8 juillet 2020 3 08 /07 /juillet /2020 13:03

 

 

Retrouvez à la suite de la chronique musicale, l'interview "Bd et Musique" de Phillipe Pelaez, le scénariste de l'album.

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  DANS MON VILLAGE ON MANGEAIT DES CHATS

 

 

C'est de qui ? Porcel et Pelaez

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Grand Angle

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui, le scénariste comme le dessinateur.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Jacques c’est un gamin qui a pas eu de chance dans la vie : un père aussi absent que violent, une mère aussi indifférente que de petite vertu et un boucher/maire qui…fait du pâté avec des chats ! Remarquez que ce dernier point ça a probablement été la chance de sa vie à Jacques, ça lui a permis de se retrouver (vous découvrirez comment à la lecture de cet excellent album) en pension et d’y rencontrer à la fois ses seuls vrais amis et sa vocation : truand !

 

Pelaez s’amuse ici avec les codes du noir pour mieux les contourner, mention spéciale à la voix off « reprise » en dialogues à certains moments. Il livre un scénario qui, s’il emprunte aux classiques du genre (le groupe de potes qui réussit mais doit composer avec les gros poissons, le chantage, les règlements de comptes…), se révèle savoureux dans sa construction et sa narration.

 

 

Au dessin Porcel alterne entre les faciès pittoresques à la limite de la caricature et un lâché expressif pour un rendu peut être moins délié que sur ses précédentes œuvres mais qui a le mérite d’apporter à l’album force et authenticité.

 

Une belle surprise que ce one-shot, à conseiller aux amateurs de Noir et de récit maîtrisé.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :IN BROAD DAYLIGHT

 

 

C'est de qui ? L. Rosenman

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Au mitan de sa carrière pour le 7° Art, Leonard Rosenman aborde la décennie psychédélique sous la coupe de l’expérimentation, à l’instar de certains de ses pairs, Goldsmith en tête.

Si l’orchestration de In Broad Daylight reste très caractéristique des thrillers de ce début des années 70 Outre Atlantique, avec des accents à la Lalo Schifrin, Rosenman a néanmoins la bonne idée de placer des effets d’échos de certaines parties d’instruments qui viennent jouer de courts groupes de notes sur des nappes atmosphériques.

 

Si aucun thème marquant ne se détache de la partition, le résultat, proche de l’underscoring, est diablement efficace. Les staccatos quasi déstructurés de cuivres provoquent une tension palpable et un suspense soutenu.

 

On pourra tiquer sur une certaine différence d’ambiance entre la BD et la B.O mais l’esprit noir est clairement partagé entre les deux medias !

 

 

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Bonjour Philippe et merci d’avoir accepté de te prêter au jeu du questionnaire croisé B.O/BD.

 

 

Commençons par un classique :

 

Tes Cinq Cd de chevet ?

 

 

- Noir Desir, Veuillez rendre l'âme

- Depeche Mode, Black Celebration

- Inti Illimani, Viva Chile !

- Jacques Brel, Ces gens-là

- Daniel Balavoine, Vivre ou survivre

 

 

 

Et tes Albums de Bd ?

 

- Les Tours de Bois-Maury

- Les 7 vies de l'épervier

- Blueberry

- Les Tuniques bleues

- Pacush Blues, de Ptiluc

 

 

 

 

 

 

 

Les influences et les goûts :

 

Une musique de film qui t’a marqué, que tu affectionnes particulièrement (indépendamment du film) ?

 

 

- Il était une fois en Amérique, d'Ennio Morricone

 

 

 

Qui sont tes maîtres à penser en BD, ceux qui t’ont donné envie d’en faire, quelles sont tes influences ?

 

 

- Desberg, Charlier, Goscinny, Sente, EP Jacobs.

 

 

 

 

Ton travail :

 

 

Écoutes-tu de la musique quand tu écris, et plutôt quoi ?

 

 

- Pas mal de bandes originales de films, de musique d'ambiance, voire de musique classique. J'évite les chansons avec texte, sinon j'ai vite tendance à chanter et perdre ma concentration ! Au passage, j'étais chanteur dans un groupe, plus jeune. Donc j'aime beaucoup chanter, et pas que sous la douche.

 

 

 

Ce sur quoi tu travaille actuellement, tes prochains projets (si tu as la liberté de les évoquer bien sur) ?

 

 

- La liste est longue ! "L'écluse", avec Gilles Aris, "Bagnard de guerre", avec F. Porcel, "Furioso", avec Laval NG, "Noir Horizon", avec Benjamin Blasco, "Quelque chose de froid", avec H. Labiano, "L'enfer pour aube", avec t. Oger, "Le gigot du dimanche" avec Espé, et d'autres, encore !!

 

 

Et si…

 

 

…en lieu et place de la Bande Dessinée tu avais fait de la musique tu aurais été qui, tu aurais joué quoi ?

 

 

- Joe Cocker à Woodstock chantant "With a little help from my friends"

 

 

 

 

 

Encore un grand merci pour tes réponses, et au plaisir de te retrouver dans les pages de Bandes Originales Pour Bandes Dessinées !

 

 

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Une Chronique et une interview  de Fab

 

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4 juin 2020 4 04 /06 /juin /2020 12:38

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ? CAMP POUTINE 2

 

 

C'est de qui ? Anlor & Ducoudray

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Grand Angle

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui, ensemble même.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Nos trois lascars fuyant la jalousie dangereuse d’Anton envers Katyusha se retrouvent au milieu de nulle part avant de tomber sur un cimetière d’un autre âge gardé par un ancien combattant et son ours savant. Celui-ci a un passé commun avec Ryabkhov et va donner un coup de main (façon de parler !) notre trio.

 

Entre un unijambiste mytho, un manchot comédien, un ours enrhumé et une poignée de gamins endoctrinés jusqu’au cou, le tout balancé dans une sorte de parcours du combattant à la gloire de Poutine, l’ambiance de cette suite et fin est, vous vous en seriez douté, des plus surréalistes !

 

Ducoudray joue sur du velours dans un registre d’humour décalé qu’il affectionne et son scénario bien barré est toujours superbement servi par le style hybride d’Anlor avec son casting plus grand que nature aux faciès taillés à la serpe qui empruntent certaines expressions au  manga.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :A CLOSE SHAVE

 

 

C'est de qui ? J. Nott

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui, il y  a peu même.

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

 

Ca donne Quoi ? Troisième collaboration entre le compositeur Julian Nott et Nick Park sur autant d’épisodes de Wallace et Groomit, série que d’aucuns considèrent comme un petit bijou d’animation en stop-motion (à raison je dirais).

 

Nonobstant une expérience finalement encore peu révélatrice à l’époque (1995 et une petite dizaine de musiques de courts métrages en quasiment autant d’années) Nott peut s’appuyer sur un bagage d’études musicales solide et quelques incursions dans le documentaire

 

Si l’orchestration est assez classique, on apprécie l’originalité de certains ajouts, ainsi sifflets et autres cloches s’intègrent à merveille dans l’ensemble, rendant certaines parties quasiment diégétiques. Les ambiances sont variées et la bonne humeur générale est de mise.

 

Nott a clairement tout compris de la musique d’animation de qualité (héritée des Disney et autre Hanna Barbera) et a su y insuffler une vision moderne bienvenue.

 

Un score qui amène une touche supplémentaire de loufoquerie à cette fable soviétique déjà bien fun !

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab


 

 

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1 avril 2020 3 01 /04 /avril /2020 07:28
 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  LES ARTILLEUSES 1

 

 

C'est de qui ? Willem et Pevel

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Drakoo

 

 

Déjà croisés sur le site? Willem oui, souvent.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Mam’zelle Gatling, Miss Winchester et Lady Remington sont trois cambrioleuses de haut vol dont la discrétion n’est clairement pas la marque de fabrique.

Les voilà qui dérobent un objet magique qui va leur mettre sur le dos, outre les forces de police parisiennes, de bien dangereux agents troubles !

 

Pour cette première série qui ne soit pas purement fantasy du label Drakoo, Etienne Willem reste donc dans le Paris qu’il vient de dépeindre dans les deux tomes de la Fille de l’exposition universelle, mais un Paris de la Belle Epoque, steampunk et fantasy, tout droit sorti de l’univers des romans de Pierre Pevel, qui assure d’ailleurs le scénario de ce premier tome des Artilleuses.

Humour, action, charme et rythme sont les maîtres mots du Vol de la Sigillaire qui promet néanmoins d’intéressants développements au niveau de l’intrigue tant il y a de possibilités.

 

Le style cartoony disneyen du stahkhanoviste Willem fait toujours mouche sur ce genre de scénarios hybride qui plait autant aux plus jeunes qu’aux amateurs de BD chevronnés, expérience concluante en tout cas pour la famille B.O BD !

 

Vivement une suite qui s’annonce …explosive (forcément) !

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :THE ITALIAN JOB

 

 

C'est de qui ? Q. Jones

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui pas mal de fois.

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

 

Ca donne Quoi ? Un peu comme son homologue Lalo Schifrin, Qunicy Jones a eu, en marge de sa prolifique carrière d’interprète, arrangeur et producteur de musique(s) pop, soul et autre, une activité florissante et variée dans le 7° Art.

Pour cet Italian Job, film de casse teintée de comédie, il choisit de mélanger allègrement les genres pour évoquer à a fois le coté humoristique de l’intrigue et l’action funky de certaines séquences.

 

Certains de ses thèmes sont par exemple dérivés de morceaux folkloriques anglais (les connaisseurs reconnaîtront le British Grenadiers entendu entre autre dans Barry Lyndon ou l’Empire du soleil), d’autres fleurent les rythmes sud américains ; on a un peu de jazz easy listening et même du… clavecin.

Pourtant l’ensemble, si joyeusement bordélique, ne sonne jamais ni dissonant ni même comme un collage aléatoire. L’unité thématique et musicale en fait une B.O à priori très ancrée dans une époque – la fin des années 60- mais qui, de façon aussi inattendue que surréaliste, fait un score très fun pour ce premier volet des Artilleuses.

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

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29 février 2020 6 29 /02 /février /2020 09:30

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  LES MENTORS 2

 

 

C'est de qui ? Zidrou et Porcel

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Grand Angle

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui, ensemble même.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Ana, sorte d’Immaculée conception 2.0, a retrouvé son enfant, devenu un grand et beau jeune homme qui réside sur une ile lointaine entouré d’une armada de scientifique qui l’étudie avec minutie ainsi que d’un gourou pas forcément bien intentionné.

Il faut dire que Seydou (c’est son nom) s’inscrit dans la droite lignée de ces héros de diverses mythologies nés d’une mère mais sans l’intervention d’n géniteur (humain en tout cas), et que notre messie a des pouvoirs assez impressionnants (entre autre celui d’inséminer n’importe quelle femme).

De son côté Shannon, toujours en cavale, trouve d’autres femmes qui ont connu le même sort qu’Ana.

 

Comme je le disais en fin de chronique du premier volet, ce thriller ésotérique, si bien mené et abordant des thématiques intéressantes, m’a bien moins emballé que les précédents albums du duo qui, il faut bien l’avouer, avaient, dans des registres forts différents, placé la barre fort haute.

 

Néanmoins, et si l’on aurait peut être aimé que l’intrigue soit développée un peu plus avant, en l’état ces Mentors constitue un diptyque où le suspense et l’action ont le beau rôle et qui se révèle une série B de genre honnête.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi : DARK CYCLE 2

 

 

C'est de qui ? B. Frost

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui sur la saison 1.

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Le concept est assez intéressant je trouve : Ben Frost ayant écrit un score des plus sombre (hum, oui j’avoue, elle est facile) pour la première saison de Dark a, pour celui de la seconde,  approché la compagnie Soundgas, constructeur d’équipement sonore et musicaux qu’il a utilisé pour sa partition, afin qu’ils expérimentent sur les pistes audio existantes et en sortent des boucles et autres effets. Frot a ensuite repris ces samples et les a inclus dans de nouvelles compositions.

 

Le résultat, si peut être un peu plus synthétique et moins angoissant que pour la saison 1  n’en reste pas moins aussi efficace que déstabilisant.

A l’image d’une série atypique et maîtrisée, la musique de Frost s’inscrit dans la lignée de précurseurs de bidouillages électroniques qui remonte aux utilisateurs du Thérémine puis aux défricheurs des années 80, le tout ici au service d’images, et, dans notre cas, de cases et de bulles auxquelles elles ont approté une vraie profondeur malaisante !

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

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28 novembre 2019 4 28 /11 /novembre /2019 09:58

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  JUSQU'AU DERNIER

 

 

C'est de qui ? Félix et Gastine

 

 

La Couv':

 

 

Déjà croisés sur le site? Non

 

 

 

C’est édité chez qui ? Grand Angle

 

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Russell, vieux cow boy dur à cuir est un peu amer, le chemin de fer s'est étendu sur la prairie et son métier de convoyeur de bovins à cheval vit ses dernières heures.

Mais notre héros a préparé sa retraite et il compte s'installer dans une ferme avec Kirby un jeune associé à la gâchette rapide et Bennet, sorte de fils adoptif un peu simplet qu'il a pris sous son aile à la mort de ses parents.

 

Lors d'une halte en ville, alors que les deux hommes prennent du bon temps, Bennet est pris à parti par un autre garçon et le lendemain il est retrouvé pendu.

Chassé de la ville et ivre de vengeance, Russell embauche une bande de pistoleros afin d'obliger les habitants de la ville a lui remettre le coupable.

 

 

Ce généreux one-shot, riche en action et en moments forts se pose (et s'impose) comme un western crépusculaire aux ingrédients assez classiques mais bien exploités et, surtout, mis en image de main de maître par un Paul Gastine dont le trait réaliste aux détails foisonnants fait de ce Jusqu'au dernier l'un des plus beaux albums de l'année, toute catégorie confondues.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :PENDEZ LES HAUT ET COURT

 

 

C'est de qui ? D. Frontiere

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Pendez les haut et court est un film important à plus d'un titre ; première production de la boite d'Eastwood et premier de ses westerns américain après sa vague de spaghettis à succès, il surfe allègement dessus en présentant un héros quasi monolithique, froid et dur qui va accomplir sa vengeance avec détermination.

 

Dominic Frontiere, connu pour les musiques de séreis SF , se voit imposé une musique « à la Morriconne » pour enfoncer le clou. Néanmoins le compositeur renâclera quelque peu, s'exécutant sur le thème générique mais imposant ensuite sa personnalité musicale via notamment un beau thème romantique et, surtout, un underscoring tout en tension pour les scènes clés comme celle du lynchage du personnage joué par Eastwood par exemple.

 

Aux coté d'un harmonica et d'une guitare clairement spaghetti on appréciera les cuivres étouffés, employés presque à contre emploi et bien soutenus par les percussions, le reste d'un large orchestre (60 instruments tout de même!) finissant de faire la réussite d'un score tout destiné pour Jusqu'au Dernier !

 

 

 

 

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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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