27 septembre 2020 7 27 /09 /septembre /2020 12:23
 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi HOMUNCULUS. LE SERPENT DE FEU.

 

 

C'est de qui ? Bodker et Ryberg.

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Les Aventuriers de l’Etrange.

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui pour Rynberg.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Le professeur Harryhausen (joli clin d’œil !) et son acolyte étrange qui attire les créatures invisibles, s’incrustent dans une séance de spiritisme, bien décidés à relever une énième supercherie. Mais quand une entité démoniaque s’invite à la fête, nos improbables héros vont devoir combattre les monstres horribles -mais invisibles au commun des mortels- qui envahissent peu à peu la capitale britannique.

 

Tentacules et explosions sont au programme de ce premier volet d’Homunculus qui joue autant la carte de l’horreur old school que du grand guignol.

On pense autant à la série TV Penny Dreadful ou au Professeur Bell de Sfar qu’à l’univers de Mike Mignola, le tout dans une atmosphère victorienne pleine de mystère et de suspense.

 

Le coté décalé des dessins de Rune Ryberg – qui s’occupe cette fois ci exclusivement de la partie graphique ayant laissé le soin à son compatriote Benni Bodker d’écrire le scénario- apporte une belle touche d’originalité à ce premier volet tout comme les couleurs bariolées de Laerke Enemark.

Après une poigné d’albums que l’on a eu la chance de découvrir chez nous grâce aux Aventuriers de l’Etrange, Rynberg confirme tout le bien que l’on pensait de lui avec ce dytique accrocheur et déjanté.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :PLAGUE

 

 

C'est de qui ? E. Robertson

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Non

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Film visionnaire que ce Plague puisqu’en 1979 il imaginait déjà un scientifique au sein d’un laboratoire créant un virus mortel qui allait décimer à la vitesse grand V toute une partie de la population. Néanmoins le réal’ s’est peut-être un peu trop pris au sérieux et ce qui aurait pu être une série B fun à regarder s’avère être un nanar qui se prend pour ce qu’il n’est pas.

 

L’écossais Eric Robertson, compositeur exilé au Canada et ayant œuvré sur des choses quasi inconnues de par chez nous,  imagine une B.O très inventive où le piano joue des notes éparses déroutantes, entrecoupées de percussions qui résonnent, de montées et descentes de gammes à la harpe qui s’entrelacent à des courtes phrases stridentes de violons.

Rajoutez à cela quelques pistes qui jouent la carte du crescendo typique dans l’épouvante et vous obtenez un magma plus sonore que musical, loin de toute mélodie structurée mais dont le but- créer un malaise chez l’auditeur- est largement atteint.

Si, une fois n’est pas coutume, ce score est quasi inécoutable, ou tout du moins appréciable, en tant que tel, sur le premier tome de Homunculus il ajoute au décalage assumé de l’album.

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

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20 septembre 2020 7 20 /09 /septembre /2020 14:03
 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  APRES LE MONDE

 

 

C'est de qui ? T. Leman

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Sarbacane

 

 

Déjà lu chez nous? Non

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? De grandes colonnes blanche sont apparues un peu partout sur Terre ; tout autour d’elles les êtres vivants ont commencé à disparaitre de façon aussi soudaine qu’aléatoire.

Héli, un jeune garçon dont la famille s’est volatilisé, essaye de retrouver des survivants dans ce monde déserté. Il va faire la rencontre de Selen, une fille qui a elle aussi perdu ses proches. Ensemble nos deux enfants perdus vont tenter de survivre alors qu’autour d’eux d’étranges créatures apparaissent et que les dangers du quotidien se révèlent parfois mortels.

 

Sur une histoire post-apo finalement assez classique, le jeune et prometteur Timothée Leman tisse une toile poétique et mélancolique aux graphismes en noir et blanc très maîtrisés.  Dans des décors ultra réalistes et détaillés, il fait évoluer ses deux personnages aux yeux immenses, réminiscence des gravures d’antan (ou héritage manga, c’est une autre perspective), le tout n’étant pas sans faire penser parfois aux travaux de Tony Sandoval.

 

Si graphiquement l’album, pour un premier, est ce qu’on peut appeler un « coup d’essai/coup de maitre », le scénario et sa fin (un peu) trop ouverte pourra faire tiquer les habitués du genre.

Dire que l’on attend le prochain album de Timothé Leman relève du coup du l’euphémisme !

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :FORTITUDE

 

 

C'est de qui ? Ben Frost

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD?Une oignée de fois oui.

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? Une paire d’années avant l’excellente B.O de la non moins excellent série Dark, Ben Frost, touche à tout de l’électro-accoustique racée et éclectique, écrit le score de ce thriller horrifique qui se passe en arctique, pas très loin de l’Islande où le compositeur australien a élu domicile depuis un bail.

 

Les paysages désolés et la noirceur des scénarios ont semble-t-il inspirés Frost qui marie ici avec bonheur des expérimentations sur les effets sonores (glissandi de cordes, échos divers et variés, drones, distorsions …) et des mélodies plus classiques avec cuivres et cordes sombres, et notamment des passages jazzy incongrus mais diablement opportuns.

 

Si la musique de Fortitude n’a pas l’impact  de celle de Dark elle n’en n’est pas moins très intéressante, plus accessible et amène un surplus d’ambiance intéressant au beau one shot de Leman.

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab


 

 

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19 septembre 2020 6 19 /09 /septembre /2020 08:06
 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  CARBONE ET SILICIUM

 

 

C'est de qui ? M. Bablet

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Ankama

 

 

Déjà lu sur le site? Oui quasiment toute sa prod.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Un des leitmotiv des récits de SF de ces dernières décennies, au grand écran, en littérature comme en BD, c’est la prise de contrôle par les I.A de l’humanité, généralement avec perte et fracas.

Mathieu Bablet, auteur complet original et inspiré, poursuit ici sur les thématiques qui ont fait la réussite du très beau Shangri-La, à savoir, la folle course en avant de l’humanité directement vers sa perte, la peur de la différence, l’appréhension (aux deux sens du terme !) du futur… Le tout via le prisme d’un couple de robots qui, chacun à sa façon, refuse l’emprise de leurs créateurs.

 

Pourtant pas de révolte armée ou de rébellion sanglante ici, non, loin de là même. Une émancipation pacifique mais radicale : nos droïdes, malgré leurs apparences, sont finalement terriblement humains.

Silicium veut découvrir le monde, il parvient à tromper la surveillance des humains et s’enfuit parcourir le globe, retrouvant Carbone à intervalles plus ou moins réguliers, au fur et à mesure de leur histoire. Cette dernière trouve l’échappatoire via la connexion au réseau global, vivant des millions d’expériences et de vies au fur et à mesure de ses pérégrinations digitales.

 

 

Beaucoup d’aspects de cet album aussi hors du commun que captivant font un écho douloureux à l’évolution que nous sommes en train de vivre : surpopulation, inconscience de l’humain face à la catastrophe écologique, alternative néo-bab’ à l’uber captalisme… et si quelques dialogues sont peut-être un peu maladroits, le propos général est édifiant et réaliste.

 

Bablet est un artiste qui sait mettre la forme au service du fond, et inversement. Ses trouvailles graphiques, notamment pour personnifier les avatars de ses robots, l’utilisation d’images en « négatifs » et, évidemment, son trait hybride fouillé, à la fois anguleux et précis, est un vecteur idéal pour cette parabole de l’humanité et de son avenir ô combien incertain.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :DUNKIRK

 

 

C'est de qui ? H. Zimmer

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Pas mal de fois oui.

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? Si vous venez depuis un moment chez B.O BD vous devez vous dire que je suis maso. En effet, alors que je considère Hans Zimmer comme l’une des pires choses qui soit arrivé à la musique de film ces dernières décennies, de loin en loin, j’écoutes (et vous propose) un de ses travaux en accompagnement musical de mes lectures.

 

Je n’ai pas vu Dunkirk, n’étant as un afficionado des films de guerre, mais en est entendu pas mal de bien. Je me suis donc penché sur son score, écrit par le boss de Remote Control où l’on retrouve, en plus des tics du compositeur que sont les bourdonnements de drones et autres cliquetis stressants, le procédé appelé gamme de Sheppard et qui, pour faire simple, est une superposition de suites de gammes à des hauteurs différentes, superposées en boucles infinies qui donnent une fausse impression de montée en puissance continue.

Ce n’est pas une nouveauté, loin s’en faut, puisque les Pink Floyd par exemple l’avait utilisée dans les années 70.

 

Couplé aux ambiances sourdes et menaçantes électroniques du reste de la B.O, ce choix se révèle payant même si un brin redondant et parfois un brin synthétique.

De par des choix faits en étroite concertation avec le réal, la partition métronomique millimétrée et omniprésente de Zimmer s’avère aussi anxiogène qu’hypnotique et si elle manque peut-être un peu de mélancolie parfois pour coller parfaitement à Carbone et Silicium elle en fait un contrepoint

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

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11 septembre 2020 5 11 /09 /septembre /2020 14:24

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  L’ATTENTAT

 

 

C'est de qui ? M. Hulsing

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? La Boîte à bulles

 

 

Déjà croisé sur le site? Non

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? De deux maux… enfant, Anton assiste à l’assassinat d’un colabo nazi dans son quartier de Haarlem aux Pays Bas. Mais quand les voisins devant qui l’homme a été criblé de balles déplacent le corps devant sa propre maison, ils provoquent la colère des troupes allemandes qui vont envoyer le garçon en prison, bruler sa demeure et exécuter ses parents.

 

Au fil de son existence, Anton n’aura de cesse d’essayer de comprendre le geste terrible de ses voisins, retournant sur les lieux du drame, cherchant la trace de son frère disparu, croisant des témoins ou des acteurs de cette nuit tragique.

 

Prenante adaptation d’un roman tiré d’une histoire vraie, L’Attentat est mené comme un film noir doublé d’une réflexion au goût doux amer sur le deuil, le destin et l’oubli. Milan Husling, dans son style graphique original, très délié, parfois si inspiré qu’il en est chaotique ; plein d’éclats de couleur, de fulgurances de traits et d’images déroutants, s’approprie un texte déjà très fort et en livre une version qui happe le lecteur, le faisant osciller entre l’horreur et la compassion jusqu’à la révélation finale qui, si elle semble  libérer le personnage principal de l’histoire, donne à s’interroger sur les choix cornéliens de l’existence.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :THE TWO MRS CARROLLS

 

 

C'est de qui ? F. Waxman

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Souvent.

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? Après avoir mis en musique une paire de thrillers pour sir Alfred Hitchcock aux thèmes plus ou moins similaires (une variation moderne de Barbe Bleue pour faire court) il n’est pas étonnant que Franz Waxman ait été choisi pour mettre en musique ce thriller mélo où il peut faire étal de son talent.

 

Les influences néo romantiques du compositeur, notamment celles piochées chez les allemands du siècle précédent, sont assez évidentes dans cette partition où il les associe à des thèmes aux accents film noir pur jus, soufflant le chaud et le froid sur ses parties de cordes.

 

Suspense et émotion sont donc les maîtres de cérémonie d’une musique d’une autre époque assez enlevée, bien plus mémorable que le film pour lequel elle a été écrite, et qui donne à l’Attentat une dimension encore plus poignante !

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

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26 août 2020 3 26 /08 /août /2020 13:01

 

Quasiment aussi anciens que remontent les traditions orales, les contes et légendes ont souvent des origines communes. Ainsi il n’est pas rare de retrouver des éléments similaires aux récits, peu importe leur provenance.

 

Cette rentrée nous propose deux albums de contes qui vont ravir les plus jeunes lecteurs – ainsi que leurs parents, croyez-moi sur parole- qui nous viennent de l’est où l’on retrouve nombres de points communs avec les classiques de notre enfance.

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  LE ROI DES OISEAUX

 

 

C'est de qui ? Alexandre Utkin

 

 

La  Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Gallimard

 

 

Déjà croisé sur le site? Non

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Dans Le Roi des Oiseaux une petite souris, ayant refusé de partager une pomme d’or avec son compère l’oiseau, va déclencher une guerre entre les animaux et les oiseaux dont les bêtes  sortiront grandement affaiblies. Le souverain des volatiles sera secouru par un marchand qui, après l’avoir nourri pendant trois longues années, se verra offrir un coffre en or renfermant une maison magique qui lui coûtera cependant son premier né.

 

Vous l’aurez compris, les péripéties en série sont le lot de ce fort bel album inspiré du folklore russe illustré avec un talent rare par Alexandre Utkin dont c’est la première incursion dans le 9° Art. On peut dire que ce coup d’essai est un coup de maître tant sa narration est entraînante, et son coup de crayon - à mi chemin du style jeunesse et de la caricature amusante – aux couleurs chatoyantes, rend ce conte fantastique à plus d’un titre !

 

 

 

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LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  LE CONTE DU GENEVRIER

 

 

C'est de qui ? N. Tamarit

 

 

La  Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Les Aventuriers de L’Etrange

 

 

Déjà croisé sur le site? Oui

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Autre album à destination d’un large public, celui-ci   librement adapté d’un récit des frères Grimm, Le Conte du Genévrier   rappellera clairement Blanche Neige avec cette femme souhaitant avoir un enfant au teint blanc et aux joues rouges qui, une fois son vœu exaucé, va trépasser et laisser son petit garçon aux mains d’une marâtre qui ira jusqu’à s’en débarrasser d’une assez horrible façon, avant de le faire cuire et le donner à manger à son père (oui hein !).

 

Comme souvent dans les histoires de ce genre les thèmes abordés sont multiples et si les enfants apprécieront  le livre pour son coté fantastique et ses multiples rebondissements, les plus grands goûteront l’alliance du fond et de la forme que propose  l’auteure espagnole qui nous avait déjà ravi ici avec son adaptation du jeu du Loup Garou (déjà chez le même éditeur) ou encore le plus récent et très maîtrisé Géante.

 

Son graphisme rond et coloré, lui aussi aux confluents des genres, rend à merveille ici, et vient faire  du Conte du Genévrier une nouvelle pépite dans la collection des Merveilleux Contes de Grimm chez les Aventuriers de l’Etrange.

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi : KRIMHILD RACHE

 

 

C'est de qui ? G. Huppertz

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? Fritz Lang se lance au début des années 20 dans l’adaptation de la légende des Nibelungen avec une envie de grand spectacle qui se sent à chaque séquence de son double film fleuve (4 heures en tout). Quasiment un siècle après sa sortie le long métrage du réalisateur allemand pourrait encore servir d’exemple à pas mal de faiseurs actuels.

 

Pour la musique Le message est clair d’emblée : elle ne doit pas rappeler celle de la version de Wagner, Lang n’en étant pas du tout amateur.

Huppertz, dont c’est la première incursion dans le 7° Art, va livrer une partition épique à souhait qui s’inspire certes de ses prédécesseurs compatriotes mais lorgne aussi sur les travaux des compositeurs russes –Prokoviev en tête-  tout en optant pour une dimension foncièrement descriptive.

 

Il est vrai que la grandeur, pour ne pas dire grandiloquence de certains passages colle bien mieux au Roi des Oiseaux qu’au Conte du Genévrier, la galette durant près de deux heures il y a largement de quoi trouver chaussure au pied du conte de Nuria Tamarit, notamment dans les passages plus dramatiques où les cordes reprennent un peu du poil de la bête après avoir été dominées par les cuivres sur une grande partie des pistes.

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  • : Conseils d'écoutes musicales pour Bandes Dessinées
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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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