16 juin 2026 2 16 /06 /juin /2026 16:03


 

LA BD:

 


C'est quoi : L’EXODE DU LOUVRE



 

C'est de qui? G. Smudja



 

La Couv':

 




 

Déjà croisé sur le site? Oui.





 

Une planche: 

 


 

Ca donne Quoi ? Même si la liesse est de mise en ce mois de juillet 39, l’ombre des fascismes voisins et le douloureux souvenir de la Grande Guerre planent sur le France.

A Paris, Jacques Jaujard, directeur du Louvre, sentant la menace d’un nouveau conflit se préciser, va, avec l’aide de ses collègues et de douzaines de volontaires de tous horizons (on croise des boulangers, des danseuses, des étudiants en art!), organiser  le transit de centaines d'oeuvres et notamment les plus précieuses du musée vers des endroits où les nazis n’iront pas les chercher…du moins l’espère-t-il!

 

Jaujard fait face à une logistique infernale pour gérer les flots de camions, l'emballage et le transport de certaines oeuvres que leur taille ou poids rendent complexes à déplacer alors que la guerre est finalement déclarée et que le compte à rebours s'amenuise!



 

Décidément, Gradimir Smudja n’est jamais là où l'on croirait le trouver!

Après s’être penché avec talent sur le destin de grands artistes, de Van Gogh à Toulouse Lautrec en passant par Mozart (dont il a fait… une souris!), il s’était intéressé dans son précédent opus à la biographie du coureur Jesse Owens.



 

Voilà qu’on le retrouve sur ce projet historico-culturel tiré d’une histoire vraie qui lui permet, comme c’était déjà le cas dans Le Bordel des Muses ou Au fil de l’Art, de croquer quelques grandes figures littéraires et artistiques.

 


 

Ce véritable Midas du 9° Art, qui travaille tout à la peinture à l’ancienne, a encore trouvé là un sujet qui lui permet de faire étal de tout son talent. Le chatoiement de ses couleurs n’a d’égal que le fourmillement des détails.

On sent que le Louvre et ses trésors inspirent Smudja, et pas qu’un peu.

 

Une fois encore l’artiste marie le fond et la forme et livre un écrin graphique magistral à une histoire peu connue d’une autre forme de résistance- qu'il parsème d'un humour bon enfant et d'un soupçon de fantastique - peut être un peu moins héroïque mais néanmoins essentielle.  



 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : UNE HEURE AVANT L’AUBE



 

 

C'est de qui? M. Rozsa



 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui




 

On peut écouter ?  

 

 



 

Ça donne Quoi ?Un film qui commence comme un drame psychologique humain pour finalement tourner en histoire d’espionnage nazi et l’occasion pour un Miklos Rosza alors encore dans les débuts de sa carrière de faire montre de l’étendue de son talent. 



 

Le compositeur passe sans sourciller de l’émotion au suspense, de la douceur mélancolique à la froideur implacable et imparable. Il insuffle dans sa partition ce qui sera un leitmotiv payant tout au long de sa filmo, à savoir des éléments de musique folklorique et classique de sa contrée d’origine.



 

Un petit score assez peu connu dont le panel d’émotions exprimées, toutes avec autant de réussite, est très en phase avec cette première partie de l’Exode du Louvre.

 


 

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2 mai 2026 6 02 /05 /mai /2026 15:22

 

LA BD:

 


C'est quoi : LE HORLA

 

 

C'est de qui? Les Frères Brizzi



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Futuropolis





 

Déjà croisés sur le site? Oui.




 

Une planche: 

 


 

Ca donne Quoi ? Dans le haut du panier de mes auteurs favoris, Maupassant a toujours trusté les premières places, au coude à coude entre autres avec Oscar Wilde.

 

En BD ça fait bien 10 ans -et la version de Sorel du…Horla d’ailleurs- que je n’avais pas lu quelque chose qui faisait honneur à l’écrivain, heureusement les (sur)doués frères Brizzi, sur la lancée de leurs adaptations littéraires chez Futuro et Daniel Maghen, qui sont toutes plus réussies les unes que les autres, ont décidé pour la lancée “officielle” de leur Bibliothèque Fantastique qui s’enrichira d’un nouveau titre chaque année, de se frotter à Maupassant.



 

En deux mots le Horla c’est le récit effrayant et tragique d’un bourgeois normand qui, après le passage d’un voilier sud américain sur la Seine proche de sa demeure, se pense possédé et commence à ne plus arriver à dormir, à avoir des visions lugubres et à lentement mais sûrement sombrer dans la folie.



 

Terrain de jeu idéal pour les frères Brizzi qui livrent là une version habitée!

Comme toujours ils ont choisi le noir et blanc et les niveaux de gris. Gaetan gère les décors tandis que Paul dessine les protagonistes. Les premiers sont à la croisée du Romantisme et de l'expressionnisme tandis que les seconds empruntent aux grands caricaturistes avec une force d’expressivité rare.



 

En 80 pages les auteurs s’approprient le texte d’origine tout en y restant très fidèle et signent à nouveau un petit chef d’oeuvre du 9° Art que l’on classera à coté de leurs précédents opus en attendant impatiemment le prochain tome de la collection sur lequel ils ont déjà commencé à travailler: La Femme au collier de velours d’Alexandre Dumas.




 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : THE HAUNTING OF JULIA



 

 

C'est de qui? C. Towns



 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui




 

On peut écouter ?  

 


 

 

Ça donne Quoi ? Colin Towns joue la carte de la sobriété, voire de l’underscoring pour cette série B de 1977, où Mia Farrow joue une mère ravagée par la mort de sa fille qui croit être hantée par son fantôme, plot plutôt classique dans le fantastique. 

 

 

Utilisant peu d’instruments dont -hélas mais bon c’est l’époque qui voulait ça- des synthétiseurs, il crée une atmosphère fort tendu, et même si quelques pistes de cette B.O sonnent  très datée, on appréciera la force du piano lead, des cloches lugubres, des cuivres hauts perchés et des cordes survoltées.

 

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29 mars 2025 6 29 /03 /mars /2025 16:40




 

LA BD:





 

C'est quoi ? SPY SUPERB




 

C'est de qui ? M. Kindt



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Futuropolis




 

Déjà croisé sur le site? Oui



 

Une planche: 

 



 

Ca donne Quoi ?  Jay est un romancier raté, persuadé d’être un génie en devenir mais qui n’a jamais réussi à faire publier quoique ce soit.

Imbu de sa personne malgré sa nullité quasi générale, le jour où il est malencontreusement choisi pour servir d’homme de paille à une organisation gouvernementale, il se prend au jeu, mettant en jeu sa vie et celle de vrais espions à la recherche d’un téléphone compromettant.



 

Le pastiche de récit d’espionnage a ses “lettres de noblesse” que ce soit Outre atlantique ou chez nous et Matt Kindt, après s'être essayé au thriller avec une certaine réussite, notamment sur deux de ses premiers travaux, Pistolwhip et Super Spy, décide ici de prendre le contre-pied et nous pond une sorte de “grand blond avec une chaussure noire” version U.S convaincante.



 

Son anti-héros est tête à claques au possible et le récit est mené à 100 à l’heure.

Coté graphisme le style très particulier de Kindt pourra en rebuter certains (je dois vous avouer que je ne suis pas un grand fan) mais on le scénario emporte l’adhésion même si on est loin des grandes réussites de l’auteur.





 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi ? LOGAN LUCKY



 

C'est de qui ? D. Holmes




 

La Couv':


 


 

Déjà entendu chez B.O BD



 

On peut écouter ?

 


 

Ca donne Quoi ? Ce Logan Lucky marque la sixième collaboration entre Soderbergh et Holmes (dont trois Ocean, notons que pour la version féminine de la franchise, réduite à 8, les deux compères ne rempileront pas, gageons qu’ils ont eu du nez !), toutes placées sous le signe du groove classe hérité des B.O jazzy de pointures comme Lalo Schifrin et autre John Barry dans les années 60 /70.

 

 

 

Comme sur le reste de leur prod ensemble, Holmes et Soderbergh ont savamment mélangé musique illustrative écrite pour le film et morceaux pop-rock voire funk plus ou moins connu, choisis pour leurs ambiances cool et classe.

 

 

 

De son propre aveu Holmes, plus en retrait coté écriture que sur les autres longs métrages, a sélectionné des morceaux moins lambda que ceux qu’on entend d’habitude dans les grosses machines U.S du genre (le film de casse) histoire que, tout en imprégnant le film d’une identité musicale marquée, les chansons ne prennent pas le pas sur le reste.

 

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14 janvier 2025 2 14 /01 /janvier /2025 14:52








 

LA BD:





 

C'est quoi ? LE FANTOME DE L’OPERA




 

C'est de qui ? Les frères Brizzi




 

La Couv':




 





 

C’est édité chez qui? Futuropolis



 

Déjà croisés sur le site? Oui.



 

Une planche: 


 




 

Ca donne Quoi ? Au début du XX° siècle, à Paris, l’Opéra Garnier est réputé hanté par un fantôme qui …réclame de l’argent aux dirigeants du lieu et exige qu’on lui réserve une loge. 

Alors que la nouvelle direction ne souhaite pas faire cas de ce chantage et de ces élucubrations, plusieurs faits troublants surviennent: pendaison d’un machiniste, vol d’un cheval, sabotage du grand lustre…

 

Une jeune soprano, qui a remplacé au pied levé -et avec succès!- la chanteuse attitrée, va devenir l’objet de convoitise du mystérieux fantôme et le soupirant de la belle devra mobiliser tout son courage pour la tirer des griffes de cet inquiétant personnage.



 

Les frères Brizzi se sont fait depuis un certain temps une spécialité d’adapter de grands auteurs en BD.

Balzac ou Vian déjà chez Futuro, Dante chez Daniel Maghen…avec une réussite qui approche de l’idée que je me fais de la perfection dans le médium!

 

En effet, leurs versions de l’Enfer de Dante ou des Contes Drolatiques de Balzac m’ont littéralement ravies et ont placé leurs auteurs aux cotés de maîtres de la BD réaliste en noir et blanc dans un panthéon qui va du précursseur Gustave Doré aux américains Gary Gianni et Bernie Wrigthson, en passant par les italiens Battaglia ou encore Serpieri.



 

Leur maîtrise des ombres et de la lumière, des hachures et des déliés est un régal et magnifie leurs décors détaillés tout comme l'expressivité exacerbée de leurs protagonistes.

 

Là encore l'alternance de narration classique et de superbes planches pleines pages fonctionne à plein.



 

Cette relecture du Fantôme de l’Opéra confirme tout le talent du duo Brizzi et font attendre avec fébrilité leurs projets futurs!



 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : LE COMTE DE MONTE CRISTO



 

C'est de qui ? J. Rebotier




 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Non



 

On peut écouter ?

 


 

Ca donne Quoi ? C’est amusant car nous avons eu récemment un échange lapidaire (une suite de réponse à un post facebook pour être exact!) avec Lio, AKA Lionel Zehren, transfuge entre autre de B.O BD où il nous a régalé de chroniques pointues il y a quelques années et qui, depuis quelques temps, propose un podcast que je trouve fort intéressant (en même temps il parle de B.O de films, donc j’étais acquis à la cause d’emblée!), dans lequel (l’échange lapidaire, pas le podcast, pour ceux qui ont perdu le fil) nous évoquions succinctement la phrase de Lalo Schifrin sur le fait que la réussite d’un film tienne à 70% sur sa musique.



 

L'exemple du jour est, de façon quelque peu contradictoire, à mes yeux un contre exemple mais probablement pas pour les plus profanes dans le genre.



 

Je m’explique: le score de Jérôme Rebotier (que nous n’avions jamais croisé de par chez nous, ce qui, avec pourtant près de 3800 chroniques, laisserait d’ailleurs  penser que nous n'avons pas fait le tour de la question, et c’est tant mieux!) est redoutable d'efficacité dans des genres comme l’action musclée, le suspense tendu voire le fantastique mais, à mes oreilles en tout cas, ô combien anachronique avec cette version du Comte de Monte Cristo.



 

Pas que les décalages entre images et musique ne me gênent (sauf si l’on évoque des choses comme The keep par Tangerine Dream  ou Le Sixième Sens de Rubini où les B.O horriblement datées 80’s rendent aujourd’hui les longs métrages quasi inregardables ) mais ici on sent que Reboter chasse plus sur les terres d’un Bernard Herrmann que d’un Philippe Delerue.

 

Utilisation rythmiques d’instruments mélodiques, glissandos exacerbés de cordes ou encore répétitions de notes, le compositeur a choisi d’évoquer la tragédie de l’histoire plutôt que sa période.

Alors ne me faites pas dire ce que je n’ai pas écrit, la partition fonctionne plutôt bien mais, du point de vue de l'aficionado que je suis de musique historique, je me suis senti un rien trompé sur la marchandise.



 

En tous les cas, pour l’admirable version du Fantôme de l’Opéra que nous chroniquons aujourd’hui, le score de Rebotier est fort intéressant. 

 

 

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30 décembre 2024 1 30 /12 /décembre /2024 07:30





 

LA BD:





 

C'est quoi ? POPEYE. SUNDAYS 1930-1933




 

C'est de qui ? E.C Segar



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Futuropolis




 

Déjà croisé sur le site? Non



 

Une planche: 

 

Ceci est une planche de la V.O mais le livre paru chez Futuropolis est bien en V.F



 

Ca donne Quoi ? Ma première rencontre avec l'acariâtre marin friand d’épinards (à tel point qu’aujourd’hui encore pour pas mal de générations le légume ne va pas sans l’image de Popeye!) remonte à mes 6 ou 7 ans , au travers de publications souples un rien cheap que l’on trouvait chez les marchands de journaux au début des années 80.

 

Mais le personnage créé par Segar avait déjà à l’époque…plus de 50 ans! Contemporain de quelques autres futurs grands classiques tels que Prince Valiant, Flash Gordon ou encore Mandrake -tous parus sous la houlette de King Features Syndicate, Popeye était bien moins policé et kids friendly à ses débuts comme on peut le (re) découvrir dans cette réédition classe de trois premières années des sundays strips (parutions du dimanche, pour ceux de nos lecteurs les moins familiers avec la langue de Shakespeare).



 

Irascible, bagarreur et, soyons honnêtes un peu simplet, Popeye ne rate jamais une occasion d’envoyer son poing dans la figure d’un quidam qui ne lui revient pas ou qui a le malheur de le défier, ni de faire du rentre dedans peu subtil à Olive qui, heureusement, a du répondant. 

Jusque dans son langage le marin à la mâchoire proéminente est une caricature qui gagnera rapidement en popularité (mais du coup perdra un peu en politiquement incorrect)



 

Toute une galerie de seconds rôles savoureux, rivalisant de bêtise ou de naïveté vient meubler des histoires courtes souvent très drôles dont la violence débridée -mais à prendre avec un certain second degré, comme c’était le cas par exemple du cinéma burlesque de l’époque- est une des composantes principales.



 

A l’instar d’un Tintin ou d’un Asterix, graphiquement aussi les débuts de Popeye paraîtront aujourd’hui assez bruts de décoffrage à ceux qui n’en n’ont connu que des versions ultérieures plus grand public et à qui cette réédition permettra de découvrir tout un pan de la BD américaine du début du siècle dernier.

 

Un album à l’italienne très réussi que les amateurs de BD pourront ranger aux cotés d'autres classiques de l'âge d’or, eux aussi réédités en VF ces dernières années, que ce soit chez Urban, Soleil ou, déjà chez Futuropolis! 





 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : UN MAUVAIS PANTALON



 

C'est de qui ? J. Nott




 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui



 

On peut écouter ?

 


 

Ca donne Quoi ? On reconnaît souvent la qualité d’un dessin animé à sa B.O ; les vieux Walt Disney en sont un bon exemple. Outre l’humour omniprésent et la réalisation aux petits oignons tout en pate à modeler, Wallace et Groomit bénéficie de musiques d’accompagnement qui n’ont rien à envier aux grands classiques du genre.

 

 

 

S’il sacrifie quelque peu aux codes de l’animation, le britannique Julian Nott (depuis passé du coté obscur puisqu’il gère la musique de Peppa Pig !) opte souvent pour des instrumentations inhabituelles, avec par exemple sur ce Wrong trousers, une prédilection pour les cuivres imposants utilisés quasiment à contre emploi.

 

L’effet est assez surprenant, entre la fanfare et la parodie de musique de cirque. Le reste de la B.O de cet épisode du duo oscille avec réussite entre Danny Elfman période Tim Burton et Joseph Kosma époque Roi et l’Oiseau, excusez du peu !




 

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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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