14 septembre 2023 4 14 /09 /septembre /2023 13:52
 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  UNE ETUDE EN EMEREAUDE

 

 

C'est de qui ? N. Gaiman, R. Albuquerque & Stewart

 

 

La Couv':

 

Le Vert est la couleur du désespoir  /  Une Etude en Emeraude  Vs.  Inferno

 

 

Déjà lus sur B.O BD? Oui

 

 

Une planche:

 

 

Le Vert est la couleur du désespoir  /  Une Etude en Emeraude  Vs.  Inferno

 

Ca donne Quoi ? Le Londres victorien, dans une réalité parallèle où les Grands Anciens (le panthéon inventé par Lovecraft) règnent parmi (et sur !) les hommes. Un détective conseil aux méthodes hautement efficaces et son nouvel ami, docteur retraité de l’armée, enquêtent sur la mort violente d’un noble allemand, neveu de la Reine d’Angleterre.

Une piste les mène vers une troupe d’acteurs qui sembleraient faire partie des Restorationistes, un mouvement cherchant à se débarrasser des déités horrifiques qui les gouvernent.

 

Si, on le sait, le pastiche est un exercice difficile, et si ceux de l’œuvre de Conan Doyle sont légions, il ne fallait rien de moins que le talent de Neil Gaiman, l’un des conteur et scénaristes les plus doués de sa génération, pour réussir un mélange entre les univers du détective de Baker Street et celui des horreurs Lovecraftienne.

Outre un bakground original on se délectera d’un twist quasi acrobatique mystifiant.

 

La partie graphique n’est pas en reste sur l’adaptation de cette nouvelle, Albuquerque dont on avait apprécié le style anguleux et original sur American Vampire, livre ici une copie sans fautes que ce soit dans le look de ses personnages ou le rendu d’un Londres anxieux et foggy. Son trait est rehaussé par l’incontournable et toujours impeccable travail du coloriste maison (entre autre) mister Dave Stewart en personne.

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :INFERNO

 

 

C'est de qui ? K. Emerson

 

 

La Couv':

 

 

Le Vert est la couleur du désespoir  /  Une Etude en Emeraude  Vs.  Inferno

 

Déjà entendu chez B.O BD? Non

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

 

Ca donne Quoi ? A la séparation du trio Emerson, Lake & Palmer, le premier s’aventure dans la musique de film sur un projet plutôt inattendu puisqu’il compose le score de Inferno de l’italien Dario Argento, maître du giallo s’il en est.

 

Une fois le générique toujours un rien guimauve passé, on se retrouve avec une partition où le piano est l’élément dominant, tout en dissonances et tensions, avec des thèmes à peu de notes et à motifs répétitifs et des passages rythmiques originaux.

Les cordes et cuivres sont aussi souvent présentes mais dans une utilisation moins lambda que ce que l’on a l’habitude d’entendre.

L’ensemble est à mi chemin entre le minimalisme d’un Glass et l’expérimentation de Goblin et l’on comprend sans peine que cette porte d’entrée est était décisive pour la reconversion de son auteur.

Si l’on a –hélas- quelques passages très rock progressifs avec guitares aux effets à l’infini et claviers dépassés, que l’on prendra soin de zapper sur la lecture du jour, le reste de la B.O d’Inferno est un intéressant contrepoint musical à A Study In Emerald et son fond« meta », apportant une couche supplémentaire de référence intemporelle.

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

 

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3 septembre 2023 7 03 /09 /septembre /2023 06:31

 

 

LA BD:





 

C'est quoi ? FRIDAY. LIVRE 2



 

C'est de qui ? Brubaker & Martin



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui ? Glénat

 

 

Déjà croisé sur le site? Oui, ensemble et séparément.



 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Friday, dans le cliffhanger du précédent recueil, tirait le corps à moitié calciné de Lance, son meilleur ami, détective amateur surdoué à ses heures qui enquêtait sur une étrange histoire d’apparitions d’une dame blanche.

 

Après avoir salement accusé e coup, notre héroïne décide d’essayer d’élucider les circonstances qui ont mené au drame.

Bientôt elle va découvrir des indices et des pistes laissées pour elle par Lance avant sa mort, comme s’il avait su ce qui risquait de lui arriver.

 

Alors qu’elle déroule l’écheveau d’un mystère de plus en plus glauque, le surnaturel et l’horreur s’invitent à la fête!

 


 

Ce second volet de la série de Brubaker et Martin voit le scénariste emprunter les sentiers qu’il a eu l’occasion de défricher dans certaines de ses précédentes séries à commencer par le fantastique et l’épouvante.



 

Un scénario qui s’emballe peu à peu jusqu’à quelques scènes d'anthologie qui donnent l’occasion à Marcos Martin de s’en donner à coeur joie et de faire étal de son savoir-faire en matière de cadrages et de narration visuelle!



 

Comme dit l’une des critiques citée sur le sticker collé sur la couv de ce tome: Vivement la suite!









 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi :LES GRIFFES DE LA NUIT.



 

C'est de qui ? E. Bernstein



 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Ouep



 

On peut écouter ?

 

 


 

Ca donne Quoi ? Forcément une B.O écrite il y a presque 40 ans, en pleines années 80, époque du synthé à outrance, sonne aujourd’hui, au mieux joliment surannée, au pire complètement datée.

 

Certains longs métrages de l'époque sont d’ailleurs devenus à mon sens quasiment irregardables à cause de leur musique (The Keep par exemple, le 6° sens de Mann, Ladyhawke…et j’en passe!).

 

Alors il est également vrai qu’avec le revival des dites années 80 amorcé il y a déjà quelques années et, notamment dans le fantastique, via la série Stranger Things, peut être que ce jugement est à nuancer.

 

Toujours est-il que l’action de Friday n’étant pas clairement définie mais se déroulant à une époque sans portables (entre autres) pas de réels anachronismes ici.

 

Bernstein utilise d’ailleurs les synthé essentiellement en nappes atmosphériques pour installer des ambiances faussement tranquilles qui glissent subrepticement dans le malaise voir l’hrreur totale. Ajoutez à cela pas mal de sons acoustiques, de voix éthérées et autres mélodies entêtantes et vous obtenez un modèle du genre (enfin du genre slasher des années 80 s’entend) qui, avec le virage résolument fantastique pris dans ce second volet du comics, sonne en phase.





 

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28 mars 2023 2 28 /03 /mars /2023 11:05

 

 

LA BD:





 

C'est quoi ? LES ARCANES DE LA MAISON FLEURY 3.



 

C'est de qui ? G. Di Caro



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui ? Tabou

 

 

Déjà croisé sur le site? Oui



 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi Dernier tome de la trilogie érotico-victorienne de Gabriele Di Caro qui tient ses promesses marchant dans les pas de choses comme Jack L’Eventreur ou la série TV Ripper Street, une bonne grosse dose d’érotisme en plus. On y remonte à l'Egypte antique, on y croise une secte -peuplée de certaines personalités en vue!- mystique mal intentionnée (pléonasme?) une confrérie de femmes prêtes à se venger et, last but not least, notre héroïne, Pearl, se révèle avoir un bien étrange (et puissant!) pouvoir.


 

L’auteur italien prouve que l’on peut marier BD de genre et scénario intéressant tout en n’étant pas manchot un crayon (graphique) à la main.

 

Plastique des protagonistes et décors londoniens sont tout aussi réussis et l’on attend de pied ferme son futur projet (qu’il soit X ou as d’ailleurs!) histoire qu’il confirme tout le bien que l’on pense de son travail.







 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi :LE RETOUR DE FRANKENSTIEN



 

C'est de qui ? J. Bernard



 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui



 

On peut écouter ?

 


 

Ca donne Quoi ?  Ce " Retour de Frankenstein” est l’oeuvre de l'incontournable James Bernard, alors compositeur attitré des productions de la Hammer. 

 

Le studio britannique ponce littéralement à l”époque les filons Dracula et Frankenstein, et, dans le second cas, c'est du cinquième volet qu’il s’agit ici.



 

Film marquant puisqu'il réunit à nouveau Fisher (réal’), Cushing (rôle principal) et Bernard (musique) pour un des longs les plus abouti au regard de l’ensemble de ce que la Hammer a pu faire avec le personnage. 

 

James Bernard s’adapta à un scénario plus dur et horrifique que sur les précédents opus et s’en donne à cœur joie pour exprimer toutes sortes d’abominations, n’hésitant pas à rajouter des bruitages étranges au milieu d’une partition déjà riche en cordes oppressées et en rythmique stressantes.



 

 Si son score reste fondamentalement dans l’esprit du reste de sa prod pour le studio, il n’en n’est pas moins réussi.





 

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22 février 2023 3 22 /02 /février /2023 13:45


 

 

LA BD:





 

C'est quoi ? L’ENFER DE DANTE



 

C'est de qui ? P & G Brizzi



 

La Couv':

 

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui



 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Les jumeaux Brizzi se sont depuis quelques années, en BD, spécialisés dans les adaptations d’oeuvres littéraires, que ce soit de manière classique comme avec Céline, ou dans l'illustration de texte (l’Ecume des jours de Vian).

 

Ici, après s’être frottés -avec réussite!- à Balzac, ils choisissent la difficulté en s’attaquant au monument qu’est l’Enfer de Dante, faisant pour l’occasion une infidélité à Futuropolis pour les éditions Daniel Maghen.



 

Pour ceux qui ne seraient pas familier du propos, Dante, abattu par la disparition de Béatrice, son aimée, va être guidé par l'âme du poète Virgile au travers des 9 cercles de l’Enfer afin de retrouver sa chère et tendre.




 

Mélangeant les parties cases/bulles et des pleines pages parfois muettes, ils s‘approprient avec maestria le texte d’origine (dans lequel ils ont cependant dû opérer quelques coupes, faute de se retrouver à avoir à dessiner des centaines de pages de plus que les 150 qu’ils nous offrent déjà).

 

Les détails des décors et la puissance du “bestiaire” n’ont d’égal que l’expressivité des visages des protagonistes qu’ils soient humains ou non.

 


 

On les savait déjà capables de manier avec talent le noir et blanc et les niveaux de gris mais ils passent à mon sens ici un cap -peut être diablement (!!) inspirés par leur sujet- et s’inscrivent dans la grande tradition des maîtres du genre, de Doré à Wrightson en passant par Gianni.

 

On pense même parfois sur certaines cases au Prince Valiant, chef d’oeuvre du médium, lui aussi pourtant hybride dans sa forme, de Hal Foster.



 

Si je ne devais émettre qu’un bémol concernant l’album se serait sur le choix du papier glacé, qui, à mon sens met un peu moins en valeur le trait imparable des frères Brizzi mais n’enlève rien à la beauté et à la réussite de leur adaptation.







 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi :LA SORCIERE



 

C'est de qui ? M. Korven



 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui.



 

On peut écouter ?

 


 

Ca donne Quoi ? Lalo Schifrin aimait à dire que la B.O fait 70% du film. Et en effet, combien de longs métrages célèbres doivent en grande partie leur réussite à un thème et/ou une ambiance musicale ? De Star Wars à Il était une fois dans l’Ouest en passant par Le Parrain, 2001 ou Easy Rider, certains films ne seraient définitivement pas les même avec une autre B.O.

 

Mark Korven, enfant du rock et du jazz, connaît bien ses classiques et sait aller pêcher ses influences là où il faut. Pour mettre en musique ce fils fantastique se déroulant dans l’Amérique du XVII° siècle où une famille de colons isolée va être la proie d’une sorcière, le canadien fait appel au spectre de Ligeti et de Bartok mais c’est surtout l’ombre de Penderecki qui plane sur pas mal de pistes.

 

Combinant des voix éthérées quand elles ne semblent pas possédées à des stries de cordes parfois redoutables et des percussions quasi tribales, le compositeur livre une B.O habitée et entêtante, parfois extrême, parfois trop référencée mais d’une rare puissance évocatrice. Les 70% sont amplement remplis…dommage que les 30 autres aient fait défaut!

 

En tout cas, avec la superbe version de l'Enfer de Dante, c'est du pain béni!






 

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8 février 2023 3 08 /02 /février /2023 17:51

 

 

LA BD:





 

C'est quoi ? L’OR DU TEMPS 2



 

C'est de qui ? Oriol & Rodolphe



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui ? Daniel Maghen

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui, ensemble sur le précédent.



 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Nous retrouvons Théo en bien mauvaise posture puisqu’après avoir tenté de retrouver le sarcophage il est fait prisonnier dans un manoir à la campagne.

 

Sauvé par le malfrat qu’il n’avait pas dénoncé à la police, notre héros va retrouver ses amis et, de messes noires en cérémonies païennes en passant par des visites de cimetière, la rencontre d’androïdes ou encore celle du mystérieux Aleister Crowley, se rapprocher peu à peu du secret de l’or du temps.



 

Suite et fin du diptyque gothique signé Rodolphe et Oriol, dont on aurait bien aimé quelques albums de plus au vu de la teneur du scénario.

Alors certes c’est un hommage à peine déguisé à Belphégor (rien que la très belle couverture de ce second tome ) et autres feuilletons du début du siècle dernier mais Rodolphe en homme de métier, sait doser ses ingrédients pour livrer un récit fantastique riche en rebondissements et aux protagonistes accrocheurs.



 

Le trait d’Oriol est également en grande partie responsable de la réussite du titre. Le dessinateur espagnol, dont on a aimé et chroniqué tous les albums ici et que je trouve bien trop rare chez nous (5 albums en dix ans) propose un style à la fois volontairement flou par endroits et détaillé  à d’autres avec des personnages croqués dans le même esprit; c’est dynamique, cahotique quelquefois, les couleurs sont souvent volontairement tape à l’oeil (ces mauves!) et l’ensemble navigue avec maestra entre l’expressionisme et le pop-art décadent avec une bonne dose de gothique qui va bien.







 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi :NOSFERATU



 

C'est de qui ? H. Erdmann



 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Non



 

On peut écouter ?

 


 

Ca donne Quoi ? Fort d’un bagage autant dans le classique, la direction d’orchestre que dans la théorie musicale, Hans Erdmann a cependant peu écrit pour le grand écran.



 

Sa partition pour le Nosferatu de Murnau, adaptation fidèle du Dracula de Stoker - qui, n'ayant pas acquis les droits du roman, devra changer les noms des personnages- est riche des connaissances de son auteur, alliant à merveille la composition classique et la force évocatrice de la musique d’illustration telle que pratiquée à l'époque pour le cinéma. 



 

Écrite sous deux formes- une pour orchestre symphonique et l’autre pour un ensemble plus restreint, orchestre de chambre- la musique de Nosferatu mélange les ambiances, avec des passages que l’on pourrait qualifier de primesautiers notamment au début du score, qui vont rapidement laisser la place à des pistes beaucoup plsu axées sur l’épouvante avec certes un brin de grandiloquence de ci de là mais rien qui soit too much, surtout sur cet hommage feuilletonnant qu’est l'Or du Temps! 





 

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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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