17 mars 2025 1 17 /03 /mars /2025 09:22







 

LA BD:





 

C'est quoi ? HILD




 

C'est de qui ? V. Hildebrandt



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Anspach




 

Déjà croisée sur le site? Non



 

Une planche: 

 



 

Ca donne Quoi ?  Au royaume des burgondes les intrigues et autres manigances  vont bon train à la mort du roi ses fils organisent les alliances, sacrifiant leur sœur à la politique et n’hésitant pas à tromper la reine du royaume voisin pour s’accaparer ses terres.

 

Mais c’est sans compter la pugnacité de ces dames!



 

Une relecture féministe de la légende des nibelungen s’imposait tant ce récit, ô combien fondateur de tout un pan de la fantasy (à commencer par l’influence énorme qu’il a eu sur Tolkien et sa mythologie) mais aussi ô combien machiste.

 

(Et, vous le savez si vous venez souvent par ici, personne ne pourra taxer l’auteur de ces lignes d’être “woke” … si tant est que ce terme désigne vraiment quelque chose puisqu’il est surtout utilisé par ceux qui dénigrent les personnes qu’ils considèrent comme telles…mais nous nous égarons!)



 

Veerle Hildebrandt garde toute  la dimension épique du récit d’origine mais donne les rôles prédominants à ses héroïnes, Kriemhilde, la soeur qui refuse sa condition soumise et Brunehilde la reine trompée par les mâles pseudos dominants.



 

Graphiquement le style s’approche de la BD jeunesse avec une narration classique aux choix de couleurs intéressants, dans un style médiéval bienvenu.

 

Au final ce one shot est une très bonne surprise, une version d’une légende pourtant maintes fois exploitée en BD qui renaît ici avec force et beauté de ses cendres.






 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi ? BARBEROUSSE



 

C'est de qui ? T. Morris




 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui.



 

On peut écouter ? 

 


 

Ca donne Quoi ? Estampillé – à raison – comme le spécialiste des scores historico-fantasy, surtout depuis son très bon boulot sur les Tudors puis sur Vikings, Trevor Morris a enchaîné les projets dans des genres forts proches en tentant avec plus ou moins de réussite, de varier son approche de l'écriture.

 

 

 

Il retrouve le réalisateur néerlandais Roel Reine avec qui il a collaboré sur des choses très oubliables (Le Roi Scorpion 3, et une poignée de films en direct to video) pour ce biopic sur un roi du moyen age, grosse production néerlandaise tournée en décors naturels avec figurants à foison.

 

Cinématographiquement le résultat se hisse à la hauteur d'un -bon- épisode de série tv du genre, musicalement Morris fait dans l’épique en recyclant de ci de là ce qu'il a en stock avec quelques passages plus historiques bienvenus.

 

 

 

Une B.O assez lambda dans la discographie du canadien mais assez solie pour accompagner cette version féministe des Nibelungen.

 

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13 mars 2025 4 13 /03 /mars /2025 10:52





 

LA BD:





 

C'est quoi ? AU COEUR DU DESERT




 

C'est de qui ? Charles



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Le Lombard




 

Déjà croisé sur le site? Non



 

Une planche: 

 



 

Ca donne Quoi ? Norman Pyle, jeune lieutenant de l’armée américaine, est missioné par ses supérieurs, en cette année 1870, pour aller retrouver un colonel renégat qui, à la tête d’une bande d’indiens Navajos sème la terreur dans la région de Monument Valley.

 

Ce n’est certes pas pour son expérience qu’ a été choisi notre héros mais parce que le gradé après qui il va courir n’est autre que son frère aîné, soldat décoré qui aurait perdu la raison. 

 

Il va escorter des colons puis des éleveurs de moutons dans un Ouest sauvage jusqu’au coeur des ténèbres.



 

La fin de la phrase n’est évidemment pas anodine, puisque c’est du roman éponyme de Joseph Conrad qu’est tiréé ce gros one shot.

 

Si la BD a déjà pas mal adapté le texte d’origine, avec quelques beaux coups d’éclats (je pense que nous avons chroniqué quasiment toutes ces tentatives dans nos pages), le couple Charles transpose l’intrigue dans le far west de la conquête de l’Ouest avec une certaine réussite, l'environnement s’y prêtant plutôt bien. 

 

Peut être que certains passages en milieu d’album auraient gagnés à être plus concis afin de développer un peu plus les retrouvailles entre les deux frères mais en l'état l'histoire se veut autant une relecture du roman d’origine que de la vie des premiers américains.

 


 

A la manière d’un Rosinsky, Jean François Charles a réalisé la partie graphique “à l’ancienne”, avec des crayonnés repassés ensuite à l'acrylique.

 

Le résultat est souvent très beau, avec des grandes pages et doubles pages qui ne sont pas sans faire penser aux peintures des grands artistes des XIX° et XX° siècles qui ont immortalisé les grands espaces américains, même si certains visages sont plus dans le délié, l’esquissé, ce qui n’enlève rien à un résultat très en phase avec son sujet.







 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi ? LA DERNIERE CARAVANE



 

C'est de qui ?Lionel Newman




 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD



 

On peut écouter ? 

 


 

Ca donne Quoi ? Si Lionel Newman est peut-être moins connu que son frère Alfred, voire que ses fils Randy ou Thomas (la B.O c’est une histoire de famille chez les Newman !) il n’en n’est pas moins l’un des acteurs majeurs de la discipline toute génération confondues, ne serait-ce que par sa participation à un degré ou un autre à de nombreuses pierres angulaires du genre (et aux carrières de pointures comme Goldsmith ou Williams entre autres).

 

 

 

Dans The Last Wagon il est également question d’un indien blanc, ici joué par un Richard Widmark vengeur après le massacre de sa femme et son fils comanches.

 

 Une fois le générique un peu trop classique et grandiloquent passé, le reste du score de Newman opte pour une approche bien plus sombre où les cuivres donnent de la voix dans des registres souvent graves annonçant des explosions courtes mais intenses jouées par les cordes.

 

 

 

Le suspense à fleur de peau de pas mal de pistes est de temps à autre contrebalancé par des pistes plus mélancoliques mais c’est pour mieux relancer la machine (la musique de la scène du combat au couteau en est un bon exemple).

 

 

 

On appréciera tout particulièrement, à la lecture de ce Au coeur du désert, les passages où le compositeur évoque la musique tribale indienne via les instruments classiques, procédé courant à l’époque mais qui fait toujours son petit effet.

 

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5 mars 2025 3 05 /03 /mars /2025 08:37




 

LA BD:





 

C'est quoi ? FRANKENSTEIN. AU NOM DU PERE.




 

C'est de qui ? Cannavo & Roi



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Glénat




 

Déjà croisés sur le site? Oui



 

Une planche: 

 



 

Ca donne Quoi ?  Le duo déjà responsable d’une reprise fort libre du Dracula de Stoker (déjà chez Glénat l’an passé) s’attaque ici à l’autre pierre angulaire de la littérature gothique, à savoir le Frankenstein de Shelley.



 

Ici aussi que les puristes soient avertis, le texte d’origine est fortement remanié et, si les thématiques sont plutôt présentes - le rejet de l’autre, la question du Bien et du Mal, l’homme qui veut rivaliser avec dieu, etc…- le scénario de Cannavo tient plus du film d’horreur à la Hammer que du chef d’oeuvre de la littérature fantastique dont il s’inspire, faisant par exemple de la créature un serial killer là où Sheley le dépeignait en victime de la bêtise humaine qui finit par être obligé de se battre avec les mêmes armes que ses agresseurs. 

 


 

Il donne cependant la possibilité à Corrado Roi de faire l’étal de tout son talent, de sa science du noir et du blanc au travers d’à plats, d’ombres et autres effets de matières très réussis qui confirment sa place dans la lignée de ses illustres prédecesseurs, de Battaglia à Toppi en passant par Breccia.




 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi ? NOSFERATU



 

C'est de qui ? R. Carolan




 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Non



 

On peut écouter ? 

 


 

Ca donne Quoi ? Restons dans les reprises, restons dans le gothique, restons dans le…”fallait il le faire”?.

Après quelques films plus ou moins encensés -dont certains à raison- par la critique, Robert Eggers vient de livrer son Nosferatu, remake du film de Murnau déjà remaké par Herzog et lui même adaptation non officielle de Dracula (une histoire de droits à l’époque).

 

Si nous ne sommes pas sur du “plan par plan” on est néanmoins sur du plutôt plan-plan dans le domaine avec un film à l’esthétique léchée, à la réalisation soignée, à l’interprétation fort correcte mais…chiant!

 

Alors peut-être parce que je connais l’histoire sur le bout des doigts et que d’autres l’ont bien mieux racontée avant Eggers (Coppola en tête)? Je ne saurais dire mais, puisque c’est ce qui nous intéresse ici, quid de la B.O?



 

Signée par Carolan, déjà responsable de celle de The Northman, précédent long du réal, elle met les petits plats dans les grands, convoquant à la fois la démesure d’un Killar et les subtilités de quelques ovnis du genre depuis quelques années.



 

Fort d’un orchestre de 60 instruments, d’une harpiste, d’un coeur au grand complet et de cors fort bien utilisés, Carolan, s’il ne révolutionne pas le score de film fantastique arrive à pondre une partition assez éclectique et évocatrice pour se démarquer du lot et fait beaucoup de bien à cette variation de Frankenstein!




 

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29 janvier 2025 3 29 /01 /janvier /2025 10:47




 

LA BD:





 

C'est quoi ? LA MAIN DU DIABLE




 

C'est de qui ? Rodolphe & Griffo



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Anspach




 

Déjà croisés sur le site? Oui pour les deux



 

Une planche: 

 



 

Ca donne Quoi ? Au crépuscule de sa vie, le grand écrivain Robert Louis Stevenson rencontre lors d’un voyage en bateau un richissime inconnu qui a une incroyable histoire à lui raconter.

 

Alors qu’il avait tout perdu au jeu et avait sombré dans la misère, un homme lui a vendu une étrange main aux vertus magiques qui exaucent les vœux mais  supposée appartenir au diable en personne.

Le revers de la médaille étant qu’il devra la revendre moins cher qu’il ne l’a acheté sous peine de voir son âme damnée à sa mort.

 

Si la relique fait effectivement sa richesse, elle ne manquera pas également de lui pourrir l’existence quand il cherchera à s’en débarrasser.



 

Le toujours très prolifique Rodolphe - qui est un des “parrain” en quelque sorte de B.O BD - s’empare, pour son nouveau scénario, de la nouvelle “Le Diable dans la Bouteille” de Stevenson et fait de l’auteur un protagoniste de l’histoire.

Il remplace la bouteille par la main du Malin (les plus cinéphiles de nos lecteurs penseront peut être au film de Tourneur avec Fresnay, adapté d’un texte de Nerval ) mais garde le twist d’origine en l’exploitant avec métier.



 

Au dessin il retrouve son vieux complice Griffo dont le style semi réaliste sert bien cette aventure exotique et fantastique.

Le dessinateur soigne en effet aussi bien son casting que ses décors et opère des choix de couleurs qui évoquent à merveille les différents endroits du globe traversés par les personnages.










 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : LA MAIN DU CAUCHEMAR



 

C'est de qui ? J. Horner




 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui



 

On peut écouter ?

 


 

Ca donne Quoi ? Aux balbutiements de leurs carrières respectives, James Horner et Oliver Stone collaborent sur cette Main Du Cauchemar qui narre le destin d'un dessinateur de comics qui perd sa main dans un accident de voiture. Bientôt cette dernière va revenir le hanter et le pousser au crime. 

 

Le scénario repique des idées d’un long métrage avec Peter Lorre,   La bête à cinq doigts en l’actualisant quelque peu sans pour autant apporter de valeur ajoutée à l'histoire originale si ce n'est de la faire découvrir à un public américain qui a une sainte horreur des vieilleries en noir et blanc. 



 

Niveau B.O, Horner s’inspire de ses maîtres à penser avec un peu trop d'ardeur,  passant d'un thème au piano un brin dégoulinant qui lorgne sans vergogne vers celui de l'exorciste à des envolées de cordes hystériques qui font penser à du Herrmann survolté.



 

Si l'ensemble est efficace (c'est rien de le dire), ce n'est pas ce que le genre à proposer de mieux mais ce n’est pas inintéressant avec la Main du Diable.

 

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27 janvier 2025 1 27 /01 /janvier /2025 08:58




 

LA BD:





 

C'est quoi ? LA VEUVE




 

C'est de qui ? G. Chapron



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Glénat


 

Déjà croisé sur le site?  Non

 

 

Une planche: 


 


 

Ca donne Quoi ? Mary, même pas 20 printemps, est en cavale dans les Rocheuses, poursuivies par ses deux beaux frères bien décidés à venger le meurtre de leur frangin.

 

Notre jeune héroïne, poussée à bout par la violence et les infidélités de son époux, a tué ce dernier et cherche maintenant à tourner la page et à prendre le plus de distance possible avec son ancienne vie.



 

Au gré de sa fuite elle rencontrera d’autres marginaux, de belles âmes et d’autres un peu moins, au sein d’une nature aussi belle qu’hostile.

Toutes ces expériences la feront grandir et changer radicalement.

 


 

Ce qui frappe avec cette adaptation du roman éponyme de  Gil Adamson c’est son parti pris graphique, avec cette trichromie noir, blanc et niveaux de gris qui donne corps de façon saisisssante au décor âpre de l’histoire avec des mélange d’à plats pastels et de hachures expressives.



 

La narration n’est pas en reste et ce western crépusculaire auquel Glen Chapron apporte une belle touche de féminisme n’est pas sans faire penser à quelques classiques du genre tout en étant terriblement actuel.




 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : HIGH PLAINS DRIFTER



 

C'est de qui ?  D. Barton




 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD



 

On peut écouter ?

 

 

 


 

 

 

Ca donne Quoi ? Pour une histoire aussi sombre il fallait une B.O dans le même esprit.

J’ai donc opté pour celle du son second film derrière la caméra de Clint Eastwood qui, s’il ne prend pas trop de risques côté scénar en reprenant le personnage qui a en a fait la star que l’on connaît, celui de l’Homme sans Nom de la trilogie des Dollars, a dû en vouloir s’éloigner des sonorités du western spaghetti et réembauche Dee Barton, multi instrumentiste de jazz, déjà responsable de la musique du précédent long du réal’ qui rempile.

 

 

Le compositeur utilise une dominance d’accords mineurs pour le thème principal, chose assez inhabituelle dans le genre, et les complète de chœurs féminins éthérés.

 

Seule la rythmique est assez classique, faisant indéniablement penser à certaines B.O de Morricone.

 

 

 

Le reste de la bande son est du même tonneau, avec des dissonances et autres tensions qui installent un malaise souvent palpable. Barton incorpore une basse électrique et un synthé sur quelques pistes finissant de faire de sa partition une curiosité d’une belle efficacité.

 

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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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