29 mars 2021 1 29 /03 /mars /2021 16:11

LA BD:

 

 

 

C'est quoi : ROUGES ESTAMPES

 

 

C'est de qui ? Jean-Louis Robert et Carole Trébor (scénario) – Nicola Gobbi (dessin)

 

 

La Couv': 

 

 

 

Déjà croisés sur BO BD ? non

 

 

Une planche: 

 

 

Ça donne Quoi ? L'histoire démarre dans une prison flottante en rade de Brest en mars 1872. Raoul Avoir écrit à sa mère pour lui raconter ce qui s'est passé depuis 1 an, c’est-à-dire depuis que la Commune de Paris a commencé. Il lui raconte la lutte des communards, la misère des parisiens et sa propre implication dans les évènements. Surtout ce qui s'est passé quand il a été nommé commissaire de Plaisance et qu'il a découvert que des crimes affreux étaient commis en suivant les estampes de la série "23 meurtres célèbres en vers" du maître Taiso Yoshitoshi. Mais Raoul n'aura pas le temps de réellement boucler l'enquête avant que la Commune ne se termine dans le sang.

 

 La grande originalité de cet album est que l'histoire inventée est entrecoupée de documents d'époque comme les décrets de la Commune, des caricatures et photos. Il faut préciser que les 2 scénaristes sont des historiens à la base. J'en ai plus appris sur la Commune et ce qui s'est passé à ce moment-là avec ce livre que pendant mes études. La Commune était plutôt présentée dans mes cours comme une rébellion vouée à la disparition dès le début et menée par des irresponsables.

 

 

La leçon d'Histoire est intéressante mais, sans les dessins de Nicola Gobbi, elle serait un peu difficile à suivre. Ses crayonnés en N&B à peine soulignés de crayon rouge pour quelques détails (sur un vêtement ou des joues qui rosissent, par exemple) ou pour les scènes de crimes sont superbes et d'une fluidité exemplaire. Les décors sont réalistes et les personnages expressifs.

 

Une postface m'a appris que l'amnistie a été votée en 1880 sous l'impulsion de Léon Gambetta en particulier… et aussi qu'il a fallu attendre 2016 pour que les victimes de la répression de 1871 soient réhabilitées.

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? SPARTACUS                                              

 

 

C'est de Qui ?  Alex North

 

 

La couv' 

 

 

Déjà entendu chez nous ? oui

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ça donne Quoi ? Alex North fait partie des grands compositeurs de musiques de films d'Hollywood avec quelques mémorables bandes sons dont celle de Spartacus. Stanley Kubrick refusera le travail d'Axel North 8 ans plus tard pour 2001, l'odyssée de l'espace, mais il a gardé le travail fait sur le grand péplum à la gloire de la révolte des esclaves contre l'Empire Romain.

 

Certains pourront trouver étrange mon choix mais le début du morceau a la douceur convenant à la relation entre Raoul et Nathalie et aussi à la mise en place de mesures pour mettre en place un gouvernement social, et la fin avec ses clairons clinquants convient parfaitement à l'écrasement du mouvement par la force et aux centaines de malheureux fusillés sans pitié.

 

Quand deux révoltes se répondent pars leurs rêves de fraternité et leurs fins tragiques.

 

 

 

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Une Chronique de Gen

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16 mars 2021 2 16 /03 /mars /2021 10:33

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  IRA DEI 4. MON NOM EST TANCREDE.

 

 

C'est de qui ? Brugeas & Toulhoat

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Dargaud

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui, sur les précédents entre autre.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Tancrède, encombré d’Eudoxie et Marie, traqués par Hugues le revanchard, préfère épargner ses compagnes de route et se fait capturer. Guillaume de Hauteville, leader des troupes normandes, teste son intéressant prisonnier lors de duels à mort que notre héros remporte tous, finissant même par se débarrasser de l’incontrôlable Hugues, ce qui arrange Hauteville.

 

Le salut vient cependant de là où Tancrède l’attendait le moins en la personne d’Etienne qui veut retrouver Marie, sa sœur.  

 

Entre combats épiques et psychologie poussée des personnages, cette conclusion du second cycle d’Ira Dei tient ses promesses, faisant de la saga du duo doué Brugeas /Toulhoat, une série aux qualités manifestes, que ce soit dans son scénario qui s’appuie bien sur le background historique tout en sachant ne pas s’y enliser (on pense parfois aux –bonnes – saisons de la série TV Vikings par exemple) que dans ses graphismes furieux où portraits expressifs et paysages sauvages se partagent bien la vedette.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi : LE SEIGNEUR DE LA GUERRE

 

 

C'est de qui ? J . Moross

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD?

 

 

On peut écouter ?

 

https://i.imgur.com/3bccOGi.jpg

 

Ca donne Quoi ? Bien plus subtile que beaucoup de bandes originales du même acabit (celles de Rozsa par exemple), la partition de The War Lord fait la part des choses entre thèmes hauts en couleurs où héroïsme et action sont exprimés via des cuivres flamboyants, et introspection plus dramatique où ce sont les cordes qui sont à l’honneur.

 

Le seul bémol finalement de ce score est sa durée, particulièrement réduite pour l’époque puisque l’on dépasse à peine la demi heure de musique, mais ce n’st pas du fait de Moross qui vit sa deadline réduite de moitié suite à des soucis de final cut sur le film ; il aura même un providentiel coup de pouce de la part de Hans Slater, pilier de studio que l’on a souvent écouté chez nous, et qui amène son savoir faire et son expérience dans la partie pour un résultat encore plus orignal.

 

Probable que pour Ira Dei quelque chose de moins dâté aurait mieux fait l'affaire ais c'était histoire de changer un peu d'ambiances. 

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

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28 février 2021 7 28 /02 /février /2021 20:15

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  ACHILLE. DE FER ET DE CHAIR.

 

 

C'est de qui ? C. Ferri

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Tabou éditions

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui sur les tomes précédents.

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Achille triomphant mais brisé par la perte de son aimé défait allègrement la dernière carte des troyens, le roi Memnon puis va retrouver l’amour dans les bras de la fille de son ennemi, le roi Priam.

Mais sa joie est de courte durée, Paris, au courant du point faible du héros, tue le héros d’une flèche dans le talon.

Il faudra toute la ruse d’Ulysse pour qu’enfin tombe la cité.

 

Du cul mais pas que une fois encore avec cette conclusion de la version X de la guerre de Troie que Cosimo Ferri tire des écrits d’Arctinos de Millet. Batailles homériques (c’est le cas de le dire !) et scènes explicites sont donc au menu de ce troisième album mouvementé aux graphismes toujours aussi réalistes et appliqués, tout « à l’ancienne » ce qui en soit déjà est un plaisir.

 

 

A l’instar d’un Mitton, l’auteur italien livre une série qui n’est pas qu’un prétexte pour étaler les chairs affriolantes de ses protagonistes bodybuildés et les amateurs d’Histoire Antique que la vue de corps en pleine action effraieraient pourront toujours se rabattre sur la version soft édité chez Graph Zepelin.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :SAMSON ET DALILA

 

 

C'est de qui ? V. Young

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui.

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Stakhanoviste de la discipline, Victor Young au début de sa carrière, pouvait, à l’instar d’un Ennio Morricone dans les 70’s/80’s, produire jusqu’à vingt scores dans la même année. Le début de sa collaboration fructueuse avec Cecile B De Mille freinera un peu ses ardeurs, lui permettant d’envisager des partitions avec plus de matière et d’ambition.

 

Sur ce péplum à grand spectacle il multiplie les ambiances, passant de l’action épique aux motifs orientalisants et aux thèmes romantiques avec une facilité qui n’a d’égale que la richesse de certains arrangements. Les cordes sont langoureuses, les cuivres sont grandioses et les autres familles d’instruments ne sont pas en reste avec des vents sautillants et des percussions grondantes.

 

L’amateur éclairé tiquera probablement sur les similitudes que l’on peut noter avec Les Vikings, l’un des chefs d’œuvres de Mario Nascimbene pondu une décennie plus tard, mais les « emprunts » plus ou moins dissimulés étaient assez courants à l’époque, Miklos Rozsa ou Dimitri Tiomkin par exemple n’éteaint pas étrangers à la pratique.

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

 

 

 

 

 

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21 février 2021 7 21 /02 /février /2021 16:35
 

 

 

 

 

 


LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  LA PYRAMIDE OUBLIEE VERSION 1976

 

 

C'est de qui ? P. Wininger

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Les Aventuriers de L’Etrange

 

 

Déjà croisé sur le site? Oui

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Il y a un peu plus de 2 ans et demi de cela je félicitais les alors débutantes éditions des Aventuriers de l’Etrange d’avoir eu la bonne idée d’exhumer le premier tome des aventures de Victor Billetdoux héros de Pierre Wininger.

Pour l’occasion ils avaient confié la mise  en couleur de l’album à Marie Galopin qui avait rendu un travail convainquant.

 

Voilà qu’ils nous proposent en ce début d’année de découvrir la première version de cette histoire de malédiction égyptienne où société secrète, créatures surnaturelles  et autres savants fous sont de la partie.

 

Si la base de l’histoire reste identique on notera une nette différence au niveau graphique avec un style délié aux fonds parfois justes esquissés, qui privilégie les ambiances là où la version album, remaniée, enrichie, et assez fortement influencée graphiquement par le trait de Tardi, est plus riche en décors et en détails.

 

 

Loin d’être redondants, ces deux albums sont complémentaires, témoignages d’une époque et de l’évolution d’un auteur trop peu connu à mon goût dans le paysage de la BD Franco-Belge.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :BACK FROM THE DEAD

 

 

C'est de qui ? R. Kraushaar

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Une paire de fois oui.

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Attrapant le train en marche des premières succès des studios de la Hammer, les boites de rod se mettent à tourner du film d’horreur à la chaine avec plus ou moins d’inspiration (et de budget !). Ce Back from the dead qui voit une jeune femme sous l’influence d’un culte démonique possédée par l’esprit de la première femme de son époux (tout un programme !) se distingue par une B.O inventive signée Raoul Kraushaaar qui ajoute à un orchestre réduit un termine, instrument utilisé avec réussite par Bernard Herrman quelques années auparavant pour notamment Le Jour où la Terre s’arrêta.

 

L’instrument apporte à une partition efficace mais assez lambda dans son traitement du suspense et de la peur, une ambiance très particulière, éthérée et surnaturelle qui ponctue quelques thèmes où les cordes sonnent tantôt menaçantes tantôt hystériques.

 

Une B.O clairement surannée mais qui est toute désignée pour aller avec cet album d’un autre temps.

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

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1 février 2021 1 01 /02 /février /2021 10:08

 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  FLEUR DE NUIT 1

 

 

C'est de qui ? Furio & Nizzoli

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Glénat

 

 

Déjà croisés sur le site?Non

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Dans l’Italie fasciste de l’entre-deux guerres, un frère, une sœur juifs et leur meilleur ami allemand vivent dans l’insouciance mais, alors que les deux jeunes hommes entament une relation interdite,  la montée de l’antisémitisme et l’approche de la guerre va séparer le trio et faire de leurs existences un enfer.

 

Fleur de Nuit a le goût doux amer de ces destins brisés, petites histoires pris dans la tourmente de la Grande ; la scénariste italienne a su magnifiquement capter le tragique de la situation et le rendre via une lente spirale vers un drame inéluctable.

 

Le style réaliste de son compatriote, qui n’est pas sans faire penser à celui de certains de ses glorieux ainés, Gibrat en tête, rajoute à la réussite du titre, dans des demi teintes qui expriment bien l’époque et rendent bien l’ambiance de l’histoire.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi : LA CADUTA DEGLI DEI

 

 

C'est de qui ? M. Jarre

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Assez souvent oui.

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? A l’image du film de Visconti, sulfureux au possible, la musique de Jarre, si imprégnée des récents succès de son auteur, est un condensé de beauté et de malaise.

 

Des thèmes marqués par la magnificence du style hollywoodien mais tout en tensions,  aux valses désabusées signe d’une époque décadente, en passant par des mélodies que l’on dirait sorti de boites à musiques désaccordées, la partition des Damnés est aussi peu facile d’accès que ce qu’elle est marquante.

 

Les instruments, cordes comme vents, alternent les modes majeurs et mineurs, et les motifs à peu de notes menaçants, l’ensemble crée une  atmosphère est lourde de menace.

Transition dans la carrière du compositeur cette B.O est un étui musical parfait pour la dramatique destinée des héros de Fleur de Nuit !

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab


 

 

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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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