10 février 2026 2 10 /02 /février /2026 10:50


 

LA BD:

 


C'est quoi : LE SANCTUAIRE

 

 

C'est de qui? Lavoine.



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Sarbacane





 

Déjà croisé sur le site? Non.





 

Une planche: 

 



 

Ca donne Quoi ? Vous vous souvenez de la grippe aviaire? Imaginez qu’elle se soit étendue à tous les volatiles et que, par extension, elle ait atteint la population, faisant des ravages chez les humains.

 

Une famille a réchappé à l’éradication en se réfugiant dans des montagnes désolées où ils survivent du mieux qu’ils peuvent. Le père, complètement cyclothymique, est parfois ultra protecteur et à d’autres moments tyrannique jusqu’à en devenir violent.  La mère a plus ou moins perdu la raison et leurs deux filles doivent composer avec un quotidien ardu au milieu des tâches que leur a assigné leur paternel et de l'entraînement martial qu’il leur impose.

 

La plus jeune, qui a le rôle de chasseuse, découvre un jour, alors que le père est parti au “ravitaillement, une mine abandonnée où se terre un vieil ermite acariâtre et lubrique.

 

Si les contacts sont difficiles de prime abord, l’homme va apprendre à la jeune fille que les oiseaux ne représentent pas le danger que veut leur faire croire leur père (qui en extermine dès qu’il en a l’occasion) et elle va même se lier d’amitié avec un rapace.

 

Peu à peu les rapports entre ces quelques survivants vont donner naissance à une inévitable tragédie.



 

Laurine Roux a un talent manifeste pour allier le fond et la forme, utilisant des genres variés et souvent forts éloignés pour faire passer son message.

Dans le Sanctuaire par exemple, le lecteur pense de prime abord avoir à faire à un récit postapocalyptique mais bien vite force est de constater que l’auteure a aussi -surtout-  voulu écrire un roman d'initiation,  une parabole sur la parentalité toxique, l’émancipation…



 

Pour sa première incursion dans le monde de la bande dessinée, Jérôme Lavoine frappe fort avec cette adaptation en trichromie noir, blanc et bleu qui rend toute la beauté et l’âpreté bucolique des monts enneigés où se déroule l’histoire, avec une faune également de toute beauté.



 

Tout au long de ces 160 pages, il a su capter le message  du matériau d’origine et le rendre à sa façon aussi personnelle que fidèle.





 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : WINTER’S BONE



 

 

C'est de qui?  D. Hinchliffe



 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui




 

On peut écouter ?

 

 

 

 

 

Ça donne Quoi ? Le leader des Tindersticks, qui, avec son groupe, avait notamment composé quelques B.O pour notre Claire Denis nationale (dont le très beau Trouble Every Day), a aussi à son actif des scores en solo.



 

Pour cette adaptation d’un roman noir, le musicien multi-instruentaliste a écrit des thèmes où le banjo, le violon, la guitare et  la mandoline, instruments typiques de la musique folklorique de la région des Ozarks où se déroule l’histoire du film, volent souvent la vedette aux cordes et vents classiques.



 

Les atmosphères prédominantes sont donc souvent mélancoliques voire intimistes avec cependant quelques sursauts plus virulents qui sortent un peu l’ensemble d’une torpeur très underscoring.

 

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30 janvier 2026 5 30 /01 /janvier /2026 10:57





 

LA BD:

 


C'est quoi : GOD BLESS AMERICA

 


C'est de qui? PF Radice



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Sarbacane





 

Déjà croisé sur le site? Non






 

Une planche: 


 


 

Ca donne Quoi ? Utah, début des années 50. Alors qu’il enquête sur des signalements d’Ovni, Nick Corey, shérif de son état et torturé s’il en est, découvre une voiture abandonnée et des possibles traces d’enlèvement.

Alors qu’il fouille les alentours un avion militaire s’écrase non loin et quand Corey arrive sur les lieux du crash il découvre que l’appareil volait sans pilote.

 

Bientôt, le FBI et les militaires s’incrustent sous prétexte que l’avion serait lié au détournement d’une bombe atomique, un tueur en série ressurgit du passé du shérif qui, cerise sur le gateau, va tenter d’assumer son homosexualité en tombant amoureux d’un agent fédéral.



 

Du roman, hommage/pastiche aux classiques noirs américains, de Richard Morgiève, Pierre François Radice, pour son second album chez Sarbacane, tire une adaptation dans un beau noir et blanc à la fois réaliste et expressif, crayonnée, à l’encrage quasi absent et aux niveaux de gris très réussis mais  qui, si elle reprend les éléments et fils narratifs déjà, à mon sens, trop nombreux du texte d’origine, a un peu de mal à les traiter tous à égalité.

 

On se retrouve avec une histoire où l’on passe parfois un peu du coq à l’âne en se demandant pourquoi, à l’origine, Morgiève a voulu tant en mettre.

On ne jettera du coup pas trop la pierre à Radice qui fait de son mieux et donne une vision qui, si donc un brin bancale parfois, ne manque pas de qualités, à commencer par un esprit polar old school bien rendu..

 

On notera aussi le soin tout particulier porté par l’éditeur au bouquin, présenté dans un grand format et sur un papier épais qui fait honneur au talent graphique du dessinateur. 






 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : HIGHEST 2 LOWEST




 

C'est de qui? H. Drosin



 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui




 

On peut écouter ?

 

 

 




 

Ça donne Quoi ?  Qu’il est loin le temps où Spike Lee réalisait des brûlots cinématographiques engagés et inventifs! 

Qu’il est loin le temps où Denzel Washington arrivait à s’empêcher de cabotiner et à surjouer pour pallier à des personnages tellement caricaturaux que ça en deviendrait presque géant!

 

Ce remake aussi interminable qu’inutile est, n’y allons pas par 4 chemins, un naufrage!

Rien ne va: du rythme au scénario en passant par le casting ou le montage, Highest 2 Lowest fait honte à l’original comme au roman dont ils sont tirés et ferait presque de la peine pour son réal et son acteur principal autrefois si intéressants.



 

Après 3 décennies à collaborer exclusivement avec Terence Blanchard qui, je l’ai déjà écrit dans ces pages, ne lui a pas composé que des scores inoubliables, loin s’en faut, Spike Lee a confié la musique de son dernier film à Howard Drosin, déjà en charge de l’orchestration de pas mal des partitions de Blanchard.

 

Bon, le résultat n’est pas plus fameux que si c’est Blanchard qui avait assuré le job, voire pire!

Une sorte de musique digne de jazz d'ascenseur, pour laquelle Drosin, allez savoir pourquoi, utilise des claviers affreusement datés avec des pistes sirupeuses à souhait.

La musique est de plus omniprésente sur ce (bien trop) long métrage qui n’avait pas besoin de ça et qui aurait même éventuellement pu être moins mauvais avec une bande son plus pêchue et originale …quoique…non, même pas.



 

Par contre, que ce soient les morceaux calmes comme les -assez rares- passages d’action, sur l’adaptation de Radice ça a apporté un décalage intéressant et un peu d’unité bienvenue.

 

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8 juillet 2025 2 08 /07 /juillet /2025 08:31

 

LA BD:





 

C'est quoi ? LES MAUDITES



 

C'est de qui ? C. Berrocal



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Sarbacane



 

Déjà croisée sur le site? Non



 

Une planche: 

 



 

Ca donne Quoi ? Quand on appartient à deux familles ennemies, il n'est jamais très bon de tomber amoureuses! Surtout en ces temps difficiles où les terres se meurent, les voleurs de bétail sévissent et où d’étranges créatures attaquent les humains.

 

Isabel d’Isla Perdida et Leonor de Salvatierra le savent mais pourtant elles vont se rapprocher l’une de l’autre sans pouvoir rien y faire.



 

Mélange improbable sur le papier de Brokeback Mountain féminin et de Roméo et Juliette queer, avec une pincée de fantastique pour corser le tout, Les Maudites et son format manga est une curiosité qui détonne dans le paysage souvent planplan de la BD actuelle.



 

Le style graphique n’est pas en reste, parfaite osmose entre le dépouillement expressif d’un Brüno pour les décors et la colorisation, et l’expressivité de Daphné Collignon pour les visages.



 

Le résultat, pas forcément évident sur un western, dépasse les attentes et apporte au récit une touche supplémentaire d’originalité et de personnalité qui ne font que le rendre encore plus réussi!



 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : THE LAST SUNSET



 

C'est de qui ? 




 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD



 

On peut écouter ?

 


 

Ca donne Quoi ? En marge de choses plus classiques dans le genre, Hollywood, au fur et à mesure de l’évolution des mœurs, a su proposer des westerns moins manichéens et, surtout, y aborder des thématiques plus profondes.

 

 

 

Dans ce film de 1961, le réalisateur Robert Aldrich fait se confronter trois légendes du 7° art de l’époque (Kirk Douglas, Rock Hudson, Joseph Cotten) dans une sombre histoire de relation amoureuse incestueuse (non connue jusqu’à la fin de film cela dit) sur fond de règlement de compte. Si la tragédie grecque à la sauce far west marchait sur le papier (le scénario est signé Dalton Trumbo tout de même), le réalisateur semble un peu embêté parfois avec son sujet et livre une œuvre en demi-teinte.

 

 

 

Ernest Gould, le compositeur, s’en sort bien mieux ; en effet s’il utilise au départ les codes du score de western encore très en vogue à l’époque, il profite également des cotés plus noirs de l’histoire pour proposer des thèmes plus durs où les cuivres font même parfois penser à un drame historique.

 

 

 

Une ambiance empreinte de gravité qui va bien à ces Maudites.

 

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28 avril 2025 1 28 /04 /avril /2025 15:27




 

LA BD:





 

C'est quoi ? KRIMI



 

C'est de qui ? Inker & Vermot



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Sarbacane



 

Déjà croisés sur le site? Oui pour le dessinateur.



 

Une planche: 

 


 

Ca donne Quoi ? Berlin, les années 30. Fritz Lang est déjà un réalisateur reconnu et travaille sur un film quand il est accosté par un inspecteur de police.

Ce dernier était chargé de l’enquête sur le suicide supposé de la femme de Lang qu’il avait suspecté.

 

Mais c’est pour tout autre chose qu’il vient rencontrer le réalisateur. Il souhaite évoquer avec lui l’affaire sordide qu’il couvre, celle d’un tueur en série dont il pense que Lang pourrait s’inspirer pour sa prochaine réalisation.

 

Dans une Allemagne tiraillée entre la montée du nazisme, le crime et le chômage omniprésent, “M Le Maudit” va faire l’effet d’une bombe et définitivement placer son créateur au firmament des réalisateurs de cinéma.



 

Que ce soit le contexte géopolitique comme cinématographique, on peut difficilement trouver plus riche que ceux évoqués dans Krimi.

 

Il a été évoqué que l’affaire du Vampire de Dusseldorf avait pu être une des sources de Fritz Lang sur M le Maudit; le scénariste part de ce présupposé et évoque à la foi le Berlin malfamé - mégapole du vice sous toutes ses formes et qui touche toutes ses couches- et le milieu du 7° Art, en pleine expansion alors que Lang et Murnau viennent d’inventer l'expressionnisme au cinéma.

 

Graphiquement, Alex W. Inker, qui n’en n’est pas à sa première BD “historique”, loin s’en faut, s’inspire de l’esthétisme du film de Lang et propose, une fois encore, un travail d’une originalité manifeste avec une maîtrise du noir et blanc qui impressione.



 

Krimi est un régal de lecture pour tout amateur de BD, de cinéma voire des deux qui bénéficie en plus d’une édition très soignée (dos toilé, grand format…)





 

 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : BABYLON BERLIN S 3



 

C'est de qui ?  Klimek 1 Tykwer




 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD



 

On peut écouter ?

 

 

 

 

 

 

Ca donne Quoi ?  La troisième saison adaptée des romans de Kutscher, qui a d’ailleurs récemment annoncé écrire le dernier volet des aventures de son héros, a confirmé tout le bien que l’on pensait des précédentes (et la 4° n’a pas démérité, par contre il semblerait qu’il faille s’armer de patience avant de pouvoir visionner la 5°)

 

 

 

Coté B.0 on y retrouve avec joie les compositions de l’ecceltique duo Klimek/ Tykwer, complémentaires s’il en est, qui continuent de mélanger avec métier  les styles musicaux directement hérités  des années 30 (époque de l’intrigue) et une musique d’illustration où le suspense et la tension sont omniprésents.



 

Malgré l’emploi d’un orchestre fourni avec toujours ces ajouts bénéfiques  du piano mécanique et autres instruments folkloriques inattendus, les deux compositeurs excellent tout autant dans l’illustration de scènes d’action que dans l’underscoring menaçant.

 

Une musique adéquate à bien des niveaux pour ce Krimi réussi!

 

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7 mars 2025 5 07 /03 /mars /2025 16:04




 

LA BD:





 

C'est quoi ? L’ENFER




 

C'est de qui ? N. Badout



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Sarbacane




 

Déjà croisé sur le site? Non



 

Une planche: 

 



 

Ca donne Quoi ?  J’ai un assez net souvenir  de l’Enfer, film sorti au début des années 90 où Cluzet cabotinait beaucoup et où Emmanuelle Béart, avant ses errances chirurgico-esthétiques, emportait l’adhésion de par  sa beauté  et son jeu.

Chabrol s’était fait plaisir en auto-assumant la filiation avec Clouzot auteur du scénario original dont la tentative de mise en scène, trois décennies plus tôt, s’était soldée par un échec cuisant, entraînant, entre autre chose, la défection de son principal interprète masculin (Regianni fait une dépression  suite à la pression de son réal’) et l’infarctus du metteur en scène.



 

Sur un sujet assez classique (un mari maladivement jaloux sombre dans une paranoïa aigue et fait vivre à sa jeune épouse…un enfer!) Clouzot avait choisi de privilégier la forme sur le fond en utilisant des méthodes alors assez inédites dans le cinéma mainstream français, à base entre autres de traitements en post-prod, de colorisations psychédéliques et autres effets stroboscopiques.

 

La version de Chabrol est bien plus lambda et, par bonheur, un documentaire sur le tournage d’origine est sorti à la fin des années 2000, montrant notamment quantité de rushes où la magnifique Romy Schneider est “retouchée” de maintes sortes (et, procédé moins pertinent à mon sens, des scènes jamais tournées jouées en face à face et sans décors par deux acteurs de l’époque dont la très belle -décidément!- Bérénice Béjo). Je suis de bonne, je vous met

 

A noter qu’un peu après la sortie en DVD est également paru un très beau bouquin qui présente nombres de photos du film et de son tournage.

 

Cette interminable remise en situation nous amène à l’album d’aujourd’hui, dans lequel Nicolas Badout, dont c’est la première incursion dans le 9° art, reprend le scénario originel de Clouzot.

 

Au début des sixties, Odette et Marcel sont un jeune couple qui tient un hôtel- restaurant au bord du lac de Grandval. Au bout de quelques années, Marcel commence à avoir des troubles du sommeil qui vont le conduire à des sautes d’humeur et, de fil en aiguille, à développer une paranoia sur le fait que sa femme le trompe, jusqu’à dépasser les limtes.



 

Badout adapte le texte fidèlement, essayant de recréer visuellement les désidératas de Clouzot, notamment des passages en couleurs étranges pour les séances où le mari s’imagine des choses et un noir et blanc pour le reste  de la narration.



 

Côté graphismes l’auteur s’inscrit dans la tradition de gens comme Charles Burns outre Atlantique ou Mezzo chez nous, avec des effets d’ombres et d'encrages quasi expressionnistes parfois.

 

Récit noir classique mais solide, bien narré et à la fois hommage à un géant du cinéma français et à son film maudit, L’Enfer est un album qui ravira plus d’un amateur!



 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi ? LE CRIME ETAIT PRESQUE PARFAIT



 

C'est de qui ? D. Tiomkin




 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui



 

On peut écouter ? 

 


 

Ca donne Quoi ? Quatrième et dernière B.O composée par Tiomkin pour Sir Alfred Hitchcock, le Crime était presque parfait débute faussement avec un thème principal aux airs de valse avant de glisser vers un suspense appuyé, à base de motifs intriqués joués par des instruments aussi variés qu’une trompette étouffée, des trémolos de flûte traversière, un cor dans les graves ou encore des timpani et autre vibraphone.



 

Jamais dissonante malgré la richesse voire la complexité de ses thèmes ; la partition de Tiomkin construit peu à peu une tension quasi constante que certaines pistes viennent quelque peu contrebalancer (on notera un clin d’œil  à  Moussorgsky des plus inattendus).

 

Surannée juste ce qu’il faut pour coller à l’époque de l’Enfer, la B.O de Tiomkin en souligne à la fois les passages psychologiques et le lent mais inexorable glissement  de l’intrigue vers la tragédie.


 

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  • : Conseils d'écoutes musicales pour Bandes Dessinées
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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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