1 décembre 2021 3 01 /12 /décembre /2021 09:47

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ? FRANKENSTEIN

 

 

C'est de qui ? G. Bess

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Glénat

 

 

Déjà croisé sur le site? Oui

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Victor Frankenstein, un jeune homme épris de sciences aussi bien physiques qu’ésotériques décide de créer un être humain à partir de cadavres. Si son expérience fonctionne le résultat est fort loin de ses attentes puisque la créature à laquelle il a donné vie est difforme et monstrueuse.

 

Cette dernière s’enfuit du laboratoire et découvre la cruauté des hommes au fur et à mesure de ses errances. Après avoir appris à lire et à parler la créature va retrouver son créateur et lui demander de lui créer une compagne.

 

Quand Victor échoue dans cette voie la créature décide de faire de son existence le même enfer qu’a été la sienne.

 

C’est assez bizarre de résumer Frankenstein, l’une des clés de voute de la littérature fantastique, que Mary Shelley a écrit il y a déjà plus de deux siècles,  dont tout le monde ou presque connaît l’histoire.

 

 

Ca n’a pas empêché pourtant Georges Bess, après d’être admirablement frotté au Dracula de Bram Stoker, de se lancer dans une nouvelle adaptation de ce classique.

 

Si, comme c’était déjà le cas dans son œuvre précédente, Bess se permet quelques modifications coté scénario (mais rien de fou non plus, ne vous attendez pas à voir la Créature faire de la moto ou utiliser un portable), c’est une fois encore la partie graphique qui se révèle une réussite assez magistrale.

 

 

Maître des noirs et des blancs, le dessinateur se hisse ici au panthéon des spécialistes de la discipline, les maestro Toppi et Breccia en tête. Entre les personnages tous plus expressifs les uns que les autres, les paysages bucoliques ou enneigés saisissants ou les nombreux animaux qui parcourent le récit, le lecteur reste admiratif de tant de talent!

 

Le tout  dans des compositions en pleine page, des trouvailles narratives ingénieuses et une utilisation des masses et des à-plats qui font honneur à l’œuvre originelle tout en se l’appropriant, comme Bernie Wrightson ou, dans une moindre mesure, Crepax, l’avaient fait en leur temps.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :MYSTERIUM

 

 

C'est de qui ? Scriabin et Nemtin.

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui.

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Œuvre posthume de Scriabin, ambitieux jusqu’à la déraison qui voulait écrire une partition durant plusieurs jours, Mysterium fut terminée par l’un des fidèles élèves du compositeur russe, Alexander Nemtin, qui y consacra une grande partie de sa carrière.

 

Le résultat force l’admiration de par ses élans grandioses que ce soit dans l’épique comme dans le fantastique avec des thèmes polymorphes aussi différents que possible et où pourtant l’auditeur attentif arrive à décèler une unité ténue.

L’orchestre est souvent bouillonnant, les chœurs –partie la plus impressionnante de l’œuvre- chantent des mélodies sans paroles, parfois transpercées d’une voie stridente.

 

On peut déceler dans cet opus hors normes une influence certaine sur certains compositeurs de B.O du XX° siècle, à commencer par John Williams, amateur de classique s’il en est.

 

Le magma musical de ce Mystère possède la force d’évocation nécessaire à rivaliser à Bess et son Frankenstein gothique.

 

 

 

---------------

 

 

 

Une Chronique de Fab

 

 

 

 

Repost0
24 novembre 2021 3 24 /11 /novembre /2021 10:19

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ? BERGERES GUERRIERES 4

 

 

C'est de qui ? Fléchais & Garnier

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Glénat

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui sur les tomes précédents.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Recueillis dans un village après avoir été séparés d’une partie de leur compagnie, nos vaillants héros retrouvent le frère de Liam -prisonnier- qui était avec les hommes partis pour la guerre et qui a tenté d’empêcher Tara de se laisser dépasser par le même pouvoir destructeur qui grandit en Sarah.

 

Ils vont découvrir la vérité sur le mal qui ronge le pays et qui a transformé de paisibles animaux en terrifiantes créatures, ils vont également rencontrer le roi et tenter de ramener la paix dans le royaume.

 

 

Ultime tome de cet arc, Bergères Guerrières aura décidément tenu toutes ses promesses et s’impose comme une référence de la BD d’aventures fantasy pour la jeunesse …mais pas que.

 

On appréciera en effet tout le sous texte dans ses thématiques abordées, comme celle de l’acceptation de l’autre, du devoir d’accueillir les populations chassées de leurs foyers par la guerre ou les catastrophes, sujet terriblement d’actualité, voire même -mais là c’est peut être moi qui extrapole- le port du masque en cas de danger (les masques étant bleus ça m’a d’autant plus interpelé).

 

Le style lui aussi assez axé jeunesse d’Amélie Fléchais apporte un décalage intéressant à certaines scènes, comme c’était un peu le cas du Bjorn Le Morphir de Lavachery et Gilbert et fais de cette saga une lecture intergénérationnelle de qualité.

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :THE CASPIAN PRINCE

 

 

C'est de qui ? H.G. Williams

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Souvent.

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? Quand Disney se lance dans l’adaptation des Chroniques de Narnia, au début des années 2010, l’ambition est de surfer sur la vague de regain d’intérêt du public pour la fantasy grand public initiée par le Seigneur des Anneaux version Peter Jackson.

 

Le succès sera évidement moindre, le matériau étant destiné à un public plus jeune et les qualités du premier film étant assez éloignée de celles du barbu néozélandais.

 

Pour la suite, le Prince Caspian, la prod est déjà plus rodée et, non des moindres, Harry Gregson Williams, qui avait eu des difficultés à trouver un angle d’attaque satisfaisant sur le précédent opus, lorgne ici du coté du travail d’Howard Shore pour la trilogie de Tolkien.

De sa partition d’origine il garde les thèmes majeurs et les fait évoluer vers une dimension plus épique, à l’image de dernier morceau du premier volet, abandonnant quasiment tout l’électronique pour un tout acoustique bienvenu.

 

On appréciera les chœurs qui vont crescendo, le violon électrique qui sait se faire discret quand nécessaire, la rythmique marquée de certaines pistes ou encore les cuivres triomphants sur d’autres.

L’unité qui faisait quelque peu défaut au premier score est bien plus marquée ici et si Williams recycle de ci de là des phrases on lui pardonnera cette paresse au vu de la qualité certaine de son écriture ici.

 

Peut être un peu enthousiaste parfois pour cette conclusion des Bergères Guerrières, la B.O de ce second Narnia l’accompagne souvent avec brio, notamment pour les scènes avec les animaux géants.

 

 

 

---------------

 

 

 

Une Chronique de Fab

 

 

 

 

Repost0
19 novembre 2021 5 19 /11 /novembre /2021 10:41

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ? 47 CORDES

 

 

C'est de qui ? T. Le Boucher

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Glénat

 

 

Déjà croisé sur le site? Oui sur ses précédents albums.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Ambroise est un jeune homme au tempérament artiste, harpiste de talent et mangaka pour son plaisir mais également assez renfermé.

 

Un été il croise la route d’une fort belle femme qui cherche à le séduire sans succès. Sous ses aspects ravageurs elle se révèle être une créature qui peut prendre l’apparence qu’elle choisit et ne va alors avoir de cesse d’accaparer Ambroise en se transformant en divers avatars dont certains vont la rapprocher de notre asocial chronique.

La principale, celle d’une cantatrice de renom, lui propose un marché pour obtenir les 47 cordes d’une harpe luxueuse : Ambroise devra relever différents défis ayant trait à sa personnalité ou à son entourage.

 

Mais la créature n’est pas seule et d’autres, comme elle, ne voient pas d’un très bon œil l’attrait qu’elle éprouve pour Ambroise qui, de son coté, a intégré un orchestre de renom où des clans existent et où un mystérieux corbeau fait chanter les musiciens.

 

 

On retrouve dans ce nouvel opus de Timothée Le Boucher les thématiques et les obsessions des précédents albums du jeune auteur à part entière : un héros masculin à vif, victime passive de ce qui lui arrive, un protagoniste féminin à l’autre bout du spectre, dominante et implacable, et entre les deux une gallerie de personnages aux profils forts intéressants même si parfois un peu appuyés.

 

Cette première partie, de plus de 370 pages, aborde pèle mêle la relation au corps, l'identité,  la relation à l’autre, sa place dans la société quand on est à part …le tout toujours dans ce style « néo » franco belge  hybride maîtrisé qui sert bien son propos.

 

Le Boucher est définitivement un auteur qui compte dans le paysage franco-belge actuel.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :MOSAIC

 

 

C'est de qui ? D. Holmes

 

 

La Couv':

 

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

 

Ca donne Quoi ? La minisérie HBO Mosaic était au départ une application interactive qui a été développée pour le petit écran par rien moins que Steven Soderbergh relatant la disparition d’une femme et les recherches employées pour élucider l’affaire.

 

Collaborateur fréquent du réalisateur, David Holmes a écrit pour l’occasion une musique qui, si elle reste quelque part toujours un peu dans l’esprit des B.O seventies où le compositeur aime puiser, n’est pas sans faire penser à certains œuvres électroniques des débuts de sa carrière.

 

Mélangeant les tessitures des cuivres, des cordes et des synthétiseurs, Holmes construit une tension qui de nappes planantes en brulots burnés va crescendo et menace sans cesse d’exploser. Les 20 pistes de cette galette, riches en originalité et en variété, révèlent une unité impeccable.

 

A mi chemin d’un Ennio Morricone dans ses expérimentations des 60’s/70’s et du boulot de Badalamaneti pour Lynch, Holmes explore ici une nouvelle facette de son talent et s’impose comme l’un des incontournables de la discipline.

 

 

---------------

 

 

 

Une Chronique de Fab

 

Repost0
14 novembre 2021 7 14 /11 /novembre /2021 07:09

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ? LES TOURS DE BOIS MAURY. LE CHEVALIER A LA HACHE.

 

 

C'est de qui ? Herrmann

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Glénat

 

 

Déjà croisé sur le site? Oui

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? De passage sur le domaine voisin de Bois Maury, le chevalier Aymar tente d’approcher des terres qui lui ont été volées, pris dans une embuscade il s’en sort plus mort que vif.

Pendant sa convalescence auprès des paysans du lieu il va découvrir que les seigneurs voisins ont conclu un pacte au détriment de leurs serfs et qu’il a été trahi par son hôte.

 

Une histoire de vengeance personnelle qui passe après le bien commun, où le paysage, les décors, le pays et ses habitants, sont les véritables protagonistes et où les « puissants » passent au second plan.

On tique un peu cependant sur les ellipses du scénario mais celui ci n’étant pas d’une folle complexité non plus l’histoire se suit plutôt bien.

 

Herrmann du haut de ses 83 ans livre des planches à la peinture souvent très réussies –les scènes de nuit notamment sont superbes- seuls certains visages sont approximatifs (comme on avait pu le souligner sur les denriers albums de l’artiste chroniqués chez nous), mais force est de reconnaître que l’artiste, ici seul aux manettes, force le respect.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :LE FRERE DU GUERRIER

 

 

C'est de qui ? Perathoner & Top

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Non

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? Serge Perathoner et Janick Top, en marge de leur filmographie commune sur petit comme grand écran, ont collaboré avec des pointures de la pop, du jazz, de la comédie musicale comme de la musique de film, en France comme à l’international.

 

Instrumentistes, arrangeurs, directeurs musicaux, les deux hommes ont plusieurs cordes à leurs arcs et non des moindres.

 

Sur ce film médiéval étonnamment sobre, sorte de western moyenâgeux âpre et loin des clichés héroïques véhiculés par des décennies de films de chevalier, Pierre Jolivet fait dans l’économie d’effets d’esbroufe, peut être un brin trop parfois.

 

Coté musique c’est aussi une certaine austérité qui est de mise avec des pistes souvent contemplatives aux arrangements aussi discrets que soignés et une menace sous jacente qui pointe le bout de son nez de temps à autre.

 

Les quelques morceaux plus enlevés, où l’action s’invite, sont également très réussis sans pour autant verser dans  l’épique qui n’est pas de mise ici.

Une atmosphère éthérée, mélancolique et dépouillée qui sait se faire impavide, un peu comme celle de cette parenthèse des Tours de Bois Maury

 

 

 

---------------

 

 

 

Une Chronique de Fab

 

Repost0
12 novembre 2021 5 12 /11 /novembre /2021 10:02

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  SA MAJESTE DES OURS 2

 

 

C'est de qui ? Cassegrain et Dobbs

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Glénat / Comix Buro

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui, ensemble et séparément.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Nous avions laissé nos valeureux héros en bien fâcheuse posture, capturés par un pachyderme géant.

Tombant de Charybde en Scylla, Kodiak et ses compagnons se retrouvent séparés après la mort de leur ravisseur par une troupe de crocodiles.

 

Ces derniers ont capturé le maître d’armes des ours et son ami ailé, destinés tout deux à un sacrifice, tandis que le prince ours et son amie ont été secourus par une chamane féline et ses singes.

 

Kodiak part courageusement sauver ses alliés dans le temple des sauriens.

 

Tout juste un an après un premier tome enthousiasmant, cette suite enfonce le clou avec un scénario riche en rebondissements et en action où l’intrigue n’est pas pour autant laissée pour compte loin s’en faut même puisque Dobbs, tisse, sur l’idée de Vatine, un scénario aux ramifications ambitieuses –le rôle des humains et des augures- promettant d’intéressants développements.

 

Avec son trait si personnel, Cassegrain continue de son coté à donner vie avec originalité à tout ce bestiaire, cette aventure dans la jungle lui donnant l’occasion de livrer de fort belles planches de paysages et de décors.

 

 Ce second volet de Sa Majesté des Ours n’est pas sans faire penser dans le fond à l’épisode du Livre de la Jungle où Baloo sauve Mowgli des singes mais revue et corrigé façon… Conan le Barbare !

 

 

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :DELILER

 

 

C'est de qui ? I. Yurtcan

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Non

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? Grosse production turque, très probablement motivée par le succès planétaire du regain de fantasy causé à l’époque par Game Of Thrones, ce long métrage a des airs d’une série B  des années 90 aux  moyens importants mais au jeu d’acteurs digne de Bollywood .

 

Coté musique là aussi on navigue à vue avec des inspirations de blockbuster occidental affirmées à grand renfort de rythmiques rentre dedans, de chœurs masculins qui se veulent épiques mais sont souvent sur la corde raide du ridicule et quelques passages qui lorgnent vers le travail de Trevor Morris notamment sur Vikings, avec une utilisation des voix plus intéressantes.

 

On regrettera des incursions de guitare électrique que même un Hans Zimmer n’aurait pas osées mais hormis une paire de pistes aussi dispensables que surréalistes la B .O de Deliler se révèle assez épique et variée pour faire l’affaire sur ce second tome de Sa Majesté des Ours.

 

 

 

---------------

 

 

 

Une Chronique de Fab


 

 

Repost0

Présentation

  • : Conseils d'écoutes musicales pour Bandes Dessinées
  • Conseils d'écoutes musicales pour Bandes Dessinées
  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
  • Contact

Rechercher

Tags