposant le portrait d’un outlaw vieillissant à deux périodes de son existence et qui rempile plus ou moins à contre cœur dans une société qui a évoluée sans lui.

 

 

Le personnage principal est –comme souvent avec Brubaker- bien écrit, sorte de perdant magnifique à mi-chemin entre le cow boy joué par Kirk Douglas dans Seuls sont les indomptés et la ribambelle de retraités durs à cuire qu’Eastwood s’évertue à camper depuis trois décennies.

 

L’intrigue tient le lecteur en haleine et le trait de Phillips, qui se bonifie avec l’âge, est toujours aussi bien adapté au genre (même si je dois avouer que le choix de colo pour les scènes de flashback m’a paru parfois un peu trop informatisé).

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :THE BIG BANG

 

 

C'est de qui ? Johnny Marr

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Non

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? Après une carrière dans la pop avec les légendaires Smiths, aux cotés de Morrissey, Johnny Marr, guitariste dont le style a influencé toute une génération de gratteux britanniques, se frotte à la B.O de films entre deux collaborations prestigieuses.

 

The Big Bang est en fait le seul long dont il est vraiment écrit toute la musique ; polar décalé de série B plutôt décrié à sa sortie malgré quelques atouts manifestes (gageons que c’est le jeu des comparaisons avec d’autres longs du même acabit qui l’a plombé), le film se veut une sort d’hommage aux films de détectives de l’age d’or avec une énorme dose d’auto dérision et d’éléments perturbateurs.

 

Le trop étant l’ennemi du bien, le métrage s’en ressent et passe à côté du film culte ; mais penchons-nous plutôt sur son score.

 

Marr privilégie les ambiances groovys sombres en mélangeant les techniques : instrumentation classique, nappes de claviers, arrangements post prod… dans un esprit néo noir qui n’est pas sans faire penser à la B.O du Sin City (encore !?) de Rodriguez (co écrite par le réal, Graeme Revell et, surtout, John Debney).

 

On est donc dans l’atmosphérique mystérieux, avec quelques envolées plus mélodiques où des instruments rock s’invitent à la fête avec une certaine réussite.

L’ensemble a, reconnaissons-le sans peine, mal vieilli, mais fait toujours son petit effet, surtout quand il est écouté en lisant un nouveau Brubaker/Phillips !

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab


 

 

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  • : Conseils d'écoutes musicales pour Bandes Dessinées
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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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