2 novembre 2022 3 02 /11 /novembre /2022 07:46

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ? VENUS A SON MIROIR

 

 

C'est de qui ? Matteo & Cornette

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Futuropolis

 

 

Déjà croisés sur le site? Le scénariste oui, le dessinateur c’est moins sur.

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Milieu du XVII, le Roi Philippe IV d’Espagne commissionne le peintre Diego Velasquez pour aller en Italie acheter des œuvres d’art, peintures et sculptures.

 

Jusque là cantonné aux portraits, paysages et autres natures mortes, du fait de la grande rigueur religieuse qui sévit dans son pays, l’un des plus grands artistes de son temps va être confronté à un art italien bien moins pudibond où le corps dénudé, féminin comme masculin (voire les deux, si, si).

 

C’est une révélation et, en marge de sa mission, Velasquez va commencer ce qui reste l’une de ses toiles les plus connue, la Vénus à son Miroir, avec, comme modèle peu farouche, la sœur de l’un de ses pairs peintres, avec qui il va nouer une idylle.

 

 

Les albums et collections  sur les peintres en BD ont fleuri ces dernières années avec plus ou moins de réussite, Vénus à son miroir en est une, sans aucun doute.

 

Le récit est joliment raconté et accessible à tout un chacun, , même si l’on ne connaît pas le peintre et ce malgré la période de sa vie choisie, assez courte et pas forcément représentative de l’ensemble de sa carrière.

 

Quant à la partie graphique elle n’est pas en reste ! Cela ne doit pas être évident pour un dessinateur de devoir se frotter à l’univers d’un peintre célèbre. Ici, Mattéo a non seulement su rendre les toiles de Velasquez avec application mais il donne aussi une version de l’Italie de l’époque très crédible et fort détaillée, le tout sans se départir de ce qui fait l’originalité de son trait.

 

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :BORGIA SAISON 3

 

 

C'est de qui ? E. Neveux

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui.

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? La série produit à l’époquue par Canal + avait surpris par son traitement, montrant la famille Borgia comme ce qu’elle était plus ou moins : les prémisses de la mafia italienne (tout du moins dans ses mœurs et malversations diverses).

 

 

Mélangeant inspiration vaguement d’époque, musique religieuse et arrangements modernes, Eric Neveux, qui succède à Morin, pas assez au gout de Tom « Oz »Fontana, le créateur de la série, a su capter l’esprit du programme et a composé un score qui rend la série encore plus réussie.

 

 

Si l’on fera l’impasse sur les pistes les plus sombres de la galette, le reste de la partition du compositeur français rend souvent fort bien avec cette escapade italienne de Velasquez à Rome, créant  des ambiances agréables, à l’aspect  historique certain mais sans faire trop old school.

 

 

 

 

 

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30 septembre 2022 5 30 /09 /septembre /2022 14:18

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ? LE LABYRINTHE INACHEVE

 

 

C'est de qui ? J. Lemire

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Futuropolis

 

 

Déjà croisé sur le site? Oui

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Quand la fille de Will est morte, la vie de ce dernier s’est arrêtée.

Il s’est séparé de sa femme et est devenu l’ombre de lui même, fuyant les interactions avec les autres et s’enfermant dans une routine abrutissante.

 

Mais une nuit son téléphone sonne ; à l’autre bout du fil, la voix de sa fille qui lui demande de la retrouver.

Va alors commencer pour Will une lente descente dans une sorte de quête désespérée, menée par une obsession des labyrinthes -passion de sa fille- qui va l’amener à affronter ses propres démons.

 

 

Artiste aussi prolixe que varié, capable de passer sans problèmes du thriller glacé à l’hommage aux super héros, Jeff Lemire revient cet automne avec un projet ambitieux et très personnel, récit sur la perte d’un être cher et comment vivre avec, où il mélange avec un certain talent le fond et la forme.

 

 

La figure allégorique du labyrinthe (et du Minotaure par extension) dirige cette histoire que ce soit dans le scénario comme sur les planches, beaucoup étant composées de façon originale, un peu dans l’approche d’un Marc Antoine Mathieu.

 

Lemire dessine dans un noir et blanc de son trait expressif et délié, peut être un peu moins torturé que de par le passé, utilisant quelques nuances colorées pour ponctuer les séquences de son récit entre réalité et hallucination.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :THE LOST DAUGHTER

 

 

C'est de qui ? Dickon Hinchliffe

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Une paire de fois oui

 

 

On peut écouter ?

 

Ca donne Quoi ? Hinchliffe, le parangon du spleen musical, que ce soit avec les ex-Tindersticks ou dans ses œuvres pour le grand écran (dont as mal avec notre Claire Denis nationale) remet ça sur cette adaptation d’un roman à succès d’Elena Ferrante qui traite des relations de maternité et de culpabilité…oui, des thèmes que l’on retrouve dans l’album de Lemire, on fait bien les choses sur B.O BD n’est-ce pas ?!

 

Plus sérieusement, connaissant l’attrait du compositeur pour la mélancolie lancinante et l’utilisation d’instruments solos comme le piano ou certaines cordes, il y avait fort à parier que la B.O de The Lost Daughter allait envoyer du lourd coté déprime.

 

 

Si cette dernière est bien au rendez-vous, notamment via un thème de quelques notes de piano entêtantes,  il faut reconnaître à Hinchliffe quelques envolées plus optimistes qu’à l’accoutumée, qui ne sont pas sans faire penser à Nick Cave.

 

 

 

 

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16 septembre 2022 5 16 /09 /septembre /2022 07:15

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ? GAULOISES

 

 

C'est de qui ? Igort et Serio

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Futuropolis

 

 

Déjà croisés sur le site? Non

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Dans l’Italie du siècle dernier, deux hommes que tout oppose en apparence ont pourtant en commun leur gagne-pain : l’assassinat.

 

Aussi froids et efficaces l’un que l’autre, le destin finira par les mettre face à face.

 

 

Le polar graphique de cette rentrée nous vient de l’autre coté des Alpes, avec, au scénario, Igort qui revient au genre en en proposant une variation aux prémices classiques (la destinée de deux tueurs diamétralement opposés qui vont se retrouver avec un contrat l’un sur l’autre) mais au traitement des plus inhabituels, l’auteur italien préférant les ellipses et les non-dits à la voix off et aux scènes chocs.

 

 

Délaissant les crayons pour l’occasion, il laisse à son compatriote Andréa Serio le soin de sortir les siens, et il a choisi ceux de couleurs.

 

 

Délicates, voire diaphanes parfois, faussement naïves, qui mettent aussi bien en lumière les paysages aux lumières écrasantes du sud de l’Italie que des lieux bien plus glauques, elles font de Gauloises un polar clairement atypique, loin des sentiers (ra)battus du genre qui, avec ses choix de narration et de cadrages parfois déstabilisants, donnent envie de revenir à la lecture une fois l’album fini (et digéré) afin d’en apprécier, la surprise passée, les tenants et aboutissants de l’histoire et son atmosphère si particulière.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :MORT D’UN POURRI

 

 

C'est de qui ? Sarde et Getz

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui.

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? Pour leur quatrième collaboration, Lautner et Sarde choisissent de perpétuer une tradition déjà vieille de deux décennies, celle de donner au thriller la couleur du jazz.

 

Optant d’un commun accord pour un saxo soliste, c’est au grand Stan Getz que les deux hommes font appel, et, pour le même prix (ou presque !) obtiennent rien moins que Rick Laird, Billy Cobham et Billy Hart, à savoir ce que l’on fait de mieux dans le jazz à l’époque.

 

 

Ajoutons l’orchestre symphonique de Londres à ce quatuor de rêve, le tout interprétant une partition soyeuse de Sarde qui navigue entre airs langoureux et chaloupés et passages plus sobres et l’on obtient une vraie réussite du genre, moins marquée que pas mal de ses consœurs.

 

 

Une nonchalance souvent borderline, toute en nuances, un peu comme le polar atypique du duo italien du jour.

 

 

 

 

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27 mai 2022 5 27 /05 /mai /2022 09:43

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ? RAPTOR

 

 

C'est de qui ? D. McKean

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Futuropolis

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui.

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Un écrivain endeuillé par la mort de sa compagne tente de la contacter via le spiritisme tout en bataillant pour écrire son dernier roman.

Bientôt, la fatigue et le chagrin prenant le dessus sur sa santé mentale, il va commencer à douter de la réalité.

 

 

Si, comme l’avait été Cages à son époque, le nouvel effort solo de Dave McKean est un véritable tour de force graphique, l’auteur continuant à explorer ce qui fait la réussite et l’originalité de ses visuels (mélange de techniques, collages, peinture, montage photo, dessin traditionnel et informatique…) son scénario, qui alterne entre la réalité du personnage principal et la quête d'un étrange aventurier (le héros de son roman?) est parfois un peu labyrinthique.

 

Les thèmes abordés sont intéressants et on sent une véritable envie d’aller au bout de son sujet mais l’artiste a parfois tendance à s’égarer dans sa narration, il aurait été intéressant de voir ce que, confié à son compère Neil Gaiman, ce Raptors aurait donné !

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :DONNIE DARKO

 

 

C'est de qui ? M. Andrews

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Coup d’essai coup de maître pour Richard Kelly avec ce Donnie Darko, chronique adolescente loin des gros clichés du genre, sortie il y a tout juste 20 ans mais qui n’a rien perdu de son étrangeté ni de son aspect visionnaire.

 

Sa B.O, composée avec fort peu de moyens et interprétée entièrement par Michael Andrews, lui aussi débutant dans la discipline, se révèle toute aussi décalée et atmosphérique que le film.

 

Pleine de nappes de claviers que n’aurait pas renié un Angelo Badalamenti, ponctuées de notes de piano mélancoliques éparses, de parties de flutes égrenées de ci de là ou encore de timpani la partition du jeune compositeur -qui n’atteindra que rarement par la suite une telle réussite-  n’est clairement pas étrangère au statut de film culte acquis par Donnie Darko au fil des années.

 

 

 

 

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17 février 2022 4 17 /02 /février /2022 16:20

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ? ROCKING CHAIR

 

 

C'est de qui ? Kokor et Peyraud

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Futuropolis

 

 

Déjà croisés sur le site? Non.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Venus chercher le rêve américain, une famille de colons européens se fait entourlouper par leur guide et l’embuscade tendue par ce dernier tourne au bain de sang.

Seuls rescapés du drame un jeune homme et une jeune fille vont tenter de s’en sortir, emmenant avec eux le fauteuil à bascule de la mère du garçon.

 

Mais la vie dans les grands espaces américains est hostile et bientôt nos deux jeunes gens vont être séparés tandis que, de son coté, le rocking chair va connaître un destin hors du commun, changeant de propriétaires au fil des années.

 

Difficile aujourd’hui de faire un western en s’éloignant des sentiers ultra balisés empruntés par des centaines d’auteurs, écrivains, réalisateurs… pourtant on peut dire que le pari des auteurs de Rocking Chair est remporté haut la main tant lieur récit atypique, s’il est bien enraciné dans les racines du genre – la conquête de l’Ouest et la ruée vers l’or, difficile de choisir background plus classique- se veut original et intelligent.

 

Un peu à la manière du Go West Young Man paru l’an passé, ici aussi on retrouve un objet en forme de « fil rouge » de l’histoire, qui, comme dans le classique du genre, Winchester 73 (cité d’ailleurs dans la chronique de l’album choral d’Ogier), passe de main en main apportant à chaque fois plus de malheur que de bonheur jusqu’à une « end » pas si happy que ça.

 

 

Jean Philippe Peyraud livre un western en forme de tragédie-comique, avec des destins souvent chamboulés pour ne pas dire broyés par l’Histoire avec un grand H de la naissance de l’Amérique, cahotique et violente s’il en est.

 

De son coté Alain Kokor rend une copie sans fautes dans un style expressif aux paysages vivants et aux faciès anguleux, qui n’est pas parfois sans faire penser à celui de Pierre Alary, tout au lavis formidablement mis en couleur dans des monochromes et bichromies très réussis.

 

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :HANNIE CAULDER

 

 

C'est de qui ? K. Thorne

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Non.

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Après plus de deux décennies à naviguer entre série B et musiques de  séries TV, Ken Thorne est embauché sur ce western hybride (qui a dit bâtard ?!), qui lorgne éhontément vers le western spaghetti sans pour autant en être un.

 

Tourné à la gloire de Raquel Welsh, qui n’hésites pas à mettre en valeur sa plastique parfaite, Hannie Caulder hésite constamment entre la parodie, le film de vengeance, l’exploitation ou encore le film féministe…pour ne jamais trouver sa place où que ce soit.

 

La B.O est à l’image du reste, une sorte de patchwork d’ambiances et de genres mais plutôt bien mélangés avec une unité au final impressionnante vu là d’où on était parti.

 

Outre les gimmicks traditionnels du film de cow-boy, quelques pistes jouent clairement le registre de la comédie enjouée, d’autres fleurent bon l’aventure avec les cuivres en vedette, et une paire de thèmes plus sombres finissent de faire de ce score un accompagnement de choix pour l’album hors norme lui aussi de Kokor et Peyraud qui joue aussi bien avec les genres.

 

 

 

 

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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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