9 décembre 2020 3 09 /12 /décembre /2020 15:15
 

 

 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  MURENA. LEMURIA.

 

 

C'est de qui ? Dufaux & Théo

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Dargaud

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui, sur le précédent.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Noire période pour l’un des pires empereurs que Rome ait connu !

Après avoir sciemment fait mettre le feu à la cité, Néron se morfond dans son palais, languissant après Lucius Murena, son ami tombé en disgrâce.

 

Ce dernier est entre les griffes d’une redoutable femme, qui le garde sous sa coupe en le droguant à son insu, mais les augures affectionnent le héros maudit et, bientôt, ses pas le ramènent vers Rome alors qu’une cabale contre Néron se prépare.

 

Comme pour le précédent tome (il y a 3 ans déjà !), j’aime beaucoup le trait de Théo et le fait qu’il ait réussi à assurer la reprise de la série suite au décès de Delaby sans pour autant se départir de son style propre.

L’ensemble est peut-être un peu moins abouti graphiquement mais n’en reste pas moins très réussi, que ce soit dans l’expressivité des personnages ou la richesse des détails, nous sommes là clairement sur le haut du panier de la production franco-belge actuelle.

Dufaux, peu avare en récitatif, est une fois encore dans une bonne lancée avec ce onzième volet et réserve même une petite révélation en fin d’album qui attise la curiosité du lecteur.

 

Petit conseil : évitez de consulter les notes de fin de tome avant d’avoir terminé votre lecture, certaines sont clairement des « spoilers » (même si ce ne sera pas le cas pour les férus d’Histoire antique)

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :JULIUS CAESAR SYMPHONY

 

 

C'est de qui ? M. Rozsa

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Souvent.

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Chef d’œuvre incontournable, fidélité au texte d’origine et interprétation qui intime le respect, Marlon Brando en tête, Julius Caesar profite également d’une majestueuse bande sonore écrite par un Miklos Rozsa qui porte au pinacle la musique historico-épique.

 

Nous avions vu il y a pas mal d’années de cela que les compositions du hongrois étaient tout à fait adéquates pour accompagner Murena puisque la B.O de Ben Hur avait déjà été quasi parfaite. Ici on passe un cap tant la partition de Julius Caesar est riche et variée, que ce soit dans les envolées lyriques ou dans la romance soyeuse.

 

Bruce Broughton, autre grand compositeur pour le 7° Art, conduit ici une version remaniée du score de Rozsa, arrangé sous forme de symphonie qui permet d’apprécier à la fois le sens du spectacle de Rozsa via les pistes en fanfare de cuivres et de percussions, mais aussi sa science de la mélodie avec des thèmes plus apaisés et mélodieux.

 

Du grand art qui sera d’ailleurs pas mal pompé une poignée d’années plus tard par Dimitri Tiomkin pour Gunfight at OK Corral.

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab


 

 

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30 novembre 2020 1 30 /11 /novembre /2020 13:13
 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  LE SCORPION. TAMOSE L’EGYPTIEN.

 

 

C'est de qui ? Desberg & Critone

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Dargaud

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui, mais pas ensemble.

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Qui l’eût cru ? Voilà que notre aventurier à la généalogie compliquée (c’est un euphémisme), bourreau des cœurs et vendeur d’art à ses heures, se découvre l’âme d’un père et ne désire plus qu’à retrouver la vénéneuse Méjaï, génitrice de l’enfant en question.

 

C’est à Istanbul que l’emmène la piste de la gitane, qui, à la solde d’un bandit local, est devenue tueuse à gage. Le Scorpion est approché par une énigmatique jeune femme qui a besoin de sa science archéologique et est prête à l’aider en retour.

 

Les femmes sont définitivement le talon d’Achille Armando, et sa fille (oui, c’est une fille !) risque d’être son pire point faible !

 

Treizième tome déjà pour la série Le Scorpion, exit Enrico Marini, parti pour Gotham (entre autre !), remplacé au pied levé par Luigi Critone qui assure bien sa partie, avec des paysages aux couleurs directes très réussis et quelques beaux cadrages,  même si sur  certains plans larges les visages sont parfois un peu flous à mon goût. J’avoue  avoir préféré son trait sur Je, François Villon ou le récent Aldobrando  mais il est à envisager  que les conditions de travail ne sont pas les même sur une franchise telle que celle-ci et, surtout, que la suite confirmera que l’artiste italien a tout à fait la carrure pour poursuivre la série.

 

Moins emballé par le scénario, assez bavard par moments et  qui, s’il tranche avec les précédents coté ambiances et background,  fait un peu transition.

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :THE LONG MARCH

 

 

C'est de qui ? Le Trio Joubran

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Une fois oui.

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? Si le combo des trois frangins Nazaréens (oui comme …bon passons, c’est de saison remarquez) a opté pour un discours plus engagé sur ce sixième opus, on peut, tout en comprenant la démarche de prise de position envers les peuples oppressés quel qu’ils soient, appréciez leur musique simplement comme telle, langage universel remarquablement transcris dans le mariage des influences et  l’alliance des ouds, jamais redondante.

 

C’est cet aspect très illustratif et envoutant de leurs compositions qui frappe l’auditeur, qu’il soit ou non familier de la musique orientale, et qui m’a semblé pertinent pour ce nouveau départ du Scorpion sous le Tropique du Cancer apportant à l’album une atmosphère de mystère et de tension bienvenue.

 

Sur l’une des pistes Roger « j’ai arrêté Pink Floyd parce que j’avais le melon » Waters, lui aussi engagé politiquement (et c’est un euphémisme) vient pousser la chansonnette, c’est dire la reconnaissance que le trio Joubran commence à obtenir, à juste titre.

 

 

 

 

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26 octobre 2020 1 26 /10 /octobre /2020 10:03
 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  DON VEGA

 

 

C'est de qui ? P. Alary

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Dargaud

 

 

Déjà lu chez nous? Une bonne partie de sa production oui.

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Dans une Californie à l’aube de son existence, malmenée par la ruée vers l’or et l’avidité de quelques puissants, un jeune héritier spolié de son domaine par un cruel général en retraite, va rendre la justice à sa façon en se dissimulant derrière un masque, perpétuant la révolte des paysans locaux.

La légende de Zorro est née !

 

Comme probablement toute une frange du lectorat de B.O BD j’ai grandi avec les rediffusions de la série Disney du vengeur masqué, pleine d’allant et de bonne humeur, qui, comme pour pas mal d’autres figures de la culture populaire, a défini une vision de l’oeuvre.

 

Pierre Alary, seul aux commandes de ce généreux one-shot (qui n'en sera peut être pas un, à voir si le succès est au rendez-vous), donne sa version de la naissance de Zorro, replacée dans un contexte géopolitique bien exploité, dans une aventure menée tambour battant où les scènes marquantes s’enchaînent entre suspense et duels, avec quelques clins d’oeils de ci de là et, surtout, une identité graphique des plus originale.

 

 

De Belladone à Silas Corey, je suis amateur du style de l’artiste, néanmoins, comme récemment sur son très bon Conan, certains esprits chagrins pourront le trouver  un peu trop cartoony ou coloré, surtout vu la noirceur du ton qu’il a choisi de donner à son scénario, ce qui est indéniable cependant c’est la réussite d’Alary à s’approprier l’icône, sa science de la narration et du cadrage et, surtout,  la maîtrise de son trait, que ce soit dans les visages anguleux et expressifs de ses protagonistes ou la beauté des décors de la Californie du XIX°.

 

 

 

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :HELL OR HIGH WATER

 

 

C'est de qui ? Cave & Ellis

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Une poignée de fois oui.

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? Fidèles à une certaine ligne de conduite, les deux compères des Bad Seeds, poètes musicaux et légendes du milieu, composent pour ce western contemporain très sombre, une B.O aux thèmes épurés, où les cordes jouent dans des registres bas, avec des boucles répétées parfois jusqu’à l’hypnose.

 

Atmosphérique est le maître mot ici, on est clairement plus dans l’illustration musicale voire sonore que dans la mélodie à proprement parler, même si une poignée de pistes plus mélancoliques, où un violon et quelques chœurs éparses s’invitent, viennent contrebalancer l’ambiance générale.

 

Comme souvent dans les scores d’Ellis et Cave, les séquences d’action sont rares et ne prônent pas l’énergie comme on peut l’entendre ailleurs, et il est vrai que quelques morceaux un peu plus vigoureux auraient été bienvenus pour accompagner les nombreuses scènes animées de l’album d’Alary ; mais ce petit bémol mis à part le duo musique et BD fonctionne très bien.

 

 

 

 

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23 septembre 2020 3 23 /09 /septembre /2020 14:58
 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  STERN 4. TOUT N’EST QU’ILLUSION.

 

 

C'est de qui ? J & F Maffre

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Dargaud

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui, ensemble et séparément.

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Aller exercer ses fonctions de croquemort en plein territoire vaudou n’est probablement pas la meilleure idée qu’ait eu notre morose Elijah Stern. Pourtant quand son regard croise celui azuréen d’une jeune femme trainant dans le cimetière il tombe immédiatement sous son charme. Alors quand le père de cette dernière lui demande (enfin …impose serait peut-être plus juste !) de veiller sur sa fille et ses relations peu recommandables Stern va mettre le pied dans un monde aussi étrange que dangereux de faux médiums et vrais gangsters !

 

Si les deux westerns de la chronique suivante m’ont peu convaincus, c’est rien de le dire, (pire teaser de l'année j'avoue!) ce quatrième volet de Stern, avec son anti-héros qui inspire autant l’empathie que la pitié, son background et ses seconds rôles inhabituel (on pense ici évidement au Holly Ann de Toussaint et Servain), et son scénario qui oscille constamment entre humour noir et drame, le tout drôlement bien servi par ce style graphique anguleux et expressif, lui par contre confirme l’originalité et les qualités de la série des frères Maffre.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :VORACE

 

 

C'est de qui ? D. Albarn et M. Nyman

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui.

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Si Blur n’est apparu quasiment comme un produit de plus de la brit-pop des 90’s son leader, Damon ALbarn, a prouvé au fil des années qu’il n’était pas qu’un chanteur minet. Musicien touche à tout aux projets aussi variés que multiples il a fait des incursions dans le monde de la musique de film et de scène avec notamment la B.O de ce western atypique au possible qui, s’il n’a pas eu le succès mérité à sa sortie, a su au fil des années être reconnu à sa juste valeur.

 

Collaborant pour l’occasion avec Michael Nyman, que La Leçon de Piano a rendu célèbre à l’époque, Albarn ne cherche clairement pas à écrire une musique typique du genre, même si pas mal d’ingrédients font typiquement cow-boys (le banjo en tête).

Motifs répétés, dissonances, thèmes simples sans être simplistes et autres rythmiques hypnotiques déstabilisantes, les pistes se succèdent sans se ressembler dans une sorte de maelstrom conceptuel dont les maîtres mots sont inventivité et non-conformisme.

 

Si clairement difficile d’approche si l’on l’écoute seule, la musique de Nyman et Albarn révèle toute sa richesse et sa force évocative sur les images adéquates, et l’on peut affirmer sans peine que le 4° tome de Stern remplit ce rôle à la perfection.

 

 

 

 

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31 août 2020 1 31 /08 /août /2020 07:37
 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  LES NOUVELLES AVENTURES DE BARBE ROUGE

 

 

C'est de qui ? Kraehn & Carloni

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Dargaud

 

 

Déjà croisés sur le site?Oui pour le scénariste 

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Il y a plus de 30 ans de ça (si, si, et c’est en écrivant cette phrase que je me rends compte que je commence à être vieux !), je m’en souviens encore avec déchirement, je m’étais fait confisquer lors d’une perm’ au collège mon album souple de L’Ile de l’Homme Mort, cadeau de la station essence Elf à mon paternel une paire de décennies plus tôt.

 

Et depuis je n’avais pas ré-ouvert un album de Barbe Rouge (vous parlez d’un traumatisme !) jusqu’à cet été où je me suis replongé dans le premier volume de l’intégrale chez Dargaud (et son singulier choix de recoloristaion !) où je me suis régalé avec la première double aventure du pirate rouquin et de son fils adoptif.

 

Mais voici que cette rentrée 2020 nous amène une reprise pour le moins inattendue de la série, plus de 60 ans après sa naissance conjointe au journal Pilote.

 

Au scénario on retrouve Jean Charles Kraehn, habitué des séries à costumes qui imagine la carrière du pirate, dorénavant rangé des abordages sanglants, devenu corsaire au service du roi. Suite à une altercation avec la garde notre irascible barbu est envoyé gérer le cas d’un compatriote écumeur qui se fait appeler le spectre et fait régner la terreur dans les eaux des Antilles.

Ce que Barbe Rouge et ses compagnons prenaient pour une mission de routine va vite se transformer en cauchemars où les fantômes du passé resurgissent et les dangers s’accumulent.

 

Si le scénariste n’a peut-être pas la verve de l’illustre créateur de Barbe Rouge il s’en tire néanmoins avec les honneurs, proposant une aventure pleine de rythme et de rebondissements.

Pas de comparaison de style graphique par contre entre les époques puisque l’italien Stefano Carloni opte pour un trait  réaliste poussé en lieu et place de la ligne claire colorée d’Hubinon. Par contre même soucis du détail dans les navires, les décors et les affrontements.

 

De Nouvelles Aventures qui devraient plaire au public d’aujourd’hui, gâté coté pirates après le Raven de Lauffray (déjà chez Dargaud) et qui en profitera peut être pour se pencher sur les albums historiques de Barbe Rouge.

 

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :CAPTAIN HORATIO HORNBLOWER

 

 

C'est de qui ? R. Farnon

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Etrangement non.

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? De formation musicale militaire et jazz (trompettiste pour Gilepsie entre autre) Farnon s’est rapidement tourné vers la musique de film, principalement dans les registres de l’humour et de l’aventure avec un grand A.

 

Pour ce film de batailles navales napoléoniennes avec amourette contrariée en filigrane, il met en œuvre tout son savoir-faire de compositeur et arrangeur dans une poignée de thèmes qui mettent notamment en avant toute une panoplie de cuivres.

 

Le canadien s’en donne à cœur joie avec des motifs en canon, des transpositions de phrases, le tout aussi enjoué qu’héroïque. Les mélomanes amateurs décèleront dans cette partition l’influence que Farnon aura sur ses pairs dans les décennies à venir, de John Williams à Goldsmith.

 

Un score old school amusant sur cette reprise d’une série historique grand spectacle.

 

 

 

 

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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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