22 avril 2025 2 22 /04 /avril /2025 08:39




 

LA BD:





 

C'est quoi ? STRANGE FRUIT



 

C'est de qui ? A. Dan & Hazard



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Dupuis



 

Déjà croisés sur le site? Oui plusieurs fois chacun même.



 

Une planche: 

 



 

Ca donne Quoi ? A la fin des années 30, Abel Meeropol artiste aux multiples talents, tombe sur le cliché d’un lynchage de deux hommes de couleur par une foule en colère. Cette photo va lui inspirer les paroles de la chanson Strange Fruit, qu’il propose à Billie Holliday.

 

Si la “Lady Day” est un peu récalcitrante au départ elle va finir par accepter et le morceau devient un incontournable de son répertoire même si cela lui vaut parfois quelques soucis.



 

Le succès du titre va apporter beaucoup à la carrière de son auteur - Russe d’origine et aux affinités communistes mal vues en plein maccarthysme-  comme de son interprète -chanteuse Noire- mais leurs destins respectifs  vont connaître plus de bas que de haut dans une époque troublée d’une Amérique en proie à ses démons et se contradictions.



 

L’idée de départ de cet album vient d’un épisode de  l’émission Autant en emporte l’Histoire  diffusée sur France Inter. Vincent Hazard, son auteur, embarqué dans le monde du 9° art par le dessinateur A. Dan, y signe là son premier scénario.



 

Pour un galop d’essai on peut affirmer que c’est réussi, avec cette double biographie en flashbacks à la fois du compositeur de la chanson Strange Fruit et de son inoubliable interprète, la grande Billie Holiday.



 

Mais l’album exploite également bien ses différentes thématiques: le racisme malheureusement  indissociable et toujours ô combien d’actualité aux Etats Unis, les ravages de la Chasse aux Sorcières à Hollywood ou encore les hauts et -surtout- les bas du monde de la musique (là aussi un sujet intemporel!).



 

Pour la mise en image, A Dan comme à son habitude livre un dessin peu voire pas encré, avec un travail intéressant sur la matière et une colorisation dans les pastels. Habitué à la reconstitution historique, il propose des paysages états- uniens convaincants et réalistes. 



 

 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : THE HUSTLER



 

C'est de qui ?  K. Hopkins




 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui



 

On peut écouter ?

 

 

 


 

Ca donne Quoi ? Il fallait la coolitude jazzy d’un Kenyon Hopkins (l’homme qui donna au Lolita de Kubrick son ambiance sulfureuse) pour accompagner comme il se doit cette histoire de joueur de billard arnaqueur, perdant magnifique et, accessoirement, sex-symbol vivant (Paul Newman au sommet de son art tout de même).

 

 

 

A l’époque on ne parle pas encore de Crime-Jazz pour le genre mais ce sont clairement les B.O comme celle ci qui l’ont défini. 

 

Hautbois, Cor Anglais et flûte sont les éléments prédominants d’un orchestre par ailleurs classique dans le jazz, le tout joué par la crème de la crème de l’époque, qui sait cependant se faire discret, voire faire dans l’underscoring quand c’est nécessaire.



 

Ajoutez-y la version de Strange Fruit de la Lady Day et vous avez la B.O toute trouvée de votre lecture!

 

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26 février 2025 3 26 /02 /février /2025 08:14

 

LA BD:





 

C'est quoi ? LES MEMOIRES DU DRAGON DRAGON. OSEZ JOSEPHINE




 

C'est de qui ? 



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Le Lombard




 

Déjà croisés sur le site? Oui



 

Une planche: 

 



 

Ca donne Quoi ? Notre anti-héros par excellence, en pleine campagne d’Italie, alors qu’il essaye de fuir le front, réussit encore à se faire remarquer et, bien malgré lui, à faire remporter une victoire au général Bonaparte en personne.



 

Mais ce n’est pas de ce dernier que Dragon s’entiche mais de son épouse, Joséphine, déjà pourtant bien pourvue côté admirateurs.



 

Fidèle à sa réputation de hâbleur grande g…Dragon va tenter par tous les moyens de se rendre indispensable à Joséphine quitte à inventer de pseudos complots et se fourrer dans des situations pas possible où il manque laisser sa peau et celles de compatriotes en pleine guérilla transalpine par la même occasion.



 

Ultime tome des Mémoires du Dragon Dragon, ce troisième volet conserve le ton décalé et grivois des précédents, enchaînant les scènes cocasses et parodiques à souhait, le tout dans un contexte historique brûlant et, comme toujours, fort bien exploité.



 

On en aurait bien repris sur quelques tomes mais, en l'état, cette trilogie reste très recommandable tant elle met bien à profit le talent de ses deux auteurs. 

 





 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi ? CYRANO



 

C'est de qui ? D. Tiomkin




 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui



 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Cette adaptation de la pièce de Rostand donne l’occasion à Dimitri Tiomkin, après deux scores de films noirs, de se frotter à une musique d’influence  baroque pour laquelle il va même avoir, pour la première fois, l’occasion d’écrire pour le clavecin, la harpe et tout un orchestre symphonique.

 

 

 

Résolument enjouée, sa partition fait preuve d’une tessiture riche qui fait la part belle aux harmonies.

 

Les ambiances évoluent entre la romance et l’aventure avec des variations d’un thème principal intéressantes.

 

 

 

La bonne humeur générale et la couleur historique prononcée de la B.O sont tout à fait adaptées à cette conclusion des Mémoires du Dragon Dragon!

 

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21 février 2025 5 21 /02 /février /2025 10:30


 

LA BD:





 

C'est quoi ? CHIENS ET LOUPS. JEUX TRUQUÉS. 




 

C'est de qui ? Simsolo et Hé



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Glénat.




 

Déjà croisés sur le site? Oui, ensemble d’ailleurs.



 

Une planche: 

 



 

Ca donne Quoi ? La tension monte pour Viktor et ses proches. Fini la neutralité sous couvert de nationalité turque, entre les diverses factions de résistants qu’il cotoie, notre gangster aux affaires florissantes va devoir prendre parti et sent la rédemption poindre le bout de son nez même si le prix à payer pour celle ci risque d’être fort!



 

Suite et fin du diptyque de Simsolo et Hé, thriller historique sur fond d’occupation où un anti-héros au départ attiré par l'appât du gain va peu à peu redécouvrir sa propre humanité.



 

Le scénario déroule une intrigue sans temps mort tout en évitant de sombrer dans le mélo et en exploitant à merveille la richesse et la tension de son contexte historico politique, le tout porté par un trait  semi réaliste original qui fait de Chiens et Loups une réussite sur un créneau pourtant très exploité en BD.





 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : L’INDICATEUR



 

C'est de qui ?  P. Misraki




 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui



 

On peut écouter ?

 

Ca donne Quoi ? Paul Misrkai est probablement  l’un des compositeurs de musiques de films français les plus prolifiques (presque 200 scores à son compteur) que compte la discipline.

 

Au début des années 60, avec déjà une solide carrière derrière lui, il collabore pour la seule et unique fois avec Jean Pierre Melville sur ce film taillé quasi sur mesure pour la star de l’époque.

 

 

 

Le film, qui se veut un hommage aux films noirs américains, demande une B.O dans cet esprit. Qu’à cela ne tienne, ce sera jazz suave et thèmes sombres que Misraki composera pour Melville.

 

 

 

Pourtant Misraki, en plus des cordes et cuivres classiques sur le genre -et qui font leur office à merveille - n’hésites pas à piocher dans des idées très « françaises » comme l’emploi d’un vibraphone dont la mélancolie fort noire voire tragique colle bien avec l’ambiance de ce second volet de Chiens et Loups.

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5 janvier 2025 7 05 /01 /janvier /2025 15:45


 

LA BD:




 

C'est quoi ? LA DERNIÈRE NUIT DE MUSSOLINI



 

C'est de qui ? Chapuzet et Girard


 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Glénat



 

Déjà croisés sur le site? Non


 

Une planche: 

 


 

Ca donne Quoi ? Ne vous fiez pas à la couverture faussement grotesque de cette Dernière Nuit de Mussolini au risque de rapidement tomber de haut.

 

En effet, si on a souvent dressé un portrait du Duce comme un  bouffon, surtout face à son allié de l’Axe de l’époque, cette bio incisive, toute en flashbacks et forwards, signée Chapuzet et Girard, nous rappelle que Mussolini était avant tout un homme politique frustré, avide de femmes et de pouvoir.


 

Tout d’abord très “à gauche”, prônant la révolution contre le pouvoir, et plein d’idées libertaires comme le vote des femmes ou l’anticapitalisme, il va vite verser dans un nationalisme exacerbé suite à son éviction du parti socialiste, fondant ce qui va devenir la base du fascicsme italien.


 

Mégalomane et dominateur, collectionneur de maîtresses, Mussolini va suivre l’Allemagne Nazie dans la seconde guerre mondiale jusqu’à cette fameuse dernière nuit relatée ici,  quatre journées en fait, où le Duce tente d’échapper à la vindicte des vainqueurs et de ses opposants.

 

Après maintes péripéties sa maîtresse et lui seront finalement pris puis exécutés avant d’être pendus par les pieds sur la place même où des soldats de son éphémère République de Salo avaient exécuté des partisans.


 

 

Le scénario est fort documenté, bien servi par le trait semi-réaliste de Christophe Girard (avec qui j’avais eu un intéressant échange à l’époque de son  adaptation de Métropolis, ça ne nous rajeunit pas!) qui propose des personnages volontairement caricaturaux sur des décors détaillés et alterne les colorisations selon les époques: trichromie parcourue de couleurs pour les derniers jours, pleines couleurs pour les flashbacks.


 

La dernière nuit de Mussolini est un album qui sert l’essentiel devoir de mémoire, en mettant bien en lumière tous les aspects de la vie du tyran ainsi que ses multiples tares, et qui rappelle au lecteur, via notamment une séance sur l’assassinat de Pasolini (qui venait de réaliser un film sur Salo) et une dernière page où l’on reconnait les “héritiers” du Duce, que le fascisme et ses dérives sont semble t-il intrinsèquement liés aux sociétés humaines, et qu’il est impératif de ne jamais laisser la bête prendre le dessus.  








 

LA MUSIQUE:




 

C'est quoi : ENNEMY AT THE GATES


 

C'est de qui ? J. Horner



 

La Couv':

 


 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui


 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? Si une fois encore, on pourra reprocher à Horner, pour cette nouvelle collaboration avec Annaud, de réutiliser sans vergogne certains motifs et phrases de travaux précédents, on lui reconnaîtra tout de même un sens du grandiose et de l’imposant.

 

En effet même si on trouve bien un thème romantique dans la partition, il est quasi complètement noyé dans la masse de suspense, de froideur et de dureté du reste.

 

Pourtant n’allez pas me faire dire ce que je n‘ai pas dit, l’émotion est bien là, sous l’agressivité feinte, et si la tension, construite par les cordes, et le motif principal à quatre notes répété presque jusqu’à la nausée, mettent les nerfs de l’auditeur à rude épreuve, la force d’expression du score est indéniable.

 

Une musique martiale et puissante juste ce qu’il fallait à l’évocation de la fin du Duce (mais pas du fascisme hélas!)



 

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11 décembre 2024 3 11 /12 /décembre /2024 09:27





 

LA BD:





 

C'est quoi ? 1629 OU L'EFFRAYANTE HISTOIRE DES NAUFRAGES DU JAKARTA TOME 2




 

C'est de qui ? Dorison & Montaigne




 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Glénat




 

Déjà croisés sur le site? Oui.



 

Une planche: 

 



 

Ca donne Quoi ? Après la mutinerie orchestrée de main de maître par Jeronimus Cornélius, le Jakarta s’est échoué sur un archipel désert de l’océan Indien non loin de l’Australie.

 

Devenu de fait chef des survivants alors que les officiers sont partis chercher des secours, Cornélius agit comme un tyran sanguinaire mais dans le style main de fer dans gant de velours: tout en subtilités aussi machiavéliques que funestes.

 

Seule Lucrétia arrive encore à lui tenir tête mais l’emprise du nouveau “maître à bord” entraine bientôt le lot de naufragés vers de drastiques extrémités. 

 


 

Changement de décor pour cette suite toute en tension de 1629, exit le huis-clos du navire pour celui de l'île déserte, tout aussi anxiogène surtout que là, face à une petite poignée de gentils, se dresse tout un ramassis de très méchants.



 

Le duo talentueux derrière ce diptyque à l’édition classe connaît son métier que ce soit du coté de Dorison et son savoir-faire pour ménager ses effets, rendre sa narration captivante, et proposer au lecteur une relecture d’un fait divers historique réel sous forme de récit de genre très maîtrisé, ou, au dessin, un Montaigne en grande forme qui, après les décors hauts en couleurs maritimes du tome précédent, propose ici des planches très abouties où suspense et grand spectacle disputent la vedette à un casting accrocheur et expressif.





 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : THE LIGHTHOUSE



 

C'est de qui ? M. Korven




 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui



 

On peut écouter ?

 

 


 

Ca donne Quoi ? Après avoir mis un bon coup de pied dans la fourmilière de la musique de film d’épouvante grâce à son travail léché sur The Witch, le canadien Mark Korven collabore à nouveau avec le réalisateur du film sus-cité pour The Lighthouse, huis clos où Robert « Twilight » Pattinson affronte le monument Willem « Dernière Tentation du Christ, mais pas que » Dafoe, au sein d’un phare.

 

Spécialiste de la word music, Korven a poussé le vice jusqu’à créer un instrument spécifique, mélange de choses diverses (orgue indien, vielle à roue, sitar, theremin, violoncelle et j’en passe) qu’il a sobrement baptisé « The Arprehension engine ». Ce redoutable hybride dont aurait rêvé des gens aussi divers –et talentueux- que Gyorgi Ligeti,  Jimmy Page ou David Gilmour, crée des sons assez ahurissants, comme tout droit sortis d’un cauchemar musical.

 

Le compositeur a mis son invention à profit donc sur la musique de The Lighthouse, tissant des thèmes aux harmoniques aussi sombres que crispantes parfois, des grincements sonores personnifiant le vent, la marée, les craquements du bois. Les cuivres quant à eux, nombreux et variés semblent imiter les sirènes de bateau, les hurlements des créatures marines étranges.

 

B.O quasi organique aux mélodies rares et arides, jouant plus sur la tension sonore que sur la musicalité, The Lighthouse traduit par ses atmosphères plaintives et menaçantes toute la noirceur de ce tome 2 de 1629.

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  • : Conseils d'écoutes musicales pour Bandes Dessinées
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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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