13 janvier 2026 2 13 /01 /janvier /2026 14:34




 

LA BD:

 


C'est quoi : AU SUD, L’AGONIE

 


C'est de qui? Labiano & Pealez



 

La Couv':


 



 

C'est édité chez qui? Glénat

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui.




 

Une planche: 

 


 

Ca donne Quoi ? Les sales habitudes ont la dent dure! Des décennies après la Guerre de Sécession, la “Bible Belt” résonne toujours des rancœurs racistes de ses habitants blancs, surtout qu’une bonne partie d’entre eux, les “white trash” voient d’un fort mauvais œil que les anciens esclaves soient aujourd’hui parfois mieux lotis qu’eux.



 

Zacharie, un sang mêlé, ne s’en laisse pas remonter par les haineux qui l’entourent, menés d’une main d’acier par le révérend Lee, mais la liaison du jeune homme avec la fille -blanche- de son patron, est un risque mortel pour l’un comme pour l’autre.



 

Dans ce climat déjà tendu, le lynchage d’un ouvrier de couleur voit débarquer un agent fédéral qui prend fait et cause pour la minorité noire mais cache aussi un secret bien honteux pour l’époque.

 

La tension n’en finit pas de monter et, pour clore le tout, un dangereux criminel s’est évadé du pénitencier voisin et revient dans la petite ville pour se venger!



 

Second tome de leur trilogie noire, Au Sud, L'Agonie est une réussite à plus d’un titre!

Polar au suspense haletant mais aussi chronique sociale et historique documentée et réaliste, le scénario du stakhanoviste Philippe Pelaez prend le lecteur dès les premières pages pour ne le lâcher qu’à la conclusion de cette tragédie noire.

 

Si l’on voulait chipoter on pourrait trouver qu’il y a peut être trop d’intrigues parallèles (celle de l’évadé aurait pu être omise sans nuire à l’histoire), mais rien qui enlève à la maestria du récit.



 

Hugues Labiano de son côté rend à merveille l’ambiance moite de cette Georgie des années 30 à laquelle il apporte un souci du détail réaliste dans ses décors comme ses costumes et son casting est également des plus convainquant.




 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : ANGEL HEART




 

 

C'est de qui? Trevor Jones




 

La Couv':


 


 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui




 

On peut écouter ?

 

 

 


 

Ça donne Quoi ?  S’il y a bien une expression qui peut décrire la filmographie de Trevor Jones c’est « en dent de scie ».

 

En effet, le compositeur d’origine sud-africaine a, au milieu de séries B voire Z, une grosse poignée de pépites musicales qui font partie de modèles du genre (quel qu’il soit).

 

Citons au hasard Excalibur, Mississippi Burning, Le Dernier des Mohicans, ou encore Dark City.



 

Au mitan des années 80, Alan Parker tourne une adaptation plutôt inspirée d’un roman noir qui bénéficie au générique de la présencee d’un Mickey Rourke alors au sommet de sa gloire (l’expression utilisée plus haut pour la carrière de Trevor Jones s’appliquant d’ailleurs parfaitemnt à celle de Rourke également) et de son art et d’un De Niro qui cabotine on ne peut plus!



 

Le compositeur sud africain écrit une bande originale jazzy, menaçante et séduisante, mettant en avant -époque oblige- des synthés sombres (mais qui n’ont pas trop mal vieillis), des échantillons de vibraphone, une basse acoustique et des cuivres, ainsi que le jeu puissant du saxophoniste ténor Courtney Pine. 



 

La musique originale de Jones pour « Angel Heart » a également eu une grande influence sur les thrillers érotiques et néo-noir qui ont proliféré dans les années 80/90.

 

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7 janvier 2025 2 07 /01 /janvier /2025 15:53


 

LA BD:




 

C'est quoi ? LES FESSES A BARDOT 



 

C'est de qui ? Pelaez & Sejourné


 

La Couv':


 

 

C’est édité chez qui? Grand Angle



 

Déjà croisés sur le site? Oui


 

Une planche: 

 


 

Ca donne Quoi ? Dans un patelin français où la salle de cinéma récemment inaugurée est l’une des principales attractions, un jeune homme débarque de la capitale en faisant miroiter aux habitants la possibilité du tournage chez eux du prochain film de Brigitte Bardot et Jean Gabin.

 

Pour appuyer ses dires il avance des connaissances dans le milieu et possède un cliché de la scène coupée du dernier film du duo, En cas de malheur, où B.B dévoile …son postérieur.

 

Voilà que tout le village se met à courtiser le parisien, qui semble bien profiter de la situation!


 

Le stakhanoviste Philippe Pealez, à l’aise sur à peu près tous les genres qu’il aborde, adresse ici une fort divertissante lettre d’amour à tout un pan du cinéma français, celui des années 50/60 avec ses réalisateurs stars et ses monstres sacrés.

 

Il adopte le ton de la comédie avec ce récit d’un citadin bonimenteur qui vient bercer la France profonde des illusions du 7° Art à l’époque où celui-ci commençait tout juste, avec les postes de télévisions, à s’instaurer dans le paysage culturel français.

 

L’hommage est réussi et plaira particulièrement au lecteur cinéphile un peu au fait des références citées.


 

Au dessin on retrouve le trait semi réaliste aux accents cartoony de Stéphane Séjourné qui est tout désigné pour illustrer au mieux l’humour du scénario et les “gueules” de ses protagonistes volontairement caricaturaux (au sens artistique du terme…mais pas que!) notamment …mais non, je vous laisse la surprise de la découverte!




 

LA MUSIQUE:




 

C'est quoi : LE NOTTI DI CABIRIA


 

C'est de qui ? 



 

La Couv':

 


 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui


 

On peut écouter ?

 

 

 

 

Ca donne Quoi ? Les Nuits de Cabiria est la 5ème collaboration entre Nino Rota et Fellini,  film que le réalisateur décide de faire suite à l’interprétation de Giulietta Masina, son actrice principale, et pour lequel il aura clairement eu le nez creux puisque le film récoltera pléthore de prix dont l’Oscar du film étranger en 1956 et trois prix d’interprétation pour Masina.

 

 

 

La B.O reprend les éléments qui ont fait la réussite des précédents scores, du Cheik Blanc à la Strada : une pincée de jazz easy listening de l’époque, quelques touches latines et un soupçon de burlesque.  Nino Rota écrit une composition colorée et entraînante où la bonne humeur est de rigueur même si quelques arrangements en tonalité mineure amène une ambiance mélo bienvenue.

 

 

 

Riche et enthousiasmant, ce score amène un esprit très en phase avec la BD du jour de par ses sonorités surannées !


 

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5 mars 2024 2 05 /03 /mars /2024 14:45




 

LA BD:





 

C'est quoi ? QUELQUE CHOSE DE FROID




 

C'est de qui ? Pelaez & Labiano




 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Glénat





 

Déjà croisés sur le site? Oui



 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Pour avoir balancé son boss, un parrain de la mafia, Ethan a été obligé de se mettre au vert et sa femme a fait les frais de sa trahison: le mafieux réfugié au Mexique l’a coupée en petits morceaux et envoyée à son époux!

 

Revenu à Cleveland, Ethan est alpagué par les forces de l’ordre, nouvellement dirigées par Eliot Ness.

 

Placé dans un hôtel miteux, véritable cour des miracles,  il est supposé donner des tuyaux à la police sur d’éventuelles affaires en cours dont il aurait vent.

 

Au même moment, un tueur en série démembre des clochards et notre larron va être mêlé à cette autre sombre histoire. 



 

En matière de film noir, de romans noirs et même de BD du même acabit, croyez moi je connais ma partition.

J’ai été d’autant plus agréablement surpris par ce one shot signé par le décidément très actif Philippe Pelaez qui, s’il ne révolutionne pas le genre, loin s’en faut, joue avec ses codes avec métier et livre un récit d’une noirceur glaçante, à la narration bien menée et au casting travaillé.

 


 

Cerise sur le gâteau le dessin a été confié à Hugues Labiano, qu’on savait à l’aise sur les récits d’aventure et le western et qui prouve ici qu’il se défend fort bien avec la noirceur des bas fonds, que ce soit celle des rues américaines ou des malfrats et autres paumés. Son trait semi réaliste s'est un rien adouci comparé aux profils anguleux d'il y a quelques années et ce choix de dominantes de bleus et d'un fort bel effet.

 

Ajoutez à tout cela un intéressant et recherché dossier sur le Film Noir en fin d’album et vous obtenez un très bon premier tome d’une série de trois polars indépendants.

 

 






 

 



 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : JE DOIS TUER



 

C'est de qui ? Raskin



 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui



 

On peut écouter ?

 

 

 

 

Ca donne Quoi ? S’il a frôlé le genre de temps à autre (Laura de Preminger par exemple), au sein d’une carrière pourtant aussi foisonnante que talentueuse, David Raskin s’était pourtant assez peu frotté au film policier.



 

Alors, puisque vous aurez lu le dossier à la fin de la BD de Pelaez et Labiano vous avancerez que Je Dois Tuer! n’est pas un film noir à proprement parler, mais plutôt un “film d’otages”puisqu’en effet ici un tueur prend une famille en otage dans leur maison, prévoyant d’assassiner le président des USA en visite dans la ville.

 

Et pourtant à l’écoute la partition de Raskin, après une brève mise en jambe plutôt calme histoire de tromper son monde, développe des thèmes nerveux et pleins de tension, où les cuivres jouent sourds mais menaçants.

 

Si l’on ne retrouve pas forcément ce qui a fait la maestria de certains des travaux précédents du compositeur, ce dernier fournit un score remarquable à bien des points, ne serait-ce que par une certaine économie d’effets tape à l’œil pour se concentrer sur l’illustration du suspense via des passages annonciateurs de l’underscoring à venir des décennies suivantes. 



 

 

 






 

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14 novembre 2023 2 14 /11 /novembre /2023 15:22

 

 

LA BD:





 

C'est quoi ? HIVER À L'OPÉRA



 

C'est de qui ? Pelaez & Chabert



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui ? Grand Angle

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui.



 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Exclu des forces de l’ordre suite à sa vengeance personnelle, Amaury Broyan est témoin d’une macabre mise en scène à l’opéra Garnier.


 

Prenant en chasse le meurtrier présumé il va bientôt découvrir une sombre histoire de famille sur fond de pratiques occultes tout en poursuivant son nouveau “hobby”: le nationalisme extrême!



 

Après la condition féminine, Phillippe Pelaez aborde dans cette nouvelle enquête de son héros torturé la montée des extrêmes dans la France de la fin du XIX° siècle et un engouement dans certains milieux sociaux-culturels pour le spiritisme et autres pratiques ésotériques de l’époque en question.



 

Les deux thèmes, et les deux fils narratifs qui les portent, sont plutôt bien traités et, sans jamais s'emmêler (c’est le cas de le dire!) finissent par se dérouler chacun de façon  satisfaisante même si un brin expéditive pour la partie politique, limites d’un one-shot obligent.



 

La partie graphique est toujours aussi originale et agréable, avec ce style qui emprunte à la fois à l’art pictural de l’époque mais aussi à une école franco-belge qui va de France Renonce à Tardi, que certains trouveront un brin surannée mais qui sert bien son propos ici.



 

Certaines compositions de planches, si ambitieuses, gênent parfois la lecture et auraient peut être gagné à être  agencées différemment, mais l’ensemble reste de belle facture.







 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi :BABYLON BERLIN SEASON 3



 

C'est de qui ? Klimek et Tykwer



 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui



 

On peut écouter ?

 

 


 

 

Ca donne Quoi ? On retrouve avec autant de plaisir les personnages et l’ambiance de la série historico-policière la plus chère de l’histoire de la télé allemande, adaptée des romans de Kutscher.



 

Les deux compositeurs déjà présents sur les scores des premières saisons sont à nouveau de la partie  et continuent, à 4 mains, d’explorer les différentes possibilités  de la musique d’époque, avec toujours par exemple ce déstabilisant  piano désaccordé le tout porté par des arrangements volontairement actuels.

 

 

Le succès de la série fait que la partition de Klimek et Tykwer ont droit à un orchestre consistant pour interpréter leur partition qui oscille toujours entre des ambiances chargées musicalement et des pistes plus underscoring, dédiées aux atmosphères tendues des scènes.

 



 

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29 octobre 2023 7 29 /10 /octobre /2023 10:23

 

 

LA BD:





 

C'est quoi ? NOIR HORIZON



 

C'est de qui ? Pelaez & Blasco Martinez



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui ? Glénat

 

 

Déjà croisé sur le site? Oui pour les 2.



 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Alors que la Terre suffoque de sa surexploitation, l’Homme a commencé à coloniser l’espace.

 

Sur une planète hostile se dresse un mur opaque aux propriétés insondables que l’armée cherche à traverser et qui a coûté la vie a déjà pas mal de soldats.

On décide donc d’y envoyer des prisonniers qui n’ont plus rien à perdre et qui, nonobstant les risques encourus, ont bien l’intention de profiter de cette opportunité pour se faire la malle.

 

Mais personne n’est à même d'envisager le pouvoir maléfique de cette barrière et les conséquences que sa traversée va avoir.

 


 

Si le scénario du prolifique Philippe Pelaez n’évite pas quelques poncifs du genre (le “recrutement” de l’équipe parmi des repris de justice est un élément qui, depuis les 12 Salopards a été décliné à pas mal de sauces!) les amateurs de SF qui envoie du lourd seront servis ici avec des scènes d’action enlevées et un sous-thème métaphysique fort sombre. 



 

De son côté Benjamin Blasco Martinez prouve qu’il est aussi à l’aise dans les contrées du Far West que sur  les planètes futuristes avec des planches qui fourmillent parfois de détails et une narration graphique à l'efficacité redoutable. 






 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi :LE PIEGE DES PROFONDEURS



 

C'est de qui ? K. Badelt



 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD



 

On peut écouter ?

 


 

Ca donne Quoi ? Après deux scores honorables, dans des genres différents, Badelt, protégé d'Hans Zimmer a le bon goût de s'éloigner des tics musicaux de son mentor et du studio Remote Control en préférant, aux percussions métallurgiques et à l'électronique froide, écrire pour un orchestre symphonique son troisième film en solo.

 

Il faut dire que l'évocation du drame (des drames même!) du sous-marin soviétique qui fournit le sujet au film de Kathryn Bigelow se prête bien à l'orchestration lyrico-martiale.

 

Si la B.O manque assez cruellement d'un thème réellement porteur et si l'action et le suspense sont les maîtres mots ici, Badelt sait rester dans le mélodique tout en évitant les clichés du genre.

 

Un score qui contient assez de pistes intéressantes et variées pour appuyer l'épouvante et la tension de ce premier tome de Noir Horizon.







 

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  • : Conseils d'écoutes musicales pour Bandes Dessinées
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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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