9 février 2026 1 09 /02 /février /2026 15:22


 

LA BD:

 


C'est quoi : NEIGE DE SANG

 


C'est de qui? R. Sallé, Corbeyran & Jef



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Ankama





 

Déjà croisés sur le site? Oui pour Corbeyran et Jef.






 

Une planche: 

 



 

Ca donne Quoi ? Dans un petit village de pêcheurs du Japon, dans les années 70, le temps se met subitement à changer et, alors que c'est l'été, en l’espace de quelques jours la température se met à chuter, le jour ne se lève plus et une neige drue recouvre bientôt les alentours.

 

Alors que les habitants se réunissent dans l’auberge du coin, des meurtres sanglants se répètent chaque nuit. 

Les hommes organisent un tour de garde et découvrent que cinq samouraïs fantomatiques hantent le village.



 

Un village coupé du monde, un climat hostile, des ennemis surnaturels et dangereux, une ancienne vengeance… le huis-clos proposé par Corbeyran et Sallé possède tous les ingrédients nécessaires à un récit de genre qui tourne bien même si pas d’une folle originalité.



 

Jef, qui bosse “à l’ancienne” livre quant à lui une partie graphique plus que convaincante, les personnages sont expressifs et les décors et atmosphères allient réalisme et fantastique avec talent. 



 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : LE VENIN DE LA PEUR



 

 

C'est de qui? E. Morricone 



 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui




 

On peut écouter ?

 

 

 


 

Ça donne Quoi ? Fulci + Morricone, sur le papier il ya de quoi saliver et si le résultat du premier ne sort pas de sentiers uber rabattus du giallo erotico-fantastique la partition du second est réjouissante!

 

Stakhanoviste de la B.O Morricone, quand il en a la possibilité, se permet d’aller tutoyer des sommets d’expérimentation sonore et écrit ici un score stressant à base de cordes frottées pleines de reverb, de sifflements électroniques, de morceau de jazz rock dans l’ère du temps et autres thèmes romantico dramatiques hypnotiques.

 

Un mélange déroutant, parfois un peu étrange sur cette Neige de Sang mais souvent très efficace.

 

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10 décembre 2025 3 10 /12 /décembre /2025 09:18




 

LA BD:

 


C'est quoi : LES SENTIERS D’ANAHUAC

 


C'est de qui? Dytar & Bertrand



 

La Couv':


 



 

Déjà croisés sur le site? Oui pour le dessinateur. 



 

C’est édité chez qui? Delcourt



 

Une planche: 

 


 

Ca donne Quoi ? Mexique, milieu du XVIII° siècle, les espagnols convertissent par la force les peuplades indigènes.

Certains le vivent mieux que d’autres comme Antonio qui montrent de réelles dispositions dans de nombreux domaines et va lentement mais sûrement monter dans l'échelle sociale au détriment de ses origines.

 

Origines qu’il va réellement découvrir lors de la rédaction d’une somme écrite des traditions et croyances de son peuple, œuvre qui va rapidement attirer l’attention des autorités religieuses qui voient l’entreprise d’un fort mauvais œil.



 

Jean Dytar, passionné d’Histoire s’il en est, s’est associé pour cet ambitieux nouveau projet à l’historien Romain Bertrand, spécialiste entre autre de la période historique traitée ici.

 

Si les deux auteurs mêlent la fiction et la réalité, cette dernière est clairement au service de la précédente et rend leur récit aussi fluide qu’intéressant à lire.



 

Ce qui ressort évidemment de cet impressionnant travail, c'est la tragédie qu’ont vécu les autochtones d’Amérique du Sud (entre autres!) face à la colonisation sauvage des Espagnols (et pas que), à l’image de leurs voisins amérindiens, et les ravages de l'évangélisation forcée décidée par des puissants monarques et dignitaires religieux.



 

Une fois encore, et c’est un leitmotiv ces derniers temps, en tout cas sur pas mal d’albums chroniqués chez nous, la forme est totalement au service du fond. 

En effet, Dytar, qui aime à se renouveler d’un livre à l’autre, opte ici pour un style hybride où il conjugue un certain classicisme franco-belge pour certains personnages et un plus réaliste pour d’autres. Certains protagonistes sont en couleurs tandis que d’autres sont en bichromie et, last but not least, les décors varient également en fonction des situations.

 


 

Certaines planches sont directement inspirées de l’art premier des mexicains tandis que d’autres font penser à de la gravure sur bois. Là encore les deux ambiances se marient à merveille et l'artiste, reprenant le principe déjà utilisé par quelques-uns de ses pairs d’antan, n’hésite pas à faire se mouvoir ses personnages dans les cases et les planches pour jouer sur le mouvement et la temporalité.

 

On ne peut qu’être admiratif devant les expérimentations narratives d’un auteur qui maîtrise son art avec brio.



 

Ajoutez à celà un format carré original, une pagination généreuse et une qualité et trame de papier des plus soignée et vous obtenez l’un des albums les plus intéressants de cette fin d’année.



 

L’ACBD vient d’ailleurs de lui décerner son grand prix de la critique pour cette année 2025, mais même sans cette distinction c’est clairement un album qui mérite sa place au pied du sapin ou, en tout cas, sur les étagères de tout bédéphile qui se respecte. 




 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : MISSION


 

 

C'est de qui ? E. Morricone




 

La Couv':

 


 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui




 

On peut écouter ?

 

 

 


 

Ça donne Quoi ? Malgré la pléthore de scores westerns spaghettis qu’il a composé, celui de Mission reste pour beaucoup d’amateurs probablement la pierre angulaire de la discographie pourtant monumentale de son auteur (même si, pour votre serviteur, sa période expérimentale des années 70 reste, et de loin, la plus intéressante).



 

Pour le très beau film de Roland Joffe, dont le sujet et les thématiques ne sont pas si éloignées de celles de la BD du jour, le compositeur italien va piocher dans le folklore espagnol comme amérindien, utilisant des instruments spécifiques qui vont de la guitare à l’oboe en passant par diverses flûtes.

 

Il panache le tout de percussions tribales et de chants religieux dans un mélange qui, sur le papier, pourrait paraître trop audacieux mais ce serait sans compter sur le génie de l’italien qui livre une partition pleine d'émotions avec une variété d’ambiances riches.

 

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20 novembre 2025 4 20 /11 /novembre /2025 09:51




 

LA BD:

 


C'est quoi :LE CHÂTEAU DES ANIMAUX. 4. LE SANG DU ROI.

 


C'est de qui? Dorison & Delep



 

La Couv':


 



 

Déjà croisés sur le site? Oui.



 

C’est édité chez qui? Casterman



 

Une planche: 

 


 

Ca donne Quoi ? Les lecteurs de B.O BD doivent en avoir marre que j’encense à chaque fois qu’ils sortent un album,  Fabien Nury ou Xavier Dorison! Mais en même temps, il faut reconnaître que ce sont deux des scénaristes les plus doués de leur génération, quel que soit le genre qu’ils abordent, ce que vient encore confirmer, dans le cas du second, cet ultime tome de sa variation de la Ferme des Animaux d’Orwell.


 

Miss B, Azélar et Oscar continuent la lutte contre Silvio qui, s’il leur a promis des élections, n’en restent pas moins un tyran fourbe et violent, conseillé par ses âmes damnées, que ce soit sa femelle ou son nouveau chef de meute.

 

Mais tous ses simagrés, toutes ses combines ne passent pas -complètement - inaperçues parmi les animaux de la ferme qui sauront trier le bon grain de l’ivraie.

 

Dorison s’inspire évidemment, comme son modèle littéraire, du régime stalinien mais convoque aussi les grandes résistances pacifistes et autres désobéissances civiles qui ont jalonné l’Histoire, glissant des références plus ou moins marquées tout au long de son récit.

 

L’ensemble résonne hélas grandement avec les situations politiques et sociales auxquelles nous assistons encore aujourd’hui un peu partout dans le Monde et, comme Madeleine Résistante que nous avons chroniqué un peu plus tôt dans le mois, la tétralogie de Dorison et Delep est une lecture essentielle à mon sens.

 


 

6 ans auront été nécessaires pour que la série arrive à sa conclusion mais au vu du travail d’orfèvre de Felix Delep personne ne viendra s’en plaindre.

Dessinant “à l’ancienne” l’artiste et son style disneyen fait des merveilles!

Les expressions qu’il parvient à donner à ses personnages aux visages pourtant simples force l’admiration.

 

Le travail de storyteller de Dorison et son sens de la mise en scène font le reste et, surtout, font du Château des Animaux une indéniable réussite sur le fond comme sur la forme!





 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi :  AGNES VA MOURIR

 

 

 

C'est de qui ? E. Morricone 




 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui




 

On peut écouter ?

 

 

 


 

Ca donne Quoi ? La décennie des seventies aura indubitablement été la plus prolixe et variée dans la carrière du maestro italien, rien qu’en 1977 il écrit pour du film d’horreur, du thriller politique, un film sur une orque tueuse ou encore des films de guerre.

 

 

C’est évidemment dans ce dernier genre que l’on a pioché le score du jour, celui de Agnès va mourir.

 

 

Morricone y navigue entre romantisme tragique et suspense lyrique, avec, en corps principal, les vents, aux accents mélodramatiques toujours maîtrisés, appuyés par une section de cordes sur un rythme faussement martial qui n’est pas sans faire penser parfois à un hymne.

 

Tout ce qu’il fallait pour conclure notre tragédie politico-animalière.

 

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14 novembre 2025 5 14 /11 /novembre /2025 10:11




 

LA BD:

 


C'est quoi :MADELEINE RÉSISTANTE. L’ANGE EXTERMINATEUR. 

 


C'est de qui? Riffaud, Morvan & Bertail.



 

La Couv':


 



 

Déjà croisés sur le site? Oui.



 

C’est édité chez qui? Dupuis.



 

Une planche: 

 


 

Ca donne Quoi ? Paris, été 44, la capitale est livrée aux affrontements entre résistants de tous bords et les derniers soldats de l’armée allemande.

Madeleine Riffaud, sous son nom de code Rainier, est sur tous les fronts, à faire le coup de main à la tête de ses hommes ou à remplir des missions aussi salvatrices que dangereuses.

 

Après le soldat SS qu’elle a éliminé quelques mois auparavant, elle va de nouveau être amenée à tuer, que ce soit pour éviter un malheur quand  la foule veut lyncher en pleine rue un milicien collabo ou pour exécuter de sang froid un traître au sein même de la Résistance.

 

Des actes qui, si nécessaires, la marqueront tout au long de sa vie.



 

Dernier acte de la période Résistance de cette série qui, nous l’avons déjà dit dans les chroniques des tomes précédents, a tous les atouts pour devenir un incontournable de la BD historique (voire de la BD tout-court) et, surtout, fait un devoir de mémoire salvateur en ces périodes où le vol noir des corbeaux sur nos plaines est toujours omniprésent.



 

La regrettée Madeleine Riffaud, disparue il y a tout juste un an, aura eu un vie plus grande que nature, à l’image du siècle qu’elle a traversé en prenant part à certains de ses grands bouleversements, qu’avec Jean David Morvan ils ont su magnifiquement transcrire en BD. Ils ont réussi à rendre l'atmosphère tendue de ces semaines de libération de Paris avec brio et ont transformé une page d'Histoire en véritable film de suspense.

 

Il faut dire qu'ils ont été bien aidés par l’excellent trait de Dominique Bertail qui livre ici des décors parisiens saisissants de réalisme et des personnages expressifs, le tout toujours dans ces tons de bleus aussi inattendus que payants et avec un travail sur le rendu des ombres rarement égalé!

 

Le prochain cycle se penchera sur la vie de Madeleine dans l'immédiate après-Guerre.




 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : LA BATAILLE D’ALGER

 

 

 

C'est de qui ?  E. Morricone 




 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui.




 

On peut écouter ?

 


 

Ca donne Quoi ? Année chargée que cette 1965 pour le maestro italien (mais y a t-il eu dans les décennies 60 et 70 des années qui ne l’ont pas été!?) lors de laquelle il écrit rien moins que 18 scores dans des genres divers et variés -dont le second volet de la Trilogie des Dollars de Léone- qui vont du film d’espionnage au western spaghetti en passant par le giallo.

 

Pourtant c’est sur un film de guerre que nous le trouvons ici, genre finalement peu abordé en regard de certains autres par Morricone. Et c’est plutôt dommage quand on écoute la partition qui se défend fort bien.

 

Il y propose notamment un thème principal basé sur un riche motif de douze notes aux accents tragiques et une marche qui n’a rien à envier aux travaux de ses pairs américains sur de grands films de guerre de l’époque.

 

Mais, fait assez rare chez lui, le compositeur transalpin joue la carte de l’underscoring pour évoquer la tension.



 

C’est cet aspect, particulièrement oppressant, qui m’ a décidé à utiliser cette B.O afin que ma lecture n’en soit pas trop parasitée et il a été plus que satisfaisant!  

 

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17 septembre 2025 3 17 /09 /septembre /2025 08:51




 

LA BD:

 


C'est quoi : ON LES APPELLE JUNIOR ET SENIOR

 


C'est de qui :  Hostache et Recht



 

La Couv':


 




 

Déjà croisés sur le site? Oui, l’un comme l’autre.



 

C’est édité chez qui?  Le Lombard



 

Une planche: 

 


 

Ca donne Quoi ? Quand j’étais gamin, comme probablement pléthore de gens de ma génération -à commencer par Robin Recht- j’ai été bercé par les nanars qui passaient à la télé ou qu’on louait en VHS, les comédies françaises de seconde zone avec Francis Perrin ou Aldo Maccione, les films de bagarre avec Jackie Chan et, last but not least les westerns spaghettis déconnants avec Terence Hill et Bud Spencer.

 

C’est de ces derniers qu’il est question ici puisque Junior et Senior, les héros de l’album signé Recht et Hostache, peuvent être considérés comme les alter égos des personnages joués par le duo cité plus haut notamment dans la série des Trinita.

 

Deux cow-boys pieds nickelés, bagarreurs et bons vivants qui, dans cette première aventure en BD, vont, pour pouvoir sortir de prison, devoir récupérer dans un internat la fille d’un politicien pourri.

Mais sur place, impossible de trouver laquelle est la bonne, du coup…ils embarquent tout le pensionnat et vont bientôt être traqués par une nounou teutonne peu commode, une troupe de soldats sudistes au grand complet, des desperados mexicains étrangement baptisés “les canadiens”, j’en passe et des meilleurs.



 

Vous l’aurez compris, On les appelle Junior et sénior est une BD à l'esprit ouvertement potache et décalé, du western déconnant et intergénérationnel à lire avec le cerveau en mode détente, pastiche et hommage à la fois. Après la fantasy de Conan et de Thorgal on sent que Robin Recht s’est fait plaisir sur ce coup là!



 

On avait laissé jean Baptiste Hostache au milieu des grands auteurs américains, on le retrouve dans les plaines du Far West avec autant de réussite mais dans un style plus cartoony qui, évidemment, va comme un gant au scénario de son compère.  



 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : MON NOM EST PERSONNE



 

C'est de qui ? E. Morricone 




 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui

 

 

On peut écouter ?

 

 


 

 

Ca donne Quoi ?  Probablement l’une des B .O les plus connues de son auteur (avec entre autre  Il Etait Une Fois Dans l’Ouest et Le Bon, La Brute Et Le Truand), Mon Nom Est Personne est à l’image du film de Leone, une parodie très réussie du genre.

 

Hormis une paire de thèmes un peu sérieux, l’ensemble du score brocarde avec talent et humour les canons du genre, à commencer par les travaux de Morricone lui-même, ceux de la trilogie des Dollars en tête. 

 

Le maestro italien se permet même de reprendre la Chevauchée des Walkyries en la faisant sonner comme un concert de klaxons un soir de match. On reste pourtant dans de la musique western plaisante et réussie, notamment sur les parties interprétées par des voix féminines. 

 

Si les connaisseurs trouveront peut être ce score trop « référencé », il faut admettre que la franche bonne humeur qui se dégage des deux médias est communicative et ces deux-là sont fait pour s’entendre.

 

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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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