18 février 2026 3 18 /02 /février /2026 14:37





 

LA BD:

 


C'est quoi : THE PAINTED CRIME



 

C'est de qui? S. Martino



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Glénat





 

Déjà croisé sur le site? Non





 

Une planche: 


 


 

Ca donne Quoi ? La Cité des Anges, fin des années 40. Ancien G.I, Peter Graham s’est reconverti en détective privé, bossant sur des cas banals pour payer son loyer.

Mais Peter veut surtout retrouver Clark Brown, le frère d’un de ses compagnons d’armes mort à la guerre à qui il doit remettre une trompette. 

 

Le trompettiste a disparu et notre détective privé, en se lançant sur sa piste, va découvrir des secrets qui auraient dû rester cachés et qui impliquent quelques gros noms d’Hollywood.



 

On retrouve dans cet album signé Stefano Martino toute la panoplie du roman noir classique, avec anti-héros désabusé et presque dépassé par les évènements, femme fatale  et bad guys coriaces.

 

Même la voix-off est de la partie (fort présente d’ailleurs, les allergiques au procédé passeront peut être leur chemin).



 

Le style graphique  semi réaliste est soigné, dans un  noir et blanc stylisé aux nombreux détails et aux riches décors qui immerge complètement le lecteur dans l’ambiance de l’envers du décor de l'Âge d’Or Hollywoodien.








 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : AN UNLOCKED WINDOW



 

 

C'est de qui? B. Herrmann



 

La Couv':


 


 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui




 

On peut écouter ?

 

 

 

 

 

 

Ça donne Quoi ? Surfant sur la célébrité du réalisateur le plus en vue du moment, la NBC lance une série thématique de thrillers intitulée Alfred Hitchcock Hour.

 

Si ce dernier est à l’origine du projet, il ne fait effectivement quasiment que présenter, réalisant une grosse poignée d'épisodes sur la décennie que durera le show.

 

Pour cet épisode où un serial killer rôde en ville et où deux infirmières se sont enfermées dans la maison de leur patient âgé …en oubliant de fermer une fenêtre, c'est Bernard Herrmann en personne qui compose la musique (d’autres grands noms de la B.O officieront sur quelques épisodes d’ailleurs) et ça s’entend.



 

Cordes stridentes, rythmiques oppressantes et cuivres graves rivalisent pour créer une atmosphère où la tension est le maître mot.

 

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4 février 2026 3 04 /02 /février /2026 08:19


 

LA BD:

 


C'est quoi : SOEURS DES VAGUES

 


C'est de qui? Roulot & Mikael



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Le Lombard





 

Déjà croisés sur le site? Oui






 

Une planche: 


 


 

Ca donne Quoi ? Un petit village de pêcheurs sur la côte du Canada, au tout début du siècle dernier. Les hommes sont partis en mer mais auraient dû rentrer depuis plusieurs jours quand une nuit -  un navire fait naufrage à cause de l’absence de lumière du phare.

 

A son bord, un unique passager qui, suite au choc, a perdu la mémoire, est recueilli par l’une des femmes du village. Peu de temps après, deux étrangers arrivent à leur tour au volant d’une Ford T et commencent à poser des questions insistantes sur un bateau qui aurait disparu, insistant sur la cargaison de ce dernier.

 

au fil des jours la tension va monter crescendo dans le village, alors que secrets, trahisons et autres rancœurs éclatent au grand jour.




 

Le huis clos “en extérieur”, on le sait, fonctionne en général plutôt bien quand il est bien pensé.

 

C’est le cas de ce Soeur des Vagues, dont le scénario de Roulot mélange habilement les genres avec un casting essentiellement féminin aux personnages bien campés, des méchants inquiétants à souhaits, et un background à la fois rural et marin bien exploité.



 

 

Le trait  semi réaliste anguleux de Mikaël, que nous avions croisé il y a déjà quelques années en tant qu’auteur complet pour Giant  et Bootblack, sert bien le récit de son nouveau “voisin”, et prouve qu’il est aussi à l’aise dans la jungle des villes  qu’avec les paysages côtiers canadiens.   






 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : THE TENANT



 

 

C'est de qui? P. Sarde



 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui




 

On peut écouter ?

 

 

 


 

Ça donne Quoi ?  Après avoir déjà composé pour le who’s who des réal’ français,  Phillipe Sarde collabore pour la première fois avec Polanski pour une partition qui alterne classicisme soigné et angoisse poussée et étrange notamment grâce à l'usage d'un harmonica de verre (sur lequel les doigts doivent être mouillés).

 

 

Cet instrument aussi inhabituel que décalé complète ici à merveille -et à contre emploi!- des cordes souvent à la limite de la dissonance, un piano relativement minimaliste et une poignée d'instruments à vent variés.



 

Une bande son aussi glaçante et pénétrante que la BD de Roulot et Mikaël.

 

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30 janvier 2026 5 30 /01 /janvier /2026 10:57





 

LA BD:

 


C'est quoi : GOD BLESS AMERICA

 


C'est de qui? PF Radice



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Sarbacane





 

Déjà croisé sur le site? Non






 

Une planche: 


 


 

Ca donne Quoi ? Utah, début des années 50. Alors qu’il enquête sur des signalements d’Ovni, Nick Corey, shérif de son état et torturé s’il en est, découvre une voiture abandonnée et des possibles traces d’enlèvement.

Alors qu’il fouille les alentours un avion militaire s’écrase non loin et quand Corey arrive sur les lieux du crash il découvre que l’appareil volait sans pilote.

 

Bientôt, le FBI et les militaires s’incrustent sous prétexte que l’avion serait lié au détournement d’une bombe atomique, un tueur en série ressurgit du passé du shérif qui, cerise sur le gateau, va tenter d’assumer son homosexualité en tombant amoureux d’un agent fédéral.



 

Du roman, hommage/pastiche aux classiques noirs américains, de Richard Morgiève, Pierre François Radice, pour son second album chez Sarbacane, tire une adaptation dans un beau noir et blanc à la fois réaliste et expressif, crayonnée, à l’encrage quasi absent et aux niveaux de gris très réussis mais  qui, si elle reprend les éléments et fils narratifs déjà, à mon sens, trop nombreux du texte d’origine, a un peu de mal à les traiter tous à égalité.

 

On se retrouve avec une histoire où l’on passe parfois un peu du coq à l’âne en se demandant pourquoi, à l’origine, Morgiève a voulu tant en mettre.

On ne jettera du coup pas trop la pierre à Radice qui fait de son mieux et donne une vision qui, si donc un brin bancale parfois, ne manque pas de qualités, à commencer par un esprit polar old school bien rendu..

 

On notera aussi le soin tout particulier porté par l’éditeur au bouquin, présenté dans un grand format et sur un papier épais qui fait honneur au talent graphique du dessinateur. 






 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : HIGHEST 2 LOWEST




 

C'est de qui? H. Drosin



 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui




 

On peut écouter ?

 

 

 




 

Ça donne Quoi ?  Qu’il est loin le temps où Spike Lee réalisait des brûlots cinématographiques engagés et inventifs! 

Qu’il est loin le temps où Denzel Washington arrivait à s’empêcher de cabotiner et à surjouer pour pallier à des personnages tellement caricaturaux que ça en deviendrait presque géant!

 

Ce remake aussi interminable qu’inutile est, n’y allons pas par 4 chemins, un naufrage!

Rien ne va: du rythme au scénario en passant par le casting ou le montage, Highest 2 Lowest fait honte à l’original comme au roman dont ils sont tirés et ferait presque de la peine pour son réal et son acteur principal autrefois si intéressants.



 

Après 3 décennies à collaborer exclusivement avec Terence Blanchard qui, je l’ai déjà écrit dans ces pages, ne lui a pas composé que des scores inoubliables, loin s’en faut, Spike Lee a confié la musique de son dernier film à Howard Drosin, déjà en charge de l’orchestration de pas mal des partitions de Blanchard.

 

Bon, le résultat n’est pas plus fameux que si c’est Blanchard qui avait assuré le job, voire pire!

Une sorte de musique digne de jazz d'ascenseur, pour laquelle Drosin, allez savoir pourquoi, utilise des claviers affreusement datés avec des pistes sirupeuses à souhait.

La musique est de plus omniprésente sur ce (bien trop) long métrage qui n’avait pas besoin de ça et qui aurait même éventuellement pu être moins mauvais avec une bande son plus pêchue et originale …quoique…non, même pas.



 

Par contre, que ce soient les morceaux calmes comme les -assez rares- passages d’action, sur l’adaptation de Radice ça a apporté un décalage intéressant et un peu d’unité bienvenue.

 

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23 janvier 2026 5 23 /01 /janvier /2026 10:42




 

LA BD:

 


C'est quoi : HAVANA SPLIT 2. TROPICANA

 


C'est de qui? Brrémaud & Macioci



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Dupuis





 

Déjà croisés sur le site? Oui, ensemble même!






 

Une planche: 

 



 

Ca donne Quoi ? Nos trois kidnappeurs improvisés sont dans une mouise noire!

Non seulement l’enlèvement de Concepccion a provoqué un séisme au sein de la pègre cubaine qui emploie les grands moyens pour la retrouver (et fait le nettoyage par le vide!) mais ils ont eu le malheur de se trouver sur les lieux d’un faux attentat orchestré par la CIA qui, du coup, veut également leurs têtes.

 

Entre règlements de comptes, trahisons et magouilles politiques, le trio va avoir du mal à s’en sortir.



 

Si le premier volet de Havana Split s’était avéré fort sympathique, avec une touche de polar fun et coloré, cette suite monte d’un bon cran, que ce soit côté action, tension mais surtout inventivité du scénario.



 

Là où beaucoup auraient proposé un scénar classique et, surtout, déjà vu, le doué Fred Brrémaud conjugue une ambiance et un background originaux avec un vrai suspense et une noirceur latente constante, notamment via quelques scènes d’anthologie (mention spéciale à celle des ballons dans le ciel cubain!).

 

Gageons que nombre de critiques auront la paresse intellectuelle (voire culturelle?) de comparer le travail du scénariste à celui de Tarantino mais là où ce dernier ne fait que pomper recycler le travail de ses illustres pairs, Brrémaud fait preuve d’une fraîcheur et d’une inventivité qui font plaisir!



 

Le trait de Vic Macioci, dont on vantait les mérites lors de la chronique du tome précédent, rajoute encore au décalage entre le fond et la forme et fait de ce second volet (sur quatre) une lecture de qualité.



 

La suite promet d’être haute en couleurs (et pas que!)







 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : A PLENO DIA




 

C'est de qui? L. Rosenmann



 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui




 

On peut écouter ?

 

 




 

Ça donne Quoi ?  Après quasiment deux décennies à composer pour quelques uns des plus grands réals de son époque, Leonard Rosenman aborde les années 70 en se mettant à la page en empruntant le chemin de l’expérimentation, à l’instar de certains de ses pairs, Goldsmith en tête, dont il va d’ailleurs prendre la suite sur la musique de la Planète des Singes.



 

Si l’orchestration de ce téléfilm reste dans la mouvance des thrillers de l’époque Outre Atlantique où tout le monde “empruntait” au grand la Lalo Schifrin, Rosenman a néanmoins la bonne idée de placer des effets d’échos de certaines parties d’instruments qui viennent jouer de courts groupes de notes sur des nappes atmosphériques.

 

Si aucun thème marquant ne se détache de la partition, le résultat, proche de l’underscoring, est diablement efficace. Les staccatos quasi déstructurés de cuivres provoquent une tension palpable et un suspense soutenu.

 

 

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13 janvier 2026 2 13 /01 /janvier /2026 14:34




 

LA BD:

 


C'est quoi : AU SUD, L’AGONIE

 


C'est de qui? Labiano & Pealez



 

La Couv':


 



 

C'est édité chez qui? Glénat

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui.




 

Une planche: 

 


 

Ca donne Quoi ? Les sales habitudes ont la dent dure! Des décennies après la Guerre de Sécession, la “Bible Belt” résonne toujours des rancœurs racistes de ses habitants blancs, surtout qu’une bonne partie d’entre eux, les “white trash” voient d’un fort mauvais œil que les anciens esclaves soient aujourd’hui parfois mieux lotis qu’eux.



 

Zacharie, un sang mêlé, ne s’en laisse pas remonter par les haineux qui l’entourent, menés d’une main d’acier par le révérend Lee, mais la liaison du jeune homme avec la fille -blanche- de son patron, est un risque mortel pour l’un comme pour l’autre.



 

Dans ce climat déjà tendu, le lynchage d’un ouvrier de couleur voit débarquer un agent fédéral qui prend fait et cause pour la minorité noire mais cache aussi un secret bien honteux pour l’époque.

 

La tension n’en finit pas de monter et, pour clore le tout, un dangereux criminel s’est évadé du pénitencier voisin et revient dans la petite ville pour se venger!



 

Second tome de leur trilogie noire, Au Sud, L'Agonie est une réussite à plus d’un titre!

Polar au suspense haletant mais aussi chronique sociale et historique documentée et réaliste, le scénario du stakhanoviste Philippe Pelaez prend le lecteur dès les premières pages pour ne le lâcher qu’à la conclusion de cette tragédie noire.

 

Si l’on voulait chipoter on pourrait trouver qu’il y a peut être trop d’intrigues parallèles (celle de l’évadé aurait pu être omise sans nuire à l’histoire), mais rien qui enlève à la maestria du récit.



 

Hugues Labiano de son côté rend à merveille l’ambiance moite de cette Georgie des années 30 à laquelle il apporte un souci du détail réaliste dans ses décors comme ses costumes et son casting est également des plus convainquant.




 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : ANGEL HEART




 

 

C'est de qui? Trevor Jones




 

La Couv':


 


 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui




 

On peut écouter ?

 

 

 


 

Ça donne Quoi ?  S’il y a bien une expression qui peut décrire la filmographie de Trevor Jones c’est « en dent de scie ».

 

En effet, le compositeur d’origine sud-africaine a, au milieu de séries B voire Z, une grosse poignée de pépites musicales qui font partie de modèles du genre (quel qu’il soit).

 

Citons au hasard Excalibur, Mississippi Burning, Le Dernier des Mohicans, ou encore Dark City.



 

Au mitan des années 80, Alan Parker tourne une adaptation plutôt inspirée d’un roman noir qui bénéficie au générique de la présencee d’un Mickey Rourke alors au sommet de sa gloire (l’expression utilisée plus haut pour la carrière de Trevor Jones s’appliquant d’ailleurs parfaitemnt à celle de Rourke également) et de son art et d’un De Niro qui cabotine on ne peut plus!



 

Le compositeur sud africain écrit une bande originale jazzy, menaçante et séduisante, mettant en avant -époque oblige- des synthés sombres (mais qui n’ont pas trop mal vieillis), des échantillons de vibraphone, une basse acoustique et des cuivres, ainsi que le jeu puissant du saxophoniste ténor Courtney Pine. 



 

La musique originale de Jones pour « Angel Heart » a également eu une grande influence sur les thrillers érotiques et néo-noir qui ont proliféré dans les années 80/90.

 

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  • : Conseils d'écoutes musicales pour Bandes Dessinées
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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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