3 septembre 2025 3 03 /09 /septembre /2025 08:36




 

LA BD:

 


C'est quoi : JEKYLL & HYDE. LE DOCTEUR ET L’ASSASSIN.

 


C'est de qui :  Cannavo & Roi


 

La Couv':


 



 

Déjà croisés sur le site? Oui à quelques reprises.



 

C’est édité chez qui?  Glénat.



 

Une planche: 


 


 

Ca donne Quoi ? Le docteur Jekyll, fasciné par son propre côté sombre, crée un philtre capable d’exacerber ses pires travers. Son “double” se nommera Mister Hyde et pourra laisser libre cours à ses penchants les plus inavouables. Mais voilà que lors de ses virées nocturnes, Hyde rencontre une femme obsédée par la violence et, dans le même temps, un mystérieux assassin qui éventre ses victimes, des prostituées londoniennes.



 

Tout comme Crepax en son temps, le duo Roi/Cannavo a choisi d‘adapter trois récits emblématiques de la littérature gothique. Nous avons chroniqué les deux précédents, Dracula et Frankenstein, que nous avions bien plus appréciés sur la forme -leur graphisme- que sur le fond -les adaptations toutes deux assez éloignées du matériau d’origine- l’une comme l’autre.



 

Ce Jekyll & Hyde partage peu ou prou les mêmes qualités, avec moins de défauts,  et, s’il prend tout autant de libertés avec le roman de Stevenson, se révèle néanmoins plus convaincant.

Il faut dire que les multiples adaptations que ce soit au cinéma, en série tv ou en BD s’étaient déjà bien éloignées de l’histoire originelle même si, en substance, le postulat de départ -la dualité- était respecté.



 

Cannavo s’y tient donc aussi, mais injecte un côté méta intéressant avec l’ajout d’un Jack L’éventreur contemporain de l’action du livre de Stevenson, et un personnage féminin fort. 



 

De son coté Roi excelle ici encore plus que sur les deux autres adaptations avec un noir et blanc uber expressif digne de ses illustres prédecesseurs, les maîtres du médium que furent Breccia, Toppi ou encore Battaglia avec des compositions d’une puissance évocatrice peu commune.





 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : LES CHRONIQUES FRANKENSTEIN



 

C'est de qui ? Harry Escott & Roger Goula




 

La Couv':

 



 

Déjà entendus chez B.O BD



 

On peut écouter ?

 


 

Ca donne Quoi ? L’horreur victorienne dont nous parlions ci dessus a la côte depuis…pfiouu deux siècles facile ! Du coup le filon est exploité plus ou moins continuellement depuis, se résumant  fort souvent hélas aux déclinaisons des figures emblématiques du genre.

 

The Frankenstein Chronicles, vous l’aurez compris, s’inspire au départ vaguement du roman éponyme de Mary Shelley pour glisser vers la série d’enquête fantastique d’époque.

 

 

 

Sa B.O, écrite à quatre mains par deux compositeurs ayant surtout œuvré dans le docu, la série TV et une paire de films indés, joue la carte de l’underscore avec piano lead aux notes éparses sur un fond musical sourd et menaçant.



 

Cette économie de moyens (aux deux sens du terme probablement) s’avère néanmoins payante sur un genre qui a plutôt l’habitude de la démesure grandiloquente. Ici la tension règne quasiment tout du long avec une paire de pistes plus mélancoliques et, tout de même quelques passages plus enlevés où un orgue spectral s’invite notamment à la fête.



 

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29 août 2025 5 29 /08 /août /2025 08:56




 

LA BD:

 


C'est quoi : LE SOUFFLE DU DIABLE

 


C'est de qui :  K. Broeders



 

La Couv':


 




 

Déjà croisé sur le site? Oui.

 

 

C'est édité chez qui? Anspach



 

Une planche: 

 



 

Ca donne Quoi ? La France rurale, fin du XVIII° siècle. alors qu’un brouillard aux relents nocifs semble s’abattre sur le pays, provoquant des réactions parfois extrêmes chez les habitants (processions illuminées, violences, superstitions …) Madeleine tente de faire prospérer son auberge où elle rudoie son demi-frère, un jeune amérindien ramené du Nouveau monde par leur défunt père.

 

En partant d’un fait divers authentique,  Ken Broeders, auteur belge complet trop rare en France à mon goût (nous l’avons croisé à peine 2 fois en 14 ans de B.O BD!) imagine un drame rural familial oppressant qui flirte avec le fantastique.

 



 

Suite à l’éruption d’un volcan islandais en 1783 un immense nuage toxique va parcourir l’Europe avec des répercussions catastrophiques sur le climat et la vie des populations.

Des chercheurs auraient même établi un rapport de causalité entre les conséquences de cette pollution -notamment des récoltes désastreuses- et les prémices de la fronde du peuple qui mènera à la Révolution Française.

 

Mariant le fond et la forme, Broeders dans son style graphique expressif aux couleurs bien choisies, fournit un bel écrin aux ambiances gothiques de son récit glauque.




 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : LE TRAIN DES EPOUVANTES



 

C'est de qui ? D. Gamley




 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui



 

On peut écouter ?

 

 

 




 

Ca donne Quoi ? Si les studios de la Hammer ont trusté le marché du film d’horreur durant deux décennies, leurs concurrents quasi directs de chez Amicus étaient également pas mal actifs sur le même créneau (si ce n’est que la plupart des films Hammer étaient à background « historico-gothiques » tandis que ceux de chez Amicus étaient plutôt contemporains).

 

 

 

Pour ce film à sketches où l’on retrouve les incontournables Peter Cushing et Christopher Lee (acteurs fétiches de la Hammer par ailleurs), la compositrice Elisabeth Luyden, première femme à écrire de la musique de film mais qui, de son propre aveu, faisait ça plus pour payer les factures que par choix, écrit une partition assez passe partout, où elle laisse de coté le sérialisme dont elle s’est faite spécialiste outre-manche.

 

 

 

Néanmoins on reconnaîtra à son score des qualités manifestes dans l’évocation de l’épouvante subreptice, de l’illustration thématique simple mais efficace.

 

A l’opposé d’un James Bernard, compositeur attitré de la Hammer, Luyden fait dans l’underscoring si nécessaire et, par la même, rend ses compositions plus variées que la moyenne.



 

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30 juin 2025 1 30 /06 /juin /2025 08:27


 

LA BD:





 

C'est quoi ? DUCK AND COVER



 

C'est de qui ? Snyder & Albuquerque

 

 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Delcourt



 

Déjà croisés sur le site? Oui



 

Une planche: 

 



 

Ca donne Quoi ? Au milieu des années 50, une bombe atomique est larguée aux States,  ne laissant que certains ados en vie (ceux ayant suivi les consignes de se baisser et se cacher (traduction du titre pour les moins anglophones de nos lecteurs).

 

Alors que tout porte à croire que l’attaque vient de l'URSS, Guerre Froide oblige- bientôt les survivants sont confrontés à de terribles créatures extraterrestres qui cherchent à les asservir et avaient prévu de longue date cette invasion destructrice.

 

Mais nos jeunes héros vont faire fi de leurs inimitiés et organiser la résistance contre ces envahisseurs d’une autre planète.



 

Bon vous l’aurez compris, la nouvelle mini-série de Snyder est un joyeux foutoir, un mélange détonant (voire déconnant) de pas mal de choses à commencer par les séries Z du cinoche américain de genre d’une certaine époque.



 

Clins d’oeils et autres exagérations scénaristiques viennent agrémenter une histoire qui n’en demandait pas tant, déjà pleine jusqu’à la gueule de rebondissements pyrotechniques que le talent du brésilien Rafael Albuquerque, qui avait déjà bossé avec Snyder sur American Vampire, sert à merveille.

 

Pas le meilleur cru de son auteur -loin s’en faut- Duck and Cover est une lecture divertissante à défaut d’être très exigeante.




 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : LOVE, DEATH + ROBOTS SEASON 4



 

C'est de qui ? Divers




 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui



 

On peut écouter ?

 

 


 

Ca donne Quoi ? 4° saison pour la série d’animation d’anthologie qui ressemble parfois plus à un panel de tout ce qu’il est possible de faire aujourd’hui dans le domaine, sachant que l ‘I.A va probablement encore -malheureusement ? - repousser ces limites.

 

 

 

Comme évoqué pour la chronique de la B.O de la saison précédente, la qualité et les thématiques des -courts- épisodes sont inégales, allant du très bon au carrément anecdotique.

 

Par contre côté musique nous avons droit là encore à des thèmes très variés, avec de la comédie noire décalée de la satire sociétale, de la SF  en passant par le thriller futuriste tendu.

 

Un mash-up réjouissant qui va fort bien au délire de Snyder et Albuquerque.

 

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2 juin 2025 1 02 /06 /juin /2025 14:19


 

LA BD:





 

C'est quoi ? LA MARCHE BRUME. LES CHIMERES.



 

C'est de qui ? Stéphane Fert

 

 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Dargaud



 

Déjà croisé sur le site? Oui



 

Une planche: 

 



 

Ca donne Quoi ? Séparée de ses compagnes, et affublée de la tête tranchée de l’ex compagnon de sa mère adoptive, Tempérance part affronter la menace ultime tout en retrouvant par bribes, lors de visions fugaces, des éléments de son passé qui semble remonter à la catastrophe qui a plongé le monde dans la brume.



 

De leur côté les brouches tentent de survivre tant bien que mal face aux multiples dangers que représentent à la fois la brume omniprésente et les omnis traqueurs de mutants.



 

Il nous aura fallu patienter deux ans pour lire enfin la suite de la Marche Brume mais l’attente se justifie par le travail d’orfèvre du dessinateur qui peaufine son bestiaire, panache ses décors et soigne ses ambiances et son lore.



 

Coté scénario, cette sombre fable féministe a le mérite de renouveler le post-apocalptique, genre pourtant ultra rabaché depuis les succès d’oeuvres comme La Route de Mc Carthy, ou The Walking Dead en version comics puis TV en s’inspirant de l’Histoire et de ses débrodements passés comme récents (totalitarisme, catastrophe écologique, etc…)





 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : RÊVES SANGLANTS



 

C'est de qui ? T. Jones




 

La Couv':


 


 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui



 

On peut écouter ?

 

 

 


 

Ca donne Quoi ? D’un film d’horreur du début des années 80 on pouvait à juste titre redouter une avalanche de synthétiseurs et autres sons électroniques inécoutables aujourd’hui. Pourtant, Trevor Jones, dont c’est l’un des premiers score (mais qui vient de pondre l’excellent Excalibur de Boorman), écrit un thème où mélancolie et épique se côtoient pour le meilleur, joué essentiellement par les cordes et le piano.

 

 

 

Un piano très hermannien dans ses répétitions de notes saccadées en opposition à une flute beaucoup plus mélodique.

 

 

Pour les parties dédiées à l’action et à l’évocation du suspense et de l’épouvante, il utilise certes quelques effets bien datés mais qui restent purement au service d’une  partition complexe et l’alternance entre un mélo presque sirupeux et une tension appuyée donne un effet assez remarquable.

 

Une B.O rare et peu connue qui mérite d’être réécoutée tant les idées foisonnent et les diverses ambiances sont bien rendues.

 

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27 mai 2025 2 27 /05 /mai /2025 12:13


 

LA BD:





 

C'est quoi ? FRNCK 10. L’OBJET IMPOSSIBLE.



 

C'est de qui ? Bocquet & Cossu



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Dupuis



 

Déjà croisés sur le site? Oui



 

Une planche: 

 



 

Ca donne Quoi ? Nous retrouvons nos héros échappés du passé une décennie après la fin du tome précédent.

 

Leurs existences ont bien changées: qui est devenu cuistot renommé, qui star de télé, et que dire du monde de tous les jours?! En effet des douzaines de dinosaures ont également été transportés dans le présent et les humains ont du apprendre à vivre avec.

 

Pourtant Frnck n’est pas heureux: il n’arrive pas à se faire à l’idée qu’il a laissé Kenza dans la préhistoire et ne souhaite qu’une chose, retourner la chercher.

 

C’est le vol de son couteau suisse, un “objet impossible” qui va lui permettre de peut être exaucer ce souhait car une scientifique en a fait une machine à voyager dans le temps.

 

Car il faut savoir que le couteau en question a été donné à Frnck par Léonard avant son premier voyage vers la préhistoire, couteau que Léonard tenait de …Frnck lui même revenu de la préhistoire à un moment donné…



 

Vous êtes perdus? Bon je vous avoue que mon cadet et moi avons un peu de mal aussi avec le concept mais, comme je le dis souvent dans le cas de ces scénarios de voyages spatio-temporels, il faut forcément laisser à un moment donné sa “conception scientifique” du temps au placard si l’on veut essayer de comprendre les éventuels soucis de temporalité et de continuité que pourraient poser le principe même.

 

De Terminator à Retour vers le futur en passant par Lost (auquel ce nouveau volet fait penser, Frnck étant dans le cas de Jack qui voulait absolument retourner sur l’Ile) ou Dark, les fictions dont le voyage spatio-temporel est la base n’échappent quasiment jamais à ces soucis de crédibilité scénaristique.

 

Si Frnck, qui est à mon sens une réussite à la fois sur le fond comme la forme, n’échappe pas à cette réalité, ce dixième tome, début d’un nouveau cycle -le dernier ?- se révèle toujours aussi agréable à lire, à la fois de par son humour, ses personnages, son rythme et l’envie d’en savoir plus (et comme tous les tomes, on arrive trop vite à la fin!). Et puis surtout on se dit qu'il y a quasiment dix ans de ça Olivier Bocquet devait déjà savoir (ou tout du moins espérer) que chaque année ses lecteurs allaient kiffer les multiples rebondissements de son histoire!



 

 

 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : CHAIR DE POULE



 

C'est de qui ? D. Elfman




 

La Couv':


 


 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui



 

On peut écouter ?

 

 


 

Ca donne Quoi ? Un temps rattachée au nom de Tim Burton (qui coulait un peu de source d’ailleurs), l’adaptation des Chairs de Poule de R.L .Stine ne verra finalement pas le jour sous la houlette du réal le plus mal coiffé d’Hollywood mais son compositeur fétiche fera lui par contre partie du projet.

 

 

 

Pour l’occasion Elfman retrouve le style farfelu à mi chemin entre la fanfare de cirque et le dessin animé fantastique old school qui avaient fait son succès à l’époque des Pee Wee , Edward et autre Beetlejuice.

 

 

 

Dans une bonne humeur teintée de fantastique effrayant digne d’une attraction de parc, Elfman exploite son orchestre en y ajoutant pour le côté décalé du thérémine, un peu de xylophone et quelques solos d’instruments à vents dans l’esprit de l’Etrange Noel de Monsieur Jack.

 

 

 

Les thèmes se composent essentiellement de courtes suites de notes (cinq en général) répétées et déclinées pour un effet catchy confondant.

 

 

 

Si parfois peut être un peu trop jovial sur ce nouveau Frnck il lui apporte cela dit une note de folie supplémentaire assez surréaliste parfois !


 

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  • : Conseils d'écoutes musicales pour Bandes Dessinées
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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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