11 mars 2018
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14:18
LA BD:
C'est quoi ? OMAR LE NAVIGATEUR
C'est de qui ? P. Rodriguez
La Couv':
Ca donne Quoi ? Deux jeunes amis, dans la Crète du XVII° siècle découvrent, au fond d’une épave de navire, une mystérieuse carte au trésor, ils décident de la déchirer en deux et d’en garder une moitié chacun afin de ne pouvoir trouver le trésor qu’ensemble.
L’un d’eux est enlevé par des pirates et les deux garçons se perdent de vue pendant plus de 20 ans, quand leurs routes se croisent à nouveau, grâce à la carte au trésor, l’un est devenu marchand et l’autre…pirate !
Après la bonne surprise de Macabre, chroniqué au tout premiers temps du blog, et de très réussies BD pour enfants (qui ont fait partie des premières BD de ma plus fille ainée), c’est un plaisir de retrouver Pedro Rodriguez, chez un tout jeune éditeur, avec cette histoire d’aventure, d’amitié et de piraterie aux ingrédients classiques mais bien mélangés.
La partie graphique est plus anguleuse que sur les titres précédents mais apporte pour le coup une vraie personnalité à ce récit intergénérationnel.
Nous surveillerons les sorties à venir des Aventuriers de l’Etrange qui démarre sous de bonnes augures.
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LA BD:
C'est quoi ? TELEMAQUE 1. A LA RECHERCHE D’ULYSSE.
C'est de qui ? Toussaint, Ruiz
La Couv':
Ca donne Quoi ? Son héros de père n’étant toujours pas revenu de la Guerre de Troie, dix ans plus tôt, le jeune et fougueux Télémaque décide de partir à sa recherche bien décider à prouver qu’Ulysse n’est pas mort.
Sa première escale le mène à Pylos d’où il va repartir, un peu malgré lui, flanqué de Polycaste, la fille du roi, peu encline à se marier avec le prince qu’on lui a choisi.
Si le voyage commence plutôt mal avec la rencontre du dieu Eole qui a une dent contre Ulysse et n’apprécie pas des plus l’insolence de son rejeton, ce dernier leur donne tout de même un compagnon inestimable en la personne de Zéphyr, un jeune esprit du vent, et les voilà en route pour l’île des cyclopes.
Kid Tousssaint que nous avons déjà croisé sur de très bonnes choses confirme avec cette nouvelle série tout le bien que l’on pensait de lui.
Sa relecture enlevée -et axée jeunesse - de l’Odyssée ne manque ni de rythme ni d’humour.
Le dessinateur est quand à lui un passionné de manga (il le dit lui-même en interview) et on l’aurait aisément deviné au vu du style graphique de ce premier volet.
Une manière très fun de revisiter un classique voire, soyons fous, de donner envie aux lecteurs de Télémaque de (re)découvrir l’épopée d’Ulysse.
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Deux chroniques de Fab
27 février 2018
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08:54
LA BD:
C'est quoi ? LA PETITE SOURIANTE
C'est de qui ? Zidrou et Springer.
La Couv':
Ca donne Quoi ? Un éleveur d’autruches, plus ou moins manipulé par sa belle fille, se débarrasse de son épouse – qu’il ne peut plus encadrer cela dit, et qui est laide comme un pou- avant de se rendre compte qu’il aurait raté son coup…mais après s’y être repris, sa récalcitrante chère et tendre revient une fois encore, sans sembler se souvenir de quoi que ce soit.
Sur ce canevas digne d’une histoire horrifique de la 4° Dimension, voire des mythiques Eerie et autre Creepy, Zidrou livre un conte horrifique plutôt fun, assez sanglant mais un peu bancal sur sa conclusion.
Le trait de Springer, qui marie avec succès décors fouillés et réalistes et trognes caricaturales très expressives emporte l’adhésion, le choix de la bichromie est aussi très pertinent, évoquant bien l’atmosphère poisseuse des lieux …et de l’action !
Si l’on excepte donc cette fin qui laisse un petit goût d’inachevé, ce one-shot prouve le savoir-faire de raconteur d’histoires du scénariste qui, une fois encore également, a su bien s’entourer coté graphisme.
LA MUSIQUE:
C'est quoi : DELIVERANCE
C'est de qui ? Weissberg & Mandell
La Couv':
Déjà croisé chez nous? Non.
On peut écouter ?
Ca donne Quoi ? Comme l’archi-connu Duelling Banjos, qui est un morceau diégétique, toute la B.O du film coup de poing de John Boorman est axée bluegrass jouée au banjo et, je vous l’avoue, tape vite sur le système à l’écoute seule.
Mais, tout comme sur le film, avec l’histoire gore complètement délirante de Zidrou ça apporte un décalage supplémentaire bienvenu.
Heureusement une poignée de pistes (pas présentes sur toutes les versions en CD d’ailleurs attention !) jouées aux synthétiseurs (hélas) amènent un sentiment plus noir, une ambiance tendue qui elle aussi va bien sur La Petite Souriante, notamment les scènes plus sombres de tuerie par exemple.
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Une Chronique de Fab
21 février 2018
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12:51
LA BD:
C'est quoi ? LA BOITE A MUSIQUE. BIENVENUE A PANDORIENT
C'est de qui ? Carbone & Gijé
La Couv':
Déjà croisés dans le coin? Non
C’est édité chez qui ? Dupuis
Une planche:
Ca donne Quoi ? Quand le papa de Nola lui offre pour son anniversaire la boite à musique de sa défunte maman, la petite fille est loin de se douter que l’objet est un passage vers un autre monde.
Pandorient est un endroit féérique où vivent de drôles de créatures mais également des humains, et deux d’entre eux, Andréa et Igor, ont besoin de Nola car leur maman est malade.
Notre héroïne découvre donc ce nouveau monde et va porter secours du mieux qu’elle peut à ses nouveaux amis.
Si le récit est assez classique ce premier tome de la Boite à musique est bien narré et accroche le jeune lecteur immédiatement, les personnages sont attachants et le bestiaire original.
Pour les parents des jeunes lecteurs en question, c’est du coté des graphismes que la magie opère ; Gijé (clin d’œil hardi !) a un coup de pinceau (numérique,) qui navigue entre l’illustration jeunesse traditionnelle et le meilleur de l’animation japonaise (Gijé a d’ailleurs fait ses armes dans le domaine du dessin animé et ça se sent !), le tout fort bien rehaussé par un choix de coloration impeccable.
Gageons que si le succès est au rendez-vous- et vu la teneur de ce premier album il n’y a pas de raison que ce ne soit pas le cas- nous retrouverons vite Nola et Pandorient.
LA MUSIQUE:
C'est quoi : LE CONTE DE LA PRINCESSE KAGUYA
C'est de qui ? Joe Hisaishi
La Couv':
Déjà entendu chez B.O BD? Oui
On peut écouter ?
Ca donne Quoi ? Si Hisaishi est probablement le compositeur le plus emblématique des studios Gibhli, celui dont la patte artistique est intimement liée à l’image, aux images même du géant du dessin animé nippon, la B.O de cette adaptation d’un conte ancien devait être au départ écrite par Schinichiro Ikebe, le collaborateur, entre autre, de Kurosawa.
Hisaishi, pour sa première partition pour Isao Takahata reste dans une certaine zone de confort, privilégiant les ambiances féériques, mélodramatiques voire bucoliques, panachant sa musique de quelques passages chantés touchants.
Si le piano est l’élément principal de la B.O, auquel il donne une couleur plutôt calme voire méditative parfois, il est agréablement complété de certains instruments traditionnels japonais et même ponctué de passages plus grandioses
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Une Chronique de Fab
30 janvier 2018
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07:58
LA BD:
C'est quoi ? CINQ BRANCHES DE COTON NOIR
C'est de qui ? Cuzor & Sente
La Couv':
Ca donne Quoi ? Durant la Seconde Guerre Mondiale, aux Etats-Unis, une jeune étudiante noire découvre le journal d’Angela Brown, son aieule où celle ci relate un fait surprenant.
En 1776, Georges Washington demande à Betty Ross de coudre le premier drapeau des futurs Etats-Unis. Sous l’une des étoiles blanches qui l’orne, Angela, domestique de Betty Ross, dissimule une étoile noire, représentant son peuple. Ce drapeau sera pris par l’ennemi (par un mercenaire prussien plus exactement) lors de la première bataille.
Consciente de l’impact que pourrait avoir ce fait s’il s’avérait réel, notre étudiante en parle à un de ses professeurs et, de fil en aiguille, une équipe de soldats noirs américains basés en Grande Bretagne (dont le frère de notre héroïne) va être envoyé dans l’Europe occupée afin de retrouver la relique.
Mélangeant les époques et récits avec brio, Yves Sente livre là un scénario dense et prenant, où il fait s’entrechoquer la petite et la grande histoire, proposant une grande aventure de guerre à l’ancienne où sont omniprésentes de grandes thématiques comme le racisme, le besoin de reconnaissance, l’horreur du conflit…
Au dessin de ce pavé de presque 180 pages que l’éditeur a eu la bonne idée de proposer sous la forme d’un album complet plutôt que découpé en tomes séparés (ce qui aurait été justifié au vu du contenu mais aurait effectivement moins bien fonctionné à mon sens également), Steve Cuzor démontre s’il était besoin qu’il a sa place dans la cour des grands du dessin réaliste franco-belge.
Ses protagonistes respirent le vivant, ses décors sont détaillés et le découpage et la narration sont tout bonnement dignes des meilleurs récits de genre.
Les plus fortunés d’entre nous pourront se rabattre (si tant est qu’il en reste) sur une version en noir et blanc de l’album mais je trouve que les choix de colo (assurée par la compagne du dessinateur), avec des alternance de monochromie et de bichromie, rajoute un vrai plus au trait de Cuzor sans l’étouffer pour autant, loin de là.
Allez si il fallait trouver un petit bémol –très personnel cela dit, je sais que d’aucuns affectionnent la pratique- je dirais que je regrette un peu le choix de personnifier certains protagonistes avec des têtes d’acteurs connus, de générations bien différentes en plus, fussent-ils aussi bons que Robert Ryan, Forest Withaker, Sammy Davis Jr, Denzel Washington, Jeanne Moreau ou encore Michel Simon !
Nonobstant ce détail n’entame en rien la plaisir de la lecture de ce très bon album qui marque comme il se doit les 30 ans de la collection Aire Libre, déjà riche de pas mal de pépites !
LA MUSIQUE:
C'est quoi : THE SILENT ENEMY
C'est de qui ? W. Alwynn
La Couv':
Déjà entendu sur B.O BD ? Oui à quelques reprises.
On peut écouter ?
Ca donne Quoi ? Alors certes c’est une B.O de film de guerre et, comme vous l’aurez compris de par le résumé de la BD, cette dernière ne se limite pas au genre, loin de là.
Néanmoins, The Silent Ennemy, et surtout sa musique, nous viennent de Grande Bretagne, de la fin des années 50.
William Alwynn, de par sa formation initiale, ne limite jamais ses partitions à la seule illustration d’un scénario ; ses embellissements thématiques et autre fioritures, directement inspirés du répertoire classique, apportent une vraie variété aux B.O dont il est en charge.
Ainsi, si les pistes dédiées aux scènes d’action (où l’on voit de courageux et hautement improbables plongeurs militaires saboter des sous-marins) sont effectivement d’une nature hautement héroïque –et sont tout à fait à leur place sur les scènes de la seconde partie de Cinq Branches où nos héros se frottent aux chars allemands- le reste du score est assez riche et varié pour coller à quasiment toutes les ambiances et époques abordées dans l’album.
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Une Chronique de Fab
20 janvier 2018
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08:51
LA BD:
C'est quoi ? THE DREAM
C'est de qui ? Dufaux & March
La Couv':
Déjà croisé dans le coin? Dufaux souvent, March une fois.
C’est édité chez qui ? Dupuis
Une planche:
Ca donne Quoi ? Ce Dream là c’est celui d’ Hollywood que l’on ne surnomme pas l’ usine à rêve pour rien, de ceux dont le chant des sirènes ont de par le passé résonné aux oreilles de Jean Dufaux.
Dufaux qui revient ici à son attrait pour le fantastique avec une histoire de jeune beau gosse qui vit de son corps approché par une mystérieuse agent de casting qui lui fait passer des tests pour le moins inattendus : décors qui changent seuls, partenaire vénéneuse aux tatouages qui semblent vivants…
Et quand la nouvelle petite amie de notre étalon, enfant gâtée d’un tout puissant chef de la pègre japonaise, se fait trop encombrante, qu’à cela ne tienne, la société de production règle le problème à sa façon.
Un premier volet –sur trois- assez dense, où le scénariste, toujours aussi prolixe, met pêle-mêle un peu de tout (un peu trop diront certains !) ce qui a fait le terreau de ses scénars du genre (de Rapaces à Meutes) et qui devrait plaire aux amateurs hardcore de fantastique, qui finiront d’être convaincu par le trait ultra-réaliste sensuel de March qui, sans le renier et en le mettant même à profit, n’en finit pas de s’affranchir de ses influences comics.
LA MUSIQUE:
C'est quoi :REVOLVER
C'est de qui ? N. Mechaly
La Couv':
Déjà entendu chez B.O BD?
On peut écouter ?
Ca donne Quoi ? Avant d’aller gâcher son talent sur des franchises bas du front (de Taken à Transporter, sur un CV ça fait tout de même tâche !), Nathaniel Mechaly, déjà pour la boite de prod’ de Besson, avait montré d’intéressantes choses sur le quatrième film de Ritchie qui, après l’erreur de parcours avec son épouse d’alors ( Madonna pour ne pas la citer), le bien nommé A la dérive, tentait le retour aux valeurs sures : le noir.
Si le film a, injustement à mon sens malgré ses défauts certains, été littéralement démonté par la critique et boudé par le public, il reste intéressant à bien des points.
Habitué, à la manière d’un Tarantino par exemple, à illustrer ses longs par des morceaux pop-rock existant, Ritchie choisit cette fois ci d’alterner des œuvres de musique classique avec des compositions originales jouées sur minimoog et différents claviers (avec un batteur) par Mechaly.
Si le cocktail passe parfois mal, la partition du compositeur est aussi originale que le film, flirtant avec les canons du genre - on pense parfois à Badalamenti en moins lyrique - mais aussi avec l’électro.
Une B.O qui a fait énormément de bien à la lecture du jour.
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Une Chronique de Fab