19 septembre 2025 5 19 /09 /septembre /2025 12:49




 

LA BD:

 


C'est quoi : CONTRAPASO. POUR ADULTES AVEC RÉSERVES. 

 


C'est de qui :  T. Valero



 

La Couv':


 




 

Déjà croisée sur le site? Oui.



 

C’est édité chez qui?  Dupuis.



 

Une planche: 

 


 

Ca donne Quoi ? Sanz n’en a pas fini avec le serial killer aux chiffres puisqu’il vient de faire une 17° victime dans un tout nouveau cinéma en plein air, concept importé des Etats Unis.

Et c’est vers le monde du 7° art que Sanz et Léon Lenoir vont diriger leur enquête, mais dans le climat tendu et complexe de l’Espagne Franquiste, chantage, crimes en série et autres malversations immobilières vont leur compliquer la tâche.



 

Voici enfin ce second volet de Contrapaso,  où, comme dans l'excellent précédent tome, Teresa Valero dresse un portrait sans complaisance de l’histoire tourmentée de son pays natal.

 

Se basant sur des faits historiques et culturels réels, elle évoque pêle mêle l’émergence d’un cinéma sous la houlette à la fois des investissements américains et des dogmes du fascisme, les rivalités politiques et idéologiques des générations, ou encore la pauvreté inhérente de toute une partie de la population aux abus du régime.



 

Utilisant la Grande Histoire pour y situer la petite, elle dévide son fil rouge de nos deux journalistes enquêteurs, mais je dirais que c’est peut être là que le bât blesse un peu, la partie sur le tueur en série étant évoquée en début d’album pour passer ensuite quasiment à la trappe jusqu’à la conclusion (et une ouverture sur un ultime volet de la série).



 

C’est un peu dommage mais c’est le seul bémol d’un album riche, aux thématiques complexes, et toujours magnifiquement mis en image, avec un soucis du détail historique qui immerge complètement le lecteur et un casting expressif en diable très crédible.



 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : MONEY JUNGLE



 

C'est de qui ?  D. Ellington




 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui

 

On peut écouter ?

 

 

 


 

Ca donne Quoi ? Comme certains de ses imminents pairs,  Duke Ellington s’est frotté  aux scores de cinéma au début des 60’s, on lui doit quelques parles comme  d’Anatomy of a Murder,Paris Blues ou encore la B.O de la série Asphalt Jungle.

 

 

C’est aussi l’époque où il s’entoure de deux grands musiciens de la génération suivante - Mingus à la double  basse et Roach à la batterie, les amateurs apprécieront! - pour l’album Money Jungle, paru l’année suivante, où les ambiances cinématographiques et post-bop se croisent avec une réussite rare.

 

 

 

En effet nombre des pistes présentes sur cet album impressionnent par les possibilités exploitées par un trio aussi réduit, probablement dû au moins en partie par les différences de style et d’influences de jeu des instrumentistes en présnce.

 

 

 

Sur une heure de galette, (et encore seule la moitié des pistes écrites par Ellington furent retenues) les ambiances se suivent sans se ressembler allant de l’énergie communicative à la coolitude racée, et le panel présent est particulièrement agréable à écouter avec ce second Contrapaso.


 

Repost0
10 septembre 2025 3 10 /09 /septembre /2025 13:29
 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  CONTRAPASO 1. LES ENFANTS DES AUTRES.

 

 

C'est de qui ? Teresa Valero

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Dupuis

 

 

Déjà lue chez nous? Non

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? 1956, Léon Lenoir quitte Paris et sa mère internée pour retourner à Madrid, sous le régime franquiste,  où il retrouve 5 cousines adorables et un oncle général des plus stricts.

 

Journaliste de son état il est embauché au Capital et fait équipe avec Sanz, un vieux briscard bourru qui accepte mal ce petit jeunot aux aspirations et inclinaisons politiques fort différentes des siennes. Et puis Sanz est frustré de ne pas arriver à mettre la main sur un tueur en série qu’il piste de longue date et que la police, à la botte du régime bien évidemment, n’a cure, préférant classer les affaires.

 

Notre duo mal assorti va découvrir une bien sombre histoire de bébés volés, de bourgeoises internées volontairement et autres crimes glauques, le tout sur fond de révoltes étudiantes et autres frictions politiques.

 

 

Il y a quasiment quatre ans j'avais été dithyrambique quant au premier tome de Contrapaso, le définissant même comme un véritable page turner, et probablement ma meilleur lecture de la saison. 

 

Sur un fond historique travaillé et fort bien exploité Teresa Valero campe un thriller tendu qui tient son lecteur en haleine du début à la fin en abordant, en filigrane, toutes les atrocités que la tyrannie de Franco imposa à l’Espagne.

 

Son casting est un sans faute et même le traditionnel duo d’enquêteurs qui ne se supporte pas au début pour devenir potes ensuite ne sonne jamais comme cliché.

 

 

Mariant à merveille le fond et la forme, l’artiste propose des décors aussi réalistes qu’immersifs et des personnages aux traits disneyens en diable pour un résultat qui n’est pas sans faire penser parfois au travail de son compatriote Guarnido.

 

 

Un sans faute pour ce généreux tome 1 dont la suite n'était pas sorti à l'époque mais qui paraît enfin chez nous et qui donnera donc lieu à une seconde chronique musicale.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :DOUBLE JEOPARDY

 

 

C'est de qui ? D. Butts

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Non

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Aussi surprenant que cela puisse paraître, en plus de 3200 chroniques musicales, nous n’avons jamais croisé Dale Butts, pianiste et arrangeur pour la NBC, une radio américaine, qui, après avoir déménagé à Hollywood, y a tout de même composé plus de 140 B.O ! (d’un autre coté c’est rassurant, on se dit que, tant qu’on continuera à faire des chroniques musicales on aura de quoi faire coté musiques !).

 

Cela étant, comme pas mal de ses pairs de l’époque, sa filmographie ne se compose quasiment que de séries B de genre, du western au film de guerre en passant par le film noir, à l’image de ce Double Jeopardy, au scénario classique de maître chanteur, de femme fatale et  de héros droit comme la justice (ou presque).

 

Le travail de Butts est calibré comme il se doit, assez discret dans son ensemble sans pour autant oublier d’être efficace. La partition est écrite pour un ensemble réduit où les vents sont mis souvent en première ligne sur des éclats de cuivre qui appuient les séquences de suspense.

 

Un brin de mélo un rien dramatique vient compléter cette B.O qui a renforcé le côté thriller de ce premier tome de Contrapaso sans pour autant court-circuiter la partie background historique…un bon « contrepoint » pour le coup !

 

 

 

 

---------------

 

 

 

Une Chronique de Fab

 

 

Repost0
2 juillet 2025 3 02 /07 /juillet /2025 13:27





 

LA BD:





 

C'est quoi ? AMERICAN PARANO 3. MANHATTAN TRAUMA.



 

C'est de qui ? Bourhis & Varela



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Dupuis



 

Déjà croisés sur le site? Oui



 

Une planche: 

 



 

Ca donne Quoi ? Changement de décors pour le lieutenant Kim Tyler, exit les rues de San Fransisco, voilà notre enquêtrice sur la côte Est, spécialement mutée dans la Grosse Pomme pour assurer la sécurité d’un des candidats à la présidence dont le frère, ancien président lui même, a été victime d’un assassinat.



 

Mais manque de bol la mission va être un échec et Kim va être exfiltrée par les agents du FBI pour débrif’ des évènements qui ont mené à ce fiasco.

 

Nous allons en apprendre un peu plus sur le clan Cavendish et ses  sombres secrets  familiaux, et malheureusement pour eux (et pour elle!) Kim Tyler n’est pas le genre de policière qui lâche l‘affaire facilement! 



 

Toutes ressemblances avec les destins des Kennedy ne sont évidemment pas fortuites dans ce troisième volet d’American Parano où Hervé Bourhis continue d’explorer certaines des pages les plus noires de l'histoire.  

 

La délocalisation de son héroïne apporte  un vent de  fraîcheur à sa déjà fort originale nouvelle création et permet  à Lucas varela de prouver qu’il se débrouille aussi bien sur les quartiers de New York que sur ceux de Frisco.

 

Une série qui confirme à chacun de ses tomes qu’elle a tout les atouts pour durer ce qu’on ne peut que souhaiter! 




 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : L’ATTAQUE DU METRO 123



 

C'est de qui ? D. Shire




 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui



 

On peut écouter ?

 


 

 

 

 

 

 

Ca donne Quoi ? Pour cette B.O qui a - en partie à raison - souvent été encensée David Shire piétine cependant assez largement les plates bandes plantées par un certain Lalo Schifrin sur des petis chefs d’oeuvre comme Bullit ou les premiers volets des Dirty Harry.


 

Funk urbain sauvage aux rythmiques entrainantes, jouées par des basses saturées plutôt lourdes, une batterie groovy et quelques cuivres flirtant avec le jazz et le jazz rock, le tout en restant assez descriptif pour sonner comme une bande son de film de genre.


 

Belle réussite du coup pour le score de ce Taking of Pelham 123 (qui ne sortira en galette que 20 ans après le film!) dont les ambiances concordent avec la période de ce 3° volet d’American Parano.

 

 

Repost0
27 mai 2025 2 27 /05 /mai /2025 12:13


 

LA BD:





 

C'est quoi ? FRNCK 10. L’OBJET IMPOSSIBLE.



 

C'est de qui ? Bocquet & Cossu



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Dupuis



 

Déjà croisés sur le site? Oui



 

Une planche: 

 



 

Ca donne Quoi ? Nous retrouvons nos héros échappés du passé une décennie après la fin du tome précédent.

 

Leurs existences ont bien changées: qui est devenu cuistot renommé, qui star de télé, et que dire du monde de tous les jours?! En effet des douzaines de dinosaures ont également été transportés dans le présent et les humains ont du apprendre à vivre avec.

 

Pourtant Frnck n’est pas heureux: il n’arrive pas à se faire à l’idée qu’il a laissé Kenza dans la préhistoire et ne souhaite qu’une chose, retourner la chercher.

 

C’est le vol de son couteau suisse, un “objet impossible” qui va lui permettre de peut être exaucer ce souhait car une scientifique en a fait une machine à voyager dans le temps.

 

Car il faut savoir que le couteau en question a été donné à Frnck par Léonard avant son premier voyage vers la préhistoire, couteau que Léonard tenait de …Frnck lui même revenu de la préhistoire à un moment donné…



 

Vous êtes perdus? Bon je vous avoue que mon cadet et moi avons un peu de mal aussi avec le concept mais, comme je le dis souvent dans le cas de ces scénarios de voyages spatio-temporels, il faut forcément laisser à un moment donné sa “conception scientifique” du temps au placard si l’on veut essayer de comprendre les éventuels soucis de temporalité et de continuité que pourraient poser le principe même.

 

De Terminator à Retour vers le futur en passant par Lost (auquel ce nouveau volet fait penser, Frnck étant dans le cas de Jack qui voulait absolument retourner sur l’Ile) ou Dark, les fictions dont le voyage spatio-temporel est la base n’échappent quasiment jamais à ces soucis de crédibilité scénaristique.

 

Si Frnck, qui est à mon sens une réussite à la fois sur le fond comme la forme, n’échappe pas à cette réalité, ce dixième tome, début d’un nouveau cycle -le dernier ?- se révèle toujours aussi agréable à lire, à la fois de par son humour, ses personnages, son rythme et l’envie d’en savoir plus (et comme tous les tomes, on arrive trop vite à la fin!). Et puis surtout on se dit qu'il y a quasiment dix ans de ça Olivier Bocquet devait déjà savoir (ou tout du moins espérer) que chaque année ses lecteurs allaient kiffer les multiples rebondissements de son histoire!



 

 

 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : CHAIR DE POULE



 

C'est de qui ? D. Elfman




 

La Couv':


 


 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui



 

On peut écouter ?

 

 


 

Ca donne Quoi ? Un temps rattachée au nom de Tim Burton (qui coulait un peu de source d’ailleurs), l’adaptation des Chairs de Poule de R.L .Stine ne verra finalement pas le jour sous la houlette du réal le plus mal coiffé d’Hollywood mais son compositeur fétiche fera lui par contre partie du projet.

 

 

 

Pour l’occasion Elfman retrouve le style farfelu à mi chemin entre la fanfare de cirque et le dessin animé fantastique old school qui avaient fait son succès à l’époque des Pee Wee , Edward et autre Beetlejuice.

 

 

 

Dans une bonne humeur teintée de fantastique effrayant digne d’une attraction de parc, Elfman exploite son orchestre en y ajoutant pour le côté décalé du thérémine, un peu de xylophone et quelques solos d’instruments à vents dans l’esprit de l’Etrange Noel de Monsieur Jack.

 

 

 

Les thèmes se composent essentiellement de courtes suites de notes (cinq en général) répétées et déclinées pour un effet catchy confondant.

 

 

 

Si parfois peut être un peu trop jovial sur ce nouveau Frnck il lui apporte cela dit une note de folie supplémentaire assez surréaliste parfois !


 

Repost0
22 avril 2025 2 22 /04 /avril /2025 08:39




 

LA BD:





 

C'est quoi ? STRANGE FRUIT



 

C'est de qui ? A. Dan & Hazard



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui? Dupuis



 

Déjà croisés sur le site? Oui plusieurs fois chacun même.



 

Une planche: 

 



 

Ca donne Quoi ? A la fin des années 30, Abel Meeropol artiste aux multiples talents, tombe sur le cliché d’un lynchage de deux hommes de couleur par une foule en colère. Cette photo va lui inspirer les paroles de la chanson Strange Fruit, qu’il propose à Billie Holliday.

 

Si la “Lady Day” est un peu récalcitrante au départ elle va finir par accepter et le morceau devient un incontournable de son répertoire même si cela lui vaut parfois quelques soucis.



 

Le succès du titre va apporter beaucoup à la carrière de son auteur - Russe d’origine et aux affinités communistes mal vues en plein maccarthysme-  comme de son interprète -chanteuse Noire- mais leurs destins respectifs  vont connaître plus de bas que de haut dans une époque troublée d’une Amérique en proie à ses démons et se contradictions.



 

L’idée de départ de cet album vient d’un épisode de  l’émission Autant en emporte l’Histoire  diffusée sur France Inter. Vincent Hazard, son auteur, embarqué dans le monde du 9° art par le dessinateur A. Dan, y signe là son premier scénario.



 

Pour un galop d’essai on peut affirmer que c’est réussi, avec cette double biographie en flashbacks à la fois du compositeur de la chanson Strange Fruit et de son inoubliable interprète, la grande Billie Holiday.



 

Mais l’album exploite également bien ses différentes thématiques: le racisme malheureusement  indissociable et toujours ô combien d’actualité aux Etats Unis, les ravages de la Chasse aux Sorcières à Hollywood ou encore les hauts et -surtout- les bas du monde de la musique (là aussi un sujet intemporel!).



 

Pour la mise en image, A Dan comme à son habitude livre un dessin peu voire pas encré, avec un travail intéressant sur la matière et une colorisation dans les pastels. Habitué à la reconstitution historique, il propose des paysages états- uniens convaincants et réalistes. 



 

 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi : THE HUSTLER



 

C'est de qui ?  K. Hopkins




 

La Couv':

 



 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui



 

On peut écouter ?

 

 

 


 

Ca donne Quoi ? Il fallait la coolitude jazzy d’un Kenyon Hopkins (l’homme qui donna au Lolita de Kubrick son ambiance sulfureuse) pour accompagner comme il se doit cette histoire de joueur de billard arnaqueur, perdant magnifique et, accessoirement, sex-symbol vivant (Paul Newman au sommet de son art tout de même).

 

 

 

A l’époque on ne parle pas encore de Crime-Jazz pour le genre mais ce sont clairement les B.O comme celle ci qui l’ont défini. 

 

Hautbois, Cor Anglais et flûte sont les éléments prédominants d’un orchestre par ailleurs classique dans le jazz, le tout joué par la crème de la crème de l’époque, qui sait cependant se faire discret, voire faire dans l’underscoring quand c’est nécessaire.



 

Ajoutez-y la version de Strange Fruit de la Lady Day et vous avez la B.O toute trouvée de votre lecture!

 

Repost0

Présentation

  • : Conseils d'écoutes musicales pour Bandes Dessinées
  • Conseils d'écoutes musicales pour Bandes Dessinées
  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
  • Contact

Rechercher

Tags