12 août 2021 4 12 /08 /août /2021 07:21

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ? LUGOSI. GRANDEUR ET DECADENCE DE L’IMMORTEL DRACULA.

 

 

C'est de qui ? K. Shadmi

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? La Boîte à Bulles

 

 

Déjà croisé sur le site? Oui

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Comme vous le savez peut être (remarquez ce ne doit pas être trop difficile à deviner sinon) je suis presque autant fan de cinéma que de BD (que de musique). Dans beaucoup de genres mais tout particulièrement dans de vieilles choses oubliées iconiques, de celles qui ont forgé mes goûts quand je les ai découvertes, à une époque où internet et le smartphone n’était qu’un concept de SF (et pourtant je ne suis pas si vieux que ça !).

 

Et, puisque l’on est à raconter ma vie (mais après j’arrêtes promis !) le deuxième prénom de ma fille est d’ailleurs Bela, non pas en référence à l’héroïne Twilight (beurk) mais bel et bien à …Béla Lugosi.

 

Pas que je sois un fan hardcore de l’acteur mais son interprétation du Dracula de Stoker, dans une version certes tronquée et modifiée, m’a marquée probablement plus que celle d’un Christopher Lee ou que d’un Gary Oldman.

 

Peut-être parce que c’était le premier (si l’on excepte le Comte Orlock joué par le tout aussi terrifiant Max Schreck, dans le Nosferatu de Murnau) mais surtout parce que l’acteur hongrois possédait un magnétisme et une présence manifeste, dont l’héritage allait se répercuter sur les décennies à venir et dans bien des domaines.

Ce long préambule vous fera réaliser que ma chronique de la biographie de Bela Lugosi, signée par le talentueux et iconoclaste Koren Shadmi, va être forcément subjective, mais il faut reconnaître que l’artiste américain, tout en étant exhaustif, ne cherche jamais à -trop- glamouriser ou rendre sympathique son sujet, acteur doué pour qui  le rôle de sa vie sera aussi sa malédiction puisqu’après celui-ci il ne connaîtra quasiment jamais plus le même succès, se cantonnant à jouer des méchants souvent caricaturaux et interchangeables.

 

Cette relative décadence s’accompagnera de diverses addictions : à la morphine, à la méthadone, à l’alcool et…aux femmes, rendant sa vie personnelle aussi misérable que sa carrière professionnelle.

 

En dessinant la vie de Bela Lugosi, basée sur des recherches méticuleuses, entrecoupée d’extraits marquants de sa filmographie,  Shadmi- dans son style expressif si particulier qu’il a su atténuer sans pour autant qu’il perde sensibilité et originalité- remet dans la lumière une icone du cinéma mondial, un personnage plus grand que nature dont la légende prit le pas sur la réalité jusqu’à finir inhumé dans la cape du rôle qui aura fait sa renommée comme son malheur.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :LES MAITRES CHANTEURS DE NUREMBERG

 

 

C'est de qui ? Wagner

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Possible

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Avant que le surdoué Phillip Glass et le Kronos Quartet redéfinissent la musique du Dracula de Browning (celui avec Lugosi donc), le film ne comportait (époque de tournage oblige) que peu de passages musicaux et ceux-ci étaient empruntés à des œuvres classiques, à savoir le Lac des Cygnes et, donc, ces Maîtres chanteurs de Nuremberg, de Wagner.

 

 

Œuvre plus légère qu’à l’accoutumée pour le compositeur qui, après l’écriture de Tanhauser a besoin de fonds, et donc de reconnaissance publique et critique, pour s’atteler sérieusement au Ring, cet opéra est, à plus d’un titre, diablement « cinématographique ».

 

 

Que ce soit dans son utilisation des leitmotivs de certains personnages, que l’on peut apparenter aux thèmes dédiés dans les scores de cinéma, dans les variations d’ambiances, de mélancolique à enjouée, ou dans le traitement des canons, l’oeuvre traduit en effet musicalement des composantes de l’histoire, modifiant ses rythmiques (notamment avec les staccatos), employant des écarts et des formes inhabituels dans l’opéra puisqu’il emprunte à la fugue et à la sonate.

 

L’ouverture de l’opéra notamment est d’une richesse et d’une variété telles qu’elles accompagnent sans peine et sans démériter cette bio passionnante d’un mythe du 7° Art.

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

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7 juillet 2021 3 07 /07 /juillet /2021 09:56

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  A LA RECHERCHE DU DIMANCHE PERDU

 

 

C'est de qui ? I. Surducan

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Les Aventuriers de l’étrange

 

 

Déjà croisée sur le site? Oui.

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Nina travaille sans relâche du lundi au …samedi et… rebelote car dans son monde il n’y a plus de dimanche !

 

Tour à tour cuisinière, jardinière, horlogère… notre Sisyphe de conte de fées n’en finit pas de trimer pour satisfaire les « loups » que sont devenus les jours de la semaine sans jamais pouvoir se reposer.

 

Jusqu’au jour où elle décide d’aller chercher le dimanche quitte à affronter la sorcière qui n’est pas celle qu’elle croit !

 

 

Iléana Surducan, en cavalier solitaire après un album jeunesse avec sa sœur, déjà chez les Aventuriers de l’Etrange, propose ici une adaptation d'un conte peu connu de Grimm, récit  aux thématiques toujours d’actualité qui ravit les plus jeunes par ses graphismes colorés et hybrides et charme les adultes par ses trouvailles graphiques et narratives et sa réflexion sur le travail et le loisir dans l’existence.

 

Comme pour les Contes de Grimm, dont un revu par sa sœur, l’éditeur propose une fois encore une édition soignée avec dorures qui rajoute au charme de ce petit album que je ne saurais que vous conseiller avec les grandes vacances qui arrivent !

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi : GRANDE VALSE

 

 

C'est de qui ? W. Kilar

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? A mi-chemin entre les mélodies légères mais néanmoins souvent mélancoliques du Roi et L’oiseau et le majestueux gothique du Dracula de Coppola, cette Grande Valse signée par le compositeur polonais Wojceh Kilar est une variation inspirée d’un genre pourtant très exploité en classique.

 

Si les cordes virevoltantes sont bien là, un piano soliste et des vents –hautbois en tête- s’invitent également à la fête et Kilar en profite pour insuffler des nuances folkloriques tenues de ci de là notamment via des trilles et staccato bienvenus.

 

Une pièce enlevée et longue juste ce qu’il faut pour accompagner à merveille la recherche de ce si précieux dimanche perdu.

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

 

 

 

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2 mai 2021 7 02 /05 /mai /2021 13:43

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  MADEMOISELLE BAUDELAIRE

 

 

C'est de qui ? Yslaire

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Dupuis

 

 

Déjà lu chez nous? Oui

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Yslaire est un amateur de romances tragiques et de symbolisme, chaque page de son œuvre phare, Sambreet ses spins offs- en est empreinte que ce soit coté scénario comme visuellement.

 

Grand amateur, de son propre aveu, des écrits de Baudelaire, il se frotte ici à son idole en composant un bio semi romancée qui évoque la vie de bohème dissolue de l’artiste aux cotés de sa muse Jeanne Duval, mettant en exergue les faiblesses et les addictions du poète, la relation conflictuelle avec sa mère et son beau-père, les affres de la création qui l’assaillent et le groupe d’artistes qui gravitent dans son entourage.

Ainsi aux détours des pages de ce magnifique album on croise Balzac, Delacroix, Hugo ou encore Nadar l’un des pionniers de la photographie d’art.

 

Yslaire ne cherche pas à donner une image positive de Baudelaire, exacerbant même ses failles, faisant quasiment même de la belle « mulâtresse » le personnage principal de son récit, avec ce que cela implique d’érotisme troublant.

 

 

Diablement inspiré par son sujet, le dessinateur livre un travail qui impose le respect que ce soit dans sa retranscription souvent glauque du Paris de l’époque, de ses troquets et de ses mansardes, tout comme dans les délires baudelairiens sous l’emprise de l’alcool, du haschisch ou de l’extase, grandioses compositions picturales où les influences des peintres romantiques de l’époque (Delacroix en tête) se font sentir.

 

 

Une bio-hommage en tout point superbe qui vient fêter comme il se doit le bicentenaire de la naissance de Baudelaire.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :THE WIFE

 

 

C'est de qui ? Jocelyn Pook

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Une fois oui.

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? Auréolée d’un BAFTA l’année précédente et forte d’une réputation grandissante –et méritée- dans le monde de la B.O, Jocelyn Pook écrit en 2018 la musique de The Wife où l’on retrouve la toujours parfaite Glenn Close.

 

Explorant un peu plus avant la veine minimaliste qu’elle a déjà abordée dans ses scores précédents, son travail ici se rapproche clairement de celui d’un Phillip Glass, ce qui, les amateurs le confirmeront- n’est pas rien coté comparaison.

 

De par ses ondulations hypnotiques et dramatiques la partition de Pook, toute en cordes aussi aériennes que langoureuses, ponctuées de notes de piano éparses, souligne le drame et la tension sous-jacents du scénario, devenant un élément à part entière du film comme c’était déjà le cas sur les séquences du Eyes Wide Shut de Kubrick où apparaissaient des compositions de l’artiste.

 

 

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

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1 mai 2021 6 01 /05 /mai /2021 13:32

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  O VERLAINE

 

 

C'est de qui ? Thirault & Deloye

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Steinkis

 

 

Déjà croisés sur le site?Non

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Conruty, un jeune homme de campagne transcendé par la lecture d’un recueil de poème de Verlaine monte à la capitale pour rencontrer son idole.

A 51 ans le poète en fait quinze de plus, perclus de maux, alcoolique au dernier degré, rosse et misogyne.

 

Si ses vers lui rapportent quelque renommée et autres espèces sonnantes il n’a cure de la première et dépense les secondes comme si elles lui brulaient les doigts.

 

Brulant la vie par les deux bouts, entourés d’une petite poignée de fidèles, dont notre campagnard transi, Verlaine vit ses derniers mois.

 

 

Thirault adapte un Teulé où l’on n’a pas encore l’humour noir et l’inspiration enflammée de ce qui reste à mes yeux ses œuvres les plus réussies (Charly 9, Je, François Villon) mais parvient à garder ce qui fait le sel de la bio irrévérencieuse d’un poète qui ne méritait pas mieux, un sentiment d’admiration teinté de dégout.

 

J’aurai aimé qu’il appuie un peu plus sur le fil rouge des morts violentes qui entourent le déclin de Verlaine mais passons.

 

Au dessin le trait semi réaliste de Deloye, influencé par la BD Jeunesse classique, rend bien l’ambiance glauque de ce Paris d’époque, en grande partie grâce à la colorisation de Marie Galopin.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi : LE PAPILLON

 

 

C'est de qui ? Offenbach

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Quelques fois oui.

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? S’il est surtout connu pour ses opéras et opérettes comiques, Offenbach étaient également un compositeur hors pair quand il s’agissait d’autres genres, comme le prouve sa première incursion dans le ballet.

 

Le Papillon, pantomime au livret à dominante fantastique et féérique – domaines chers à l’artiste- marie à merveille les ambiances alternant des passages aériens pleins de gaieté – dont une valse « molle » des plus agréables-  et des moments plus solennels voire tragiques avec une utilisation assez magistrale du corps des cuivres et des cymbales.

 

Ce sont pourtant les cordes qui sont particulièrement à la fête ici, avec notamment une harpe discrète mais qui sait se rendre indispensable et le pas de deux est un modèle du genre.

 

 

Hoffenbach, qui affectionnait particulièrement cette pièce, probablement déçu de sa courte existence sur scène, reprendra des morceaux de sa partition qu’il réutilisera dans d’autres œuvres à venir dont ses célèbres Contes d’Hoffman et Orphée aux enfers.

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

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15 avril 2021 4 15 /04 /avril /2021 08:47

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  LE TAMBOUR DE LA MOSKOVA

 

 

C'est de qui ? S. Spruyt

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Le Lombard

 

 

Déjà lu dans le coin? Oui

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? La Russie, 1812, alors que les armées de Napoléon subissent la débâcle de la campagne guerrière menée par l’Empereur, un jeune garçon naïf  enrôlé comme tambour ne va devoir son salut qu’à son minois angélique.

 

Vincent survit en effet à la Bérézina, à Moscou enflammée et à la catastrophique retraite dans les étendues gelées grâce à une certaine fascination qu’il exerce bien malgré lui sur les gens qu’il rencontre, du curé au sergent recruteur, en passant par un gradé désabusé, un géant protecteur ou encore des paysans locaux, notre innocent héros va traverser l’Histoire et survivre pour la raconter à un illustre visiteur venu, bien des années plus tard, recueillir son témoignage.

 

 

Magnifique album une fois encore de la part de Simon Spruyt, en couleurs directes, tout aux aquarelles et aux crayons, à l’ancienne, pour un résultat qui transcende son sujet.

 

La petite histoire dans la grande fonctionne ici à merveille. A la sauvagerie de son contexte historique il oppose un style graphique toujours aussi original qui emprunte à la fois à la BD jeunesse et à l’illustration old school avec des choix de colorisation et de cadrages très réussis.

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi : SYMPONIE N° 7

 

 

C'est de qui ? S. Prokoviev

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Souvent.

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Intéressante pièce de l’un des plus célèbres compositeurs russe (et de loin mon préféré) la symphonie n°7 mélange le caractère enjoué de l’enfance et l’esprit martial de la Russie avant et pendant l’arrivée des soviets au pouvoir.

 

Composée un an avant sa mort, cette ultime symphonie est empreinte de la mélancolie douce-amère que Prokoviev dut ressentir à cette époque trouble de son existence, continuellement mis à l’index par le régime stalinien, malade et détaché de ses proches.

 

Cette sorte de testament musical fait le lien entre deux extrêmes dans l’œuvre du russe, on y retrouve la légèreté et l’expressivité de Pierre et le Loup, via notamment l’utilisation des bois et des cordes, mais aussi la puissance et la gravité d’un Ivan le Terrible dans les percussions endiablées et les cuivres martiaux.

 

Une symphonie magistrale qui va comme un gant à ce one shot aussi original qu’inspiré !

 

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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