23 décembre 2021 4 23 /12 /décembre /2021 17:49

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ? EDGAR P. JACOBS. LE REVEUR D’APOCALYPSE.

 

 

C'est de qui ? Rivière et Wurm

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Glénat

 

 

Déjà croisés sur le site? Le dessinateur oui, il y a fort longtemps.

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Je dois avouer qu’en ouvrant à cette belle bio du papa de Blake et Mortimer, que je m’attendais à un récit plus « romancé », avec une partie aventureuse inspirée par exemple des albums de Jacobs ; ce n’est pas le cas, les auteurs ont écrit ici une lettre d’amour filiale passionnée à un monument de la BD franco-Belge qu’ils admirent et cela transpire à chaque page.

 

Entre les clins d’oeils à Blake et Mortimer donc mais aussi à d’autres œuvres fondatrices (on croise par exemple Quick et Flupke au détour d’une case), on assiste à l’évolution de Jacobs au sein de ses pairs, en parallèle de sa vie amoureuse. Ses aspirations de chanteur d’opéra douchées, sa reconversion quelque peu forcée à la bande dessinée, ses participations aux journaux mythiques que seront Spirou et Tintin…

 

 

Quelques grands noms du medium sont bien entendu présents : Hergé, Franquin, Martin…et le tout est présenté de façon chronologique. Le scénario reste un peu évasif à mon goût quant à la période de l’occupation et les activités des auteurs, notamment celle de Van Melkebeke, personnage important dans la carrière de Jacobs comme d’Hergé.

 

 

Le dessin est dans la droite lignée de celui de Jacobs, une ligne claire très soignée qui fourmille de détails (on sent un gros travail de recherche derrière) et finit de faire de ce Rêveur un must pour les amateurs de Jacobs comme ceux de cette période du 9° Art.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :VIVEMENT DIMANCHE !

 

 

C'est de qui ? G. Delerue

 

 

La Couv':

 

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui souvent même.

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? Dernier film de Truffaut, Vivement Dimanche est une fine parodie des films noirs d’époque, du choix du noir et blanc, en passant par les dialogues, l’affiche et, bien évidemment, la partition de Georges Delerue.

 

Ce dernier, qui collabore ici pour la dixième fois avec le réalisateur phare de la Nouvelle Vague, a tâté aussi bien de la comédie que du polar, et chaque fois avec succès.

 

 

Vivement dimanche ! sonne comme une récréation pour le compositeur qui, avec déjà 3 décennies de B.O derrière lui, connaît par cœur les ficelles du métier.

Il tire allégrement sur celles-ci, dans une ambiance comme dans l’autre, son suspense, bien que souvent tendu (dans une utilisation de cordes qui n’est pas parfois sans rappeler Bernard Herrmann) est quasiment toujours contrebalancé par des pistes beaucoup plus légères, pleines d’allant qui oscillent entre humour bon enfant et mélo maîtrisé.

 

Un charme désuet mais indémodable, un peu à l’image de cette ligne claire évoquée dans l’hommage de Rivière et Wurm.

 

 

 

 

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23 septembre 2021 4 23 /09 /septembre /2021 14:16

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  MADELEINE RESISTANTE. LA ROSE DEGOUPILLEE.

 

 

C'est de qui ? Morvan & Bertail

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Dupuis

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui, pour Morvan comme pour Bertail

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Une témoin de son temps ! Ce premier tome retrace la jeunesse de Madeleine Riffaud, enfant du XX° siècle durant l’entre-deux guerres, l’exode puis la Seconde Guerre Mondiale.

Malgré sa condition - elle est atteinte de tuberculose- notre courageuse jeune fille décide de ne pas rester sans rien faire contre l’occupant et veut joindre la résistance. Encore mineure elle rejoint la capitale avec son amoureux où, prête à tout pour atteindre son but elle commence par des missions comme messagère où elle fait preuve d’une grande détermination.

 

Suite à un reportage sur les résistante, Jean David Morvan découvre le destin hors du commun de Madeleine Riffaud et décide qu’il veut raconter la vie de l’ancienne résistante sous la forme qu’il maîtrise si bien :en BD.

 

 

D’abord peu emballée par l’idée, la nonagénaire finit par céder et entre le scénariste et elle va se nouer une grande amitié dont découle ce premier volet -sur trois- de cette bio passionnante, racontée à la première personne, dans une suite de chapitres clés de cette période déjà mouvementée de Madeleine.

 

La mise en image a été confiée au talentueux Dominique Bertail qui, de son style réaliste (qui est ici assez loin de Paris 2119, et c'est fort bien) , dessine aussi bien les paysages enneigés des Alpes que les rues de Paris sous l’occupation.

Détaillé et riche, son trait est ici réhaussé d’un bleu aussi inattendu que bien choisi qui apporte une atmosphère de vieux film bienvenue. 

 

Devoir de mémoire salvateur en ces temps où l’on a tendance à un peu trop vite oublier un passé tragique et faire des amalgames tendancieux, Madeleine, Résistante est un des albums majeurs de cette rentrée, voire de l’année.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :L’AVEU

 

 

C'est de qui ? G. Fusco

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Non

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? Encensé pour Z, à juste titre, Costa Gavras s’intéresse à « l’autre bord » l’année suivante en mettant en scène l’arrestation et la torture d’un dirigeant tchécoslovaque accusé de trahison au profit des USA.

 

Montand y est à nouveau impeccable et on sent dans la réalisation de Costa Gavras une réelle envie de dénoncer les totalitarismes du bloc soviétique de l’époque.

 

Au pupitre on retrouve Giovanni Fusco, compositeur transalpin qui a essentiellement œuvré dans son pays, surtout pour Antonioni.

Chez nous il a écrit une paire de fois pour Alain Resnais avant d’être embauché pour l’Aveu (qui sera sa dernière œuvre, le film sortira d’ailleurs après sa mort).

 

Loin de tout sensationnalisme Fusco préfère une économie de moyens au service de l’émotion. Le thème principal, joué par un piano solo avec une section de cordes en fond, n’emploie que quelques notes et est repris et varié au fil de la partition.

 

On appréciera sur ce premier tome de Madeleine, Résistante les rares mais belles envolées un peu plus lyriques des violons et les interventions subtiles mais efficaces de cuivres et de percussions, notamment sur les passages où le suspense s’invite.

 

 

 

 

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12 août 2021 4 12 /08 /août /2021 07:21

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ? LUGOSI. GRANDEUR ET DECADENCE DE L’IMMORTEL DRACULA.

 

 

C'est de qui ? K. Shadmi

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? La Boîte à Bulles

 

 

Déjà croisé sur le site? Oui

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Comme vous le savez peut être (remarquez ce ne doit pas être trop difficile à deviner sinon) je suis presque autant fan de cinéma que de BD (que de musique). Dans beaucoup de genres mais tout particulièrement dans de vieilles choses oubliées iconiques, de celles qui ont forgé mes goûts quand je les ai découvertes, à une époque où internet et le smartphone n’était qu’un concept de SF (et pourtant je ne suis pas si vieux que ça !).

 

Et, puisque l’on est à raconter ma vie (mais après j’arrêtes promis !) le deuxième prénom de ma fille est d’ailleurs Bela, non pas en référence à l’héroïne Twilight (beurk) mais bel et bien à …Béla Lugosi.

 

Pas que je sois un fan hardcore de l’acteur mais son interprétation du Dracula de Stoker, dans une version certes tronquée et modifiée, m’a marquée probablement plus que celle d’un Christopher Lee ou que d’un Gary Oldman.

 

Peut-être parce que c’était le premier (si l’on excepte le Comte Orlock joué par le tout aussi terrifiant Max Schreck, dans le Nosferatu de Murnau) mais surtout parce que l’acteur hongrois possédait un magnétisme et une présence manifeste, dont l’héritage allait se répercuter sur les décennies à venir et dans bien des domaines.

Ce long préambule vous fera réaliser que ma chronique de la biographie de Bela Lugosi, signée par le talentueux et iconoclaste Koren Shadmi, va être forcément subjective, mais il faut reconnaître que l’artiste américain, tout en étant exhaustif, ne cherche jamais à -trop- glamouriser ou rendre sympathique son sujet, acteur doué pour qui  le rôle de sa vie sera aussi sa malédiction puisqu’après celui-ci il ne connaîtra quasiment jamais plus le même succès, se cantonnant à jouer des méchants souvent caricaturaux et interchangeables.

 

Cette relative décadence s’accompagnera de diverses addictions : à la morphine, à la méthadone, à l’alcool et…aux femmes, rendant sa vie personnelle aussi misérable que sa carrière professionnelle.

 

En dessinant la vie de Bela Lugosi, basée sur des recherches méticuleuses, entrecoupée d’extraits marquants de sa filmographie,  Shadmi- dans son style expressif si particulier qu’il a su atténuer sans pour autant qu’il perde sensibilité et originalité- remet dans la lumière une icone du cinéma mondial, un personnage plus grand que nature dont la légende prit le pas sur la réalité jusqu’à finir inhumé dans la cape du rôle qui aura fait sa renommée comme son malheur.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :LES MAITRES CHANTEURS DE NUREMBERG

 

 

C'est de qui ? Wagner

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Possible

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Avant que le surdoué Phillip Glass et le Kronos Quartet redéfinissent la musique du Dracula de Browning (celui avec Lugosi donc), le film ne comportait (époque de tournage oblige) que peu de passages musicaux et ceux-ci étaient empruntés à des œuvres classiques, à savoir le Lac des Cygnes et, donc, ces Maîtres chanteurs de Nuremberg, de Wagner.

 

 

Œuvre plus légère qu’à l’accoutumée pour le compositeur qui, après l’écriture de Tanhauser a besoin de fonds, et donc de reconnaissance publique et critique, pour s’atteler sérieusement au Ring, cet opéra est, à plus d’un titre, diablement « cinématographique ».

 

 

Que ce soit dans son utilisation des leitmotivs de certains personnages, que l’on peut apparenter aux thèmes dédiés dans les scores de cinéma, dans les variations d’ambiances, de mélancolique à enjouée, ou dans le traitement des canons, l’oeuvre traduit en effet musicalement des composantes de l’histoire, modifiant ses rythmiques (notamment avec les staccatos), employant des écarts et des formes inhabituels dans l’opéra puisqu’il emprunte à la fugue et à la sonate.

 

L’ouverture de l’opéra notamment est d’une richesse et d’une variété telles qu’elles accompagnent sans peine et sans démériter cette bio passionnante d’un mythe du 7° Art.

 

 

 

 

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18 mai 2021 2 18 /05 /mai /2021 09:07

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  LES SŒURS FOX 2

 

 

C'est de qui ? Charlot et Charlet

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Grand Angle

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui sur le tome 1.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Partie d’un canular la renommée des Sœurs Fox a dépassé toutes leurs attentes et leur sœur ainée a fait fructifier ce succès, faisant des pseudos-spirites la coqueluche du tout New York et initiant une flambée de vocations plus ou moins avérées.

Mais la célébrité ne vient pas sans risques et quand Maggie se mérite avec un explorateur de renom dont la famille est cartésienne au possible, conjuguer ses séances et sa vie privée devient une gageure. A la mort de son nouvel époux notre héroïne craque et devient alcoolique, décidant même de se saborder en révélant au monde l’arnaque de leur supposé don.

Dans le sillon de ce naufrage elle entraîne irrémédiablement le journaliste amoureux transi, ses sœurs et leurs enfants.

 

Voici, trois ans après un intriguant tome 1, la suite et fin du drame historique de Charlet et Charlot avec toujours cet intéressant lien du fond et de la forme, le trait quasi expressionniste du premier servant à merveille le scénario tragique de ces destins brisés, dépassés par le phénomène qu’ils ont contribué à rendre célèbre. Une belle évocation de la grande Histoire par la petite qui fait des Soeurs Fox un diptyque original et prenant.

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi : THE LITTLE THINGS

 

 

C'est de qui ? D. Newman

 

 

La Couv':

 

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui.

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Mine de rien, Thomas Newman, si moins sous les projecteurs que, par exemple, Zimmer et ses décalcomanies de l’écurie Remote Control, est un compositeur qui pèse dans le domaine depuis pkus de 40 ans.

Rien que la dernière décennie l’a vu mettre en musique deux James Bond et écrire pour des pointures comme Spielberg ou Soderbergh.

Loin du sensationnalisme bruyant des faiseurs cités plus haut, l’américain sait se distinguer par une efficacité parfois minimaliste qui met en avant les images plutôt que de chercher à se rendre voyant (enfin audible pour le coup).

 

Nouvelle preuve avec ce thriller au casting trois étoiles (trois Oscarisés même) où, sur une base de piano solo inquiétant et mélancolique à la fois, Newman ajoute des effets de réverb, des plages sonores aussi planantes qu’inquiétantes et quelques passages plus tendus où une rythmique synthétique syncopée vient s’inviter à la fête.

 

L’ambiance est donc le maître mot ici et, malgré un décalage certain entre la BD et la musique, les deux fonctionnent avec une osmose intéressante.

 

 

 

 

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11 mai 2021 2 11 /05 /mai /2021 09:14
 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  LES REINES DE SANG. CATHERINE SFORZA 1

 

 

C'est de qui ? Pecau & Parma

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Delcourt

 

 

Déjà croisés sur le site? Pecau oui.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Si la famille Sforza est surtout connue pour ses « interactions » avec les Borgia, il ne faut pas pour autant minimiser l’importance de cette lignée dans l’histoire de la Renaissance. On peut compter sur Jean Pierre Pécau, scénariste chevronné, amateur autant d’Histoire que d’uchronie pour réparer cet éventuel oubli.

 

Dans l’excellente collection des Reines de Sang – que j’ai un peu délaissé je l’avoue malgré mon enthousiasme pour ses premières séries- il évoque le destin de Catherine Sforza, jeune femme aux idées et aspirations fort en avance sur son temps qui n’hésites pas, dès les premières années de son règne de princesse, à prendre les armes pour défendre une place forte, à braver les convenances et à fomenter des alliances tout en échappant aux manigances et autres tentatives d’assassinats de ses nombreux rivaux.

 

Une série de vulgarisation à la hauteur de ses aînées, et même si j’ai trouvé le trait de Gabriele Parma moins flamboyant que certains de ses prédécesseurs il faut lui reconnaître un vrai talent dans la reconstitution historique.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :OPHELIA

 

 

C'est de qui ? S. Price

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

 

Ca donne Quoi ? On peut regretter à l’écoute de la B.O de cette version d’Hamlet qui met en avant le personnage de la pauvre Ophélia (jouée par une jeune Jedi), qu’un quelconque contexte historique n’ait été envisagé si ce n’est par l’usage de l’instrument probablement le plus réhabilité ces dernières années, à savoir le violoncelle.

 

Cela étant on peut reconnaître à Steven Price d’avoir su retranscrire toute la mélancolie puis la tragédie de l’histoire via des mélodies aux arrangements et variations parfois intéressants où les flutes et les voix se posent plutôt bien.

 

Probable qu’un autre de ses pairs aurait plus subtilement et efficacement troussé la chose mais en l’état, et en tant que bande son de ce nouveau diptyque des Reines de Sang, la B.O d’Ophélia reste agréable à écouter même si loin d’être inoubliable.

 

 

 

 

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