11 mars 2017 6 11 /03 /mars /2017 13:30

 

Avec cette chronique Gen débute une série d'articles "de fond" qui, ponctuellement, viendront compléter agréablement les chroniques musicales.

Pour ce premier essai c'est la rubrique "Nostalgie" qui est à l'honneur:

 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

C'est quoi : OLIVIER RAMEAU 

 

 

C'est de qui ? Dany et Greg

 

 

Une Couv':

 

Séquence Nostalgie: Olivier Rameau.

 

Déjà croisé sur le site? oui

 

 

 

Une planche

 

Séquence Nostalgie: Olivier Rameau.

 

Ca donne Quoi ? Au moment de sa création dans l'hebdomadaire Tintin, dans les années 1970, Olivier Rameau a apporté un souffle nouveau à la revue, un souffle poétique! Olivier Rameau n'est pas un espion ou un enquêteur hors pair, pas plus un cow-boy ou un marin ou un aviateur, autrement dit pas un aventurier classique… C'est un clerc de notaire! Pas vraiment le genre de profession que l'on imagine pour un héros de BD, mais c'est avant tout un grand rêveur, un poète et c'est pour cela qu'il est reçu au pays des rêves : Rêverose dont la capitale est Hallucinaville.

 

 

Reprenons la série dans l'ordre :

 

 

Tome 1 = La merveilleuse odyssée d'Olivier Rameau et de Colombe Tiredaile

 

Le lecteur découvre ici les personnages principaux de la série : Olivier Rameau, son collègue M. Pertinent et Colombe Tiredaile. S'y ajoutent des seconds rôles redondant dans la série : les trois ziroboudons, Labanquise (le phoque garde-champêtre), le général Particulier, Majestor le lion, le nain Kolossal, la danseuse étoile et le ramoneur. Les adversaires de nos héros, il en faut même dans un monde de rêves, sont l'oiseau Razibus (qui deviendra un allié) et les méchants Poyoutouffus.

 

Emmenés à Rêverose par le tramway trait-d'union, Olivier et M. Pertinent découvre la jolie Colombe. L'oiseau Razibus, mangeur de cheveux, enlève Olivier Rameau. Une expédition part à son secours et se fait enlever par les Poyoutouffus… Mais tout finira bien.

 

 

Tome 2 = La bulle de si-c'était-vrai

 

Une grave épidémie de zozotalazaunisse frappe Halucinaville. Qui, entre Olivier Rameau et le chevalier Grinssan des Samankeduile, arrivera le premier au gouffre de l'incompréhension où se trouve la bulle de si-c'était vrai, seul remède connu?

 

De nouveaux personnages récurrents apparaissent : Pazunbrin l'épouvantail ami des oiseaux et l'homme-gâteau. Adversaires à vaincre : une sorcière accompagnée de dragons et un ogre.

 

Toutes les difficultés sont dépassées et une révélation inattendue sera faite à la fin.

 

Séquence Nostalgie: Olivier Rameau.

 

 

Tome 3 = Le château des 4 lunes

 

2 escrocs farfelus arrivent par hasard à Hallucinaville où ils sont pris pour les 2 poètes attendus. Ils vendent n'importe quoi aux rêverosiens (la tour Eiffel, le château de Versailles…). Pour convaincre ses concitoyens que ce sont des menteurs, le Grand Pas Sage Ébouriffon va leur proposer de vendre son château peuplé d'objets magiques qui haïssent l'argent et les travers qui y sont liés.

 

Bien sûr, tout finira bien pour les 2 artistes… et pour les 2 escrocs aussi.

 

Cela donne un album totalement délirant avec le sublime Grand Pas Sage Ébouriffon qui est la quintessence du rêverosien en logique absurde et loufoquerie.

 

 

Tome 4 = La caravelle de n'importe où

 

Quand il y a pénurie de graines de zénobisou, les ziroboudons font appel au capitaine Héondizèque, forban et mercenaire, pour en ramener de l'île hypothétique. Mais pour cela, il a besoin de six hallucinaciens volontaires pour être dévorés par les monstres de l'île… L'expédition a lieu et, cette fois-là, les volontaires reviennent en vie et avec les graines.

 

Le moyen pour aller de la vasque où apparaît la caravelle à la mer libre est une invocation accompagné d'un "cuba libre" (cocktail au rhum et coca)… un nouveau scénario délirant de Greg et de belles images de Dany.

 

 

Séquence Nostalgie: Olivier Rameau.

 

 

Tome 5 = Le grand voyage en Absurdie

 

Le jeune poète Aimé Detousses, futur rêverosien, est bloqué dans le vrai-monde-où-l'on-s'ennuie ou Absurdie. Olivier propose une expédition pour le délivrer dont il fera partie avec M. Pertinenent et Colombe plus la danseuse, la dompteuse et le ramoneur qui ressemblent à des humains. Majestor le lion s'y ajoute après tonte de la crinière pour ressembler à un gros chien. Mais Aimé a été appelé au service militaire et l'expédition de secours devra se joindre au régiment sur un champ de manœuvres.

 

Le lecteur découvre ici la porte de sortie de Rêverose sous la forme d'une porte tournante, objet absurde dans le cadre rêverosien.

 

Greg s'est gentiment moqué des manœuvres militaires où tout imprévu tourne vite à la catastrophe et a glissé quelques pointes acérés sur le vrai-monde-où-l'on-s'ennuie, autrement dit le nôtre.

 

 

 

Tome 6 = L'oiseau de par-ci, par-là

 

L'avion transportant un grand patron, accompagné de sa secrétaire et d'un collaborateur, est détourné par 2 truands en plein cœur d'une tempête qui les fait échouer à… Rêverose! Olivier va être ébranlé dans ses convictions en entendant le commandant Pétanque dire que la bouillabaisse est poétique et l'homme d'affaires Bryan-Lastusse que les sous c'est poétique… Une méga crise foie plus tard entraînera les ziroboudons à interdire la nourriture non rêverosienne et les hallucinaciens à trouver le travail malsain

.

La réparation de l'avion par le Grand Pas Sage Ébouriffon est étonnante et l'image de fin est grandiose (ce n'est pas tous les jours que l'on voit un avion battre des ailes!).

 

Séquence Nostalgie: Olivier Rameau.

 

 

Tome 7 = Le Miroir à Trois Faces

 

Il y a aussi des endroits dangereux à Rêverose comme la forêt-de-pas-permis. On y trouve des miroirs à 3 faces qui créent des doubles malfaisants de ceux qui s'y mirent. Même le Grand Pas Sage Ébouriffon s'est laissé prendre au piège. En tant que héros reconnu, Olivier va avoir la lourde tâche de détruire le miroir maître qui crée des copies ayant 3 fois la taille de l'original. Grâce à l'aide du vampire Courandaire, il y arrivera…

 

Un album d'une tonalité un peu plus sombre que les précédents où Dany a du se régaler à dessiner la forêt maléfique.

 

 

Tome 8 = La Trompette du silence

 

Si l'on en croit la légende, le géant Cocon-le-Vilain s'est réveillé et a recommencé à jouer de la trompette. À Rêverose, on n'entend pas cette trompette (d'où son nom), mais le son qu'elle produit paralyse les habitants et les laisse épuisés au réveil. Le Grand Pas Sage Ébouriffon équipe une expédition pour expliquer la situation au musicien… dont font partie Olivier, Colombe, M. Pertinent et quelques amis. On découvrira alors que Pazunbrin, l'épouvantail, sait appeler au secours ses amis les oiseaux et que Cocon-le-vilain n'est qu'une souris mélomane dont les concerts sont amplifiés par la montagne… et tout finira bien évidemment.

 

Greg nous offre un exemple intéressant de la philosophie de vie et de la "politique" rêverosiennes : une émeute commence pour virer les ziroboudons et le Grand Pas Sage parce qu'ils "sont incapables d'assurer la démence" (sic). Mais "impossible d'empêcher nos concitoyens de se rebeller si ça les amuse"… Ce "problème intéressant" finira en gigantesque bataille de tartes à la crème.

 

Séquence Nostalgie: Olivier Rameau.

 

Tome 9 = Le canon de la bonne humeur

 

Horreur, les Poyoutouffus (voir 1e tome) ont leurs poils qui ont repoussé et, en conséquence, leur méchanceté est revenue. Ils ont planté de la chagrinafielle pour tous les rêverosiens deviennent aussi grognons qu'eux. C'est la guerre avec comme armes de défense un rempart autour d'Hallucinaville et un canon à qui il faut raconter des blagues pour qu'il explose de rire et guérisse tous les grognons.

 

Un nouveau personnage apparaît ici : le boxeur Kid Cahot qui peut venir à Rêverose chaque fois qu'il est mis K.O. sur le ring.

 

 

Tome 10 = Le rêve aux 7 portes

 

C'est un album composé de 7 récits courts signés par Dany seul et parus dans divers Hors-Séries de l'hebdo Tintin. De scénarios parfois très classiques (ex : Colombe et le Prince Charmant) et parfois plus originaux (ex : La sortie s'il vous plait?), ce sont les graphismes de Dany qui font le lien entre ces histoires.

 

 

Tome 11 = L'océan sans surface

 

Une fois de plus, Olivier, Colombe et M. Pertinent se retrouvent en 1e ligne pour une mission. Cette fois-ci, ils devront jouer les diplomates auprès du roi Parazar II, souverain de la mer Veilleuse, pour négocier l'acquisition de grandes quantités de sel de l'existence. Kid Cahot sera aussi du voyage. Mission réussie sur fond de tentative de coup d'état déjouée grâce à Kid qui va assommer une pieuvre boxeuse.

 

Colombe va être très vexée car le contact de sa peau va provoquer une terrible allergie au requin Requiem-le-vorace. C'est la première fois qu'elle fait un effet pareil à un individu masculin.

 

Séquence Nostalgie: Olivier Rameau.

 

Tome 12 = Les disparus du Bayou Plalah

 

Les rêverosiens souhaitant aller pique-niquer au petit bois pourlefeu finissent au bayou Plalah sous le forme de créatures végétales malodorantes (voir la Créature des Marais ou Swamp Thing en version originale). Heureusement le Grand Pas Sage Ebouriffon arrive à créer un antidote qui rendra à tous les disparus leur aspect normal.

 

 

 

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Je crois que j'étais encore au collège quand j'ai découvert Olivier Rameau en feuilleton dans l'hebdo Tintin. J'ai été tout de suite séduite par ce ton différent de fantaisie gentille et d'absurde au milieu de séries d'aventures ou d'humours plus ou moins légers.

 

Bien sûr, on peut trouver qu'Olivier Rameau est un "bellâtre" (genre Prince Charmant disneyen) et que Colombe est une vamp sûre de son charme. Mais ils s'aiment sincèrement et cet amour sera un ressort important de leurs aventures.

 

Séquence Nostalgie: Olivier Rameau.

 

Mes albums préférés sont : Le château des 4 lunes avec une scène hilarante où M. Pertinent doit être nettoyé d'un reste de rationalisme grâce à l'administration d'un biberon par une machine et La Bulle de si-c'était-vrai qui est un régal de loufoquerie avec un enchaînement de gags à un rythme éblouissant et une sorcière épatante.

 

J'aime moins les derniers où j'ai eu l'impression que les auteurs "poussaient un peu", mais c'était peut-être à la demande de l'éditeur…

 

 

Je recommande cette série à ceux qui ne la connaissent pas encore et qui n'ont pas peur d'une plongée dans un univers complètement fou et farfelu.

 

 

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Une Chronique de Gen

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7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 12:15

 

 

 

 

LA BD:

 

 

 


C'est quoi : GEIS

 


C'est de qui : A. Deacon

 

 

La Couv':

 

Conte médieval   /  Geis  Vs.  Tintagel

 

Déjà croisé sur le site? Jamais.

 

 

C’est édité chez qui ? Galllimard

 

 

Une planche:

 

Conte médieval   /  Geis  Vs.  Tintagel

 

Ca donne Quoi ? Dans un royaume médiéval une souveraine vient de rendre l’âme et se pressent à son chevet cinquante personnes, appâtées par le concours pour sa succession. La –mauvaise-surprise est de taille quand cette hétéroclite assemblée va découvrir qu’une sorcière s’est joué d’eux et les éparpille à divers endroits du pays en leur intimant d’être de retour avant l’aube s’ils veulent avoir une chance de continuer son petit jeu et, surtout…de rester en vie.

 

Récit de quête et d’initiation (la jeune héroïne n’hésite pas à braver le danger quitte à aider des concurrents pourtant déloyaux), ce premier tome de Geis (trilogie annoncée) avec ses multiples protagonistes loin des clichés héroïques du genre, ne manque ni de rythme ni de charme.

 

Outre une action bien dosée et un scénario empruntant à la fantasy comme aux contes traditionnels, le gros point fort de l’album du londonien Alexis Deacon est sa partie graphique ; tout en peinture aux couleurs savamment choisie dont le style rétro n’est pas sans rappeler une certaine période des œuvres de Gustave Doré (qui, souvenez-vous en, a fait de la BD avant l’heure), ce qui, vous en conviendrez, n’est pas la pire des références !

 

Conte médieval   /  Geis  Vs.  Tintagel

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? TINTAGEL

 

 

C'est de Qui ? A. Bax

 

 

La couv'

 

Conte médieval   /  Geis  Vs.  Tintagel

 

Déjà entendu sur B.O BD? Je ne pense pas.

 

 

On peut écouter?

 

 

Ca donne Quoi ? Inspiré à son auteur par une visite au château du même nom, en Cornouailles, le poème symphonique Tintagel – poème tout court au départ- est une célébration de la légende arthurienne associée au lieu tout autant qu’une évocation passionnée de la géographie de l’endroit.

 

Bax, via des thèmes imposants joués notamment par les cuivres a essayé d’être le plus expressif et descriptif possible, quitte parfois à manquer un peu de subtilité, et livre une œuvre aussi épique que cinématique qui, en étant probablement sa pièce la plus connue a du inspirer plus d’un auteur de B.O de fantasy et de films historiques durant le siècle dernier.

 

Si parfois un peu trop héroïque pour l’ambiance de Geiss, Tintagel, de par ses cotés mélodramatiques où ferveur et mélancolie font bon ménage, a été un accompagnement

 

 

 

 

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Une chronique de Fab

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4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 09:02

 

 

 

Allez, éloignez les enfants de B.O BD pour le week-end puisque nous lui consacrons un cycle BD X qui, comme à l'accoutumée, va se révéler aussi éclectique qu'original.

 

 

 

 

LA BD:

 

 

 


C'est quoi ? COMTESSE

 

 

C'est de qui : A. Picault

 

 

La Couv':

 

Cycle BD X  /   Comtesse  Vs.  Tous les matins du monde

 

Déjà croisée sur le site? Non.

 

 

Une planche:

 

Cycle BD X  /   Comtesse  Vs.  Tous les matins du monde

 

Ca donne Quoi ? Madame La Comtesse s’ennuie ferme, elle qui aimerait que Monsieur Le Comte la butine un peu en est pour ses frais, et pour cause, son époux est plutôt de la jaquette.

 

Ainsi, au fil d’interminables journées, notre châtelaine se laisse aller à rêveries et autres fantasmes humides et torrides. On ne saura pas si elle est passée à l’acte avec son serviteur ou si tout ceci n’est resté qu’illusion mais ce qui est sur c’est qu’elle semble en avoir tiré bien du plaisir.

 

Aude Picault livre avec ce premier volume de la collection BD Cul des Requins Marteaux (le meilleur de la petite poignée  que j’ai lu jusqu’à présent), entièrement muet, dans un style graphique aérien qui n’est pas sans faire penser parfois à Sempé (mais à des années lumières du Petit Nicolas of course), un exercice de style délicieux, parfois cochon, où robes à baleines et perruques poudrées côtoient gros plans de masturbation féminine et autres pénétrations, le tout sans jamais être vulgaire.

 

Cycle BD X  /   Comtesse  Vs.  Tous les matins du monde

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? TOUS LES MATINS DU MONDE

 

 

C'est de Qui ? Divers,  arrangés et ou dirigés par Jordi Savall

 

 

La couv'

 

Cycle BD X  /   Comtesse  Vs.  Tous les matins du monde

 

Déjà croisé dans le coin?  Certains probablement.

 

 

On peut écouter?

 

 

Ca donne Quoi ? Film d’ « écurie », biopic classe ayant récolté sa moisson de Césars attendue lors de sa sortie, le film de Corneau a de beaux atouts pour lui : décors, costumes, interprètes et, last but not least, son répertoire.

 

L’Espagnol Jordi Savall, instrumentiste et chef d’orchestre au bagage imposant, spécialiste de la musique d’époque, pioche dans les compositions de gens comme Couperin, Lully et, of course, Marin Marais (pour ceux qui l’ignorent le film est centré sur ce dernier) pour illustrer le long métrage, balayant par la même tout un pan de la musique baroque française avec des œuvres plus ou moins connue et aux humeurs variées.

 

Si une ou deux suffisent pour accompagner les égarements de notre Comtesse (du fait de l’absence de textes, la lecture est plutôt rapide), on gardera les Improvisations sur les folies d'Espagne ou l’ Arabesque  dans lesquelles la viole de gambe de Savall est  moins solennelle que sur le reste de la galette.

 

De la confiture pour les cochons... au sens propre ou figuré, c'est selon!

 

 

 

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Une chronique de Fab

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2 mars 2017 4 02 /03 /mars /2017 10:41

 

 

 

LA BD:

 

 


C'est quoi : HENRIQUET, L’HOMME REINE

 


C'est de qui : R. Guérineau

 

 

La Couv':

 

Dancing Queen  /  Henriquet, L'Homme Reine  Vs.  Le Roi Danse

 

Déjà lu sur le site? Oui.

 

 

C’est édité chez qui ? Delcourt.

 

 

Une planche:

 

Dancing Queen  /  Henriquet, L'Homme Reine  Vs.  Le Roi Danse

 

Ca donne Quoi ? Il y a une poignée d’année, Richard Guérineau nous offrait une adaptation réjouissante du Charly 9 de Jean Teulé qui se distinguait autant par son fond que sa forme (si certains d’entre vous ont été tentés ici de citer Victor Hugo, je leur conseillerais d’aller lire une de ses œuvres, plutôt  que de perdre du temps sur internet, bref continuons).

 

Enchanté par les travaux de recherche effectué pour cet album et désireux de prolonger l’expérience, Guérineau a donc décidé de donner une « suite » à Charly 9 en évoquant son successeur, Henri III.

 

Alors autant être tout de suite clair, si ce généreux album ne manque pas d’humour, on sent tout de même qu’il n’y a pas le matériau de base de Teulé derrière. Guérineau garde une approche pleine d’esprit, mais on le sent avant tout désireux de coller à la réalité historique, que ce soit dans les faits comme dans le langage. Henry III se déroulant sur une période beaucoup plus longue que l’album précédent, les faits et protagonistes abondent, quitte parfois à perdre un peu le lecteur en route, mais, comme sur Charly 9, l’auteur a eu l’excellente idée de présenter certaines parties sous d’autres formes graphiques (mention spéciale au clin d’œil à Hagard Dunor et à l'anthologie de notre enfance: L'Histoire de France en BD).

 

Dancing Queen  /  Henriquet, L'Homme Reine  Vs.  Le Roi Danse

 

La partie graphique parlons en, c’est tout bonnement excellent, que ce soit dans les faciès caricaturesques à souhaits des personnages, certaines scènes de bataille silencieuses épiques (notamment une des finales toute de noir et de rouge) ou la reconstitution historique des lieux et costumes (partie que Guérineau aime beaucoup de son propre aveu), c’est à mon goût ce qui porte Henriquet, l’Homme Reine si pas au niveau de Charly 9, juste un peu en dessous.

 

 

a

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? LE ROI DANSE

 

 

C'est de Qui ? Lully

 

 

La couv'

 

Dancing Queen  /  Henriquet, L'Homme Reine  Vs.  Le Roi Danse

 

Déjà croisé chez nous? Oui

 

 

On peut écouter?

 

 

Ca donne Quoi ? C’est un euphémisme de dire que Gérard Corbiau, réalisateur du Roi Danse, connaît la –grande- musique, puisque c’était déjà la sujet principal trois de ses quatre précédents films.

 

Ici il la considère même, et c’est lui qui le dit n’est ce pas, comme l’un des principaux protagonistes du long métrage. Ainsi il écrit et tourne en fonction de ses choix d’illustrations musicales, cherchant constamment l’osmose parfaite entre les deux éléments.

 

Certes  la musique de Lully, violoniste et compositeur attitré de Louis XIV, source d’inspiration pour nombre de grands musiciens qui suivront, ne peut être qualifiée de contemporaine de l’époque de notre BD (pour la petite histoire c’est un  De Guise qui introduit Lully à Versailles, de la lignée de celui qu’Henry III fit assassiner), mais elle possède néanmoins tout le faste du baroque du XVI° siècle et, dans les extraits retenus pour la B.O du film de Corbiau, via les divers genres et ambiances représentés fait  un belle compagne à l’album de Guérineau.

 

 

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Une chronique de Fab

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21 février 2017 2 21 /02 /février /2017 09:55

 

 

 

LA BD:

 

 

 


C'est quoi : LES CENT NUITS DE HERO

 


C'est de qui : I. Greenberg

 

 

La Couv':

 

 

les 99 et une nuits  /  Les Cent Nuits de Hero  Vs.  Sur le Borysthène

 

Déjà croisé sur le site? Oui.

 

 

C’est édité chez qui ? Casterman.

 

 

Une planche:

 

les 99 et une nuits  /  Les Cent Nuits de Hero  Vs.  Sur le Borysthène

 

Ca donne Quoi ? Après l’étonnante Encyclopédie des débuts de la Terre il y a deux ans, déjà chez Casterman, ce début d’année voit paraître chez nous le nouvel opus d’Isabel Greenberg qui continue sur sa lancée de réappropriation/adaptations de contes et légendes et autres mythes fondateurs.

 

Ici, comme le laisse sous entendre le titre, c’est de l’histoire de Shérazade dont elle s’inspire en la situant dans des contrées plus septentrionales. Cherry, épouse chaste et digne est l’enjeu d’un obscène pari, son butor de mari a mis sa vertu dans la balance en pariant à son ami, non moins vil, que 100 nuits ne suffiraient pas pour venir à boût de la virginité de la jeune femme.

 

Heureusement cette dernière a pour alliée Héro, amante secrète et conteuse hors pair, petite fille de la lune par dessus le marché, qui, par ses récits hautement addictifs, va envouter le triste sire nuit après nuit.

 

Récits imbriqués telles des matriochkas reptiliennes, quitte parfois à égarer son lecteur, les histoires des Cent nuits de Héro  sont un panégyrique épatant de la condition féminine à travers les siècles, de l’importance des contes et des récits et de leur transmission et, plus largement, de la liberté et de l’amour. Isabel Greenberg, dans son style graphique si particulier au trait simple mais expressif dans une bichromie bien pensée,  sait égrener ses histoires en mélangeant fond et forme et passe encore un cap dans son art.

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? SUR LE BORYSTHENE

 

 

C'est de Qui ? S. Prokoviev

 

 

La couv'

 

 

les 99 et une nuits  /  Les Cent Nuits de Hero  Vs.  Sur le Borysthène

 

Déjà entendu chez nous?  Pas mal de fois oui.

 

 

On peut écouter?

 

 

Ca donne Quoi ? Ce ballet de Prokoviev, probablement l’un des moins connu, narre l’histoire d’un soldat russe démobilisé après la Première Guerre Mondiale qui, rentrant chez lui, réalise que l’amour qu’il portait à sa promise s’est amoindri et que, tombé amoureux d’une autre, il va devoir à nouveau partir pour pouvoir l’épouser.

 

Après la mort de Sergei Diaghilev, qui avait rendu célèbre les précédents ballets de Prokoviev, c’est sur commande du Théâtre de l’Opéra parisien quil compose Sur le Borysthène. Outre son titre français (le nom russe de la rivière Dnieper ayant été jugé imprononçable par nos compatriotes de l’époque), l’œuvre regorge de motifs et arrangements foncièrement européens, c’est d’ailleurs, à mon avis, l’œuvre la moins caractéristique du compositeur russe.

 

Elle n’en reste pas moins d’une beauté manifeste et les thématiques chères à Prokoviev se retrouvent de ci de là, que ce soit dans Betrothal et ses oppositions d’ambiances aux accents épiques ou dans l’épilogue qui marie avec réussite les deux principaux thèmes du ballet.

 

En substance on retrouvera pas mal d’influences de Roméo et Juliette, qu’il écrira quelques années plus tard, revenu sous le joug stalinien.

Avec son caractère métissé, son mélange de légèreté et de gravité et son sujet parfaitement maîtrisé, j’ai souvent trouvé ce ballet t très en phase avec les Cent nuits de Héro.

 

 

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Une chronique de Fab

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