24 février 2016 3 24 /02 /février /2016 14:22

 

 

 

LA BD:

 


C'est quoi : SANTIAGO

 


C'est de qui ?  B-Gnet

 

 

La Couv':

 

 

Déjà lu chez nous?  Non

 

 

C’est édité chez qui ?  Vraoum

 

 

Une  planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Aussi curieux que cela puisse paraître, la BD franco-belge est un terrain de jeu idéal -et prisé -pour ce genre si particulier qu'est le western parodique. Pourtant l'exercice n'est pas si simple que cela à exécuter mais Santiago fait partie des œuvres qui, pour sûr, risquent de vous décrocher les mâchoires à chacune de ses 96 pages ou presque...

Le décor est immuable : le western et ses terres désertiques, sa gare plantée au milieu de nul part, ses feux de camp, sa banque, sans oublier ses personnages, stéréotypes par excellence, des indiens aux tuniques bleues en passant par les desperados...

Justement Santiago est le leader d'une bande de Hors la Loi -bons à rien serait ici plus approprié- dont chacun des délits se solde par un échec à cause de Pablo, un mexicain incompétent et forcément hilarant. B-Gnet a su se réapproprier les codes du western pour mieux les détourner en dérision sans jamais être vulgaire ou trash. 

Et pourtant de dialogues en situations improbables, le risque était grand de se casser les dents mais ici les situations font souvent mouche et j'avoue avoir ri de façon presque régulière sur ces tranches de vie de 2 à 6 pages qui forment une continuité ou peuvent se lire de façon indépendante.

Impossible à résumer sans en briser le charme et réalisé dans un style épuré simple et efficace, B-Gnet ne signe rien moins qu’un classique qui se conclut de surcroit par une habile boucle et est amené à devenir culte tout comme le fameux Pablo. Et c'est amplement mérité.

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? A FISTFUL OF FINGERS

 

 

C'est de Qui ?  Francois Evans

 

 

La couv' 

 

 

Déjà entendu chez nous? Pas plus

 

 

On peut écouter?

 

 

 

 

Ca donne Quoi ? Si Edgar Wright est connu pour sa fameuse trilogie Cornetto avec les classiques Shaun of the Dead ou Hotfuzz, il serait dommage d'oublier son tout premier film également dans la parodie mais de western spaghetti cette fois.

Fistful of Fingers est un projet étudiant réalisé avec 3 bouts de ficelle. Le budget réduit n’empêche pas un humour british bien senti, et l’on se retrouve par exemple avec un cheval en balsa et autres anachronismes comme une canette de coca dans ce qui se veut un hommage aussi drôle que fauché au cinéma de Sergio Leone (remixé par les Monty Python).

 Fauché mais inventif comme peut le témoigner son générique, le film bénéficie d’une musique parodique attendue et bien ficelée qui rend un hommage bien fun et des plus appliqué au maestro du genre (Ennio Morricone pour ceux du fond qui dorment) due à François Evans, sombre inconnu ou presque mais artisan honnête à en juger par le score du jour.

 

 

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Une chronique de Jet et Fab

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22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 09:50

 

 

 

Il ne manquait qu'une chose pour que Bandes originales Pour Bandes Dessinnées soit au top, c'est chose faite avec l'arrivée aujourd'hui d'une  recrue féminine au sein de l'équipe.

Gen, critique chez BD S. rejoint les chroniqueurs et commence sous les meilleures auspices.

Un peu de sensibilité dans un monde de brutes, bienvenue à elle.

 

 

 

 

LA BD:

 


C'est quoi : MANOUCHES

 


C'est de qui : Kkrist Mirror

 

 

La Couv':

 

 

Déjà croisé sur le site? Non

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? "D’après un récit raconté par Daniel Boitard, instituteur des Gens du Voyage", Manouches raconte les dernières années de vie de Tinoir, ancien de la famille Maier. Tinoir est son nom manouche, son nom officiel est Archange Maier. Il nous rappelle le très lointain ancrage en France des gens du voyage qui sont pourtant encore et toujours traités comme des étrangers. Mais c'est Daniel qui fait un cours d'Histoire aux enfants sur le Samudaripen, le génocide tsigane pendant la 2e guerre mondiale.

Kkrist Mirror, dont c'est le 5e livre sur la thématique des tsiganes, illustre avec un noir et blanc âpre, et parfois tragique, les problèmes que rencontre la petite communauté. Une postface d'Henriette Asséo, historienne spécialiste de l'histoire des Tsiganes, explique la longue histoire des Manouches, les "Hommes debout".

Un récit plutôt destiné à un public adulte… Après tout, il témoigne des difficultés quotidiennes entre nomades et sédentaires basées sur une incompréhension mutuelle : qui de nous n'a jamais jeté un regard désapprobateur sur les campements temporaires au bord des routes ?

L'album fini, on a honte de ces mauvaises pensées.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

 

C'est Quoi ? THE GUITAR ARTISTRY OF MANITAS DE PLATA

 

 

C'est de Qui ? Lui-même !

 

 

La couv' 

 

 

Déjà croisé chez nous? Non

 

 

On peut écouter?

 

 

 

 

 

Ca donne Quoi ? Peu de gens auront plus servi la cause des gitans que Ricardo Baliardo, plus connu du grand public sous le pseudonyme Manitas de Plata (Mais d’argent traduit texto), immense joueur de flamenco aux mélodies aussi virtuoses que poignantes.

Digne successeur de Django Reinhardt, le guitariste connaitra la consécration en jouant 3 concerts d’affilée au Carnégie Hall de New York, admiré et reconnu par des gens comme Brassens, Picasso et toute la jet set des 60’s l’artiste finira pourtant comme il avait débuté, dans l’anonymat et a misère.

Restent ses enregistrements, vibrants brulots de flamenco métissé (et quelque peu décrié par pas mal de ses pairs, musiciens un peu trop puristes) ode à l’histoire de son peuple, des joies et des souffrances de ce dernier.

 

 

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Une Chronique de Gen

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19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 09:30

 

 

 

 

LA BD:

 

 


C'est quoi : THE GOLDEN BOY

 


C'est de qui : Ozanam et Kieran

 

 

La Couv':

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui, souvent pour Ozanam et au moins une fois pour Kieran

 

 

C’est édité chez qui ? AAARG !

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Elwood n'the 40 freak bitches est un nom qui ne vous rappelle surement rien mais c'était un des tous premiers récits de Doggybags sur un taré bien décidé à occire la planète de bimbos blondes extraterrestres à grands coups de pelle dans leurs boobs !

Aujourd'hui le duo revient en grande forme pour nous offrir une pseudo-suite avec le frère d'Elwood, Jake Wood, golden boy et trader à New York. Aucun point commun avec les Blues Brothers et inutile d'avoir lu le récit initial de Doggybags, Ozanam étend simplement son univers comme Tarantino avait pu le faire avec ses films lorsqu'il était encore créatif... Du coup on peut parler ici de one shot explosif.

Jake Wood n'est finalement pas plus sain que son demi-frangin. L'introduction époustouflante laisse planer une invasion zombie, le truc « à la mode ». Quelques pilules ingérées plus loin, le lecteur comprend que Jake est en proie à quelques hallucinations ce qui nous vaut une critique sociale et du monde de la finance toutes en métaphores.

La voix off constante dresse un tableau cynique rappelant autant Taxi Driver que Fight Club.

Desservi par le dessin anguleux et précis de Kieran, le récit est passionnant et distille un malaise qu'une apparente happy end n'alternera pas. La confusion entre délires et réalité est très tenue et nécessitera une seconde lecture salvatrice.

Malgré un dernier acte un peu plus en deçà, ce portrait original d'un Golden Boy tient toutes ses promesses et laisse augurer d'une possible suite salvatrice. Voici un récit nerveux à lire d'une traite à l'humour bien sombre qui vous rappellera American Psycho en plus dégénéré !

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? DUMB FLESH

 

 

C'est de Qui ? Blanck Mass

 

 

La couv' 

 

 

Déjà entendu par ici ? Non

 

 

On peut écouter?

 

 

 

 

Ca donne Quoi Benjamin Power a beau être la moitié des dynamiques Fuck Buttons, il officie également dans l'ombre pour Blanck Mass, son side project branque et dans lequel il a timidement sorti un premier album en 2011 aussi planant que confidentiel.

La couverture du bien nommé Dumb Flesh annonce la couleur : l'univers sera grotesque et effrayant tout comme celui que dépeint Jake Wood ou Ozanam dans Golden Boy.

Electronique cradingue, noisy mais exigeante et inspirée, cet album risque de faire date comme le rejeton honteux qu'on aimerait ignorer mais qu'on se félicite d'écouter et de posséder par fierté comme par intérêt... la vie du golden boy Jake Wood en quelque sorte...

 

 

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Une chronique de Jet

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3 février 2016 3 03 /02 /février /2016 15:36

 

 

 

LA BD:

 

 

C'est quoi : L’HEURE DES LAMES

 

 

C'est de qui ? R. Davis

 

 

La Couv':

 

 

Déjà croisé sur B.O BD? Oui.

 

 

C’est édité chez qui ? Warum.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? S’il est bon de lire des choses qui sortent des sentiers battus, parfois, il ne faut pas avoir peur d’aller loin, quitte à se perdre en chemin. Oui, voilà une assez bonne façon de résumer mon sentiment après avoir terminé l’Heure des Lames, nouvel opus de Rob Davis, qui nous avait habitué à tout autre chose avec son burlesque Don Quichotte. Nous sommes ici dans une sorte de réalité parallèle, dans la perfide Albion,  où les parents ne font pas d’enfants, c’est même le contraire, les enfants fabriquent leur parents, à l’école, sous forme d’objets des plus hétéroclites qui représentent peu ou prou leur caractère, tout le monde connaît la date à laquelle il doit mourir ce qui est aussi pratique que déprimant. Le père de Scarper, sorte de tuba à voile, disparait un jour de la maison, notre anti-héros s’échappe du bahut en compagnie d’un jeune black sourd et d’une fille peu fréquentable pour partir à sa recherche. De pluies de couteaux en cimetières d’objets/mères possessives, l’échappée belle de notre trio de misfits finira mal…mais pouvait-il en être autrement ? Exercice de style à la croisée des genres qui, graphiquement, n’est pas sans faire penser à l’excellente Umbrella Academy de Ba et Wray (dont on espère toujours un hypothétique troisième tome), l’Heure des Lames pourra décontenancer, énerver, passionner ou questionner mais ce qui est sur c’est qu’elle ne laissera pas son lecteur insensible.

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quo? HUMANS

 

 

C'est de Qui ? C. Tapia de Veer

 

 

La couv' 

 

 

Déjà croisé chez nous? Oui.

 

 

On peut écouter?

 

 

 

Ca donne Quoi ? C’est une fois de plus un véritable ornement musical que Tapia de Veer propose pour le remake US de la série d’anticipation Humans. Cela étant gardez à l’esprit que nous sommes fort loin de l’esprit de sa B.O pour Utopia, véritable brulot du genre. Pas que Humans soit mauvais, loin de là, mais foin des délires instrumentaux et bruitistes, de fun mélodique et autres couleurs musicales de la série britannique, ici le compositeur a choisi d’illustrer musicalement l’aspect robotique froid du scénario et a, pour ce faire, opté pour une ambiance synthétique quasi onirique, avec un coté chirurgical atmosphérique d’où le suspense n’est pas absent qui pourra peut être quelque peu rebuter l’auditeur à l’écoute de la galette telle quelle, mais lui fera souvent lever un sourcil surpris s’il a la curiosité de la marier à l’Heure des lames.

 

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Une chronique signée Fab

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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 17:45

 

 

 

LA BD:

 

 

 

C'est quoi : LES SPECTATEURS.

 

 

C'est de qui ? Victor Hussenot

 

 

La Couv':

 

 

Déjà croisé sur B.O BD? Non

 

 

C’est édité chez qui ? Gallimard.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Que voilà une BD intrigante ! Dans son fond comme dans sa forme mais également sur son propos et sa portée. Les Spectateurs, dans un style graphique des plus particulier mais très accrocheur, à mi-chemin entre l’illustration artistique et la BD pointue, suit un personnage anonyme qui endosse plusieurs « personnalités » et déambule dans des paysages urbains, citadins même, assistant au spectacle sans cesse renouvelé d’un milieu grouillant et en mouvement. Hussenot, via des saynètes expressionnistes,  surréalistes ou poétiques questionne le rapport visceral et antédiluvien de l’homme à la cité, du lien sociétal intrinsèque poussé jusque dans les retranchements de l’urbanisation. Si je me sens aujourd’hui à l’opposé du sujet de l’album, j’en ai capté la substance et y ai adhéré bien plus que je n’aurai cru. Quand on vous dit que la BD ce n’est pas que les petits mickeys…

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? STRANGER THAN PARADISE.

 

 

C'est de Qui ? John Lurie

 

 

La couv' 

 

 

Déjà croisé chez nous? Oui.

 

 

On peut écouter?

 

 

 

 

Ca donne Quoi ? Entre minimalisme, expérimentation et free jazz, la B.O du film de Jarmusch, due à son interprète principal, John Lurie, n’est pas ce qu’on pourrait appeler une musique de film très traditionnelle. Remarquez ça tombe bien, Stranger Than Paradise n’est pas du cinoche lambda non plus. Amateur de jazz et de musique conceptuelle, Lurie a écrit une poignée de morceaux assez courts (l’ensemble doit durer une grosse vingtaine de minutes) qui, à défaut d’être forcément très écoutables par une oreille non avertie, donne une ambiance  de poésie urbaine déroutante (l’un des morceaux s’intitule d’ailleurs  Bela By Barlight, référence au standard de Young). Le leader des Lounge Lizzards réalise un mélange improbable et pourtant poussé dans ses extrémités d’une instrumentation classique (Violon et violoncelle)  qui s’essaierait à mixer la musique de chambre européenne et des bases folkloriques plus afro-américaines. Un ovni qui, malgré son âge (le film date de 1984 tout de même), reste toujours aussi intéressant et hors normes. Une sacrée B.O pour une sacrée BD (notez que les plus réfractaires pourront toujours se rabattre sur  l’autre morceau proposé sur la galette, The Resurrection of Albert Ayler, plus abordable.

 

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Une chronique signée Fab

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  • : Conseils d'écoutes musicales pour Bandes Dessinées
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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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