4 janvier 2024 4 04 /01 /janvier /2024 09:54

 

LA BD:




 

C'est quoi ? AU COEUR DE LA TERRE 1 / LA PRINCESSE DE MARS.


 

C'est de qui ? Morvan & Ortiz / Biagini


 

Les Couv':

 

 

 


 

C’est édité chez qui? Glénat


 

Déjà croisés sur le site? Oui


 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? S’il est surtout connu pour être le papa de Tarzan, l’auteur américain Edagr Rice Burroughs a aussi pondu quelques récits de SF devenus des classiques qui, à la manière de ses contemporains ou d’illustres prédécesseurs (Jules Verne en tête), exploitait le filon des fantasmes de l’époque sur la terre creuse ou les potentiels habitants d’autres planètes.


 

Aujourd’hui ces histoires peuvent faire sourire de par l’accumulation de poncifs  souvent complètement surréalistes mais, pour son adaptation, J.D. Morvan table sur l’action et le rythme au détriment de tout bla-bla pseudo-scientifique.


 

Le lecteur, si tant est qu’il aime ce genre de SF récréative assez basique, sera emporté par l’esprit de l’aventure, plutôt pas mal rendu par le trait de Rafael Ortiz sur Au Coeur de la Terre, que j’ai cependant préféré sur l’autre adaptation qu’il a signé avec Morvan pour Glénat, dans un tout autre registre, de J’Irai cracher sur vos tombes de Vian.

Le transalpin Fransesco Biagini, sur la Princesse de Mars, a un style plus cartoony et expressif qui, si sympathique, amène un coté parfois comique étrange.



 

LA MUSIQUE:




 

C'est quoi : CREATURES THE WORLD FORGOT


 

C'est de qui ? M. Nascimbene


 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui


 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? Ayant délaissé pour un temps les films d'horreur (auxquels ils reviendront bien vite, vu qu'ils épuisèrent rapidement leur filon) les mythiques studios de la Hammer produisent, vers la fin des 60's, une poignée de films préhistoriques aux intérêts divers et décroissants.


 

 Mario Nascimbene, qui s'est déjà acquitté avec les honneurs des volets précédents, tient ici toute l'entreprise sur ses épaules de compositeur chevronné et inventif. 

 

Un score orchestral dominé par les percussions mais dans lequel Nascimbene fait un usage original des voix, en les faisant sonner comme des bourrasques de vent par exemple. 

 

Suspense, aventure et action s'entendent comme larrons en foire sur une galette qui accompagne ces adaptations avec qui elle partage ce parfum de SF surannée. 

 

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12 octobre 2023 4 12 /10 /octobre /2023 14:28


 

 

LA BD:





 

C'est quoi ? MADELEINE RÉSISTANTE 2.



 

C'est de qui ? Morvan, Riffaud et Bertail.



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui ? Dupuis / Aire Libre

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui, ensemble sur le tome 1.



 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Madeleine est maintenant un élément majeur de la Résistance dans Paris. Faisant au départ passer des messages, bientôt elle va faire partie des têtes pensantes de son réseau et participer à des opérations plus ambitieuses.



 

Mais le danger est aussi plus grand: celui de voir des compagnons arrêter par la gestapo, celui de devoir fuir et se cacher, celui de devoir tuer!

 


 

Comme l’écrivait Machiavel, “Pour prévoir l'avenir, il faut connaître le passé”. 

Je l’évoquais dans la chronique du tome précédent, je pense sincèrement que le devoir de mémoire est, aujourd’hui plus que jamais, salutaire pour ne pas dire nécessaire. 

 

A l’aune des évènements racontés par Madeleine Riffaud elle-même, dont Jean David Morvan, avec le métier qu’on lui connaît, a parfaitement su retranscrire toute l’importance et la gravité sans jamais tomber dans le didactisme, on ne peut donc qu’être impressionné par cette série.



 

Et quand la bande dessinée atteint un tel niveau de communion entre le fond et la forme -le scénario étant magnifiquement mis en image par un Dominique Bertail inspiré qui, dans son style réaliste tout en tons de bleus, rend aussi bien les tourments de ses protagonistes que le Pari occupé- on ne peut qu’espérer que Madeleine Résistante va continuer son beau parcours et, puisque la BD commence à être au programme de français des collèges et lycées, être lue par toute une génération qui, de réseaux sociaux en télé réalité à fâcheusement tendance à perdre les repères essentiels nécessaires pour ne pas répéter les erreurs des heures les plus sombres de notre Histoire.







 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi :LA GRAND ILLUSION



 

C'est de qui ? J. Kosma



 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui



 

On peut écouter ?

 

 


 

Ca donne Quoi ? Dans la famille Kosma, je préfère grandement le père au fils. Pour son second film avec le grand Jean Renoir (le premier se résumait cela dit à l’écriture d’une unique chanson), le compositeur livre une B.O hautement dramatique où, s’il reprend quelques codes de musique militaire (notamment dans certaines rythmiques) il met l’accent sur le côté humain du scénario et le drame que vivent les protagonistes aux différentes époques du film.



 

Kosma joue sur les harmonies et les dissonances avec beaucoup de tact et une science de l’écriture héritée de son bagage classique.

 

Aux cuivres tantôt claironnants tantôt martiaux, il oppose des cordes aux glissandos nostalgiques voire carrément tragiques.



 

La Grande Illusion est probablement l’un des plus beaux films qui ait été réalisé sur l’absurdité de la guerre et la partition de Kosma en est un admirable pendant qui se pose sur les drames vécus par Madeleine avec beauté et réussite.







 

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23 septembre 2021 4 23 /09 /septembre /2021 14:16

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  MADELEINE RESISTANTE. LA ROSE DEGOUPILLEE.

 

 

C'est de qui ? Morvan & Bertail

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Dupuis

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui, pour Morvan comme pour Bertail

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Une témoin de son temps ! Ce premier tome retrace la jeunesse de Madeleine Riffaud, enfant du XX° siècle durant l’entre-deux guerres, l’exode puis la Seconde Guerre Mondiale.

Malgré sa condition - elle est atteinte de tuberculose- notre courageuse jeune fille décide de ne pas rester sans rien faire contre l’occupant et veut joindre la résistance. Encore mineure elle rejoint la capitale avec son amoureux où, prête à tout pour atteindre son but elle commence par des missions comme messagère où elle fait preuve d’une grande détermination.

 

Suite à un reportage sur les résistante, Jean David Morvan découvre le destin hors du commun de Madeleine Riffaud et décide qu’il veut raconter la vie de l’ancienne résistante sous la forme qu’il maîtrise si bien :en BD.

 

 

D’abord peu emballée par l’idée, la nonagénaire finit par céder et entre le scénariste et elle va se nouer une grande amitié dont découle ce premier volet -sur trois- de cette bio passionnante, racontée à la première personne, dans une suite de chapitres clés de cette période déjà mouvementée de Madeleine.

 

La mise en image a été confiée au talentueux Dominique Bertail qui, de son style réaliste (qui est ici assez loin de Paris 2119, et c'est fort bien) , dessine aussi bien les paysages enneigés des Alpes que les rues de Paris sous l’occupation.

Détaillé et riche, son trait est ici réhaussé d’un bleu aussi inattendu que bien choisi qui apporte une atmosphère de vieux film bienvenue. 

 

Devoir de mémoire salvateur en ces temps où l’on a tendance à un peu trop vite oublier un passé tragique et faire des amalgames tendancieux, Madeleine, Résistante est un des albums majeurs de cette rentrée, voire de l’année.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :L’AVEU

 

 

C'est de qui ? G. Fusco

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Non

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? Encensé pour Z, à juste titre, Costa Gavras s’intéresse à « l’autre bord » l’année suivante en mettant en scène l’arrestation et la torture d’un dirigeant tchécoslovaque accusé de trahison au profit des USA.

 

Montand y est à nouveau impeccable et on sent dans la réalisation de Costa Gavras une réelle envie de dénoncer les totalitarismes du bloc soviétique de l’époque.

 

Au pupitre on retrouve Giovanni Fusco, compositeur transalpin qui a essentiellement œuvré dans son pays, surtout pour Antonioni.

Chez nous il a écrit une paire de fois pour Alain Resnais avant d’être embauché pour l’Aveu (qui sera sa dernière œuvre, le film sortira d’ailleurs après sa mort).

 

Loin de tout sensationnalisme Fusco préfère une économie de moyens au service de l’émotion. Le thème principal, joué par un piano solo avec une section de cordes en fond, n’emploie que quelques notes et est repris et varié au fil de la partition.

 

On appréciera sur ce premier tome de Madeleine, Résistante les rares mais belles envolées un peu plus lyriques des violons et les interventions subtiles mais efficaces de cuivres et de percussions, notamment sur les passages où le suspense s’invite.

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab


 

 

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13 mars 2021 6 13 /03 /mars /2021 20:26
 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ? GAIJIN

 

 

C'est de qui ? Morvan & Henceval

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Glénat

 

 

Déjà croisés sur le site? Morvan oui, souvent.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Un soir au Japon, Manani rencontre Julien, un français en voyage au pays du soleil levant ; leur rencontre se termine de la plus inattendue des façons pour notre jeune fille qui se retrouve dans son appartement, les seins à l’air et la culotte découpée tandis que Julien se masturbe devant elle.

 

Cette expérience hors du commun va provoquer un déclic chez Manani qui va être dès lors assaillie de visions pornographiques où elle s’ébat avec les occidentaux rencontrés un peu partout.

Puis Julien la recontacte et commence alors entre eux un jeu de voyeurs où la jeune fille est le jouet des fantsames du français, mais jusque où la perversion va-t-elle mener Manani ?

 

En spécialiste amoureux du Japon, David Morvan dresse ici, pour sa première BD X chez Glénat dans la collection Porn n pop,  le portrait un peu appuyé d’une japonaise qui, comme beaucoup de femmes de son pays, est attirée par les occidentaux et dont la rencontre avec l’un d’entre eux, pervers narcissique SM à ses heures, va déclencher toute une série de fantasmes ; imaginés tout d’abord puis réalisés.

 

Là où l’album, riche en scènes fort crues, évite le pathos/glauque, c’est dans le déclic qui se produit chez l’héroïne qui va passer outre l’attirance et la domination de son gaijin et se mettre à assumer et assouvir ses désirs.

 

Premier album "traditionnel"  (après des BD Jeux chez Makaka) pour le dessinateur/coloriste, Damien Henceval, qui livre une copie des plus satisfaisantes, avec un style qui décontenance un peu au début de par ses influences hybride mais qui réussit à traduire aussi bien l’innocence de la jeune fille que l’érotisme du scénario.

Un album original, qui emprunte des thématiques aussi bien à Breaking The Waves, l’Empire des Sens qu’à …50 Nuances de Grey !

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :13 TZAMETI

 

 

C'est de qui ? EAST

 

 

La Couv':

 

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Non

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Combo électro de la fin du siècle dernier, les français de Troublemakers ont toujours eu une profonde signature musicale inspirée des B.O du cinéma. Celles des années 70, celles de Schifrin et de Quincy Jones, mais comme si elles étaient composées avec des instruments actuels, samplées et remixées, pour donner des ambiances entre l’ambiant sombre, l’acid- jazz racé, le groove suave…

 

East, pseudo d’Arnaud Taillefer, l’un des membres du groupe, signe en 2006 la musique de ce film noir indé dont l’impact et la pluie de récompenses poussera même les américains à en faire un remake (ô combien dispensable !).

 

On trouve dans le score du français où les sons électro et les instrus acoustiques se marient à merveille, tout ce qui a fait la réussite des Troublemakers : atmosphères de film noir, funk chaloupé tailladé au scalpel, ombre planante du rock progressif des grandes années du Pink Floyd (celles entre le pétage de plomb de Syd Barret et celui de Roger Waters !).

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab


 

 

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7 janvier 2021 4 07 /01 /janvier /2021 15:36
 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  ET ON TUERA TOUS LES AFFREUX

 

 

C'est de qui ? Morvan et Noé

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Glénat

 

 

Déjà croisés sur le site? Morvan souvent et Noé une paire de fois.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Un blondinet qui en a plus dans les biceps que dans le ciboulot se retrouve à devoir copuler avec une bombe anatomique pour satisfaire les délires d'expériences  génétiques tendancieuses d'un docteur Schutz (sic!). Mais loin de lui l'idée de tremper là dedans, bien au contraire il va tout faire pour mettre le maléfique savant en déroute! Quitte à payer de sa personne of course!

 

Après ses parodies enlevées de polars américains, lui ayant valu les foudres des censeurs, plutôt que de jouer l’apaisement, Vian/Sullivan enfonce le clou en pondant un récit d’anticipation complètement délirant à l’humour ravageur et outrancier qui flirte avec l’eugénisme et convoque le spectre des expériences nazis dont les cendres fumaient encore et le souvenir rance envahissait probablement la France.

 

A prendre évidement au 36°degré, ce nouvel album bénéficie du trait terriblement sensuel d’Ignacio Noé que l’on a vu chez nous sur une paire de récits érotiques gourmands mais aussi sur une trilogie fantastique prometteuse (hélas jamais achevée). Son style réaliste est juste parfait pour mettre en image ces années 50 fantasmées et un casting décalé composé quasiment uniquement de  bimbos et autres beaux gosses bodybuildés.

 

 

Probablement le plus surréaliste des quatre adaptations signées par Morvan qui rend, je trouve, un bel hommage à une de ses idoles littéraires.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :THE MAN WITH THE GOLDEN ARM

 

 

C'est de qui ? E. Bernstein

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Sacrée B.O que ce Man with the golden arm, en effet, outre un sujet casse gueule traité de façon peu orthodoxe pour l’époque (nous sommes au beau milieu des années 50 et Hollywwod est encore régie par un code des plus strict pour tout ce qui touche au subversif : sexe, alcool, drogue…), c’est l’une des première réelle incursion du jazz dans le 7° Art, et qui plus est par un compositeur qui n’a alors à son actif qu’une grosse poignée de séries B voire Z peu reluisantes.

 

 Pour son entrée dans la cour des grands Bernstein frappe fort avec une partition qui fait la part belle à la rythmique dès le thème principal (le héros, joué par un Sinatra sur le retour assez crédible, est un batteur) qui est repris pas mal de fois arrangé différemment, mais sait aussi s’apaiser pour jouer la carte des pistes plus cool, voire chaloupées où peu d’instruments sont présents, dans un esprit  qui n’est pas sans faire penser à a très belle B.O d’Un Tramway Nommé Désir, déjà fort jazzy, qu’Alex North a signée quelques années plus tôt.

 

Une ambiance groove old school qui n’a pas pris une ride si tant est qu’on soit allergique au genre (ce qui serait à mon avis fort dommage) et qui rythme bien le délire de Vian revu par Morvan et Noé !

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

 

 

 

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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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