16 septembre 2022 5 16 /09 /septembre /2022 07:15

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ? GAULOISES

 

 

C'est de qui ? Igort et Serio

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Futuropolis

 

 

Déjà croisés sur le site? Non

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Dans l’Italie du siècle dernier, deux hommes que tout oppose en apparence ont pourtant en commun leur gagne-pain : l’assassinat.

 

Aussi froids et efficaces l’un que l’autre, le destin finira par les mettre face à face.

 

 

Le polar graphique de cette rentrée nous vient de l’autre coté des Alpes, avec, au scénario, Igort qui revient au genre en en proposant une variation aux prémices classiques (la destinée de deux tueurs diamétralement opposés qui vont se retrouver avec un contrat l’un sur l’autre) mais au traitement des plus inhabituels, l’auteur italien préférant les ellipses et les non-dits à la voix off et aux scènes chocs.

 

 

Délaissant les crayons pour l’occasion, il laisse à son compatriote Andréa Serio le soin de sortir les siens, et il a choisi ceux de couleurs.

 

 

Délicates, voire diaphanes parfois, faussement naïves, qui mettent aussi bien en lumière les paysages aux lumières écrasantes du sud de l’Italie que des lieux bien plus glauques, elles font de Gauloises un polar clairement atypique, loin des sentiers (ra)battus du genre qui, avec ses choix de narration et de cadrages parfois déstabilisants, donnent envie de revenir à la lecture une fois l’album fini (et digéré) afin d’en apprécier, la surprise passée, les tenants et aboutissants de l’histoire et son atmosphère si particulière.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :MORT D’UN POURRI

 

 

C'est de qui ? Sarde et Getz

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui.

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? Pour leur quatrième collaboration, Lautner et Sarde choisissent de perpétuer une tradition déjà vieille de deux décennies, celle de donner au thriller la couleur du jazz.

 

Optant d’un commun accord pour un saxo soliste, c’est au grand Stan Getz que les deux hommes font appel, et, pour le même prix (ou presque !) obtiennent rien moins que Rick Laird, Billy Cobham et Billy Hart, à savoir ce que l’on fait de mieux dans le jazz à l’époque.

 

 

Ajoutons l’orchestre symphonique de Londres à ce quatuor de rêve, le tout interprétant une partition soyeuse de Sarde qui navigue entre airs langoureux et chaloupés et passages plus sobres et l’on obtient une vraie réussite du genre, moins marquée que pas mal de ses consœurs.

 

 

Une nonchalance souvent borderline, toute en nuances, un peu comme le polar atypique du duo italien du jour.

 

 

 

 

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27 mai 2022 5 27 /05 /mai /2022 09:43

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ? RAPTOR

 

 

C'est de qui ? D. McKean

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Futuropolis

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui.

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Un écrivain endeuillé par la mort de sa compagne tente de la contacter via le spiritisme tout en bataillant pour écrire son dernier roman.

Bientôt, la fatigue et le chagrin prenant le dessus sur sa santé mentale, il va commencer à douter de la réalité.

 

 

Si, comme l’avait été Cages à son époque, le nouvel effort solo de Dave McKean est un véritable tour de force graphique, l’auteur continuant à explorer ce qui fait la réussite et l’originalité de ses visuels (mélange de techniques, collages, peinture, montage photo, dessin traditionnel et informatique…) son scénario, qui alterne entre la réalité du personnage principal et la quête d'un étrange aventurier (le héros de son roman?) est parfois un peu labyrinthique.

 

Les thèmes abordés sont intéressants et on sent une véritable envie d’aller au bout de son sujet mais l’artiste a parfois tendance à s’égarer dans sa narration, il aurait été intéressant de voir ce que, confié à son compère Neil Gaiman, ce Raptors aurait donné !

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :DONNIE DARKO

 

 

C'est de qui ? M. Andrews

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Coup d’essai coup de maître pour Richard Kelly avec ce Donnie Darko, chronique adolescente loin des gros clichés du genre, sortie il y a tout juste 20 ans mais qui n’a rien perdu de son étrangeté ni de son aspect visionnaire.

 

Sa B.O, composée avec fort peu de moyens et interprétée entièrement par Michael Andrews, lui aussi débutant dans la discipline, se révèle toute aussi décalée et atmosphérique que le film.

 

Pleine de nappes de claviers que n’aurait pas renié un Angelo Badalamenti, ponctuées de notes de piano mélancoliques éparses, de parties de flutes égrenées de ci de là ou encore de timpani la partition du jeune compositeur -qui n’atteindra que rarement par la suite une telle réussite-  n’est clairement pas étrangère au statut de film culte acquis par Donnie Darko au fil des années.

 

 

 

 

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17 février 2022 4 17 /02 /février /2022 16:20

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ? ROCKING CHAIR

 

 

C'est de qui ? Kokor et Peyraud

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Futuropolis

 

 

Déjà croisés sur le site? Non.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Venus chercher le rêve américain, une famille de colons européens se fait entourlouper par leur guide et l’embuscade tendue par ce dernier tourne au bain de sang.

Seuls rescapés du drame un jeune homme et une jeune fille vont tenter de s’en sortir, emmenant avec eux le fauteuil à bascule de la mère du garçon.

 

Mais la vie dans les grands espaces américains est hostile et bientôt nos deux jeunes gens vont être séparés tandis que, de son coté, le rocking chair va connaître un destin hors du commun, changeant de propriétaires au fil des années.

 

Difficile aujourd’hui de faire un western en s’éloignant des sentiers ultra balisés empruntés par des centaines d’auteurs, écrivains, réalisateurs… pourtant on peut dire que le pari des auteurs de Rocking Chair est remporté haut la main tant lieur récit atypique, s’il est bien enraciné dans les racines du genre – la conquête de l’Ouest et la ruée vers l’or, difficile de choisir background plus classique- se veut original et intelligent.

 

Un peu à la manière du Go West Young Man paru l’an passé, ici aussi on retrouve un objet en forme de « fil rouge » de l’histoire, qui, comme dans le classique du genre, Winchester 73 (cité d’ailleurs dans la chronique de l’album choral d’Ogier), passe de main en main apportant à chaque fois plus de malheur que de bonheur jusqu’à une « end » pas si happy que ça.

 

 

Jean Philippe Peyraud livre un western en forme de tragédie-comique, avec des destins souvent chamboulés pour ne pas dire broyés par l’Histoire avec un grand H de la naissance de l’Amérique, cahotique et violente s’il en est.

 

De son coté Alain Kokor rend une copie sans fautes dans un style expressif aux paysages vivants et aux faciès anguleux, qui n’est pas parfois sans faire penser à celui de Pierre Alary, tout au lavis formidablement mis en couleur dans des monochromes et bichromies très réussis.

 

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :HANNIE CAULDER

 

 

C'est de qui ? K. Thorne

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Non.

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Après plus de deux décennies à naviguer entre série B et musiques de  séries TV, Ken Thorne est embauché sur ce western hybride (qui a dit bâtard ?!), qui lorgne éhontément vers le western spaghetti sans pour autant en être un.

 

Tourné à la gloire de Raquel Welsh, qui n’hésites pas à mettre en valeur sa plastique parfaite, Hannie Caulder hésite constamment entre la parodie, le film de vengeance, l’exploitation ou encore le film féministe…pour ne jamais trouver sa place où que ce soit.

 

La B.O est à l’image du reste, une sorte de patchwork d’ambiances et de genres mais plutôt bien mélangés avec une unité au final impressionnante vu là d’où on était parti.

 

Outre les gimmicks traditionnels du film de cow-boy, quelques pistes jouent clairement le registre de la comédie enjouée, d’autres fleurent bon l’aventure avec les cuivres en vedette, et une paire de thèmes plus sombres finissent de faire de ce score un accompagnement de choix pour l’album hors norme lui aussi de Kokor et Peyraud qui joue aussi bien avec les genres.

 

 

 

 

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2 septembre 2021 4 02 /09 /septembre /2021 12:19

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ? UN ROI SANS DIVERTISSEMENT

 

 

C'est de qui ? Terpant et Dufaux

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Futuropolis

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui, les deux, ensemble même.

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? A la fin du XIX° siècle alors qu’une petite bourgade montagnarde du Vercors est frappée par une série de disparitions, un capitaine de gendarmerie, Langlois, es dépêché sur place pour résoudre le cas.

 

L’enquête va être courte et efficace mais va réveiller chez Langlois de drôles de sentiments qui le poursuivront toute sa vie et, quelques mois plus tard, quand il revient s’installer à Trièves, ce n’est plus le même homme.

 

Ma première « rencontre » avec Un Roi sans Divertissement » s’est faite un peu par hasard quand j’ai découvert que Brel en avait signé le générique.

 

 

 

 

Intrigué par les paroles et les images d’ouverture du long métrage j’ai poussé plus loin la curiosité et en est été bien payé puisque j’ai trouvé l’histoire – et son adaptation- assez admirables.

 

Curiosité donc que de retrouver le récit passé par le prisme du 9° Art surtout sous la plume de Dufaux et le crayon de Terpant, le premier ayant réussi à capter l’essence du texte de Giono et le second rendant, comme à son habitude, une copie magistrale où son style réaliste fait merveille que ce soit dans  les paysages qui respirent le terroir ou les protagonistes, expressifs à souhaits, même si d’habitude je ne suis pas fan des « modèles » connus pour figurer les personnages (on trouve entre autre au casting de  ce « Roi » Daniel Day Lewis, Romy Schneider ou encore,…Jacques Terpant lui-même dans le rôle de l’assassin !)

 

Un bien bel hommage à l’un des romans les plus marquants de Giono.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :LE CHAT

 

 

C'est de qui ? P.Sarde

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD?

 

 

On peut écouter ?

 

Ca donne Quoi ? Philippe Sarde est un compositeur qui s’attache. Dans le travail du moins puisque, ne serait-ce que pour Granier Deferre, réal de ce Chat, il va écrire pas moins de 16 B.O.

 

Celle-ci est la toute première, le musicien -enfant de la balle dont le parrain est George Auric, ça aide ! - s’est décidé pour la carrière l’année précédente lors de laquelle il a composé 3 scores pour Sautet et Molinaro entre autres.

 

Afin d’évoquer la mélancolie de la vieillesse et la tension maladive qui s’installe entre les protagonistes du scénario, Sarde opte pour un piano solo dont certains arrangements et phrasés ne sont pas parfois sans faire penser à la musique sérielle voire le minimalisme.

Quelques notes et autres demi-tons, disséminés de ci de là dans des thèmes où domine la tristesse, amènent une certaine gène chez l’auditeur de par une atonalité passagère aussi peu familière qu’inattendue.

 

Un effet simple et pourtant imparable qui a fort bien fonctionné sur pas mal de passages de ce Roi sans Divertissement et son atmosphère glacée.

 

Anecdote intéressante, le thème du Chat plut tellement à Sarde que, quelques années plus tard, quand on lui commande une B.O pour Ghost Story, le compositeur n’hésites pas à reprendre sa partition du Chat pour développer toutes les idées que, de son propre aveu, il n’avait « pas eu la place » d’explorer sur le film de Granier Deferre.

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

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9 juin 2021 3 09 /06 /juin /2021 14:14

 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ? URBAN. 5 SCHIZO ROBOT

 

 

C'est de qui ? Brunschwig & Ricci

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Futuropolis

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui sur les tomes précédents

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Zach en a assez d’être le jouet de l’être immonde que s’est révélé être Springy Fool, alors que le chaos règne à Monplaisir il décide de se rebeller contre ses supérieurs et lance un contrat sur Fool.

 

Tandis qu’une invasion se prépare pour rétablir l’ordre, notre héros va être aidé dans ses nouvelles missions de chef de la police par une alliée aussi inattendue que discrète…si tant est que l’on peut parler de discrétion quand on évoque les milliards d’I.A et de caméras qui peuplent la ville des plaisirs !

 

Conclusion aussi chargée émotionnellement que symboliquement de la saga dystopique de Brunschwig et Ricci, ce cinquième tome d’Urban est à l’image du reste de la série : une réflexion aussi intelligente que réaliste sur la nature humaine et sur le « progrès » à outrance, sur l’avenir de la planète et l’impact de l’intelligence artificielle si elle était amenée à trop être développée (A.L.I.C.E fait en effet passer le HAL de Kubrick pour un enfant de chœur !).

Le tout doublé d’un thriller SF à grand spectacle mené tambour battant et narré avec un sens aigu de la narration.

 

Last but not least le dessin de Ricci, passé au tout numérique suite à des soucis de main, est toujours bluffant que ce soit dans les compositions de ses cases, dans l’expressivité exacerbée de ses personnages, dans son sens du détail ou encore dans son choix de palette impeccable.

 

 

Une décennie après son premier tome, Urban comble les attentes de ses lecteurs et ne demande maintenant qu’elle est terminée qu’à conquérir un nouveau public.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :RAISED BY WOLVES

 

 

C'est de qui ? Ben Frost & M. Streitenfeld

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui.

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Si leur carrières respectives sont loin d’être comparables, Ben Frost est clairement, à mon goût,  un compositeur et musicien plus intéressant que Marc Streitenfeld avec qui il collabore sur la B.O de la -très moyenne- série TV Raised By Wolves.

Gageons d’ailleurs que ce dernier a eu le job via Ridley Scott, producteur de la série et qui bosse avec le compositeur depuis une grosse poignée de films (pas ses meilleurs soi dit en passant).

 

La patte du créateur de l’univers musical unique de Dark –Frost donc- est immédiatement discernable dans ses ajouts sonores de voix déstabilisantes, de variations de nappes électroniques et autres sons d’ambiance flippants tandis que Streitenfeld amène son savoir-faire du grand spectacle plus calibré notamment sur quelques scènes d’action.

 

Le résultat, si pas aussi marquant que celui de la série citée ci-dessus, est néanmoins tout à fait recommandable ; la B.O de Raised by Wolves est un exemple parfait de musique de SF sombre des années 2020, pleine d’une électronique chirurgicale triturée à bon escient qui met mal à l’aise son auditoire ; juste ce qu’il fallait pour conclure en beauté la saga Urban.

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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