25 novembre 2021 4 25 /11 /novembre /2021 08:57

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  VOLTAIRE ET NEWTON 1

 

 

C'est de qui ? Mitch & Bauduret

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Delcourt

 

 

Déjà croisés sur le site? Non

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Voltaire, grand esprit reconnu s’il en est, souhaite ardemment rencontrer une autre pointure de son époque, le savant Isaac Newton dont il affectionne les travaux et les recherches.

C’est par l’intermédiaire de la nièce de ce dernier que la rencontre se fait.

 

Le vieillissant scientifique a crée une machine extraordinaire qui permettrait de voyager dans l’espace, alors qu’il incite Voltaire à partir avec lui la nièce intervient et provoque un incident qui met en marche un élément qui envoie nos 3 héros dans des mondes et époques étranges.

 

L’idée de départ de cette trilogie était intéressante –faire échanger deux penseurs majeurs de l’Histoire- le traitement original et soigné –un style anthropomorphe semi réaliste qui, dans ses meilleurs moments n’est pas sans faire penser aux débuts d’Ayrolles- mais hélas l’idée des voyage spatio temporels plombe à mon goût le concept.

 

On se retrouve en effet à suivre les aventures de Voltaire dans ce premier volet (gageons que chacun des suivants se concentrera sur l’un des autres héros) qui participe à des joutes oratoires dans une sort de civilisation sud américaine d’antan.

 

Rien de bien folichon donc et on ferme l’album en se demandant quel est le public visé, l’ensemble étant un peu trop bavard pour plaire à la jeunesse et peut être trop rocambolesque pour attirer le public adulte.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :BERTOLDO, BERTOLDINO E CACASENNO

 

 

C'est de qui ? N. Piovani

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Probable

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? Avant de prendre la place laissée vacante par Nino Rota comme compositeur attitré de Felini, et d’écrire pour des réalisateurs comme Antonioni ou Benigni (il récoltera d’ailleurs un César pour La Vie et Belle) tout en embrassant une carrière internationale, Piovani a appris les ficelles du métier en composant pour son ami Marco Bellochio, spécialiste entre autre de comédies farfelues.

 

Sur cette adaptation de contes médiévaux allégoriques, il met en œuvre ce bagage tout en s’inspirant de la musique populaire italienne de l’époque, utilisant surtout des instruments typiques comme des flutes et des percussions qu’il fait sonner comme une fanfare burlesque à mi chemin de la fête moyenâgeuse et du dessin animé pour adultes.

 

Une bonne humeur musical communicative qui a bien aidé à aller au bout de ce premier tome de Voltaire et Newton auquel je serais probablement resté hermétique autrement.

 

 

 

 

 

 

---------------

 

 

 

Une Chronique de Fab

 

 

Repost0
22 novembre 2021 1 22 /11 /novembre /2021 09:48

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ? AUTOPSIE D’UN IMPOSTEUR

 

 

C'est de qui ? Zabus et Campi

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Delcourt

 

 

Déjà croisés sur le site? Le scénariste oui.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Bruxelles, fin des années 50, Louis petit provincial plein d’ambitions n’y arrive plus : à payer ses factures, à régler ses frais de scolarité pour terminer sa dernière année de droit…

Alors quand sa voisine de palier, fille de joie de profession, lui propose de venir faire le serveur à une soirée mondaine, notre jeune idéaliste accepte mais va rapidement mettre le doigt dans une spirale infernal où il va finir par se prostituer pour gagner de l’argent rapidement.

 

Après un drame qui aurait pu être évité le voici à la merci d’un maquereau- maître chanteur qui va lui rendre la vie impossible.

 

 

A la lecture de cette cruelle fable sociétale sur la différence de classes tout dépend si l’on est né avec une cuillère d’argent dans la bouche ou pas, le cinéphile averti que je suis n’a pu s’empêcher de penser pèle mêle à des choses aussi éloignées et disparates qu’ Eyes Wide Shut, Judex, le Gérard Phillipe période Monsieur Ripois, Crime et Châtiments la version de 1956 avec Robert Hossein ou encore J’embrasse pas de Téchiné.

 

Mais pour autant l’album de Zabus et Campi possède une vraie personnalité, une ambiance à part, entre film noir (la voix off !) et drame social d’époque, le tout servi par un dessin et une colo aussi personnels qu’originaux qui finissent de faire de cette Autopsie d’un imposteur une œuvre à part, une belle réussite à mon goût.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi : THE BLACK DALHIA

 

 

C'est de qui ? M. Isham

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Quelques fois oui.

 

 

On peut écouter ?

 

Ca donne Quoi ? Quand j’ai su que c’était Brian De Palma qui réalisait l’adaptation du Dahlia Noir de Ellroy, trouvant le cinéma du réal américain souvent tape à l’œil et grandiloquent, je n’ai pas pû m’empêcher d’être circonspect.

Et je n’ai hélas pas eu tort puisque le film, plombé par sa distribution et un scénario alambiqué, n’est clairement pas à la hauteur du roman, et ce malgré une reconstitution historique soignée coté décors et costumes, une ambiance générale plutôt réussie et la musique de Mark Isham qui, pour l’occasion, délaissait avec bonheur les synthés qui étaient sa marotte à l’époque.

 

Avec une trompette solo qui n’est pas sans faire penser à celle utilisée par Thomas Newman pour le très noir et réussi Salton Sea, sorti quelques années auparavant, et une inspiration (pour rester sympa) tirée du tout aussi bon score de L.A Confidential de Goldsmith (autre adaptation de Ellroy, beaucoup mieux celle-ci), Isham utilise à bon escient et originalité  ses percussions sur lesquelles il vient poser des parties de cuivre enlevées dans un esprit old school bienvenu.

 

On notera des incursions d’autres instruments solistes inhabituelles et pourtant agréables, du piano au violoncelle en passant par le cor anglais ou la harpe, Isham tire pleinement partie de l’orchestre que lui a imposé De Palma et sait détacher sa partition des influences citées plus haut tout en en faisant une B.O de film Noir intemporelle, certes assez classique mais d’une belle intensité que seules les quelques pistes romantiques trop sirupeuses empêchent d’être un classique du genre.

 

 

 

 

---------------

 

 

 

Une Chronique de Fab

 

 

Repost0
29 octobre 2021 5 29 /10 /octobre /2021 09:32

 

 

LA BD:

 

 

 

C'est quoi ? KOSMOS

 

 

C'est de qui ? Bedouel & Perna

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Delcourt

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui, ensemble même.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? En pleine Guerre Froide, alors que les Etats Unis sont persuadés d’avoir mis un coup décisif au bloc de l’Est en envoyant le premier homme sur la lune, qu’elle n’est pas la stupéfaction de Neil Armstrong quand, une fois sur place,  il réalise que les soviétiques les ont devancé.

 

Passé la surprise, l’astronaute découvre que son homologue russe est…une femme, et qu’elle git inconsciente sur le sol lunaire à quelques mètres de son lieu d’alunissage.

 

 

Kosmos nous raconte, en flashback, la destinée hors du commun de cette jeune femme russe qui fut la première à mettre le pied sur l’astre lunaire, auteure de la phrase célèbre attribuée ensuite à Armstrong, qui n’hésitera pas à sacrifier sa vie pour la grandeur de l’URSS… sauf que tout ceci est bien évidemment faux !

 

 

Pat Perna, utilisant avec brio le fléau actuel des fake news et autres manipulations de masse par les médias, propose une uchronie saisissante, fort documentée, ce qui la rend d’autant plus crédible dans l’absolu. Cerise sur le gâteau, sur ce contexte géopolitique manipulé, il dresse des portraits de protagonistes convainquant

 

 

Son compère Fabien Bedouel fait à nouveau montre de son talent graphique dans des décors spatiaux dépouillés où gravitent des fusées au réalisme poussé. Le choix audacieux du noir et blanc permet à l’artiste de réaliser certaines cases assez impressionnantes où sa maitrise des masses d’ombres et de lumière fait mouche.

 

Il rend encore plus stressant ce thriller politico-spatial réalisant une sorte de huis clos aussi anxiogène sur le fond que sur la forme.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :HORROR VACUI

 

 

C'est de qui ? J. Greenwood

 

 

La Couv':

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Si pour le fan de Radiohead basique, l’influence de Giorgy Ligeti sur Jonny Greenwood -gratteux du groupe anglais- n’est pas forcément évidente (encore faut-il que le fan en question connaisse Ligeti, certes), dans le travail de composition solo de Greenwood, et notamment sur ses B.O de films, la filiation saute déjà plus aux oreilles.

 

Sur cette pièce classique écrite il y a une paire d’année, le compositeur rend clairement hommage à son homologue austro-hongrois, explorateur éclairé du sérialisme, du dodécaphonisme, ou encore, de la musique sérielle.

Lui aussi défriche le peu de domaines encore laissés vacant en musique en imaginant comment rendre par les instruments classiques des effets de réverb et d’échos crées électroniquement.

 

Les aspérités et les dissonances des 68 cordes utilisées ici rendent l’ensemble souvent angoissant (on pense entre autres aux pièces de Ligeti utilisées par Kubrick dans Shining ou 2001) et font de cette pièce une œuvre qui abat les barrières entre classique et électronique, entre musique de film imaginaire ou de …BD uchronique !

 

 

 

 

---------------

 

 

 

Une Chronique de Fab

 

Repost0
18 octobre 2021 1 18 /10 /octobre /2021 09:50

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ? RECKLESS

 

 

C'est de qui ? Brubaker & Phillips

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Delcourt comics

 

 

Déjà croisés sur le site? Très souvent.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Ethan Reckless est un « fixer », un mec à qui on fait appel quand on a un problème que les moyens légaux ne peuvent pas résoudre.

 

Mais avant ça, notre bonhomme a eu une autre vie, une où il était amoureux de la sœur du chef du groupuscule d’activistes pseudos pacifistes, qu’il avait infiltré pour le compte du FBI, qui ont finit par se faire sauter avec une de leurs bombes artisanales, emportant par la même une partie de la gueule d’Ethan et de ses souvenirs.

 

Alors quand son ex amour de jeunesse se repointe en lui demandant de l’aide dans une histoire louche de part d’argent d’un braquage qui a mal tourné Ethan sent bien que c’est un plan foireux, mais ça ne l’empêche pas d’y plonger tête la première.

 

Le nouveau cru du duo Brubaker /Phillips (décidément fort actif ces derniers temps)  ne déçoit pas, fidèle à son lot de has been, de destins brisés, de scènes chocs et autres retournements de situation, le tout sur fond de fracture sociale américaine bien exploitée.

 

Les amateurs de l’œuvre des auteurs ne seront pas perdus, Ethan Reckless s’inscrivant dans la droite lignée des anti-héros qui peuplent quasiment toutes leurs précédentes séries. On pense aussi évidemment au roman noir classique avec cette voix off constante et un peu aussi au film You were never really here dans lequel Joaquin Phoenix campait un personnage quelque peu similaire.

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :LUTHER

 

 

C'est de qui ? P. Englishby

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Possible

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? Il y a plus d’une décennie, alors qu’il avait explosé dans la cultissime The Wire, celui qui ne sera probablement donc jamais James Bond illuminait de son talent Luther une série policière britiish plutôt réussie (dont j’ai découvert il y a peu que la chaine poubelle TF1 a d’ailleurs eu la figure de tenter un remake, risible s’il en est).

 

Coté atmosphère on est dans le glauque limite oppressant et la B.O alterne des morceaux d’artistes connus (Massive Attack, Marylin Manson) et un score composé par Paul Englishby, auteur de quelques galettes intéressantes dans son pays.

 

Voguant entre un suspense haletant où les cordes sont diablement malmenées et des plages plus mélancoliques portées par des voix éthérées et un piano solo, la partition d’Englishby fait la part belle aux ambiances, flirtant continuellement avec l’underscoring assez minimaliste.

 

 

 

 

---------------

 

 

 

Une Chronique de Fab

Repost0
14 octobre 2021 4 14 /10 /octobre /2021 11:43

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  SAINT ELME 1

 

 

C'est de qui ? Lehman & Peeters

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Delcourt

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui, Lehman comme Peeters, et même ensemble.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Dans une bourgade européenne éloignée de tout, alors qu’un malfrat dézingue sa bande pour sauver un garçon, un détective débarque à la recherche d’un fils à maman tandis qu’une riche famille dysfonctionnelle magouille avec la maire du village.

 

Le duo Peeters / Lehman revient trois ans après le déjà très bon Homme Gribouillé avec ce premier tome de Saint Elme, phase de présentation des partis en présence où l’on trouve pêle-mêle des trafiquants patibulaires, un privé aussi caricatural que sa sidekick est marginale, une famille de mafieux en col blanc ou encore une sorte de communauté qui célèbre une cérémonie païenne qui tourne mal.

 

On sent bien que tout ceci va s’imbriquer mais pour l’instant l’ensemble reste délicieusement énigmatique.

 

 

La Vache Brulée  est un récit choral aussi hypnotique que nerveux, parfois déstabilisant, avec une noirceur constante- appuyée par le trait de Peeters et un choix de colo sombre voire glauque- et un casting aussi hétéroclite que décalé, digne d’une de ces -très bonnes- séries TV européennes que l’on a vu fleurir ces dernières années sur les Netflix et consorts, de Dark à Katla en passant par Black Mirror.

 

Lehman écrit et Peeters dessine mais on sent une vraie osmose au sein de leur processus créatif qui donne l’un des albums phares de cette rentrée !

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :BECKETT

 

 

C'est de qui ? R. Sakamoto

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? Reprenant le concept souvent payant du héros parachuté dans un environnement étranger et hostile, cette production Netflix ne restera pourtant pas dans les annales et ce malgré une bonne grosse dose d’action et de paranoïa tout au long du film.

 

Plus intéressante est sa B.O que l’on doit à la légende Ryuichi Sakamoto qui, après avoir pourtant écrit pour des grands du 7°Art (Oshima, Bertolucci, De Palma et j’en passe) n’a jamais rechigné à tenter l’aventure de la musique de jeu vidéo ou de télévision, le tout en menant de front une carrière perso aussi riche qu’éclectique.

 

Ici il propose une musique à la fois atmosphérique avec les nappes dont il a le secret, de celles qui oscillent de la mélancolie à l’étrangeté, mais aussi uber tendue avec des moments de suspense personnifiés par des ostinatos de cordes torturées sur lesquels viennent se poser de lourds sons de cuivres qui feraient baver d’envie un Hans Zimmer.

 

Le tout n’est pas parfois sans faire penser à du Penderecki sous amphètes et est, à on humble avis, bien trop bon pour le film pour laquelle cette B.O a été écrite.

Par contre, et c’est tant mieux du coup, ça fait un score juste parfait pour ce premier tome aussi halluciné qu’enlevé de Saint Elme.

 

 

 

 

 

---------------

 

 

 

Une Chronique de Fab

 

Repost0

Présentation

  • : Conseils d'écoutes musicales pour Bandes Dessinées
  • Conseils d'écoutes musicales pour Bandes Dessinées
  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
  • Contact

Rechercher

Tags