28 novembre 2025 5 28 /11 /novembre /2025 15:21




 

LA BD:

 


C'est quoi :PRINCESSE SAPHIR

 


C'est de qui? O. Tezuka


 

La Couv':


 



 

Déjà croisé sur le site? Oui



 

C’est édité chez qui? Delcourt



 

Une planche: 

 


 

Ca donne Quoi ? Au royaume de Silverland ce sont les garçons qui héritent de la couronne royale, alors, quand la reine donne naissance à Saphir, quelle n’est pas leur stupeur quand ils réalisent qu’un ange (car ce sont eux qui décident du sexe des nouveaux nés) lui a attribué à la fois un coeur de garçon et de fille!

La souveraine et son proche conseiller décident de  travestir Saphir  pour faire croire à un héritier mâle afin de garder le pouvoir entre de bonnes mains.

 

Mais c’est sans compter sur les manigances du Duc Duralmine et de son âme damnée qui veulent confondre la princesse afin que Plastic, le fils idiot du Duc, soit couronné roi.

 

La jeune Saphir aura fort à faire pour cacher sa dualité à ses sujets, éviter les pièges de ses ennemis et, last but not least, l’amour du Prince Franz pour sa personnalité féminine.

 


 

Princesse Saphir, qui date du début des années 50, est une des œuvres de “jeunesse” de Tezuka, où l’influence de Disney est encore omniprésente que ce soit dans le graphisme de certains protagonistes ou dans la réappropriation des contes traditionnels.

 

Ici on pense entre autres à Cendrillon, à la Belle au bois dormant ou encore Blanche Neige et Fantasia.

 

J’ai un peu plus tiqué sur le côté “chrétien” mais il faut plus le voir comme une curiosité qu’un quelconque prosélytisme (surtout au sein d’un récit qui emprunte à autant de sources)



 

Si quelques deus ex machina rendent l’intrigue un peu trop facile, le rythme et l’humour très présents (mention spéciale au soldat qui demande d’où vient le cavalier et à celui qui lui répond “de la planche précédente”) ainsi que le côté délicieusement suranné du manga, en font un classique intemporel qu’on prend plaisir à relire, surtout dans l’édition super soignée que Delcourt consacre à l’oeuvre du “Dieu du Manga”.




 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : IL RACONTO DEI RACCONTI




 

 

 

C'est de qui ?  A. Desplats




 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui




 

On peut écouter ?

 

 


 

Ca donne Quoi ? Sorte de conte à tiroir baroque et foutraque au casting enthousiaste mais à la narration décousue, Tale of Tales est un festin visuel qui permet à Alexandre Desplat une parenthèse bienvenue après quelques longs à l’international dont le blockbuster…Godzilla.

 

 

Malgré la durée du film (plus de 2 heures) Desplat est assez économe dans son écriture, choisissant de développer une paire de thèmes auxquels il apporte des variations intéressantes.

 

 A l’aspect à la fois onirique et ténébreux de sa partition, appuyé par l’utilisation notamment d’un idiophone, instrument à percussion en métal à cheval entre un mini piano et un xylophone, le compositeur apporte quelques touches bienvenues d’action et de fantastique.

 

Une œuvre originale et envoûtante, qui a apporté une touche décalée à ce premier recueil de Princesse Saphir.

 

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10 novembre 2025 1 10 /11 /novembre /2025 13:33





 

LA BD:

 


C'est quoi : LE CARNAVAL DES CADAVRES

 


C'est de qui Mignola



 

La Couv':


 



 

Déjà croisé sur le site? Oui.



 

C’est édité chez qui? Delcourt



 

Une planche: 

 


 

Ca donne Quoi ? Mike Mignola s'il avait annoncé une "retraite" de dessinateur tournait depuis un moment autour de tout un lore plus ou moins rattaché à Hellboy, via une géographie de légende qu'aurait involontairement déclenchée le démon cornu (évoquée dans un récit de Edward grey qui n'a pas été traduit en VF)

C'est après avoir lu un conte italien où un enfant joue aux quilles avec des ossements qu'il saute enfin le pas et en profite pour renouer avec ses héros littéraires mais aussi avec les récits courts de ses débuts comme dans L'Homme à la Tête de Vis par exemple (et, plus tard, dans certains recueils d'Hellboy).

 

Dans ce Carnaval des Cadavres il adopte donc le format du conte pour raconter des histoires fantastiques inspirées par les folklores d'Europe et d'Orient où l'on croise notamment des vampires, un loup garou, une femme pirate à moitié nue, une maison hantée, le roi des kobolds, des revenants et même le diable en personne.


Les amateurs de ses ambiances gothiques et de son style graphique à part, fait de jeux d'ombres, d'à plats de noirs et de personnages hors normes, ne bouderont pas leur plaisir tant Mignola se fait rare au dessin ces dernières années et tant il semble s'être fait plaisir ici.

 

L'incontournable Dave Stewart assure quant à lui à nouveau la colo et livre une fois encore un boulot remarquable (mention spéciale à la double page où un arbre semble relâcher des tentacules très lovecraftiennes).

 

Un recueil que tout fan de Hellboy se doit à mon sens de posséder.



 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : IL SUDARIO DELLA MUMIA

 

 

C'est de qui ?  D. Banks




 

La Couv':


 


 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui




 

On peut écouter ?

 

 

 

 

Ca donne Quoi ? Comme ils avaient pu le faire pour Dracula, ou Frankenstein, les studios de la Hammer usèrent le filon de la Momie jusqu’à la corde.

 

J’en veux pour preuve ce troisième film, fort loin du premier, qui surfe sans vergogne et sans beaucoup d’intérêt sur la vague de popularité déjà mourante de la franchise.

 

 

 

C’est à l’australien Don Banks qu’est confiée la mise en musique de cette suite ; les cadors de la Hammer, James Bernard en tête, étant assignés à des projets plus bankable.

 

 

 

Si Banks, jazzman de formation, s’intéresse déjà à l’époque à la musique sérielle ; pourtant, dans sa B.O pas grand chose de très original à se mettre sous la dent.

 

On est dans du score made in Hammer lambda, avec peu d’instruments, essentiellement des cordes et des cuivres, certes pas trop mal utilisés mais sans grande originalité.

 

 

 

Question peut être de rendement le compositeur accouche d’une partition efficace mais loin d’être inoubliable dont néanmoins l’atmosphère générale d’horreur parfois lyrique, et l’ étrange absence de motifs en rapport avec la Momie du titre, sont tout désignés pour aller avec notre comics du jour et son ambiance gothique.

 

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18 octobre 2025 6 18 /10 /octobre /2025 08:42




 

LA BD:

 


C'est quoi : DERYN DU

 


C'est de qui :  Sorel 



 

La Couv':


 



 

Déjà croisés sur le site? Oui.



 

C’est édité chez qui? Dupuis



 

Une planche: 

 


 

Ca donne Quoi ? Plusieurs morts aussi violentes qu’ inexpliquées surviennent dans un petit port gallois. Un jeune touriste rêveur et fan de littérature fantastique croise un soir non loin du lieu d’un crime une énigmatique enfant.

 

Bientôt la police locale et les habitants du bourg développent une véritable paranoïa et notre héros se retrouve au centre du maelstrom de violence alors que son lien avec la petite fille se développe.



 

Fruit de plus de deux décennies de réflexion, le nouveau Sorel s’inscrit graphiquement dans la lignée des grands opus de son auteur.

 

Désireux d’exprimer la peur via son médium de prédilection, l’artiste soigne en effet sa narration graphique jusqu’à la quasi perfection, proposant des cases et cadrages saisissants aussi bien dans leur composition que dans leur coloration (en couleur directe!), mais n’hésitant pas pour autant à s’affranchir du schéma de la planche traditionnelle pour proposer des pleines pages et des séquences horizontales sur deux pages.

 


 

Le seul bémol qui empêche peut être ce Deryn Du d’être un sans fautes c’est le fait que

 

Attention spoilers, passez la ligne en italique ci dessous si vous ne voulez pas que la conclusion vous soit gâchée:

 

Sorel laisse le lecteur sans explication claire sur la nature des meurtres, leur auteur ou le modus operandi.



 

Mais pour ceux que cela ne dérangera pas, ceux pour qui l'atmosphère l’emporte sur l’intrigue pourrait-on dire, pour les fans de l’auteur et les amateurs de bel ouvrage où la forme est pleinement au service du fond, cet album sera un vrai régal et on peut affirmer que Sorel a réussi dans son intention d'instiller la peur à son lecteur via son art!





 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : OPERAZION PAURA



 

C'est de qui ? C. Rustichelli




 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Une poignée de fois oui.



 

On peut écouter ?

 

 


 

Ca donne Quoi ? Alors je vais être honnête avec vous, c’est, indirectement, Guillaume Sorel lui même qui m’a “inspiré” cette B.O pour accompagner son nouvel album.

En effet, il cite -en postface de la BD avec quelques très belles pages de recherches et travaux- le giallo dont il est question ici comme une des influences/inspirations lointaines de de cet Oiseau Noir (traduction du titre gaélique).

 

Fait notable du score de ce film, nous étions à l’époque où la Cinecitta pondait des pellicules au kilomètre et n’avait pas toujours le loisir -ni surement le budget- pour faire écrire une partition originale.

Ainsi la plupart des pistes qui composent la galete sont issus de travaux précédents de leur auteur mais aussi de quelques-uns de ses pairs de l’époque pour d’autres séries B voire Z horrifico-gores.

 

Pourtant l’auditeur ne ressent pas à l’écoute un manque de cohérence ou d'unité très marqué et on peut tirer notre chapeau au responsable du patchwork musical qui a sur trouver (peut être par hasard!) des pistes allant bien ensemble et, surtout, évoquant à merveille l’épouvante

 

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3 septembre 2025 3 03 /09 /septembre /2025 08:36




 

LA BD:

 


C'est quoi : JEKYLL & HYDE. LE DOCTEUR ET L’ASSASSIN.

 


C'est de qui :  Cannavo & Roi


 

La Couv':


 



 

Déjà croisés sur le site? Oui à quelques reprises.



 

C’est édité chez qui?  Glénat.



 

Une planche: 


 


 

Ca donne Quoi ? Le docteur Jekyll, fasciné par son propre côté sombre, crée un philtre capable d’exacerber ses pires travers. Son “double” se nommera Mister Hyde et pourra laisser libre cours à ses penchants les plus inavouables. Mais voilà que lors de ses virées nocturnes, Hyde rencontre une femme obsédée par la violence et, dans le même temps, un mystérieux assassin qui éventre ses victimes, des prostituées londoniennes.



 

Tout comme Crepax en son temps, le duo Roi/Cannavo a choisi d‘adapter trois récits emblématiques de la littérature gothique. Nous avons chroniqué les deux précédents, Dracula et Frankenstein, que nous avions bien plus appréciés sur la forme -leur graphisme- que sur le fond -les adaptations toutes deux assez éloignées du matériau d’origine- l’une comme l’autre.



 

Ce Jekyll & Hyde partage peu ou prou les mêmes qualités, avec moins de défauts,  et, s’il prend tout autant de libertés avec le roman de Stevenson, se révèle néanmoins plus convaincant.

Il faut dire que les multiples adaptations que ce soit au cinéma, en série tv ou en BD s’étaient déjà bien éloignées de l’histoire originelle même si, en substance, le postulat de départ -la dualité- était respecté.



 

Cannavo s’y tient donc aussi, mais injecte un côté méta intéressant avec l’ajout d’un Jack L’éventreur contemporain de l’action du livre de Stevenson, et un personnage féminin fort. 



 

De son coté Roi excelle ici encore plus que sur les deux autres adaptations avec un noir et blanc uber expressif digne de ses illustres prédecesseurs, les maîtres du médium que furent Breccia, Toppi ou encore Battaglia avec des compositions d’une puissance évocatrice peu commune.





 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : LES CHRONIQUES FRANKENSTEIN



 

C'est de qui ? Harry Escott & Roger Goula




 

La Couv':

 



 

Déjà entendus chez B.O BD



 

On peut écouter ?

 


 

Ca donne Quoi ? L’horreur victorienne dont nous parlions ci dessus a la côte depuis…pfiouu deux siècles facile ! Du coup le filon est exploité plus ou moins continuellement depuis, se résumant  fort souvent hélas aux déclinaisons des figures emblématiques du genre.

 

The Frankenstein Chronicles, vous l’aurez compris, s’inspire au départ vaguement du roman éponyme de Mary Shelley pour glisser vers la série d’enquête fantastique d’époque.

 

 

 

Sa B.O, écrite à quatre mains par deux compositeurs ayant surtout œuvré dans le docu, la série TV et une paire de films indés, joue la carte de l’underscore avec piano lead aux notes éparses sur un fond musical sourd et menaçant.



 

Cette économie de moyens (aux deux sens du terme probablement) s’avère néanmoins payante sur un genre qui a plutôt l’habitude de la démesure grandiloquente. Ici la tension règne quasiment tout du long avec une paire de pistes plus mélancoliques et, tout de même quelques passages plus enlevés où un orgue spectral s’invite notamment à la fête.



 

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29 août 2025 5 29 /08 /août /2025 08:56




 

LA BD:

 


C'est quoi : LE SOUFFLE DU DIABLE

 


C'est de qui :  K. Broeders



 

La Couv':


 




 

Déjà croisé sur le site? Oui.

 

 

C'est édité chez qui? Anspach



 

Une planche: 

 



 

Ca donne Quoi ? La France rurale, fin du XVIII° siècle. alors qu’un brouillard aux relents nocifs semble s’abattre sur le pays, provoquant des réactions parfois extrêmes chez les habitants (processions illuminées, violences, superstitions …) Madeleine tente de faire prospérer son auberge où elle rudoie son demi-frère, un jeune amérindien ramené du Nouveau monde par leur défunt père.

 

En partant d’un fait divers authentique,  Ken Broeders, auteur belge complet trop rare en France à mon goût (nous l’avons croisé à peine 2 fois en 14 ans de B.O BD!) imagine un drame rural familial oppressant qui flirte avec le fantastique.

 



 

Suite à l’éruption d’un volcan islandais en 1783 un immense nuage toxique va parcourir l’Europe avec des répercussions catastrophiques sur le climat et la vie des populations.

Des chercheurs auraient même établi un rapport de causalité entre les conséquences de cette pollution -notamment des récoltes désastreuses- et les prémices de la fronde du peuple qui mènera à la Révolution Française.

 

Mariant le fond et la forme, Broeders dans son style graphique expressif aux couleurs bien choisies, fournit un bel écrin aux ambiances gothiques de son récit glauque.




 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : LE TRAIN DES EPOUVANTES



 

C'est de qui ? D. Gamley




 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui



 

On peut écouter ?

 

 

 




 

Ca donne Quoi ? Si les studios de la Hammer ont trusté le marché du film d’horreur durant deux décennies, leurs concurrents quasi directs de chez Amicus étaient également pas mal actifs sur le même créneau (si ce n’est que la plupart des films Hammer étaient à background « historico-gothiques » tandis que ceux de chez Amicus étaient plutôt contemporains).

 

 

 

Pour ce film à sketches où l’on retrouve les incontournables Peter Cushing et Christopher Lee (acteurs fétiches de la Hammer par ailleurs), la compositrice Elisabeth Luyden, première femme à écrire de la musique de film mais qui, de son propre aveu, faisait ça plus pour payer les factures que par choix, écrit une partition assez passe partout, où elle laisse de coté le sérialisme dont elle s’est faite spécialiste outre-manche.

 

 

 

Néanmoins on reconnaîtra à son score des qualités manifestes dans l’évocation de l’épouvante subreptice, de l’illustration thématique simple mais efficace.

 

A l’opposé d’un James Bernard, compositeur attitré de la Hammer, Luyden fait dans l’underscoring si nécessaire et, par la même, rend ses compositions plus variées que la moyenne.



 

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  • : Conseils d'écoutes musicales pour Bandes Dessinées
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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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