4 décembre 2023 1 04 /12 /décembre /2023 13:30

 

C'est quoi?  LES ENQUÊTES DE NICOLAS LE FLOCH. L’ENIGME DU CODE NOIR.

 

 

 C’est de qui? Laurent JOFFRIN

 

Le Pitch en deux phrases: Alors que la situation politique de la France en cette année 1791, est plus qu’ explosive, le peuple ayant ramené de force dans Paris le roi Louis XVI et son épouse Marie Antoinette afin d’éviter qu’ils ne leur fausse compagnie, Nicolas Le Floch se retrouve à aider son ancien collègue policier pour résoudre une sordide affaire.

 

Un double meurtre d’aristocrates, mutilé à la manière des esclaves des colonies, va lancer  notre duo sur une enquête tendue où faux semblants et non moins faux révolutionnaires vont leur donner du fil à retordre avec en fond la question des droits des gens de couleur dans la mouvance de la Déclaration des Droits. 

  

 

Ce que j'en pense:  Comme peut être certains d’entre vous ce n’est ni via les romans de Jean François Parot ni via la série TV qui en a été tirée (à laquelle on doit certes reconnaître un effort dans la reconstitution historique mais où le casting joue assez moyennement à mon goût) que j’ai découvert le personnage de Nicolas Le Floch mais par ses adaptations en BD.



 

Parot étant décédé il y à quelques années, c'est le journaliste Laurent Joffrin qui a repris le flambeau de la série en romans.

Cette Enigme du Code Noir est son second effort et il faut reconnaître que la lecture en est plutôt agréable.

 

On sent que l’auteur a potassé son sujet, et le background historique est bien exploité. Si l’intrigue amoureuse et une scène un peu trop rocambolesque à la fin m’ont moins plu, elles ne suffisent pas à gâcher le plaisir que l’on a à suivre cette enquête sans temps mort (voire même un brin expéditive avec ses 260 pages).


 

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bobd - dans Livre Joffrin Historique
14 novembre 2023 2 14 /11 /novembre /2023 15:22

 

 

LA BD:





 

C'est quoi ? HIVER À L'OPÉRA



 

C'est de qui ? Pelaez & Chabert



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui ? Grand Angle

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui.



 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Exclu des forces de l’ordre suite à sa vengeance personnelle, Amaury Broyan est témoin d’une macabre mise en scène à l’opéra Garnier.


 

Prenant en chasse le meurtrier présumé il va bientôt découvrir une sombre histoire de famille sur fond de pratiques occultes tout en poursuivant son nouveau “hobby”: le nationalisme extrême!



 

Après la condition féminine, Phillippe Pelaez aborde dans cette nouvelle enquête de son héros torturé la montée des extrêmes dans la France de la fin du XIX° siècle et un engouement dans certains milieux sociaux-culturels pour le spiritisme et autres pratiques ésotériques de l’époque en question.



 

Les deux thèmes, et les deux fils narratifs qui les portent, sont plutôt bien traités et, sans jamais s'emmêler (c’est le cas de le dire!) finissent par se dérouler chacun de façon  satisfaisante même si un brin expéditive pour la partie politique, limites d’un one-shot obligent.



 

La partie graphique est toujours aussi originale et agréable, avec ce style qui emprunte à la fois à l’art pictural de l’époque mais aussi à une école franco-belge qui va de France Renonce à Tardi, que certains trouveront un brin surannée mais qui sert bien son propos ici.



 

Certaines compositions de planches, si ambitieuses, gênent parfois la lecture et auraient peut être gagné à être  agencées différemment, mais l’ensemble reste de belle facture.







 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi :BABYLON BERLIN SEASON 3



 

C'est de qui ? Klimek et Tykwer



 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui



 

On peut écouter ?

 

 


 

 

Ca donne Quoi ? On retrouve avec autant de plaisir les personnages et l’ambiance de la série historico-policière la plus chère de l’histoire de la télé allemande, adaptée des romans de Kutscher.



 

Les deux compositeurs déjà présents sur les scores des premières saisons sont à nouveau de la partie  et continuent, à 4 mains, d’explorer les différentes possibilités  de la musique d’époque, avec toujours par exemple ce déstabilisant  piano désaccordé le tout porté par des arrangements volontairement actuels.

 

 

Le succès de la série fait que la partition de Klimek et Tykwer ont droit à un orchestre consistant pour interpréter leur partition qui oscille toujours entre des ambiances chargées musicalement et des pistes plus underscoring, dédiées aux atmosphères tendues des scènes.

 



 

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13 novembre 2023 1 13 /11 /novembre /2023 10:35

 

 

LA BD:





 

C'est quoi ? MIROIR DE NOS PEINES



 

C'est de qui ? De Metter



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui ? Rue de Sèvres

 

 

Déjà croisé sur le site? Oui.



 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ?Je me demandais il y a presque 3 ans de ça, lors de la sortie de Couleurs de l’incendie version De Metter si ce dernier adapterait également la 3° partie des Enfants du Désastre, trilogie comprenant le multi-récompensé Au Revoir Là Haut et sa suite - historique à défaut d’être vraiment narrative- Couleurs de l'Incendie.

 

C’est chose faite ce mois-ci avec ce Miroir de nos peines où l’on suit, là encore, plusieurs destins croisés alors que l’Europe est sur le point de sombrer dans la Seconde Guerre mondiale.

 

Celui de Louise, transfuge du premier volet qui est devenue adulte et institutrice et dont la vie va être chamboulée quand un docteur lui propose une énorme somme d’argent pour la voir nue et se suicide dans la foulée, lançant notre infortunée héroïne dans le plus simple appareil dans la rue  et dans le pétrin qui va la pousser sur les routes, en compagnie d’un ami patron de café, à la recherche de ses origines.

 

Celui de deux soldats, Gabriel un idéaliste qui va comprendre à ses frais que la période n’est pas tendre pour les braves gars, et Raoul un escroc à la petite semaine qui ne peut s’empêcher de tirer profit de toutes les situations.

 

Celui également de Désiré, bonimenteur et arnaqueur qui n'hésite pas à endosser différentes identités selon le besoin et faire croire plus ou moins ce qu’il veut à son entourage.

 

Dans le chaos de l’invasion allemande, de la débâcle de l’armée française et de l’Exode qui s’ensuit, tout ce petit monde va se croiser, se percuter, se fuir…



 

Je dois avouer que j’ai été moins convaincu par cette troisième adaptation que par les précédentes. Si graphiquement De Metter apporte toujours, via sa peinture expressive réaliste, un supplément d’âme non négligeable à la prose de Lemaître, je pense que le choix de ne faire qu’un one-shot, même de plus de 180 pages, oblige l’artiste à opérer certaines coupes qui n’aident pas toujours à s’attacher à certains protagonistes qui, pour le coup, se retrouvent peut être plus antipathiques que leur version dans le roman.



 

Néanmoins si cette version en BD donne envie à certains de lire le roman original ce sera déjà une très bonne chose. 









 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi :CONVERSATION SECRETE



 

C'est de qui ? D. Shire



 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui



 

On peut écouter ?

 


 

Ca donne Quoi ?  Capable d’alterner projets pharaoniques et films plus intimistes, le grand Francis Ford Coppola collabore pour la première fois avec le compositeur David Shire - son  beau-frère à l’époque- sur ce Conversation Secrète .



 

Cela étant,  devant les exigences du réalisateur, le compositeur a dû rapidement déchanter et on ne peut que lui tirer notre chapeau de livrer une partition aussi aboutie que loin de ce qu’il proposait alors.

 

En effet la B.O de The Conversation est d’un dénuement  assez appuyée, quasiment jouée au piano solo tout du long, avec des motifs à peu de notes, le tout pour ne pas parasiter un film qui fonctionne beaucoup sur le son.

 

 

Une poignée de pistes se détache néanmoins du lot, celles axées sur le suspense où Shire malmène son instrument en jouant sur l’intensité du jeu, sur les assonances et autres notes tendues que n’aurait as reniées un Penderecki.

 

 

Les deux hommes ne retravaillerons ensemble qu’une seule fois, pour le score d’Apocalypse Now que Coppola décidera au final de ne pas utiliser.

 

Celui de The Conversation apporte une touche légèrement décalée à cette conclusion de cycle.







 

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21 octobre 2023 6 21 /10 /octobre /2023 09:45

 

LA BD:




 

C'est quoi ? LES AIGLES DE ROME 6. 


 

C'est de qui ? Marini.


 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui ? Dargaud

 

 

Déjà croisé sur le site? Je pense que nous avons dû couvrir toute sa production.


 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? S’il avait fallu attendre 3 ans entre les tomes 4 et 5, se sont quasiment 7 années qui se sont écoulées entre la sortie du tome précédent et celui- ci. 

Autant dire qu’à moins que vous n’ayez une mémoire remarquable, une relecture d'au moins deux épisodes ne sera pas du luxe.


 

On retrouve nos frères ennemis, le romain est devenu gladiateur par dépit mais va voir son espoir renaître en apprenant qu’il a de nouveau une chance de retrouver sa progéniture, et le barbare envisage de lever une armée afin de marcher sur la Ville Eternelle.

 

Dans cette dernière, alors qu’Auguste est passé de vie à trépas en laissant les rênes à Tibère, un complot se trame déjà pour renverser le nouvel imperator.

Et, bien entendu, au milieu de toute cette agitation, une poignée de femmes fatales nage parmi les requins, essayant de tirer son épingle du jeu.

 

 

Avec ce 6° volet Les Aigles de Rome continue son bonhomme de chemin, confirmant qu’il est un peu le chaînon manquant entre Muréna de Dufaux-Delabie-Théo et le Messalina de Mitton: une série documentée où le grand spectacle et les scènes hot viennent rappeler au lecteur que c’est une lecture récréative avant tout.


 

Continuant sur la lancée de son polar récent et même de son Batman, Enrico Marini a adopté un trait plus lâché, soignant plus ses ambiances que les détails, travaillant les couleurs avec un rendu plus artistique.

 

Les fans de la première heure en seront probablement un peu déçus, les esthètes et autres amateurs de bande dessinée alliant fond et forme feront moins la fine bouche (et il faut reconnaître que l’auteur, comme l’un de ses compatriotes célèbres, n’a pas son pareil pour croquer les personnages féminins, surtout quand ils sont peu vêtus).


 

Reste à espérer que les deux (derniers?) tomes à venir ne se fassent pas attendre aussi longtemps.






 

LA MUSIQUE:




 

C'est quoi :IL FLAGELLO DI DIO


 

C'est de qui ? E. Masetti


 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Pas sur.


 

On peut écouter ?

 

 

 

 

Ca donne Quoi ? Dans ce Péplum où Anthony Quinn donne la réplique à Sophia Loren, on parle aussi de Huns combattant les soldats de Rome et de la débâcle de ces derniers. 

 

Par contre, niveau réalisme on repassera, mais peu importe, l’essentiel étant que la musique de Masetti évoque grandes batailles, trahisons, pillages et autres tragédies. 


 

Choses qu’elle fait plutôt bien, pourtant le compositeur italien n’est pas coutumier du genre (il se rattrapera plus tard en mettant entre autres en musique deux Hercules pas piqué des vers) mais il applique des règles déjà bien rodées sur les films de bonhommes en jupettes que la Cinecitta produit à la chaîne. 


 

Résultat une musique enlevée et guerrière, old school juste ce qu'il faut, teintée d’un léger exotisme bon ton qui ne gâte rien, bien au contraire. Du classique efficace à défaut d’être transcendant ce en quoi il rejoint un peu notre album BD du jour.



 

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19 octobre 2023 4 19 /10 /octobre /2023 09:37

 

 

LA BD:





 

C'est quoi ? LES PILIERS DE LA TERRE



 

C'est de qui ? Alcante et Dupré



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui ? Glénat

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui.



 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Dans l’Angleterre du XII° siècle se croisent les destins des petites gens et des puissants, tous emportés par les aléas du destin.

Intrigues de successions au sein de l’église comme dans les couloirs des châteaux royaux, espoir de survie et luttes quotidiennes pour la famille de ce bâtisseur de cathédrales  qui, après avoir vu son épouse mourir en couches et avoir du abandonner son nouveau né va retrouver l’amour auprès d’une veuve qui élève seule son fils et cherche à venger la mort de son ancien compagnon.



 

Nous évoquions plus tôt dans le mois l’ambition de Milo Manara de s’attaquer au Nome de la Rose, chef d’œuvre mais néanmoins pavé littéraire de son compatriote Umberto Eco, et des difficultés de rendre un roman en -beaucoup- moins de pages de BD.



 

Chez nous les auteurs sont encore plus courageux (voire téméraires!) puisque Alcante et Dupré se frottent aujourd’hui à la saga des best seller Les Piliers de la Terre du romancier Ken Follett.

La “franchise” serait plus juste tant les  6 romans ayant la ville fictive de Kingsbridge en toile de fond ont déjà connu de déclinaisons et non des moindres. 

Le 9° art en était étrangement absent, la série qui paraît chez Glénat vient combler ce manque.

 


 

Les spécialistes du texte de base noterons les inévitables ellipses et coupes que le scénariste a dû opérer mais, en l'état, l’esprit de l’oeuvre est fort bien rendu et la double narration (l’histoire de la famille de bâtisseurs et celle des manigances de religieux) est agréablement présentée.



 

Côté graphismes, Steven Dupré livre un travail d’orfèvre avec des décors détaillés et une ambiance générale qui m’a pas mal fait penser à elle des séries historiques (à plus d’un titre!) d’Hermann.

On sent que la documentation (fournie entre autres par son scénariste) a dû être aussi copieuse que bien exploitée.

 

Le seul reproche que je pourrais adresser à la partie graphique est la présence de très nombreux “fonds vides” sur certaines cases, simplement rempli de couleur, qui, en comparaison avec les arrières plans hyper travaillés de cases voisines, choquent quelque peu.

 

Mais rien qui ne vienne gêner la lecture de ce premier volet (sur 6 qui devraient couvrir les 2 premiers tomes de la saga) des Piliers de la Terre.









 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi :LA REINE VIERGE



 

C'est de qui ? Phips



 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Pas sur



 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Après une poignée de scores pour le petit écran (dont un remake de Nord et Sud plutôt convaincant) c’est avec cette énième évocation du règne d’Elisabeth 1ère que Phipps fait son entrée dans la cour des grands (enfin, façon de parler, des grands du « petit » pour le coup mais ne nous égarons pas).

 

 

Minisérie de 4 épisodes de la BBC, The Virgin Queen permet au compositeur britannique de marier historique et modernisme et de collaborer avec le groupe Medieval Babes qui, comme son nom l’indique, est un combo de vocalistes féminines chantant exclusivement ou presque de la musique à tendance médiévale.

 

Si leurs voix se marient bien à la partition de Phipps c’est  cependant les pistes instrumentales que l’on   conservera pour aller avec cette conclusion des 5 Terres.

 

 

L’utilisation, à la fois folklorique et anachroniques des cordes et des percussions,  l’ambiance solennelle et lyrique en opposition aux passages plus enlevés de la B.O, vont en effet comme un gant de velours aux manigances politiques et aux rebondissements tragiques de ce premier volet des Piliers de la Terre.







 

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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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