23 janvier 2026 5 23 /01 /janvier /2026 10:42




 

LA BD:

 


C'est quoi : HAVANA SPLIT 2. TROPICANA

 


C'est de qui? Brrémaud & Macioci



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Dupuis





 

Déjà croisés sur le site? Oui, ensemble même!






 

Une planche: 

 



 

Ca donne Quoi ? Nos trois kidnappeurs improvisés sont dans une mouise noire!

Non seulement l’enlèvement de Concepccion a provoqué un séisme au sein de la pègre cubaine qui emploie les grands moyens pour la retrouver (et fait le nettoyage par le vide!) mais ils ont eu le malheur de se trouver sur les lieux d’un faux attentat orchestré par la CIA qui, du coup, veut également leurs têtes.

 

Entre règlements de comptes, trahisons et magouilles politiques, le trio va avoir du mal à s’en sortir.



 

Si le premier volet de Havana Split s’était avéré fort sympathique, avec une touche de polar fun et coloré, cette suite monte d’un bon cran, que ce soit côté action, tension mais surtout inventivité du scénario.



 

Là où beaucoup auraient proposé un scénar classique et, surtout, déjà vu, le doué Fred Brrémaud conjugue une ambiance et un background originaux avec un vrai suspense et une noirceur latente constante, notamment via quelques scènes d’anthologie (mention spéciale à celle des ballons dans le ciel cubain!).

 

Gageons que nombre de critiques auront la paresse intellectuelle (voire culturelle?) de comparer le travail du scénariste à celui de Tarantino mais là où ce dernier ne fait que pomper recycler le travail de ses illustres pairs, Brrémaud fait preuve d’une fraîcheur et d’une inventivité qui font plaisir!



 

Le trait de Vic Macioci, dont on vantait les mérites lors de la chronique du tome précédent, rajoute encore au décalage entre le fond et la forme et fait de ce second volet (sur quatre) une lecture de qualité.



 

La suite promet d’être haute en couleurs (et pas que!)







 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : A PLENO DIA




 

C'est de qui? L. Rosenmann



 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui




 

On peut écouter ?

 

 




 

Ça donne Quoi ?  Après quasiment deux décennies à composer pour quelques uns des plus grands réals de son époque, Leonard Rosenman aborde les années 70 en se mettant à la page en empruntant le chemin de l’expérimentation, à l’instar de certains de ses pairs, Goldsmith en tête, dont il va d’ailleurs prendre la suite sur la musique de la Planète des Singes.



 

Si l’orchestration de ce téléfilm reste dans la mouvance des thrillers de l’époque Outre Atlantique où tout le monde “empruntait” au grand la Lalo Schifrin, Rosenman a néanmoins la bonne idée de placer des effets d’échos de certaines parties d’instruments qui viennent jouer de courts groupes de notes sur des nappes atmosphériques.

 

Si aucun thème marquant ne se détache de la partition, le résultat, proche de l’underscoring, est diablement efficace. Les staccatos quasi déstructurés de cuivres provoquent une tension palpable et un suspense soutenu.

 

 

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19 janvier 2026 1 19 /01 /janvier /2026 08:39




 

LA BD:

 


C'est quoi : L’ESCADRON BLEU, 1945

 


C'est de qui? Ollagnier & Le Pon



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Dupuis





 

Déjà croisés sur le site? Non.






 

Une planche: 


 


 

Ca donne Quoi ? Si les femmes durant la Seconde Guerre Mondiale ont eu un rôle prépondérant à l’arrière, certaines se sont illustrées au sein de la Résistance.

Nous avons chroniqué la très belle série Madeleine, Résistante et c’est également d’une Madeleine qu’il s’agit ici.

 

Madeleine Pauliac, ancienne pédiatre qui va devenir officier et risquer sa vie pour ramener de l’Est, à la toute fin de la guerre, les prisonniers français retenus par les troupes soviétiques dans une Pologne exsangue que les américains abandonnent à Staline sans états d’âmes malgré les exactions que la population ne va pas manquer de subir.

Elle viendra également en aide aux victimes des viols des soldats allemands et russes en avortant celles tombées enceintes qui ne désirent pas garder les enfants, parmi lesquelles pas mal de religieuses.

 

Si Pauliac gère la partie “diplomatie” au départ, de leur côté toute une troupe de courageuses ambulancières,  surnommée l’Escadron Bleu, opère également un salutaire rapatriement sanitaire derrière le futur rideau de fer, parfois au péril de leurs vies.

 

Madeleine Pauliac et l’Escadron étaient destinées à se rencontrer et à tenter de remplir ensemble leur mission de sauvetage.

 


 

Adapté du roman Madeleine Pauliac, l'insoumise de Philippe Maynial, son neveu, cet album de plus de 150 pages lève le voile sur une page peu connue de la fin de la guerre et le comportement héroïque de ce groupe de femmes qui n’ont pas hésité à mettre leurs existence en danger pour remplir la mission que le Général De Gaulle en personne leur avait confié.

 

Ce sont des milliers de soldats qui seront sauvés par l’Escadron Bleu en quelques mois.

 

Virginie Ollagnier livre un scénario riche en détails et faits historiques, aux nombreuses scènes de bravoure mais qui sait aussi mettre en lumière les personnalités à part de ses héroïnes. 



 

De son côté Yan Le Pon qui a porté pas mal de casquettes dans le monde de l’animation et du storyboard, rend une copie intéressante à plus d’un titre, avec un souci du détail qui donne corps au récit.

Le design de ses personnages m’a peut être un peu moins convaincu mais l’originalité de son trait emporte néanmoins l’adhésion.








 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : LA CROIX DE LORRAINE




 

 

C'est de qui? B. Kaper



 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui




 

On peut écouter ?

 

 

 


 

Ça donne Quoi ?  Gene Kelly, sorti de ses comédies musicales à succès, joue, dans ce film de 43 un prisonnier français qui, avec Jean Pierre Aumont, vont s’évader d’un camp de travail allemand. 

 

Le toujours excellent Peter Lorre joue le nazi de service et le film est un monument de patriotisme propagandiste, alors qu’au départ il est inspiré de l’autobio d’un légionnaire allemand dans la légion Française qui doit combattre l’Allemagne et sera capturé puis s’évadera. 

 

Le film, de plus le film bénéficie d’une musique écrite par Kaper, qui n’en n’est pas à son coup d’essai dans le film de guerre et est passé maître dans l’art d’écrire des thèmes de suspense dramatique prenants. Un bien bel accompagnement old school pour une lecture originale et édifiante.



 

 

 

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2 décembre 2025 2 02 /12 /décembre /2025 16:42




 

LA BD:

 


C'est quoi :KNIGHT CLUB

 


C'est de qui? A. De Pins



 

La Couv':


 



 

Déjà croisé sur le site? Oui



 

C’est édité chez qui? Dupuis



 

Une planche: 

 


 

Ca donne Quoi ? La deuxième croisade, le Moyen Orient. Séraphine est une forgeronne de génie qui a inventé un alliage spécial qui rend les armures beaucoup plus efficaces.

 

Mais son village a le malheur de se trouver sur la route de Jérusalem et d’être du coup la cible privilégiée du pillage des croisés franjs. Séraphine a donc décidé d’engager des mercenaires pour les défendre mais elle va se retrouver avec une troupe des plus hétéroclites où les frictions et autres tensions s’installent très rapidement vu les différences ethniques et religieuses.

 

Heureusement leur mission va rapidement obliger les mercenaires à mettre de côté leurs embrouilles pour se consacrer à la bagarre!

 

 

 

Mêlant à la fois faits historiques (et culturels) avérés (il est même allé jusqu’à faire des stages chez des forgerons!) et fiction pure, l’auteur de Zombillénium propose une nouvelle version des 7 Samouraïs de Kurosawa (déjà fort bien repris par Sturges avec ses 7 Mercenaires) sauce médiévale où son trait cartoony uber coloré surprend d’abord avant de convaincre sans peine le  lecteur, embarqué dans ce récit survitaminé, plein d’humour et d’action.

 

Si l’action met un peu de temps à se mettre en place, vu  la pagination plus que généreuse on n’a pas l'impression de lire juste un tome d'introduction (heureusement du coup, vu que c'est un diptyque heureusement du coup).

 

De Pins signe sa narration graphique en se libérant du carcan habituel du gaufrier pour proposer des composition au dynamisme virevoltant.

Mention spéciale aux pleines pages à l'efficacité redoutable et à certaines séquences où l’on voit les personnages “évoluer” dans la temporalité.

 

De Pins glisse même une petite critique éclairée et bienvenue des conflits de religions via ses principaux protagonistes et leurs différences de point de vue.

 

Knight Club est une lecture fun et maline qu’on ne peut que recommander en cette fin d’année.




 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : LE ROI SCORPION

 

 

 

C'est de qui ?  J. Debney




 

La Couv':


 


 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui




 

On peut écouter ?

 

 

 


 

Ca donne Quoi ? Du score d’aventure qui lorgne vers le heavy metal pour ce spin off de La Momie, où Dwayne Johnson, qui à l’époque avait encore le “The Rock” entre son prénom et son nom, faisait un piètre ersatz de Conan. 



 

Le film est du grand spectacle divertissant et sa B.O bien que très prévisible et rentre dedans n’en reste pas moins du score fantasy new age correct, quelque part entre le 300 de Tyler Bates, l'exotisme en moins, et les hymnes pompiers d'un Hans Zimmer, un peu comme si Metallica reprenait du Basil Poledouris.

 

Bon en tout cas sur ce premier tome de Knight Club ça amène une pêche d’enfer!

 

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18 octobre 2025 6 18 /10 /octobre /2025 08:42




 

LA BD:

 


C'est quoi : DERYN DU

 


C'est de qui :  Sorel 



 

La Couv':


 



 

Déjà croisés sur le site? Oui.



 

C’est édité chez qui? Dupuis



 

Une planche: 

 


 

Ca donne Quoi ? Plusieurs morts aussi violentes qu’ inexpliquées surviennent dans un petit port gallois. Un jeune touriste rêveur et fan de littérature fantastique croise un soir non loin du lieu d’un crime une énigmatique enfant.

 

Bientôt la police locale et les habitants du bourg développent une véritable paranoïa et notre héros se retrouve au centre du maelstrom de violence alors que son lien avec la petite fille se développe.



 

Fruit de plus de deux décennies de réflexion, le nouveau Sorel s’inscrit graphiquement dans la lignée des grands opus de son auteur.

 

Désireux d’exprimer la peur via son médium de prédilection, l’artiste soigne en effet sa narration graphique jusqu’à la quasi perfection, proposant des cases et cadrages saisissants aussi bien dans leur composition que dans leur coloration (en couleur directe!), mais n’hésitant pas pour autant à s’affranchir du schéma de la planche traditionnelle pour proposer des pleines pages et des séquences horizontales sur deux pages.

 


 

Le seul bémol qui empêche peut être ce Deryn Du d’être un sans fautes c’est le fait que

 

Attention spoilers, passez la ligne en italique ci dessous si vous ne voulez pas que la conclusion vous soit gâchée:

 

Sorel laisse le lecteur sans explication claire sur la nature des meurtres, leur auteur ou le modus operandi.



 

Mais pour ceux que cela ne dérangera pas, ceux pour qui l'atmosphère l’emporte sur l’intrigue pourrait-on dire, pour les fans de l’auteur et les amateurs de bel ouvrage où la forme est pleinement au service du fond, cet album sera un vrai régal et on peut affirmer que Sorel a réussi dans son intention d'instiller la peur à son lecteur via son art!





 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : OPERAZION PAURA



 

C'est de qui ? C. Rustichelli




 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Une poignée de fois oui.



 

On peut écouter ?

 

 


 

Ca donne Quoi ? Alors je vais être honnête avec vous, c’est, indirectement, Guillaume Sorel lui même qui m’a “inspiré” cette B.O pour accompagner son nouvel album.

En effet, il cite -en postface de la BD avec quelques très belles pages de recherches et travaux- le giallo dont il est question ici comme une des influences/inspirations lointaines de de cet Oiseau Noir (traduction du titre gaélique).

 

Fait notable du score de ce film, nous étions à l’époque où la Cinecitta pondait des pellicules au kilomètre et n’avait pas toujours le loisir -ni surement le budget- pour faire écrire une partition originale.

Ainsi la plupart des pistes qui composent la galete sont issus de travaux précédents de leur auteur mais aussi de quelques-uns de ses pairs de l’époque pour d’autres séries B voire Z horrifico-gores.

 

Pourtant l’auditeur ne ressent pas à l’écoute un manque de cohérence ou d'unité très marqué et on peut tirer notre chapeau au responsable du patchwork musical qui a sur trouver (peut être par hasard!) des pistes allant bien ensemble et, surtout, évoquant à merveille l’épouvante

 

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1 octobre 2025 3 01 /10 /octobre /2025 07:39


 

 

LA BD:

 


C'est quoi : LA DANSEUSE AUX DENTS NOIRES

 


C'est de qui :  Truc  & Stalner



 

La Couv':


 




 

Déjà croisés sur le site? Oui pour Stalner.



 

C’est édité chez qui?  Dupuis



 

Une planche: 

 


 

Ca donne Quoi ? Le Cambodge, sous protectorat français au début du XX° siècle, est une vraie poudrière coloniale. Hormis le fait qu’il intéresse l’Angleterre et l’Allemagne, des factions indigènes mènent également des actions contre le pouvoir en place.



 

C’est dans ce contexte géopolitique tendu qu’un ophtalmologue français de renom est envoyé par le gouvernement français pour opérer le roi Sisowath d’une cataracte qui le rend aveugle, l’enjeu en coulisses étant que le dirigeant reste en place pour éviter tout embrasement sur place.



 

La tâche du médecin sera rendue d’autant plus ardue par les nombreuses manigances et autres tentatives d'intimidation (voire pire !) dont lui et son assistant vont faire l’objet.

 

Cette histoire- véridique!- est celle de l’ancêtre des deux scénaristes de cette nouvelle parution chez Aire Libre qui ont eu à cœur de la cocher sur le papier.

De leur propre aveu, certains éléments ont été transformés ou ajoutés à des fins narratives mais l’ensemble reste assez fidèle à la réalité.

 

Pour la mettre en images, ils ont fait appel au talent d’Eric Stalner qui, de son trait réaliste soigné, fait revivre le Cambodge des années 1910 avec talent et propose un casting réussi et crédible.

 

Un one shot qui plaira aux amateurs d’Histoire et de destins hors du commun.






 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : A TOMBEAU OUVERT



 

C'est de qui ? Montgomery




 

La Couv':


 


 

Déjà entendu chez B.O BD



 

On peut écouter ?

 

 




 

Ca donne Quoi ? S'il a écrit essentiellement des B.O de comédies, Bruce Montgomery, avant d’être compositeur de musiques de film, est surtout auteur de romans noirs, peu étonnant donc, quand l’occasion lui était donnée, qu’il soigne ses partitions de polars.

 

 

 

A priori vous me direz, et vous n’aurez pas tout à fait tort, que choisir le score d’un scénario de vol de voitures qui tourne mal pour aller avec une biographie historique, peut paraître surprenant, à l’écoute de cette B.O on appréciera la dose de suspense et d’action que Montgomery propose, via des envolées de cordes et de cuivres notamment, avec de fausses accalmies toutes en tension où les instruments passent à la limite de l’underscoring pour repartir de plus belle.

 

L’ensemble, si parfois un brin déroutant, ne démérite à aucun moment sur l’intrigue de La Danseuse aux dents noires.

 

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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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