7 juillet 2026 2 07 /07 /juillet /2026 07:45




 

LA BD:

 


C'est quoi : LE MASSACRE DU GANG ENFIELD



 

C'est de qui? Condon & Phillips



 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui? Delcourt





 

Déjà croisés sur le site? Oui





 

Une planche: 

 


 

Ca donne Quoi ? Au tout début du XX° siècle le far-West est encore sauvage mais est en voie d’être pacifié par la force, à commencer par celle des Rangers, sorte de sheriffs fédéraux.

 

Montgomery Enfield, un jeune bandit de “petit” chemin vit, à la tête de sa bande d’outlaws, de petits coups et autres braquages de banque (la même en fait, celle de leur patelin qu’ils s’appliquent à cambrioler une fois par mois).

Mais les habitants d’Ambrose en ont assez de ces exactions et, quand le banquier est abattu, devant l'inefficacité de leur homme de loi local, ils vont s’en remettre au “capitaine’ Billy, un ranger aux méthodes musclées.



 

Les jours du gang Enfield, pourtant innocents du meurtre, sont dorénavant  comptés et ce “posse” de voleurs de poules va se retrouver piégé de la pire des façons.



 

Le duo derrière Texas Blood, polar rural très sombre que nous avions chroniqué il y a une paire d’années, revient avec un western brutal et sanguinolent, qui s'inspire peu ou prou des légendes de l’Ouest, Billy The Kid et Jesse James en tête, en prenant le parti des hors la loi (qui ici passent à la fois pour les gentils et les victimes).



 

Rien de bien nouveau sous le soleil du Texas donc, Condon & Phillips connaissent leurs classiques mais n’est pas Sam Peckinpah qui veut et le duo d’auteurs livre ici un scénario plutôt lambda dirigé par une succession de scènes rivalisant de violence et de noirceur plutôt que par un vrai fil rouge narratif prenant.



 

Coté dessin, comme nous l’avions dit sur son précédent bouquin, Phillips s’inscrit dans la veine de son paternel, qui continue de faire les beaux jours des scénarios de son camarade Brubaker, mais, à l’image d’un Lucas Nine (dans un style aux antipodes certes mais dans un esprit de filiation évident), peine encore à trouver sa patte perso.

ici il s’en sort plutôt bien sur le casting mais propose des décors parfois bien vides, un traitement trop informatique à mon goût et, surtout, une sur saturation des couleurs qui piquent les yeux parfois.

 

A réserver aux amateurs hardcore en manque de western brutal.



 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : DIABLO



 

 

C'est de qui? T. Williams



 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui




 

On peut écouter ?  

 


 




 

Ça donne Quoi ? Pour mettre en musique la traque que le fiston Eastwood (qui tente désespérément de paraître aussi badass que son paternel) engage contre les ravisseurs de sa jeune et charmante épouse, le compositeur canadien, d’origine anglaise, Timothy Williams a préféré, en accord avec son réalisateur, opérer pour une approche non traditionnelle du genre, en insistant au moins autant, si ce n’est plus, sur le coté psychologique et suspense de l’histoire que sur son background western. 



 

Ainsi, si cuivres et violons sont bien au rendez-vous, les guitares sont restées au placard.

 

Il en ressort une B.O variée, souvent lambda dans ses thématiques et sa conception des mélodies, mais avec quelques beaux moments dans les différents genres abordés et des pistes assez pêchues pour accompagner comme il se doit le déchaînement de violence gratuite du comics du jour.

 

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5 juin 2026 5 05 /06 /juin /2026 09:32


 

LA BD:

 


C'est quoi : STERN. HORS DU MONDE



 

C'est de qui? F & J Maffre



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Dargaud





 

Déjà croisés sur le site? Oui.





 

Une planche: 

 


 

Ca donne Quoi ? Elijah paye encore ses accointances forcées avec les italiens, et, fauché et sans job, c’est vers eux qu’il va se tourner pour s’en sortir.

Mauvaise idée, le voilà à faire le traducteur lors d’un deal d’armes foireux où il va devenir caution/otage pour des révolutionnaires cubains qui l'embarquent sur une île déserte.

 

Tombant de Charybde en Scylla, notre malchanceux croque mort va devoir composer avec l’hostilité de certains de ses geôliers et une présence inquiétante sur l’île.



 

Les frères Maffre ont décidément le chic pour se renouveler à chaque nouveau tome de Stern, série et héros atypiques s’il en est.

 

L'Île déserte, on le sait, est un classique du huis clos, fort bien exploité ici, et, comme on l’avait déjà constaté sur le précédent volet, exit l’humour qui pointait de temps à autre dans les débuts de la série. Il est remplacé par des montées de suspense et de tension, doublées d’une vraie dimension psychologique.

 

Dans le panorama du western, uber codifié et qui tourne souvent en rond, Stern est un rafraîchissement bienvenu!



 



 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : SPARA GRINGO SPARA



 

 

C'est de qui? Romitteli



 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui




 

On peut écouter ?  

 


 


 

Ça donne Quoi ? Comme beaucoup de ses comparses Sante Maria Romitelli qui oeuvra pendant l’âge d’or du cinéma bis italien, toucha intensivement à tous les genres de séries B à Z, passant sans soucis du western au giallo avec des détours par le péplum ou la comédie.

 

 

 

C’est sur un western de seconde zone qu’on le trouve ici, le seul et unique de Bruno Corbucci, frère moins doué (quoi que) de Sergio, au scénario classique de traque et de vengeance avec quelques éléments intéressants mais mal portés par la réalisation et le jeu des acteurs.

 

 

 

Romitelli est finalement le seul qui s’en tire bien, optant pour une économie mélodique assez rare à l’époque, avec pas mal de pistes très « underscoring » aux sonorités éparses et inhabituelles qui jouent beaucoup sur les ambiances.

 

 

 

Le score n’est pas exempt de morceaux de bravoure et, hélas, de singeries de Morriconne, mais reste assez original pour accompagner comme il se doit cette nouvelle mésaventure de notre croque mort taciturne.

 

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2 juin 2026 2 02 /06 /juin /2026 08:57


 

LA BD:

 


C'est quoi : COMANCHE TRAIL



 

C'est de qui? Rossi



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Casterman





 

Déjà croisé sur le site? Oui.





 

Une planche: 

 


 

Ca donne Quoi 

Le nouveau Rossi peut être pris comme  une suite de son Golden West paru il y a quelques années. On y retrouve le jeune indien rejeté par les siens et traqué par d’autres indiens qui va rencontrer une famille de comanches en fuite de leur tribu vengeresse.



 

Graphiquement ce Comanche Trail est, une fois de plus de toute beauté, avec des cases magnifiques, des plans cinématographiques en diable, un travail sur les ambiances impressionnant…Rossi, s’il s’inscrit toujours dans la droite lignée des grands maîtres du western de la BD franco-belge réaliste, Charlier et Giraud en tête, n’en garde pas moins son identité artistique notamment dans l’utilisation des couleurs et livre ici un travail qui impose le respect.

 


 

Le scénario si très humaniste et riche en rebondissements, pourra peut être en décontenancer certains avec ses différentes pistes (sans jeux de mots!) qui se rejoignent, ses nombreuses ellipses et sa légère dimension fantastique, mais les amateurs de western ne bouderont pas pour autant leur plaisir. 

 


 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : L’INDIEN BLANC



 

 

C'est de qui? Sawtell



 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui




 

On peut écouter ?  

 

 




 

Ça donne Quoi ? Avant de collaborer extensivement avec Bert Shefter, le compositeur d’origine polonaise Paul Sawtell s’était fait la main sur une quantité non-négligeable de longs métrages de genres divers et variés, essentiellement dans la série B avouons-le, mais avec une certaine qualité constante.

 

 

 

Pour Pawnee, western avec des bons blancs et des méchants indiens (et un méchant indien qui prend un nom de blanc - sic !), il évolue dans un domaine qu’il connaît bien pour y avoir pas mal composé.

 

 

 

Sa partition ne cherche pas à faire dans le spectaculaire, préférant même un certain underscoring à la tension sous-jacente, il passe néanmoins par quelques poncifs comme les marches militaires et autres thèmes héroïques en vogue à Hollywood à l’époque, singeant même au passage des classiques comme My darling Clementine par exemple.



 

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4 mai 2026 1 04 /05 /mai /2026 14:44

 

 

LA BD:

 


C'est quoi : DIABLE PÂLE

 

 

C'est de qui? Brugeas & Sinner



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Le Lombard





 

Déjà croisés sur le site? Oui





 

Une planche: 

 


 

Ca donne Quoi ? Taglito est un “indien blanc”, un jeune américain receuilli par des apaches dans sa prime jeunesse et qui a été élevé comme tel.

 

Alors que son peuple d’origine envahit peu à peu les terres indiennes, notre héros idéaliste, accompagné de Truth, une jeune apache à la personnalité bien trempée, va multiplier les déguisements et autres subterfuges pour dérober un chargement de winchesters afin d’armer sa tribu d’adoption.

 

mais quelques obstacles vont se dresser sur leur route et parmi eux, l’homme qui a vaguement tenté d’élever Taglito avant de l’abandonner aux indiens, un poivrot repenti du nom de Jo.

 

 

C’est décidément le mois “Brugeas” avec pas moins de 3 albums qui sortent quasi simultanément, dans des genres forts éloignés (quoique…).

Pour ce Diable Pâle, le scénariste s’est frotté aux cow-boys et, plus précisément, aux indiens, donnant à ces derniers l beau rôle, prenant ainsi à contre pied, comme cela a apas mal été fait depuis les années 70/80, le cliché du méchant peu-rouge.

 

En grand fan du genre, j’avoue être resté un brin sur ma faim. Il y a de bonnes idées dans ce one shot très rythmé mais tout va très vite, on a pas vraiment l’occasion de s’attacher aux protagonistes, faute de background trop poussé, malgré des liens qui ne demandaient qu'à être développés.



 

Je dirai que j’ai eu les mêmes réserves sur ce Diable Pâle que sur Braquage à la Hussarde. Peut être qu’une suite permettrait d’atténuer ce sentiment de “trop mais trop peu”; après, avec l’arrêt de deux de ses précédents projets avant leur terme, il est possible que le scénariste cherche à proposer des albums plus ou moins auto-conclusifs qui, en cas de succès, seront amenés à se développer, C’est ce qu’on lui souhaite!



 

Abonné aux récits de genre, Nicolas Sinner fait également ici sa première incursion dans le western avec un style plus léger qu’à l’accoutumée et des couleurs peut-être un peu trop claires à mon goût qui contrastent un peu avec l’aspect violent de l’histoire. Néanmoins le dynamisme de sa narration et la cinématographie de ses cadrages restent convaincants.





 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : LA GRANDE EVASION



 

 

C'est de qui? A. Deutch



 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui.




 

On peut écouter ?  

 


 

 

Ça donne Quoi ? A la fin des années 30 Alphonse Deutsch est surtout connu pour accompagner musicalement les projections de films muets, écrire des arrangements pour la scène et des compagnies de danse. 

Il signe ensuite avec la Warner et devient compositeur attitré au studio pour tout ce qui est films noirs ; High Sierra lui donne l’occasion de mettre à profit son sens de l’illustration musicale via des thèmes débordants de tension où il emploie même les vents et les cordes à contre emploi pour mieux les mettre en valeur ensuite sur des montées en puissance dédiée au suspense.

 

 

 

Si ce score a été composé pour un  film de braquage, il possède beaucoup de similitudes avec les canons du western et du film d’aventure, ce qui en a fait une B.O intéressante à la lecture de ce Diable Pâle.

 

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15 avril 2026 3 15 /04 /avril /2026 09:53

 

 

LA BD:

 


C'est quoi : LA LONGUE MARCHE DE LUCKY LUKE

 

 

C'est de qui? M. Bonhomme



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Dargaud





 

Déjà croisé sur le site? Oui.





 

Une planche: 

 


 

Ca donne Quoi ? Embauché par un riche industriel, l’Homme qui tire plus vite que son ombre se retrouve à crapahuter  dans les forêts enneigées du Minnesota à la recherche du neveu de son employeur, un enfant enlevé par une tribu indienne et élevé comme l’un des leurs.

Tuyeauté par Jeremiah Jonhson (oubliez de suite la version sympathique incarnée par Redford dans le film éponyme!) Luke va se rendre compte qu’il s’est fait doubler et tenter de soustraire le gamin des griffes de son oncle qui, voulant récupérer l’entreprise de son défunt frère, doit d’abord se débarrasser du fils de ce dernier.

 

S’engage alors une course poursuite où le lonesome cow-boy et le garçonnet vont devoir échapper aux conditions météorologiques ardues, les meutes de loups et, last but not least, quatre desperados que notre héros ne connaît que trop bien!

 


 

Pour sa troisième incursion dans l’univers du héros de Morris, Matthieu Bonhomme a donné à son nouveau Lucky Luke une dimension écolo appuyée.

 

On notera dans cet une poignée de jeux de mots/références aux Soulèvements de la Terre et à Extinction Rébellion (qu’ auraient pu placer un Yann ), une critique de la déforestation galopante, et, évidemment le caméo du grand méchant de l’histoire, très dans l’air du temps mais finement amené.



 

Graphiquement c’est encore une belle réussite, le paysages enneigés du Minnesota et du Canada étant un terrain de jeu que Matthieu Bonhomme exploite à merveille, que ce soit dans les décors bucoliques, les effets de  flocons et, last but not least, la couleur bleu choisie pour la neige.

 

Si j’ai trouvé cette Longue Marche un poil en deçà de son Wanted Lucky Luke, il faut reconnaître que l’amour que Bonhomme porte au personnage fait plaisir à lire et qu’on ne s’ennuie pas une seconde à la lecture de ce troisième opus. 







 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : UN RABBIN AU FAR WEST



 

 

C'est de qui? F. De Vol



 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui




 

On peut écouter ?  

 

 




 

Ça donne Quoi ?  Au crépuscule d’une riche carrière parsemée de quelques beaux coups d’éclats (Whatever Happened to Baby Jane ?,  The Dirty Dozen,…) Frank De Vol met en musique ce western parodique où un rabbin en route pour San Francisco va manquer se faire tuer par des indiens avant de faire équipe bon gré mal gré avec un hors la loi (joué par Harrison Ford).

 

 

 

Le film est resté une poignée d’années dans le ventre mou de la production avant d’être pris en main par Robert Aldrich qui n’évitera pas l’échec artistique et commercial.

 

 

 

De Vol reprend quelques ficelles qu’il avait déjà tirées une quinzaine d’années auparavant avec succès sur Cat Balou, un autre western comique et malgré le scénario bancal de ce Frisco Kid il parvient à écrire l’un de ses travaux les plus attachants.

 

 

 

Il varie sa partition en insérant au milieu de pistes qui empruntent autant au registre de la comédie grand public que du western, des passages plus profonds où suspense et émotion sont au rendez-vous ainsi que des éléments de musique Klezmer bien adaptés.

 

 

 

Un score rafraîchissant pour ce Lucky Luke enneigé!

 

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  • : Conseils d'écoutes musicales pour Bandes Dessinées
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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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