5 mars 2026 4 05 /03 /mars /2026 15:51


 

LA BD:

 


C'est quoi : LES CHIMÈRES DE VENUS 3.

 

 

C'est de qui? Jung & Ayroles



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Rue de Sèvres





 

Déjà croisés sur le site? Oui.






 

Une planche: 

 



 

Ca donne Quoi ? Arrivés enfin sur l'île magnétique, où l'éther est présent partout, façonné par les sragasses en musée viavnat aux arbres et autres dinosaures comme en apesanteur, les retrovailles entre Aurélien, échappé du bagne, et Hélène, qui a faussé compagnie à l’expédition française, sont de courte durée!

 

En effet les flottes britanniques et françaises s’amoncellent au-dessus de Vénus et bientôt les troupes s’affrontent pour la possession de l’île.

La source d’énergie étrange et puissante qui s’échappe du centre du lieu va t-elle permettre d’endiguer les flots rageurs de sargasses qui se ruent sur les soldats pour protéger leur sanctuaire?

 

Voici enfin la conclusion des Chimères de Vénus, toujours signée du duo doué que composent le scénariste Alain Ayrolles et le dessinateur Etienne Jung.

 

Le premier convoque ici dans une suite de scènes rocambolesques et trépidantes les meilleurs éléments des feuilletons d’antan, de la SF old school  et des séries B de la Hammer, plaçant le tout dans le riche univers du Château des étoiles d’Alex Alice.

 

Le second quant à lui fait des merveilles avec une narration qui s’affranchit du gaufrier classique pour emprunter entre autre intelligemment  à son scénario (mention spéciale aux cases en forme d’hexagones par exemple), dans un style très coloré qui conjugue l’illustration classique à l’ancienne, les personnages des caricaturistes d’antan et, last but not least un trait disneyen aussi réussi qu'inattendu ici.

 

Une trilogie originale et rafraichissante dans un monde qui révèle encore plus ses richesses et dans lequel, on vient de l’apprendre, nous replongeons bientôt via une nouvelle série spin-off signée par Alice lui même et qui prendra la forme d’un…manga!



 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : THE DAY OF THE TRIFFIDS 



 

 

C'est de qui?  R. Goodwin



 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui.




 

On peut écouter ?

 

 

 

 

Ça donne Quoi ? Pour cet hommage à l’aventure et à la science-fiction du siècle dernier, il fallait une B.O adéquate.

 

Ron Goodwin, qui s’est essayé avec la même réussite à presque tous les genres, écrivant notamment quelques scores de films de guerre à succès, compose ici une musique de film fantastique qui s'appuie sur les bases jetées auparavant par quelques illustres prédécesseurs.



 

Montée de cordes, glissandos nerveux et autres mélodies sourdes, percussions inventives, la partition de l’américain n’est pas sans faire penser à certaines oeuvres de gens comme Bernard Herrmann pour Hitchcock par exemple et relève bien la tension et le suspense de ce dernier tome des Chimères de Vénus.

 

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24 février 2026 2 24 /02 /février /2026 16:04




 

LA BD:

 


C'est quoi : JUSTE APRÈS LA VAGUE

 

 

C'est de qui? D. Monféry



 

La Couv':



 

 

C’est édité chez qui? Rue de Sèvres





 

Déjà croisé sur le site? Oui.






 

Une planche: 

 



 

Ca donne Quoi ? Une catastrophe naturelle a provoqué une dramatique montée des eaux sur la planète, rayant de la carte une immense majorité de la population.

Coincés sur un sommet aride, une famille de 8 enfants et leurs parents espèrent du secours. Mais le niveau des eaux continue peu à peu de monter alors que les moyens de subsistance se raréfient.

 

Les parents décident de prendre la barque pour tenter de trouver les restes de civilisation mais, dilemme, ils ne peuvent pas embarquer toute leur progéniture.

 

Ils font le cruel choix d’en laisser trois sur le pic rocheux, se promettant de revenir les chercher. Mais les dangers du voyage et ceux qui guettent les enfants resté seuls vont mettre à mal ce projet.

 


 

C’est à nouveau sur une adaptation littéraire que l’on retrouve le talent de conteur et d’illustrateur de Dominique Monféry sur B.O BD (et chez Rue de Sèvres aussi d’ailleurs) et c’est, comme sur ses précédents albums, toujours un plaisir.



 

S’emparant du récit pseudo post-apocalyptique (l'intérêt est évidemment ailleurs!) de Sandrine Collette, Monféry en fait à la fois ressortir, via ses compositions habitées au style semi réaliste qui emprunte aussi bien au classicisme des grands illustrateurs qu’à l’expérience dans l’animation de l'artiste, le tragique de cette famille déchirée par des choix cornéliens et des épreuves terribles, mais aussi le background aquatique hostile faisant de l’océan un ennemi à part entière, aux aspects souvent monstrueux.

 


 

Ses personnages ne sont pas en reste avec des visages aux expressions anguleuses qui traduisent tout le malheur qui s’abat sur cette famille face aux éléments et au destin.

 

Une version puissante et terrible d’un texte déjà fort, dont Monféry ne retire que l’essentiel pour son narratif, faisant de son adaptation une vraie réussite. 




 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : SHE WILL



 

 

C'est de qui?  C. Mansell



 

La Couv':


 


 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui.




 

On peut écouter ?

 

 

 

 

 

 

Ça donne Quoi ? Huis clos, hallucinations, trauma, ambiances…She Will, pour un film plus ou moins fantastique, compose avec les éléments du genre en proposant une image soignée à défaut d’un scénario vraiment convaincant. 

 

Il donne néanmoins à Clint Mansell l’occasion de creuser un peu plus psychologiquement la veine d’un genre auquel il vient de se frotter avec In the Earth.

 

Le compositeur écrit des pistes aux atmosphères souvent glaçantes, où il mélange orchestration classique et sons électroniques, ajoutant même quelques voix et chœurs de ci de là.



 

Bon, soyons honnêtes nous sommes loin des grandes réussites du maestro, et sa partition se révèle quasiment aussi lambda que les images qu’elle accompagne, esthétique et léchée mais manquant parfois d’une touche d’originalité qui aurait fait la différence.

 

Néanmoins, le score reste bien au-dessus de beaucoup de choses que l’on a pu entendre sur le même créneau et son ambiance oppressante en fait une B.O plutôt adéquate à Juste après la Vague.

 

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13 février 2026 5 13 /02 /février /2026 09:41




 

LA BD:

 


C'est quoi : SECONDE CHANCE



 

C'est de qui? E. Ominetti



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Tabou





 

Déjà croisée sur le site? Oui.





 

Une planche: 

 


 

Ca donne Quoi ? A la pointe des avancées technologiques, le laboratoire Fontaine Robotic a mis au point un système révolutionnaire qui permet à n’importe qui d’entrer dans un  corps plus jeune (androïde? synthétique? ).

 

Emilie, ingénieure chez Fontaine, se décide à tester ce programme sur sa grand-mère, malade, qui ne peut plus se lever de son lit. 

 

Ça va être l’occasion pour cette dernière de vivre une nouvelle jeunesse et, surtout, de découvrir des choses que son ancienne vie conjugale étriquée ne lui avait pas permis et notamment….  sur le plan sexuel!



 

Nous avons déjà croisé Elena Ominetti une paire de fois sur B.O BD et c’est toujours avec plaisir que l’on découvre ses nouvelles productions.

De son trait léger, à peine encré, aux couleurs douces, l’artiste italienne sait, dans un style semi réaliste, magnifier les corps de ses protagonistes dans des scènes érotiques fort explicites mais qui ne versent jamais dans la vulgarité ou le voyeurisme.

 

Ajoutez à cela que le scénario de cette Seconde Chance est à la fois original et sensible et vous obtenez un joli album de genre qui pourra plaire à un large public, adulte évidement, et qui n’a cependant pas -trop- froid aux yeux (mon dieu utiliser cette expression me fait sentir vieux! )





 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : WEST COAST



 

 

C'est de qui?  Stone Giants



 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui.




 

On peut écouter ?

 

 

 


 

Ça donne Quoi ? Le talent aux multiples facettes d’Amon Tobin n’en finit pas, plus de deux décennies après ses débuts dans la musique, à évoluer à chaque nouveau projet.

 

 

 

Loin des facéties d’un Prince, quand le pionnier de l’électro expérimental change d’identité c’est pour explorer, de son propre aveu, les univers parallèles mais intrinsèques de son paysage musical.

 

 

 

Sus l’alias Stone Giants, Tobin se penche sur la relation de la machine et de la voix, fonctionnant en duo sur des compositions toujours aussi envoûtantes et inattendues où l’organique et le mécanique, l’électronique et le viscéral, se mélangent avec réussite, proposant un cheminement dans un passé commun, rendant hommage à quelques défricheurs célèbres tout en gardant une identité artistique inaliénable.

 

 

 

 

Le thème de la galette – des histoires d’amour donc - fait une bande son décalée à la fois oppressante et mélodique très en phase avec ce nouvel album d’Elena Ominetti.

 

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28 janvier 2026 3 28 /01 /janvier /2026 08:47




 

LA BD:

 


C'est quoi : TUNNELS

 


C'est de qui? Sanlaville



 

La Couv':

 



 

Déjà croisé sur le site? Oui





 

Une planche: 

 



 

Ca donne Quoi ? Un couple et leurs 3 filles prend la route des vacances quand, au sortir d’un tunnel, ils se retrouvent dans une sorte de boucle spatio temporelle sur une route sans fin sur laquelle se déroule une course mortelle de voitures futuristes, conduites par des pilotes plus rapiécés que la créature de Frankenstein qui parlent un étrange dialecte et se nourrissent exclusivement de sucreries.



 

Dans son style graphique immédiatement reconnaissable, très proche de celui de ses camarades Vivès et Balak, avec qui il a signé le mythique Lastman, Michael Sanlaville quitte l’univers sportif de son manfra Banana Sioule pour livrer ce cauchemar à haute tension, qui pioche dans les probables influences filmiques de leur auteur, Mad max ou Duel entre autre.

 

Si l’ensemble peut paraître un peu léger voire rapide à lire (et ce malgré une intro un brin longuette), la postface éclaire la thématique abordée par Sanlaville et aurait méritée d’être peut être placée en amont de l’album.



 

Reste un album de genre pêchu et plein de tensions, au dessin original dont l'univers “parallèle”  pourrait même être éventuellement développé. 






 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : STRANGER THINGS SEASON 5




 

C'est de qui? Dixon et Stein



 

La Couv':

 



 

Déjà entendus chez B.O BD? Oui




 

On peut écouter ?

 

 

 


 

Ça donne Quoi ?   Fin de partie pour les kids d’Hawkins qui ont bien (trop?) grandis,  et pour leur Némésis avec cette cinquième (trop?) longue saison, une décennie après les débuts de la série.

 

Celle-ci, est passée entre-temps, succès mondial phénoménal oblige, d’un hommage appliqué aux classiques du ciné des années 80 à un show digne d’un blockbuster souffrant de problèmes de rythme, d’acting ou encore de fils narratifs un peu trop nombreux.

 

Après ne crachons pas trop dans la soupe, tout n’est pas à jeter dans cette conclusion loin s’en faut, à commencer par la B.O qui, si elle reste dans son esprit minimaliste eighties possède quelques moments de bravoure appuyés, scénario catastrophe et grosses bastons armées obligent.

 

Les pistes sont en général assez courtes et nombreuses, les atmosphères sont relativement variées et, si les synthés vintage sont à la fête, l'orchestration sonne parfois singulièrement actuelle et fait preuve d’une efficacité manifeste.



 

 

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12 décembre 2025 5 12 /12 /décembre /2025 13:59




 

LA BD:

 

 


C'est quoi : SILENT JENNY

 


C'est de qui? Bablet



 

La Couv':


 



 

Déjà croisé sur le site? Oui.






 

Une planche: 

 


 

Ca donne Quoi ? La Terre. Le futur. Ce qui devait arriver est arrivé, les ressources sont en grande partie taries, le climat est parti en sucette et la plupart des survivants se sont organisés dans d’immenses vaisseaux appelés Monades.

 

Une organisation centralisée missionne des volontaires pour aller chercher dans les sous sols un hypothétique ADN d’abeille qui permettrait potentiellement d’améliorer la situation.

 

Jenny est une de ces exploratrices, qui utilise une combinaison de miniaturisation pour ses missions, parfois au péril de sa vie ou en tout cas de sa santé mentale mais aussi de sa santé tout court car elle commence à se fossiliser à cause des effets secondaires.

 

Sur sa monade l’existence suit son cours, au rythme du voyage, en essayant d'échapper aux agression des mange cailloux et d’éduquer les plus jeunes.

 


 

Le nouveau Bablet ne devrait pas décevoir ceux qui ont aimé ses précédents opus, dont on retrouve en partie les thématiques ici: le déclin de la civilisation, l’autodestruction de l’Homme, un certain optimisme malgré une situation désastreuse, l’espoir résidant dans la jeunesse et le futur…



 

Le dessinateur fait des merveilles côtés ambiances et décors, que ce soit dans les scènes souterraines oppressantes, dans les étendues désertiques parcourues par les vaisseaux géants ou encore les rares séquences dans les restes de civilisation.

 

Si je suis un peu moins emballé par ses personnages qui ont des physiques très “carrés” parfois et ne sont pas sans faire penser au style abrupt de Guy Davis, ils participent à l’atmosphère générale assez sombre de ce pavé qui respire les influences de son auteur (on pense notamment pas mal à la Horde du Contrevent).



 

Là où j’ai trouvé que le bât blessait plus c’est au niveau du rythme, de l'enchaînement des séquences, du mélange des parties “intimistes”, des tranches de vie, et de celles plus axées sur le destin de la planète et de ses survivants.

 

On ressent parfois que l’auteur a composé son opus sur le long terme et certaines questions restent en suspens, certaines thématiques sont abordées de manière un peu lambda.



 

Si diablement original et définitivement très personnel, Silent Jenny aura peut être du mal à vraiment convaincre les amateurs de post-apo tant le créneau a été surexploité ces dernières années et souvent de manière plus marquante.




 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : DEDIDACTION



 

C'est de qui ? Artemiev




 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui




 

On peut écouter ?

 

 

 


 

Ça donne Quoi ? Fidèle collaborateur d’Andrei Tarkovski, Artemiev est un défricheur de l’électro dans sa Russie natale.

 

La grande liberté que lui a laissé Tarkowski sur la poignée de longs métrages qu’ils ont fait ensemble lui a permis de pousser la musique de film dans des retranchements qui ouvriront des perspectives pour certains des futurs cadors de la discipline.

 

Synthétiseurs en nappes, bruitages trafiqués en post prod, utilisation iconoclastes de différents objets… Artemiev est un architecte du son.

 

Cette “dédication” est une sorte de somme de ce qu’il a fait pour son réal et qu’il a reconstruit pour en faire quelque chose de nouveau. Une ode impressioniste, pathétique voire cauchemardesque parfois.

 

Une pièce d’un autre âge pour une BD dans un futur improbable, un duo qui a fort bien fonctionné.


A noter qu’une B.O intitulée Inframonde, a été composée et produite par The Toxic Avenger exprès pour Silent jenny.

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  • : Conseils d'écoutes musicales pour Bandes Dessinées
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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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