5 mars 2022 6 05 /03 /mars /2022 09:01

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ? LA TERRE, LE CIEL, LES CORBEAUX

 

 

C'est de qui ? Radice & Turconi.

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Glénat

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui, ensemble.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Pendant la Seconde Guerre Mondiale, deux soldats, un allemand et un italien, s’évadent d’un camp de prisonniers en Russie en emmenant un gardien comme otage.

 

Le périple vers l’ouest est difficile et dangereux, la tension entre les 3 hommes est palpable, l’allemand est irascible, le russe inquiet et l’italien idéaliste.

Face à la réalité de la guerre et l’hostilité de l’hiver, les épreuves vont rapprocher ces soldats que tout oppose, jusqu’à la langue puisqu’ils ne se comprennent quasiment pas.

 

Nouvel album du couple transalpin qui nous a offert deux récits de mers et quelques disneys, avec un sujet aussi inattendu que fort.

 

Si l’idée de la barrière de la langue, les différences marquées entre les caractères des protagonistes  et les rebondissement du scénario sont intéressants, j’ai trouvé que Teresa Radice se laissait souvent emporter par le lyrisme de son récitatif.

En effet l’histoire est racontée par la voix off du soldat italien qui digresse beaucoup et rend l’album, à la pagination généreuse, parfois un peu redondant à lire.

 

Le dessin disneyen de Turconi lui par contre est toujours aussi beau, les étendues enneigées de Russie lui réussissent bien et il apporte à cette histoire dure une distanciation bienvenue.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :L’ETRANGE HISTOIRE DE BENJAMIN BUTTON

 

 

C'est de qui ? A. Desplats

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? Alors que sa carrière internationale commence à être bien établie, Desplats est approché par David Fincher pour mettre en musique son nouveau film, au sujet  et à l’ambiance fort loin des précédents qui ont fait son succès.

 

Le compositeur français livre une partition fleuve, aux atmosphères variées et à l’unité assez forte malgré des sonorités et des arrangements parfois déroutants.

Avec son thème principal doux-amer, sa variété d’instruments utilisés (mention spéciale à la harpe et aux idiophones), le score de Benjamin Button porte l’empreinte de son auteur, avec ses répétitions de notes, ses ostinatos, son romatisme, appliquée à un film américain certes imparfait mais à l’originalité certaine.

 

Une variété et une qualité qui ont bien profitées à la lecture de l’ode à l’humanité de Radice et Turconi.

 

 

 

 

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23 septembre 2021 4 23 /09 /septembre /2021 14:16

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  MADELEINE RESISTANTE. LA ROSE DEGOUPILLEE.

 

 

C'est de qui ? Morvan & Bertail

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Dupuis

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui, pour Morvan comme pour Bertail

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Une témoin de son temps ! Ce premier tome retrace la jeunesse de Madeleine Riffaud, enfant du XX° siècle durant l’entre-deux guerres, l’exode puis la Seconde Guerre Mondiale.

Malgré sa condition - elle est atteinte de tuberculose- notre courageuse jeune fille décide de ne pas rester sans rien faire contre l’occupant et veut joindre la résistance. Encore mineure elle rejoint la capitale avec son amoureux où, prête à tout pour atteindre son but elle commence par des missions comme messagère où elle fait preuve d’une grande détermination.

 

Suite à un reportage sur les résistante, Jean David Morvan découvre le destin hors du commun de Madeleine Riffaud et décide qu’il veut raconter la vie de l’ancienne résistante sous la forme qu’il maîtrise si bien :en BD.

 

 

D’abord peu emballée par l’idée, la nonagénaire finit par céder et entre le scénariste et elle va se nouer une grande amitié dont découle ce premier volet -sur trois- de cette bio passionnante, racontée à la première personne, dans une suite de chapitres clés de cette période déjà mouvementée de Madeleine.

 

La mise en image a été confiée au talentueux Dominique Bertail qui, de son style réaliste (qui est ici assez loin de Paris 2119, et c'est fort bien) , dessine aussi bien les paysages enneigés des Alpes que les rues de Paris sous l’occupation.

Détaillé et riche, son trait est ici réhaussé d’un bleu aussi inattendu que bien choisi qui apporte une atmosphère de vieux film bienvenue. 

 

Devoir de mémoire salvateur en ces temps où l’on a tendance à un peu trop vite oublier un passé tragique et faire des amalgames tendancieux, Madeleine, Résistante est un des albums majeurs de cette rentrée, voire de l’année.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :L’AVEU

 

 

C'est de qui ? G. Fusco

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Non

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? Encensé pour Z, à juste titre, Costa Gavras s’intéresse à « l’autre bord » l’année suivante en mettant en scène l’arrestation et la torture d’un dirigeant tchécoslovaque accusé de trahison au profit des USA.

 

Montand y est à nouveau impeccable et on sent dans la réalisation de Costa Gavras une réelle envie de dénoncer les totalitarismes du bloc soviétique de l’époque.

 

Au pupitre on retrouve Giovanni Fusco, compositeur transalpin qui a essentiellement œuvré dans son pays, surtout pour Antonioni.

Chez nous il a écrit une paire de fois pour Alain Resnais avant d’être embauché pour l’Aveu (qui sera sa dernière œuvre, le film sortira d’ailleurs après sa mort).

 

Loin de tout sensationnalisme Fusco préfère une économie de moyens au service de l’émotion. Le thème principal, joué par un piano solo avec une section de cordes en fond, n’emploie que quelques notes et est repris et varié au fil de la partition.

 

On appréciera sur ce premier tome de Madeleine, Résistante les rares mais belles envolées un peu plus lyriques des violons et les interventions subtiles mais efficaces de cuivres et de percussions, notamment sur les passages où le suspense s’invite.

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab


 

 

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25 février 2021 4 25 /02 /février /2021 10:33

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  CHAMPIGNAC. LE PATIENT A.

 

 

C'est de qui ? Beka & Etien

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Dupuis

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui, ensemble sur le tome 1.

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Après avoir fait faire un formidable bond en avant aux alliés en craquant Enigma, le générateur de codes des nazis, Pacôme et Blair sa chère et tendre (au caractère bien trempé cela dit !) s’envolent pour l’Allemagne où ils vont tenter de délivrer deux amis du scientifique, retenus contre leur gré par les sbires d’Hitler.

 

Dans un Berlin aveuglément dévoué à la folie du furher nos héros vont découvrir que les nazis ont développé une drogue capable de transformer leur peuple en surhommes et vont tout faire pour essayer de contrecarrer leurs sombres desseins.

 

 

C’est assez impressionnant de voir le niveau qualitatif de la production de David Etien qui, en plus de ce second volet, sort également un nouveau tome de l’excellente série Les  Quatre de Baker Street (dont nous reparlerons bientôt) ! Loin de bâcler ses planches, le dessinateur propose des compositions aux décors riches, aux personnages détaillés et dynamiques et à la narration savamment travaillée.

Inutile de dire que cette maestria est partie intégrante de la réussite de Champignac qui, si elle met en scène un des personnages récurrents de l’univers de Spirou, a d’ores et déjà su trouver sa propre personnalité.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :DUNKIRK

 

 

C'est de qui ? Malcolm Arnold

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? 60 ans avant Christopher Nolan, l’opération Dynamo avait déjà eu droit à une version cinéma certes moins gargantuesque (époque et moyen obligent) mais non moins méritante.

 

Sa B.O, écrite par Malcolm Arnold, l’année après avoir été récompensé d’un oscar pour le Pont de la rivière Kwai, est un modèle du genre de l’époque, glorifiant le patriotisme des alliés à grands coups de thèmes héroïques joués par des sections de cordes et de cuivres fournies.

Le compositeur, en marge d’une riche carrière dans le classique, s’est quasiment fait une spécialité des scores de films de guerre et n’hésite pas à enrichir des portions de ses partitions martiales d’arrangements symphoniques qui magnifient les mélodies.

Dunkirk, outre ses pistes d’action hautes en couleur, regorge de moments de bravoure pleins de suspense qui donnent  à ce second tome de Champignac des airs de films d’espionnage des années 50 qui lui vont fort bien.

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

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11 septembre 2020 5 11 /09 /septembre /2020 14:24

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  L’ATTENTAT

 

 

C'est de qui ? M. Hulsing

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? La Boîte à bulles

 

 

Déjà croisé sur le site? Non

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? De deux maux… enfant, Anton assiste à l’assassinat d’un colabo nazi dans son quartier de Haarlem aux Pays Bas. Mais quand les voisins devant qui l’homme a été criblé de balles déplacent le corps devant sa propre maison, ils provoquent la colère des troupes allemandes qui vont envoyer le garçon en prison, bruler sa demeure et exécuter ses parents.

 

Au fil de son existence, Anton n’aura de cesse d’essayer de comprendre le geste terrible de ses voisins, retournant sur les lieux du drame, cherchant la trace de son frère disparu, croisant des témoins ou des acteurs de cette nuit tragique.

 

Prenante adaptation d’un roman tiré d’une histoire vraie, L’Attentat est mené comme un film noir doublé d’une réflexion au goût doux amer sur le deuil, le destin et l’oubli. Milan Husling, dans son style graphique original, très délié, parfois si inspiré qu’il en est chaotique ; plein d’éclats de couleur, de fulgurances de traits et d’images déroutants, s’approprie un texte déjà très fort et en livre une version qui happe le lecteur, le faisant osciller entre l’horreur et la compassion jusqu’à la révélation finale qui, si elle semble  libérer le personnage principal de l’histoire, donne à s’interroger sur les choix cornéliens de l’existence.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :THE TWO MRS CARROLLS

 

 

C'est de qui ? F. Waxman

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Souvent.

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? Après avoir mis en musique une paire de thrillers pour sir Alfred Hitchcock aux thèmes plus ou moins similaires (une variation moderne de Barbe Bleue pour faire court) il n’est pas étonnant que Franz Waxman ait été choisi pour mettre en musique ce thriller mélo où il peut faire étal de son talent.

 

Les influences néo romantiques du compositeur, notamment celles piochées chez les allemands du siècle précédent, sont assez évidentes dans cette partition où il les associe à des thèmes aux accents film noir pur jus, soufflant le chaud et le froid sur ses parties de cordes.

 

Suspense et émotion sont donc les maîtres de cérémonie d’une musique d’une autre époque assez enlevée, bien plus mémorable que le film pour lequel elle a été écrite, et qui donne à l’Attentat une dimension encore plus poignante !

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

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22 juin 2020 1 22 /06 /juin /2020 08:42

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  BATMAN LAST KNIGHT ON EARTH

 

 

C'est de qui ? Snyder & Capullo

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Urban

 

 

Déjà croisés sur le site? Snyder oui.

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Arriver à écrire quelque chose d’original sur un personnage aussi emblématique (et ancien, l’Homme Chauve Souris a soufflé ses 80 bougies il y a peu) relève de la gageure. C’est pourtant le défi qu’a relevé Scott Snyder il y a de ça une décennie, alors que son American Vampire venait de le faire connaître du grand public.

Si son apport à la mythologie du Chevalier Noir est intéressant – il a par exemple crée la Cour des Hiboux- force est de reconnaître que, comme sur la série citée ci dessus, le scénariste a tendance à s’essouffler.

 

Ce Last Knight on earth, avec son titre en jeu de mot un brin téléphoné, partait plutôt bien, avec un Bruce Wayne à qui tout le monde –Alfred y compris !- semble vouloir faire croire que le monde de Batman et de ses nemesis n’existe que dans sa tête malade, et qui se retrouve dans une sorte de future post apocalyptique avec comme compagnon de route la tête du Joker dans un bocal !

 

 

Mais ça part assez vite dans tout les sens, avec un défilé de (trop de) figures connues du casting batmanien qui font un brin fan service, des tenants et aboutissants peu clairs et un Lex Luthor en tireur de ficelles attendu …le tout parsemé de  combats et autres explosions.

Le trait de Capullo par contre est fort sympa, avec des réinterprétations de certains personnages bienvenues et autres poses et découpages qui fleurent bon l’hommage au Frank Miller de la grande époque (celle où, justement, il ravivait la flamme du Dark Knight).

 

Un opus à réserver  aux fans hardcore de la Chauve Souris.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi : ENEMY LINES

 

 

C'est de qui ? P. Jakko

 

 

La Couv':

 

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Non

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? Nul n’est prophète en son pays affirme l’adage. Cela pourrait s’appliquer à Philippe Jakko, compositeur français qui n’a, en presque 9 ans, jamais eu les honneurs de B.O BD (si toutefois apparaître dans ces colonnes peut être considéré comme un honneur, ce dont je doute).

 

Il faut avouer que le cinéma français de ces 25 dernières années et moi c’est un peu-beaucoup - « je t’aime, moi non plus ». Il est donc compréhensible –tout autant que dommageable je l’entends- que je sois passé à côté de choses intéressantes coté B.O.

Revenons-en à nos moutons, et à Philippe Jakko donc, que j’ai découvert via le score d’Enemy Lines, un film de guerre qui sort cette année où un groupe de commandos est envoyée en Allemagne nazie pour exfiltrer un scientifique (un scénario aussi classique qu’efficace en général).

 

Nonobstant le budget assez réduit du tournage, Jakko prend à contre-pied la tendance actuelle dans le cinéma de genre américain qui multiplie les scores à base de drones et autres sons électroniques d’ambiances bourdonnants.

Le français opte en effet ici pour une approche symphonique traditionnelle, avec pas mal de passages où l’émotion est à fleur de peau et des thèmes lyriques bien ficelés même si assez lambda. Pour la lecture de ce Batman on leur préfèrera les pistes dédiées à l’action et au suspense tout aussi réussies.

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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