5 septembre 2025 5 05 /09 /septembre /2025 12:43




 

LA BD:

 


C'est quoi : LES JUSTES. CARL LUTZ

 


C'est de qui :  Le Naour & Goepfert



 

La Couv':


 




 

Déjà croisés sur le site? Oui pour le scénariste.



 

C’est édité chez qui?  Grand angle



 

Une planche: 

 


 

Ca donne Quoi ? Si, grâce à Spielberg, tout le monde ou presque connaît Oskar Schindler, le nom de Carl Lutz, 

Vice consul helvète en poste en Hongrie pendant la Seconde Guerre Mondiale, Lutz mènera une action tout aussi admirable que Schindler, permettant à des dizaines de milliers de juifs d’échapper aux camps de la mort, leur procurant des papiers, les cachant aux nazis et aux collabos hongrois, n’hésitant pas à tenir tête à Eichmann en personne.



 

Et pourtant, donc, le nom de Lutz est un des grands oubliés de l’Histoire, heureusement remis -un peu- dans la lumière aujourd’hui dans le premier volet du diptyque Les Justes (le second est consacré à Schindler), par Jean Yves Le Naour, spécialiste de l’Histoire, et tout particulièrement de celle du XX° siècle, et Brice Goepfert dans un style réaliste certes un peu académique mais qui sert bien son propos.



 

Un devoir de mémoire qui, comme nous le disons souvent, est toujours aussi important à la l’aulne des évènements actuels.




 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : LE CERCLE ROUGE



 

C'est de qui ? E. Demarsan




 

La Couv':

 



 

Déjà entendus chez B.O BD? Oui



 

On peut écouter ?

 

 

 


 

Ca donne Quoi ? Demarsan a appris le métier de compositeur pour le cinéma avec des gens aussi illustres que Michel Magne et François de Roubaix.

Ce bagage et son expérience d’arrangeur et directeur musical le feront apprécier de nombre de grands réalisateurs hexagonaux qui lui confieront durant près de quatre décennies la mise en musique de leurs longs métrages. 

 

En 1969, son premier long sera  l’Armée des Ombres du grand Melville, qui , emballé par la touche de Demarsan, remettra ça sur le Cercle Rouge en lui demandant une musique très jazzy (genre que le réalisateur affectionne). 



 

Demarsan s’entoure d’un quintet de jazz pour la peine, ainsi que d’une section cordes pour les passages plus traditionnels où le suspense le réclame. 

Si sur le papier ce score pourrait sembler décalé avec la BD du jour, il n’en apporte pas moins un contrepoint intéressant. 


 

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29 août 2025 5 29 /08 /août /2025 08:56




 

LA BD:

 


C'est quoi : LE SOUFFLE DU DIABLE

 


C'est de qui :  K. Broeders



 

La Couv':


 




 

Déjà croisé sur le site? Oui.

 

 

C'est édité chez qui? Anspach



 

Une planche: 

 



 

Ca donne Quoi ? La France rurale, fin du XVIII° siècle. alors qu’un brouillard aux relents nocifs semble s’abattre sur le pays, provoquant des réactions parfois extrêmes chez les habitants (processions illuminées, violences, superstitions …) Madeleine tente de faire prospérer son auberge où elle rudoie son demi-frère, un jeune amérindien ramené du Nouveau monde par leur défunt père.

 

En partant d’un fait divers authentique,  Ken Broeders, auteur belge complet trop rare en France à mon goût (nous l’avons croisé à peine 2 fois en 14 ans de B.O BD!) imagine un drame rural familial oppressant qui flirte avec le fantastique.

 



 

Suite à l’éruption d’un volcan islandais en 1783 un immense nuage toxique va parcourir l’Europe avec des répercussions catastrophiques sur le climat et la vie des populations.

Des chercheurs auraient même établi un rapport de causalité entre les conséquences de cette pollution -notamment des récoltes désastreuses- et les prémices de la fronde du peuple qui mènera à la Révolution Française.

 

Mariant le fond et la forme, Broeders dans son style graphique expressif aux couleurs bien choisies, fournit un bel écrin aux ambiances gothiques de son récit glauque.




 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : LE TRAIN DES EPOUVANTES



 

C'est de qui ? D. Gamley




 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui



 

On peut écouter ?

 

 

 




 

Ca donne Quoi ? Si les studios de la Hammer ont trusté le marché du film d’horreur durant deux décennies, leurs concurrents quasi directs de chez Amicus étaient également pas mal actifs sur le même créneau (si ce n’est que la plupart des films Hammer étaient à background « historico-gothiques » tandis que ceux de chez Amicus étaient plutôt contemporains).

 

 

 

Pour ce film à sketches où l’on retrouve les incontournables Peter Cushing et Christopher Lee (acteurs fétiches de la Hammer par ailleurs), la compositrice Elisabeth Luyden, première femme à écrire de la musique de film mais qui, de son propre aveu, faisait ça plus pour payer les factures que par choix, écrit une partition assez passe partout, où elle laisse de coté le sérialisme dont elle s’est faite spécialiste outre-manche.

 

 

 

Néanmoins on reconnaîtra à son score des qualités manifestes dans l’évocation de l’épouvante subreptice, de l’illustration thématique simple mais efficace.

 

A l’opposé d’un James Bernard, compositeur attitré de la Hammer, Luyden fait dans l’underscoring si nécessaire et, par la même, rend ses compositions plus variées que la moyenne.



 

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5 août 2025 2 05 /08 /août /2025 11:29

 

 

LA BD:


C'est quoi : CHEVALIER BLANC

 


C'est de qui : Fred & Liliane Funcken


 

La Couv':


 



 

Déjà croisés sur le site? Non


 

Une planche: 

 


 

Ca donne Quoi ? Est ce que plus on avance en âge plus on devient nostalgique? Je ne l’affirmerai pas mais mes lectures de ces dernières années auraient tendance à me faire pencher pour l’affirmative.

 

Depuis près d’une décennie Prince Valiant (que nous avons encore croisé ici il y a peu), est l’une de mes séries favorites tous genres et périodes confondus, et au fil du temps je me suis intéressé à d’autres séries, plus ou moins connues, dont le point commun est le sujet: la chevalerie (thème que j’affectionne depuis mon plus jeune âge comme, je suppose, des générations de garçons).


 

Ce petit laïus d’intro pour évoquer ma nouvelle découverte d’une vieille BD franco-belge médiévale que l’on doit à un couple fameux dans le médium.

 

Liliane et Fred Funcken ont en effet été des aventures des journaux Spirou puis Tintin avant de produire des séries phares de la BD des années 50/60 et de marquer le 9° art de leurs 4 mains.


 

 

Dans Chevalier Blanc ils font vivre à Jhean de Dardemont, un jeune fils de noble idéaliste, de palpitantes aventures face à des méchnats retors que notre jeune héros et ses deux accolytes parviennent toujours à défaire.

 

Il faut dire que, tel Zorro ou Batman, le héros a un alter-égo héroique en la personne du Chevalier Blanc, figure légendaire redresseuse de torts qui était auparavant incarné par le propre pède de Jehan et dont ce dernier a repris la mission.


 

Si, à l’aune des publications d’aujourd’hui, les scénarios des premiers Chevalier Blanc ne brillent pas par une folle originalité et sont empreints d’un manichéisme assez marqué, il faut évidement les replacer dans leur contexte historique afin de les apprécier à leur juste valeur.


 

Le premier tome est paru en 1956 (sur un scénario écrit par Macherot qui “échangera” la série avec Fred Funcken pour se lancer avec le succès que l’on connaît dans les aventures de Chlorophylle) et les 5 suivants, scénarisés, lettrés encrés et colorisés par Liliane et dessinés par Fred, sortiront de façon continue jusqu’en 1965, année à laquelle le couple abandonne la série.

Ils y reviendront entre 79 et 94 mais sur des scénarios de Convard mais je n’ai pas lu les  tomes en question.

 


 

En effet j’ai longtemps hésité à mettre 150 balles dans l’intégrale en 12 tomes proposée par BD Must, et j’ai plutôt bien fait car j’ai eu l’opportunité de trouver d’occasion (chose que je ne fais quasiment jamais) une intégrale Rombaldi des  premiers  tomes en volume unique dans un état quasi neuf malgré son âge (l’album est sorti il y a tout de même…39 ans!) et ce pour un prix plus que honnête.

 

J’ai également bien fait car, si il y a un effet rétro bienvenu à la lecture de Chevalier Blanc, on est loin de la maestria du Foster de Prince Valiant, voire même de la teneur de Chevalier Ardent. 

 

Entre des histoires lambda, des fins d’albums précipitées et une partie graphique certes soignée mais un peu simpliste, mon intérêt a décru au fil des tomes et je ne suis pas sur que j’y reviendrais un jour. 

 

LA MUSIQUE:




 

C'est quoi : IVANHOE


 

C'est de qui ? Rozsa



 

La Couv':

 


 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui


 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Ivanohe, est un des fleurons de la discographie de Miklos Rozsa qui compte pourtant quelques-unes de plus belles B.O du 7° Art de son époque (et pas que).

 

 

 

Puisant son inspiration dans la musique médiévale et des mélodies juives pour la majeure partie, thème excepté, et employant ses habituels rythmiques très percussives pour les passages d'action, le compositeur d'origine hongroise met de côté ses habitudes emprunts au folklore européen et utilise quasi exclusivement des instruments classiques avec l'ajout d'une guitare soliste qui amène à la fois une touche surannée et une couleur exotique.

 

 

 

Un score clairement old school dont le coté suranné a parfaitement collé avec celui de Chevalier Blanc.

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23 juillet 2025 3 23 /07 /juillet /2025 08:49

 

LA BD:

 


C'est quoi : PRINCE VALIANT. VOL. 25. 1985-1986

 


C'est de qui : Hal Foster



 

La Couv':


 




 

Déjà croisés sur le site? Oui.



 

Une planche: 

 



 

Ca donne Quoi ? Mon dieu que le temps passe! La dernière fois que j’ai chroniqué un recueil de Prince Valiant c’était le volume 19 des rééditions luxe de chez Fantagraphics, et c’était il tout juste… 6 ans!

 

Le tome en question couvrait les années 1973-74 et était important à plus d’un titre puisqu’il marquait le passage de flambeau du grand Hal Foster, créateur du titre en 1937, au repreneur sélectionné par ses soins: John Cullen Murphy.

 

Si Foster a continué quelques années à écrire les scripts des pages de Prince Valiant, c’est le fils de Murphy, Cullen, qui assurera les scénarios dès 1979.



 

Nous voici donc sur le tome 26 pour les années 1987-1988. Prince Valiant fête son demi-siècle d’existence.

 

Bon, je vous avoue que je lis la série avec moins d’enthousiasme que sur les débuts, et que j’ai même 2 tomes de retard par rapport aux sorties chez l’éditeur U.S (en même temps à 36 balles le volume) dû à l'intérêt fluctuant des histoires mais là le fil Cullen met le paquet: mariage de Arn -le fils de Valiant- voyages aux confins de l’Asie avec apparition du Yeti en guest star et même une touche de girl power via la nouvelle belle fille de Valiant.



 

Côté dessin comme je l’avais déjà dit à l’époque Murphy n’a pas le toucher de son illustre prédécesseur et pêche notamment sur les personnages dans les scènes d’ensemble mais a su capter l’essence de la série.



 

Bon vu que je n’ai pas grand chose à me mettre sous la dent en cette période de disette de sorties, peut être que je vais céder et acquérir les 2 volumes qui me manquent (mais ça implique de les commander via le site de Jeff Bezos et, là aussi, ça me pose un -petit- problème éthique).




 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : HAMLET



 

C'est de qui ? Doyle




 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui



 

On peut écouter ?

 




 

Ca donne Quoi ? Branagh est un peu le Laurence Olivier de notre époque, après avoir percé sur grand écran avec une adaptation grandiose de Henry V le réalisateur et acteur britannique s’est fait une spécialité des adaptations du Barde que ce soit au cinéma ou sur les planches.

 

Son Hamlet, transposé au XIX° siècle est la seule version respectant à la lettre le texte d’origine ce qui, à mon sens, a dû pas mal desservir le film qui, de par sa durée de presque 4 heures, a dû décourager plus d’un spectateur potentiel.

 

Ce sera d’ailleurs un échec assez retentissant au box-office et ce malgré un casting prestigieux et une fidélité n’ayant d’égale que la classe de la mise en scène.

 

 

 

Pour la musique c’est le fidèle Patrick Doyle (plus d’une douzaine de collaborations avec Branagh) qui s’y colle.

 

Son score s’articule autour de trois thèmes dédiés à autant de personnages avec des identités musicales fortes et distinctes. Qu’il écrive pour un quartet de cordes ou un ensemble plus conséquent Doyle applique la même méticulosité dans ses mélodies qu’elles soient discrètes et mélancoliques ou imposantes et majestueuses.

 

 

 

Il ne fallait pas moins que ce panel d’ambiances haut de gammes (qui vaudront à Doyle la nomination aux Oscars cette année-là) pour les 50 ans de Prince Valiant.


 

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10 juillet 2025 4 10 /07 /juillet /2025 12:30

 

LA BD:





 

C'est quoi ? L’ESCADRON DE CATHERINE DE MÉDICIS. TRAHIR LES MORTS.




 

C'est de qui ? Textoris



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Dargaud




 

Déjà croisée sur le site? Oui



 

Une planche: 

 



 

Ca donne Quoi ? Gabrielle, toujours prise dans les intrigues de cour, a de plus en plus de mal à se faire à ce mode de vie, surtout au sein  d’une situation explosive alors que les Guerres de religions ne semblent pas vouloir s'apaiser, bien au contraire, elles vont même culminer avec la nuit de la Saint Barthélémy.



 

Et si l’amour et l’amitié l’aident à tenir, son sentiment de culpabilité envers son amie Justine la tenaille. 



 

Dans ce second volet, Manon Textoris met plus l’accent sur son contexte historique, il faut dire qu’il s’y prête à merveille, mais n’en n’oublie pas pour autant la destinée de son héroïne.



 

Sur le fond comme sur la forme son Escadron est une réussite car fidélité au matériau d’origine et souci de la reconstitution historique marchent main dans la main coté scénario comme dessin (on sent l'expérience de l'animation de Mano Textoris sur ce plan d'ailleurs).

 

On l'a souvent dit dans ces pages - et notamment sur notre chronique du tome précédent!- les meilleures fictions historiques sont celles qui savent mettre l'Histoire avec un grand H au service de la petite (et vice versa) et on peut affirmer que l'autrice de ce beau diptyque y est fort bien parvenu.



 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi ? LA PASSION BEATRICE



 

C'est de qui ? R. Carter




 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui



 

On peut écouter ?

 

 


 

Ca donne Quoi ? Bertrand Tavernier, grand amateur de jazz, se frotte pour la première fois au film historique avec La Passion Béatrice, qu’il va même décider de tourner en décors natruels afin d’accentuer un réalisme qu’il veut poussé voire cru.

 

 

 

Autre excellente idée du réalisateur, faire appel au jazzman Ron Carter pour écrire la musique du film. Contrebassiste de génie, ayant collaboré avec ce que le genre compte littéralement de plus notable, de Miles Davis à Chet Baker en passant par Jobim ou Wes Montgomery, le musicien écrit une musique contemporaine pensée pour l’instrumentation médiévale pour un résultat aussi étonnant que convaincant.

 

Dans une approche qui fait fi des barrières du temps, il applique le principe d’improvisation du jazz à la musique médiévale, qui n’en n’était pas dépourvue, bien au contraire.

 

 

 

La partition est notamment interprétée par Tre Fontane, ensemble de musiciens jouant exclusivement sur des instruments d’époque (Luth, Vielle à roue, percussions diverses…) à la manière des troubadours du Périgord.

 

 

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