5 novembre 2019 2 05 /11 /novembre /2019 14:03

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  MARIUS

 

 

C'est de qui ? Morice, Stoffel & Scotto

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ?  Grand Angle

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Au Bar de la Marine, tenu par César, un vieux marseillais fort en gueule et son fils Marius, qui ne rêve que de voyages au long cours, la vie se déroule placidement, au rythme des traversées du ferry boat d’Escartefigue dans le Vieux Port, et au son des sirènes de bateau revenant du bout du monde.

 

Mais quand maître Panisse, vieux beau tout juste veuf, se met en tête d’épouser Fanny,  dont Marius est secrètement amoureux et qui, surtout,  a l’âge d’être sa fille, l’ambiance paresseuse du quai prend une tournure bien plus animée.

 

Avec le premier tome de Marius, lui même premier volet de la trilogie marseillaise, le duo de scénaristes Scotto et Stoffel, déjà responsable d’adaptations de Pagnol chez Grand Angle, remet au goût du jour l’une de mes œuvres préférées de l’auteur.

 

Une qui a bien failli ne jamais voir le jour mais que Pagnol, ignorant les conseils peu avisés de son entourage, a finalement écrite à la fin des années 20 et à raison, vu le succès qu’on lui connaît.

 

 

Sébastien Morice, avec son beau style semi réaliste qui doit beaucoup à la BD d’humour, et qui s’était déjà frotté de son coté à Maupassant, donne une nouvelle jeunesse à une partie du casting du film de Korda (la pièce est de Pagnol mais ce dernier n’a pas signé la version cinéma), et s’inspire de certains acteurs pour le reste de la galerie. Ainsi on reconnaît Raimu/César ou Monsieur Brun, tandis que Fanny est devenue une jolie brune piquante moins fade à mon goût qu’Orane Demazis à l’époque.

 

Comme ajouts intéressants, on appréciera les passages où les personnages se projettent avec les dialogues en fil narratif, et quelques scènes évoquées dans le film mais non montrées, qui donnent un peu plus de vie à cette comédie intemporelle qu’on retrouve avec un plaisir non dissimulé.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :UNE FILLE POUR L’ETE

 

 

C'est de qui ? Delerue

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? Avant de devenir un des incontournables compositeurs de son époque, le grand Georges Delerue était recherché pour sa capacité à mélanger les genres sans tomber dans la facilité.

 

Du jazz à la musique populaire, il avait en effet cette capacité à panacher des partitions partant d’une base classique par des arrangements inédits ou tout du moins inattendus qui enrichissaient les thèmes qu’il écrivait pour les films.

 

Dans la suite symphonique qu’il compose pour cette comédie légère du début des années 60, on retiendra notamment les phrases de guitare et de clarinette qui se répondent par dessus des mélodies riches jouées par les cordes.

 

L’ensemble manque peut être un peu de gaieté parfois pour être parfait avec cette première partie de Marius mais l’atmosphère surannée de la musique est quant à lui des plus raccord.  

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

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13 septembre 2019 5 13 /09 /septembre /2019 13:01
 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  #NOUVEAUCONTACT_

 

 

C'est de qui ? B. Duhamel

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Grand Angle

 

 

Déjà lu sur B.O BD ? Oui

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Doug est un photographe renfrogné et misanthrope qui vit reclus dans la lande écossaise à côté du Loch Ness. Cela étant, parfois, il partage un cliché sur Twister, célèbre réseau social ; comme celui de l’immense créature transparente qu’il a vu sortir du lac… !

Mais bien mal lui en a pris, voilà sa tranquille retraite littéralement envahie de curieux, de journalistes, d’altermondialistes, de fachos, de féministes, d’extrémistes religieux, j’en passe et des meilleurs.

Et quand les photos érotiques de son ex-femme apparaissent sur la toile et que l’armée s’en mêle, Doug se dit que vraiment il aurait mieux fait de s’abstenir !

 

#NouveauContact_ est une comédie acerbe comme Bruno Duhamel en a le secret qui allie le fond –une critique appuyée et juste des réseaux sociaux et leurs abus- et la forme –un trait cartoony et coloré aussi fun que soigné- le tout agrémenté de dialogues fort drôles et de scènes cocasses qui s’enchainent sans perte de rythme !

 

Décidément cette rentrée 2019 se révèle être un bon cru à bien des niveaux, le nouvel album de Bruno Duhamel trustant celui de l’humour !

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :PILLOW TALK

 

 

C'est de qui ? F. De Vol

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu dans le coin? Oui une poignée de fois.

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Enfant de la balle s’il en est, Frank de Vol va devenir durant les années 40 l’arrangeur jazz et soul que la profession s’arrache.

De ces riches années d’expérience il va développer un sens de l’écriture d’une redoutable efficacité qui feront de lui, durant les deux décennies suivantes, un compositeur de choix pour hollywwod.

 

Si on a pu le croiser sur des genres aussi divers que le western (Cat Ballou) ou le fil de guerre (les 12 Salopards) c’est néanmoins dans la comédie romantique qu’il excellera.

 

Pillow Talk en est un exemple type, avec ses arrangements soignés, ses mélodies riches et son thème catchy ; agrémenté d’une paire de chansons (que l’on zappera cela dit à la lecture de l’album du jour histoire de ne pas être trop décalé coté époque) c’est un score léger mais qui ne tombe jamais dans la facilité.

Que ce soit dans son utilisation des cuivres ou du piano, mariés de façon parfois surprenante, ou de l’incursion de percussions et de cordes pincées dignes des bonnes B.O des Disney d’antan, la partition de De Vol est un sans faute qui agrément comme il faut #NouveauContact_

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab


 

 

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2 septembre 2019 1 02 /09 /septembre /2019 15:17

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  LES PESTIFERES

 

 

C'est de qui ? Scotto, Stoffel & Wambre.

 

 

La Couv':

 

 

Déjà lu sur le site? Oui pour les scénaristes.

 

 

C’est édité chez qui ? Grand Angle

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Récit inachevé dont Pagnol avait raconté la fin à ses proches, Les Pestiférés, qui ne paraitra qu’après la mort de l’auteur provençal, narre l’épidémie de peste qui frappa la cité phocéenne au début du XVIII° siècle et la réaction d’un quartier sur les hauteurs dont les habitants vont décider de se retrancher dans leur partie de la ville puis, au fur et à mesure que la maladie s’étend aller jusqu’à se réfugier dans une grotte.

 

Tout à la fois témoignage historique romancé, étude de mœurs et parabole politique, Les Pestiférés nous fait découvrir une autre facette du talent de Pagnol, c’est une histoire dans la lignée de son Judas, pièce de théâtre peu connue mais très réussie.

L’auteur de Marius livre à nouveau une galerie de portraits attachants et hauts en couleurs, se gaussant des choix des hommes face à l’adversité, tirant à boulets rouges sur l’église et les puissants.

 

 

Les scénaristes, déjà responsables d’une poignée d’autres adaptations des œuvres de Pagnol, se sont bien approprié le texte et la narration est fidèle au style pagnolesque.

 

Coté graphismes, Samuel Wambre épate dans la retranscription graphique du Marseille de l’époque, on sent un gros travail de recherches en amont qui sert fort bien cet album généreux et original.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :THE QUIET MAN

 

 

C'est de qui ? V. Young

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Quand on évoque le duo John Ford/John Wayne on pense immédiatement aux grands westerns qu’ils ont tournés ensemble.

Pourtant on ne pourrait en être plus éloigné sur cet Homme Tranquille qui voit un ex-boxeur (Wayne) quitter l’Amérique pour retourner s’installer en Irlande où il va tomber amoureux de la sœur de son rival.

 

Rôle à contre-emploi et scénario de bluette vont néanmoins donner un film généralement considéré parmi les meilleurs du réalisateur.

 

Ce dernier fait appel à son compositeur de Rio Grande pour la partie musicale.

 

L’ambiance bucolique et légère des compositions de Victor Young, imprégnée sans abus de folklore irlandais et de romance dans la lignée des classiques du genre, joue pour beaucoup dans la réussite du film.

Young, qui écrit pas moins de 10 scores cette année-là trouve là un terrain de jeu aussi inhabituel que réjouissant et l’on sent que le compositeur est à la fête.

 

Si les sujets des deux œuvres accolées ici semble lointain, leur mariage n’en n’a pas été mois réussi !

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

 

 

 

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17 juillet 2019 3 17 /07 /juillet /2019 09:37
 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  APRES L’ENFER

 

 

C'est de qui ? Meddour & Marie

 

 

La Couv':

 

Des Contes à rendre  /  Après l'enfer  Vs.  The Last Sunset

 

Déjà lu sur le site? Oui mais pas ensemble.

 

 

C’est édité chez qui ? Grand Angle.

 

 

Une planche:

 

Des Contes à rendre  /  Après l'enfer  Vs.  The Last Sunset

 

Ca donne Quoi ? Au lendemain de la Guerre de Sécession c’est dans un Sud défait et à l’agonie que Dorothy, qui a vu la propriété de sa famille dévastée et sa mère violée et tuée, va rencontrer Alice, une jeune fille traumatisée et mutique. Leur route va croiser celle de trois soldats confédérés en déroute à la recherche d’un soi-disant trésor. Le point commun de ces personnages est qu’ils sont tous victimes d’un groupe de douze individus aussi néfastes qu’énigmatiques.

 

Fabrice Meddour comme Damien Marie sont des familiers de l’adaptation/détournement de contes, le dessinateur s’est en effet frotté à Blanche Neige tandis que le scénariste avait en son temps proposé un Règlement de Contes où tout un pan des récits traditionnels passait à la moulinette du western.

 

C’est dans ce contexte que l’on retrouve le duo d’auteurs pour cette histoire très sombre sur fond de Guerre de Sécession qui s’achève et où une galerie d’anti-héros tout droit inspirés du Magicien d’Oz et d’Alice au Pays des Merveilles va chercher vengeance, rédemption et/ou richesse dans des décors de désolation.

 

Le scénario ne laisse pour l’instant aucune place à l’espoir, jouant sur la corde sensible du trauma, et le dessin de Meddour rend à merveille cette atmosphère de désolation, que ce soit dans des visages très expressifs ou des décors aux couleurs parfaitement choisies.

 

Une première partie de diptyque diablement efficace et fort originale, vivement la suite et fin.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi : THE LAST SUNSET

 

 

C'est de qui ? E. Gold

 

 

La Couv':

 

Des Contes à rendre  /  Après l'enfer  Vs.  The Last Sunset

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui

 

 

On peut écouter ?

 

Ca donne Quoi ? En marge de choses plus classiques dans le genre, Hollywood, au fur et à mesure de l’évolution des mœurs, a su proposer des westerns moins manichéens et, surtout, y aborder des thématiques plus profondes.

 

Dans ce film de 1961, le réalisateur Robert Aldrich fait se confronter trois légendes du 7° art de l’époque (Kirk Douglas, Rock Hudson, Joseph Cotten) dans une sombre histoire de relation amoureuse incestueuse (non connue jusqu’à la fin de film cela dit) sur fond de règlement de compte. Si la tragédie grecque à la sauce far west marchait sur le papier (le scénario est signé Dalton Trumbo tout de même), le réalisateur semble un peu embêté parfois avec son sujet et livre une œuvre en demi-teinte.

 

Ernest Gould, le compositeur, s’en sort bien mieux ; en effet s’il utilise au départ les codes du score de western encore très en vogue à l’époque, il profite également des cotés plus noirs de l’histoire pour proposer des thèmes plus durs où les cuivres font même parfois penser à un drame historique.

 

Une ambiance empreinte de gravité qui ne va pas mal du tout à ce premier volet d’Après l’Enfer.

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

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1 juillet 2019 1 01 /07 /juillet /2019 09:46

 

 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  DE MEMOIRE

 

 

C'est de qui ? Corbeyran & Winoc

 

 

La Couv':

 

Prisonnier de ses souvenirs  /  De Mémoire  Vs.  Prisoners

 

Déjà croisés sur le site? Oui, les deux.

 

 

C’est édité chez qui ? Grand Angle.

 

 

Une planche:

 

Prisonnier de ses souvenirs  /  De Mémoire  Vs.  Prisoners

 

Ca donne Quoi ? Nick est atteint d’une maladie peu commune et assez envahissante : il se souvient d’absolument tout ce qui lui est arrivé.

Forcé d’avoir recours à des boites vides où il « range » ses souvenirs, son existence est parcourue de petits jobs sans suite, et d’un effort constant pour faire le vide dans une tête trop pleine.

Jusqu’au jour où son hypermnésie, et son passé, vont lui attirer l’attention de gens peu recommandables qui semblent avoir besoin d’informations enfouies dans les milliers de souvenirs de notre protagoniste.

 

Corbeyran tenait là un sujet intéressant et propice à développer des pistes prometteuses mais après une fausse (piste donc) le scénario part sur quelque chose de plus commun qui, après  la –longue- mise en place en début d’album, laisse le lecteur quelque peu frustré.

 

Le trait de Winoc, que l’on avait découvert chez nous avec Le Postello, reste dans le style réaliste sans encrage qui fait l’originalité de son auteur et sert plutôt bien son propos.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi : PRISONERS

 

 

C'est de qui ? J. Johansson

 

 

La Couv':

 

Prisonnier de ses souvenirs  /  De Mémoire  Vs.  Prisoners

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? Prisoners est parmi les premiers films qui ont fait connaître le compositeur islandais à l’international.

 

Il y alterne les passages acoustiques - avec un violoncelle lugubre et trainant comme instrument soliste, accompagné de voix éthérées -et ce qui va devenir l’une de ses signatures jusqu’à sa disparition prématurée : des nappes électroniques grondantes semblable à des sons de drones, qui installent une tension palpable.

 

Tout comme De Mémoire, la B.O de Prisoners est construite en lente montée du suspense, avec des plages plus atmosphériques au calme ambiant mais relatif, plein de montées de cordes quasi lyriques, et des passages plus violents, que ce soit dans l’intensité ou les mélodies.

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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