11 décembre 2020 5 11 /12 /décembre /2020 14:09
 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  FLEUR DE TONNERRE

 

 

C'est de qui ? Cornette & Jurg

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Futuropolis

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui pour Cornette.

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Les œuvres de Jean Teulé ont décidément la cote auprès des artistes de BD franco-belge puisque ce Fleur de Tonnerre est la septième adaptation d’un roman de l’auteur (qui a d’ailleurs un peu ouvré dans le 9° Art avant de connaître la consécration littéraire).

Si le roman historique est un peu le fonds de commerce de Teulé, et qu’il y puise une substantielle moelle qu’il sait rendre délectable, certains sont plus aboutis que d’autres et, en BD, si j’ai été conquis par les versions de Je, François Villon ou de Charly 9, j’ai été moins convaincu par Entrez dans la danse ou le tout récent Mangez le si vous voulez que j’ai même renoncé à chroniquer. (notez que je ne parle pas là des parti pris artistiques, très réussis dans les deux cas, mais des histoires en elle-même)

 

 

Fleur de Tonnerre, qui a été inspirée à Teulé par un macabre fait divers au début du XIX° siècle, raconte l’histoire d’une enfant fascinée par la légende de l’Ankou et par le pouvoir des plantes et des poisons qui va semer derrière elle des dizaines de cadavres pendant près de 4 décennies. Confondue puis guillotinée, Hélène Jegado est de fait la plus acharnée  tueuse en série chez nous !

 

Si le sujet est donc –clairement- morbide, tout comme l’est celui du Mangez-le si vous voulez cité au-dessus, Cornette et Jung ont opté pour un parti-pris moins démonstratif et jusqu’au-boutiste que leur camarade Dominique Gelly.

 

 

Gardant l’humour (très) noir comme fil rouge, l’album se démarque par un graphisme en tons d’ocres, sépias et touches de couleurs plus vives, qui évoquent à la fois l’illustration d’antan et le style humour-jeunesse ; le tout très en décalage avec son propos et qui atténue l’atmosphère glauque de celui-ci le rendant –presque- plus acceptable.

 

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :STAVISKY

 

 

C'est de qui ? S. Sondheim

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Une fois ou deux oui.

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Avec à son palmarès des œuvres majeures telle West Side Story (la version comédie musicale) ou Sweeney Todd (qui l’a fait connaître chez nous) ainsi qu’une poignée de standards du jazz, Sondheim s’il s’est peu aventuré au cinéma, a laissé néanmoins une paire de B.O aussi réussies qu’intéressantes.

 

La version romancée de la vie de l’escroc Stavisky a été écrite par Reisnais quasi exclusivement afin que Sonndheim en écrive la partition, le film s’articulant même autour du score du compositeur. Alternance de valses, de thèmes légers voire tragi-comiques, de passages plus descriptifs, les morceaux de Sondheim alternent les ambiances avec une tendance marquée à la comédie noire douce-amère où les instruments de l’orchestre jouent sur une intemporalité consciente, pleine de va et vient dans les influences et les genres.

 

Ainsi, et malgré l’écart entre les époques des deux histoires, à aucun moment la riche B.O de Stavisky (qui sera l’unique score complet que Sondheim écrira pour le 7° Art d’ailleurs) ne semble anachronique avec Fleur de Tonnerre auquel elle amène plutôt une dose supplémentaire de cynisme racé très en phase.

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

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4 novembre 2020 3 04 /11 /novembre /2020 10:29
 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  LE CHATEAU DES ANIMAUX. LES MARGUERITES DE L’HIVER.

 

 

C'est de qui ? Dorison & Delep

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Casterman

 

 

Déjà lus chez nous? Oui, sur le tome 1.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Sous l’impulsion d’Azélar, Miss Bangalore et César optent pour la résistance passive mais ont bien du mal à la faire adopter au reste des habitants du Château pour qui l’oppression menée par Silvio et sa milice est de moins en moins supportable.

Alors que les affres de l’hiver se font aussi rudes que fatales, les tensions montent dans les deux camps mais l’adversité commence à faire réfléchir même les plus coriaces.

 

L’an passé, à la même époque, le premier tome de cette adaptation déguisée de la Ferme des Animaux m’avait emballé, de par son fond comme sa forme, Dorison s’appropriant à merveille le propos du roman d’origine pour le ressortir à sa sauce, superbement servi par les graphismes de Delep.

 

 

Cette suite vient enfoncer le clou, toujours aussi aboutie sur le fond comme la forme, avec peut être une légère baisse du rythme narratif, largement compensée par une dose d’émotion et de tension supplémentaires manifestes.

 

Certaines répliques –celles du Ghandi version rongeur entre autre- résonnent encore plus dramatiquement dans l’époque troublée que l’on vit et Les Marguerites de l’Hiver s’avère aussi prophétique et nécessaire qu’a pu l’être son illustre modèle, avec, pour ne rien gâcher, un support visuel somptueux.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :TO KILL A MOCKINGBIRD

 

 

C'est de qui ? E. Bernstein

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Souvent oui.

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? Si le thème d’ouverture, joué au piano solo, peut laisser croire que le score de cette adaptation d’un roman à succès sur le racisme aux States (oui, c’est de rigueur !) va flirter avec l’élégiaque et jouer la carte de l’underscore, c’est mal connaître Elmer Bernstein qui, dès la seconde piste, revient à ses habitudes et à des pistes plus enlevées, réminiscences de ses musiques de western entre autre.

 

Du coup To Kill a Mokingbird est probablement l’une des partitions les plus variées et intéressantes du compositeur, avec –au sein d’un orchestre fourni- des instruments solistes étonnants, de l’accordéon en passant par le timpani.

Alors certes les cuivres sont un peu trop joviaux parfois mais la réintroduction du thème principal à différents moments tempère cette allégresse.

 

Une impression tenace douce-amère se dégage de la musique de Bernstein, on passe du (sou)rire aux larmes en quelques instants  comme suspendus avant d’être happés à nouveau par une petite poignée de pistes où le suspense et l’action pointe –timidement- le bout de leurs nez.

 

Du grand –quatrième- art ici complètement au service du neuvième.

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

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2 novembre 2020 1 02 /11 /novembre /2020 09:20
 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi  LE RENARD DE MORLANGE

 

 

C'est de qui ? L’Hermenier & Moreau adaptent Surget.

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Jungle

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui pour le scénariste.

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Un nobliau qui use et abuse de son rang (mais ne nous leurrons pas cela devait être monnaie courante à l’époque) se voit frappé par un vieil homme qu’il vient de malmener d’une malédiction qui le fait se changer en renard à la pleine lune jusqu’à ce qu’il retrouve ses vêtements au matin.

Hors un jour, son épouse, malheureuse, découvre le pot aux roses et s’empare des habits de son détestable époux.

Voilà notre triste sire obligé de rester sous sa forme animale et de vivre une existence difficile qui va lui ouvrir les yeux sur ses propres méfaits et défauts.

 

A la manière d’un conte d’antan, d’une fable à morale, Alain Surget, auteur à succès de livres pour la jeunesse, imagine cette histoire de renard garou et de rédemption que Maxe L’Hermenier, qui s’est déjà frotté avec une certaine réussite à l’adaptation de contes comme on l’a vu chez nous, traduit en BD, avec certes un peu de raccourcis coté thématique mais tout en arrivant à garder le fond du propos intact, le tout via une narration sans temps morts.

 

 Mathieu Moreau au dessin livre un travail agréable, avec des décors détaillés et réalistes et des personnages aux traits marqués assez cartoony, le tout dans des couleurs vives qui ne sont pas sans faire penser aux canons de la BD jeunesse.

Impression appuyée par le dossier  éducatif qui vient compléter l’album.

 

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :LA FAMEUSE INVASION DE LA SICILE PAR LES OURS.

 

 

C'est de qui ? R. Aubry

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Il semblerait que non.

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? A l’ère de la course à la 3D toujours plus performante, à des visuels qui cherchent à se rapprocher au plus de la réalité, le monde de l’animation a été parcouru l’an passé par un vent de fraicheur appelé La Fameuse invasion de la Sicile par les ours.

 

Adaptation d’un roman de Buzzati réalisée par l’auteur de BD Lorenzo MAttoti (avec Jean Luc Fromental au scénario), ce dessin animé en deux D délicieusement old school a en plus la chance d’avoir une B.O signée René Aubry, compositeur de musiques essentiellement fonctionnelles, pour le grand écran mais aussi beaucoup pour la scène.

 

Multi-instrumentiste autodidacte et doué, Aubry livre ici une partition inspirée entre autre choses par le folklore de l’Italie du Sud, où la mandoline a une place prépondérante parmi tout un panel d’instruments, le tout respire la joie et l’allégresse, même si quelques passages sont plus mélancoliques.

 

René Aubry s’approprie à merveille les codes de la musique de dessin animé pour mieux les transcender et cette belle B.O s’apprécie bien avec le Renard de Morlange version BD.

 

 

 

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

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22 octobre 2020 4 22 /10 /octobre /2020 14:55

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  LE VAGABOND DES ETOILES 2

 

 

C'est de qui ? Riff Reb’s

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Soleil

 

 

Déjà lu sur le site? Oui, sur le précédent entre autre.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Alors que son heure approche, Darrell Standing continue d’explorer ses existences antérieures, étranger à la souffrance de la camisole, au grand dam de ses geoliers.

Des laines de l’Ouest Américain où sa famille de pionniers  est trahie par des mormons, à une jeunesse d’esclave normand qui deviendra soldat romain assistant au supplice du christ, son voyage spatio-temporel est riche d’expériences et de souffrance et, au seuil de la mort, notre héros taciturne et dur à cuire, a vécu plus de vies que bien des hommes libres.

 

Second et dernier tome de la magistrale adaptation d’un roman de Jack London, moins connu que ses aventures enneigées mais tout aussi riche de leçons de sagesse.

Riff Reb’s a plus développé ici les flashbacks de son personnage, avec toujours des teintes dédiées aux époques et aux lieux, le tout avec un sens de la mise en page et de la narration qui force le respect.

Le Vagabond des Etoiles, dans un registre différent des précédentes adaptations de l’artiste, n’en n’est pas moins abouti et se savoure pleinement dans son intégralité.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi : GALAXY OF TERROR

 

 

C'est de qui ? B. Schrader

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Non

 

 

On peut écouter ?

 

Ca donne Quoi ? Avant de sombrer dans le tout électronique à base d’ordinateurs et autres claviers, Barry Schrader, déjà fort actif dans le domaine et défricheur s’il en est, se faisait les dents sur des séries B de genre.

Pour ce film de sf horrifique de troisième zone essayant, une paire d’années plus tard, tant bien que mal de marcher sur les plates-bandes d’Alien, il se fait plaisir en expérimentant toutes sortes de sonorités crées de toutes pièces via divers moyens acoustiques et électroniques.

 

Jouant à la fois sur le son diégétique des divers vaisseaux et machines du film, il rajoute des effets de réverb’ d’échos et autres distorsions aussi étranges que difficilement supportables parfois.

Néanmoins l’atmosphère générale est assez saisissante dans le malaise et la tension qu’elle provoque quasiment tout du long de cette B.O inclassable.

 

Si certains passages peuvent paraître plutôt incongrus avec cette suite du Vagabond des Etoiles, quelques pistes se révèlent assez savoureuses à la lecture, la transformant en expérience proche de ses séries tv d’anthologie d’antan.

 

 

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

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20 octobre 2020 2 20 /10 /octobre /2020 14:06

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  SŒURS D’YS

 

 

C'est de qui ? M.T Anderson & J. Riou

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Rue de Sèvres.

 

 

Déjà croisés sur le site? Non.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? La reine magicienne d’Ys, fondatrice de la cité et gardienne de sa tranquillité, vient de mourir laissant un roi inconsolable et deux filles que la vie va bientôt séparer. L’un s’intéresse aux grimoires de sa mère et aux hommes, l’autre n’est qu’amour de la nature et sauvageonne jusqu’aux bouts des fourches de ses cheveux.

Bientôt c’est l’équilibre tout entier d’Ys la légendaire qui est menacé par l’arrivée des hommes et l’agressivité des créatures de la mer et les deux sœurs vont devoir faire face à leur destinée, liée à l’avenir de leur cité.

 

Si la légende d’Ys a déjà eu les honneurs du 9° art, jusqu’ici personne ne l’avait aussi bien abordée que le duo d’auteurs responsables de ce très bel album. Sang, sexe et drames familiaux sont le lot de cette riche (plus de 200 pages tout de même !) version du conte qui pourtant ne sombre jamais dans le (trop) démonstratif, utilisant ces ingrédients à juste dose pour aborder des thématiques plus profondes.

 

 

La forme est ici au service du fond avec un trait hybride qui emprunte aux codes de la BD jeunesse et de l’illustration classique le tout rehaussé par de fort belles couleurs qui mettent bien en valeur une narration intelligente et des compositions inventives.

 

Un bel album à ranger à coté d’autres réussite comme le Morgane de Fert & Kansara ou l’Age D’Or de Moreil et Pedrosa.

 

 

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :CONCERTO POUR VIOLON ET ORCHESTRE

 

 

C'est de qui ? G De Frunerie

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD?

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Le moins que l’on puisse dire c’est que l’écriture de ce compositeur suédois est des plus…classique. Néanmoins classicisme ne rime pas forcément avec manque d’originalité comme en témoigne la richesse de cette pièce pour violon et orchestre.

 

Si le concerto est très porté sur la mélancolie voire la tragédie, les parties de cordes, le violon en tête donc, ne sont pas sans évoquer à la fois les envolées lyriques d’un Peer Gynt comme les mélodies épiques d’un Prokoviev (et par extension tout un pan de la musique fantasy au cinéma du Poledouris de Conan au Howard Shore du Seigneur des anneaux).

 

Si la première partie est donc assez animée on appréciera également le calme de la suite où les cuivres soufflent en arrière-plan une menace pleine de tension et la conclusion qui voit le retour de thèmes énergiques et dramatiques.

 

Fort évocative cette œuvre peu connue d’un compositeur qu’il l’est encore moins a toutes les qualités pour servir de B.O à la très belle version de la légende d’Ys de Riou et Anderson.

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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