8 décembre 2025 1 08 /12 /décembre /2025 14:56




 

C'est quoi?  COMMENT CUIRE UN OURS?



 

C’est de qui?  Mikael Niemi

 

 


 

Le pitch de l’éditeur:   Nous sommes en 1852, au cœur des magnifiques paysages du grand nord suédois. Lars Levi Læstadius, botaniste émérite, pasteur haut en couleur du petit village de Kengis et fondateur d'un mouvement  connu pour son éthique rigoureuse, tente tant bien que mal de combattre l’athéisme et l’alcoolisme de ses paroissiens. Contre l’avis des villageois, Læstadius a recueilli un jeune garçon sámi, affamé et illettré, Jussi, qu’il initie aux secrets de la botanique et qui le suit comme son ombre.

 

Lorsqu’une servante est retrouvée morte dans la forêt, le commissaire s’empresse d’imputer l’odieux crime à… un ours. Fort de son intuition et de son savoir scientifique, Læstadius n’y croit pas un instant. Quand une deuxième jeune fille vient à disparaître, le pasteur, secondé par son fidèle Jussi, décide de mener l’enquête, quitte à s’attirer les foudres des autorités locales.

 

Ca donne quoi? Bon, n’y allons pas par 4 chemins, une fois encore les promesses de 4° de couv’ sont loin d’être tenues!

Je me demande si la personne en charge de la rédaction de l’accroche qui suit le résumé, à savoir “Dans la droite lignée du Nom de la Rose, Comment cuire un ours est à la fois un savoureux récit policier, une peinture sociale fascinante de la Suède du XIXe siècle et une déchirante histoire d’amour.” n’a ne serait-ce que lu le fabuleux palimpseste d’Umberto Eco ou s’est dit que ça allait attirer le chaland un peu lettré, mais à la fois amateur de mélanges de genres.

 

Nous sommes en effet fort loin du roman de l’écrivain italien!

Ici certes il y a une enquête policière mais elle fait plus penser à du Sherlock Holmes un peu à l’emporte pièce qu’à celle de Guillaume de Baskerville. 

Oui nous avons aussi droit à un portrait de la société suédoise de l’époque mais avec trop peu de références ou d’explications -notamment sur la religion pratiquée par l’un des personnages principaux- pour vraiment y adhérer, et je ne m'arrêterais pas plus sur la romance qui, en plus d’être à sens unique, n’est pas, loin s’en faut, un élément majeur de ce récit.

 

L’histoire souffre d’un problème majeur de rythme, avec des chapitres entiers sur le passé des protagonistes ou le devenir de la foi professée par le prêtre, qui arrivent comme un cheveu sur la soupe en plein milieu des passages policiers qui finalement ne se révèle pas si original ou captivant.

 

Après, c’est original et plutôt pas trop mal écrit (c’est ce qui a du me faire tenir sur les plus de 500 pages du bouquin, que j’ai tout de même lu pas mal en diagonale) mais ça m’apprendra (et pourtant je devrais le savoir depuis le temps!) qu’il ne faut parfois pas se fier aux arguments commerciaux des maisons d'édition! 

 

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bobd - dans Livre
17 octobre 2025 5 17 /10 /octobre /2025 09:38




 

Le Livre:

 

 

C'est quoi?  LES PREUVES DE MON INNOCENCE



 

C’est de qui?  J. Coe

 


 

Le pitch de l’éditeur:  L'arrivée de Liz Truss au 10, Downing Street. Des ultraconservateurs réunis dans un vieux manoir. Une société secrète d'étudiants en plein Cambridge. Plusieurs morts mystérieuses. Des jeunes femmes en quête de vérité. Et une vieille inspectrice bien trop gourmande... 

 

Ca donne quoi? Dans ces Preuves de Mon Innocence, Jonathan Coe, l'une des figures majeures de la littérature britannique contemporaine,  s'amuse comme un petit fou à marier le fond et la forme. 

Via un pastiche de genres en vogue: polar, autofiction, cosycrime, dark academia ... Sur l'écrivain jette un regard acéré et caustique sur les travers politiques et sociaux de la société anglaise, qui, à quelques détails près, est peu ou prou le reflet des autres pays d'Europe où extrémisme et ultralibéralisme se disputent la faveur des masses, malheureusement aveugles aux maux qu'ils impliquent.

 

Si l'on pourra peut être tiquer sur la multiplication des personnages et des histoires intriquées, rien qui pour autant gâcher le plaisir de lecture de l'un des... 485 romans de cette rentrée littéraire!


 

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bobd - dans Livre Polar Coe
29 septembre 2025 1 29 /09 /septembre /2025 10:12


 

C'est quoi?  BABYLONE

 

 


 

C’est de qui?  A. Mïsetti

 

Le pitch de l’éditeur:  Après des vies de Koltès, de Saint-Just et d’Etienne Brûlé, premier coureur de bois des Amériques — tous en quête du lieu et de la formule capables de rendre habitable ce monde dans le désir d’abord de le nommer autrement —, il fallait que ce monde lui-même se dresse et se ramasse dans le nom d’une ville : une ville-monde où se serait jouée l’Histoire en entier, ville qui fut pour cela glorieuse et maudite, avant d’être oubliée, et dont il ne reste plus rien que son nom, Babylone.

Écrire une biographie de cette ville et tenter de percer ses mystères, approcher toutes les légendes qu’elle a engendrées, cette malédiction qui perdure, c’est le projet fou et ambitieux d’un auteur qui se confronte à l’origine de l’écriture pour essayer de comprendre le monde fou d’aujourd’hui.

 

Ca donne quoi? La 4° de couv' m'avait vendu du rêve tout en m'aiguillant sur d'autres rails que là où ce roman - qui n'en n'est pas un- comptait m'emmener. Las! parti avec les mauvais bagages je n'ai probablement pas gouté le voyage à sa juste valeur. Je m'attendais à une évocation épique de la glorieuse cité et me suis perdu dans une réflexion poético-labyrinthique aux phrases parfois très longues où les répétitions et autres allitérations m'ont pris de cours plus d'une fois.

Si les faits et détails historiques parcourent le texte, ils sont à mon sens un peu égarés dans le reste de la prose de l'auteur et, si je reconnais le coté original du traitement, la volonté d'emmener son lecteur loin de sa zone de confort, et, last but not least, une littérature qui détonne dans cette rentrée littéraire très (trop) thématique, je suis hélas resté aux portes de Babylone, entre le Tigre et l'Euphrate...mais pas dit que je ne retente pas le voyage un jour!

 

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bobd - dans Livre
27 août 2025 3 27 /08 /août /2025 07:49




 

Le Livre.

 

C'est quoi?  LA VÉRITÉ SUR L’AFFAIRE HARRY QUEBERT.

 


 

C’est de qui?  J. Dicker

 

Ca parle de quoi? Alors qu’il subit l’angoisse de la page blanche pour pondre son second roman, après le succès fulgurant du premier, un jeune auteur vole au secours de son mentor, un écrivain célèbre, qui se voit accusé du meurtre d’une jeune fille, trois décenies plus tôt.

Dans  un bled de l’Amérique profonde son enquête, qui va devenir le sujet de son livre, va révéler de biens sombres secrets pourtant profondément enfouis, et tout le monde semble avoir sa part de responsabilités dans ce drame.

 

Ca donne quoi? Je vais vous faire un aveu: l’une des ficelles du métier de bibliothécaire est de savoir conseiller des auteurs ou des livres… que l’on n’a pas lus.

 

Alors j’entends déjà les hauts cris, les accusations  de supercherie, d’imposture, et autres menaces de lapidation, mais je vous arrête tout de suite.

Est ce qu’un docteur a testé tous les médicaments qu’il prescrit à ses patients? Non, bien évidemment, mais ce n’est pas pour autant qu’il ne connaît pas leurs effets et qu’il sait qu’ils conviendront aux symptômes à traiter (rendons à César…l’analogie n’est pas de moi mais du grand Umberto Eco qui considérait son immense bibliothèque comme une pharmacie, expliquant que, non, il n’avait pas lu tous ses livres, et ne pourrait probablement jamais le faire, mais savait que tel ou tel ouvrage était là, disponible au besoin).

Et bien il en va de même pour un (bon) bibliothécaire qui, connaissant ses lecteurs, le style de tel ou tel auteur et le genre abordé, saura conseiller le livre qu’il faut même s’il n’en a jamais ouvert une page.

Aujourd'hui un (bon, toujours) bibliothécaire est aussi "bibliothérapeute", capable de soigner ses lecteurs grâce à ses conseils! Et, évidement, et même si c'est une question récurrente parmi les adhérents de la médiathèque (et pas que les enfants!): non, même si je lis énormément je n'ai pas lu TOUS les livres de la bibliothèque.

Mais la prolifération ces dernières années d’ouvrages aux thématiques et genres (bien trop) similaires, répondant à telle ou telle mode, a grandement aidé à maîtriser la discipline: Un amateur de Mélissa Da Costa pourra se voir conseiller un Virginie Grimaldi, un fan de Bussi pourra lire du Musso et un aficionado de Minier pourra se rabattre sur du Thilliez.

 

Cette (trop) longue introduction nous amène donc au cas plus ou moins particulier de Joël Dicker.

Auteur Suisse encensé par la critique et le public dès son second roman -celui qui nous intéresse aujourd’hui - Dicker a une toute petite dizaine de livres à son actif qui ont peu ou prou tous connus le succès.

 

Aujourd’hui le bonhomme s’édite lui même et vient de se faire plaisir en sortant un petit roman intergénérationnel, sorte de pastiche amusant mais presque anecdotique du Petit Nicolas version féminin- loin du genre qui l’a rendu célèbre- et qui, à mon humble avis, a dû laisser sur le carreau pas mal de fans de la première heure.

 

 

Mais revenons à nos moutons. Autour de moi beaucoup de gens -à commencer par ma meilleure moitié-  ont lu Dicker et n’ont en général pas tari d’éloges à son sujet. C’est donc sans vergogne - et ce malgré que je n’ai lu de lui que sa toute première oeuvre, un conte “à la russe” écrit dans sa prime jeunesse et ressorti bien opportunément par feu son éditeur de l’époque histoire de surfer sur la popularité de son poulain- que je n’hésite pas à le recommander aux quelques lecteurs qui ne le connaissent pas encore: Les amateurs de polars, de lecture relativement fluide ou de récits à sensation.

 

 

Mais tout de même me suis je dit, alors qu’en période creuse de sorties estivales, j’avais du temps pour lire, pourquoi ne pas donner sa chance à cette Affaire Harry Québert histoire de voir si la hype était justifiée.

 

Bon, disons le tout de go, si j’ai été plutôt optimiste une bonne partie du roman,, arrivé aux deux tiers (le pavé dépasse les 600 pages tout de même!) les circonvolutions et autres flashbacks/flashforwards ont commencé à me lasser et ce sont les innombrables et rocambolesques retournements de situations incessants qui ont fini par avoir raison de moi.

 

Alors là où il y a tour de force tout de même, reconnaissons ça à Dicker, c’est que même si ce n’est pas forcément très bien écrit, même si les mises en abyme et autres mélange du fond et de la forme sont trop appuyés, on peut comprendre le succès du livre tant celui ci accroche son lecteur -quasiment- jusqu’au bout.

Pourtant au final on referme le roman en se disant “tout ça pour ça”! L’auteur aurait pu enlever 200 pages que ça aurait aussi bien fait l’affaire (Harry Québert), voire même mieux et, surtout, ça ne m’a pas donné envie d’en essayer un autre vu que j’ai lu qu’il fonctionne tout le temps sur ce procédé de récit à tiroirs, sur des polars lambdas qui ne veulent pas dire leur nom (pour preuve nous les avons classés dans les romans traditionnels chez nous!)...mais cela étant, ça ne m’empêchera pas…

de continuer à les proposer aux lecteurs! 


 

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bobd - dans Livre
24 mai 2025 6 24 /05 /mai /2025 13:30

 

Même si j’en lis de plus en plus- métier oblige (mais ce n’est pas un sacrifice pour autant je vous rassure)- je ne chronique guère de romans.

C’est son récent Prix des Libraires qui m’a fait souvenir que j’avais apprécié cette Petite Bonne lors de sa sortie et que je ne vous en avais pas parlé, réparons cet oubli:



 

C'est quoi?  LA PETITE BONNE

 


 

C’est de qui?  Bérénice Pichat

 

Ca donne quoi? Dans la France de l’entre deux guerres une domestique qui n’est jamais nommée, qui n’a que peu d’éducation, est au service d’un couple de bourgeois dont le mari est un rescapé de la Première Guerre mondiale, une gueule cassée mais pas que puisqu’il est aussi lourdement handicapé.

C’est un ex pianiste qui n’a plus de mains et qui a derrière lui « 20 ans d’inutilité ». Sa femme a sacrifié les 20 années en question à s’occuper de son époux, sa jeunesse et sa vie sociale ont fanées en mm temps.

Alors qu’elle recommence à se sociabiliser, finalement convaincue par son mari après toutes ces années, ce dernier a décidé de convaincre la « petite bonne » de l’aider à mourir.

 

Un drame sur les différences sociales, dans un contexte historique aux résonnances très actuelles, où le fond est au service de la forme et vice versa.

La domestique en effet s’exprime de façon simple et c’est « traduit » dans le livre par de courtes phrases disposées comme de la poésie mais dans une prose on ne peut plus basique et qui se lit très facilement.

 

Trois personnages tragiques chacun à sa façon dont les destins sont à l’image de l’Histoire et de la société.

 

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bobd - dans Livre

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