13 décembre 2021 1 13 /12 /décembre /2021 09:33

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ? ENERGIES NOIRES

 

 

C'est de qui ? J. Jacobs

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Tanibis

 

 

Déjà lu sur le site? Oui

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Dans le premier récit de ce recueil, tout en noir et blanc, Jacobs pousse le concept de maison hantée à son paroxysme avec une construction vivante mi organique mi matérielle, hostile à ses visiteurs qui va faire en sorte de les dissuader de l’acheter…quitte à s’en débarrasser.

 

La seconde histoire, aux antipodes et en couleurs, se déroule dans une nature étrange où des bêtes élèvent un enfant.  Un peu comme dans Et tu connaîtras l’univers et les dieux, Jacobs crée un bestiaire aussi cruel que surnaturel, s’imposant en naturaliste de l’extrême, il oppose l’homme et la nature évoquant en filigrane tout ce que le premier a fait subir à la seconde.

 

 

L’originalité de l’ensemble vient bien entendu du traitement de l’artiste qui joue sur les cadrages, les perspectives et les formes, le tout dans son style torturé où il fait cohabiter personnages caricaturaux et environnement détaillé décalé voire cauchemardesque.

 

Deux nouvelles facettes d’un auteur à part dans le paysage de la bande dessinée que l’on retrouve toujours avec grand plaisir chez nous.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :POPCORN SUPERHET RECEIVER

 

 

C'est de qui ? J. Greenwood

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui il y a peu d’ailleurs.

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? En 2005 la BBC Radio 3 commissionne Jonny Greenwood pour l’écriture d’une pièce musicale pour cordes.

 

De son propre aveu, le guitariste des Radiohead s’est servi comme inspiration de ses souvenirs d’enfance quand, dans la voiture de ses parents où tournaient sempiternellement les 4 mêmes cassettes il superposait le bruit du moteur du véhicule.

 

On notera également ici, bien évidement, l’énorme influence de Penderecki également, dont l’ombre musicale plane sur la production de Greenwood, que ce soit sur ses pièces classiques comme sur ses B.O de film.

 

Que ce soit dans l’utilisation originale des tones clusters -groupes de notes jouées simultanément dont aucune n’est vraiment perceptible, habituellement réservés au piano- dans les dissonances ou les jeux de rythmiques déstabilisants, dans la distorsion des sons des cordes et l’ajout de voix, cette pièce met définitivement son auditeur mal à l’aise à un moment ou à un autre.

 

Les plus attentifs et/ou cinéphiles d’entre vous auront d’ailleurs décelé dans ce magma instrumental flippant qu’est Popcorn Supehet Receiver des parties reprises quelques années après dans l’énorme B.O de There Will Be Blood ; procédé qui empêchera d’ailleurs Greenwood d’être retenu comme prévu pour l’Oscar de la meilleure musique dû à la politique d’originalité des œuvres de l’Académie.

 

 

 

 

 

---------------

 

 

 

Une Chronique de Fab

Repost0
11 décembre 2021 6 11 /12 /décembre /2021 15:36

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ? JYLLAND. L’ILLUSION DU POUVOIR.

 

 

C'est de qui ? De Roover & Kloosin

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Anspach

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui sur le tome 1.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Hanté jusque dans ses rêves par ls fantômes de son frère et de se dont il est responsable de la mort, Sten réalise que gouverner un peuple au bord de la révolte quand on n’a pas d’or pour les nourrir ou payer les guerriers s’avère difficile.

 

De plus en plus ombrageux et colérique il attise la haine et l’esprit de vengeance de ses proches.

Heureusement pour lui l’attaque d’un village voisin lui permet de mettre la main sur un trône en or qu’il compte faire fondre.

 

Mais les graines de l’insurrection ont déjà germées au sein de la population de son royaume et la situation est très tendue alors que Gavnar, ex allié de Sten, fomente son retour.

 

Suite du premier volet prometteur paru au printemps dernier, L’Illusion du Pouvoir continue de mélanger habilement intrigues et scènes de combat, le tout dans un style semi réaliste classique mais appliqué et détaillé.

 

L’un des points forts de Jylland est de savoir développer la psychologie de ses personnages sans pour autant sacrifier à l’action, un traitement bienvenu sur un créneau très exploité ces dernières années, tous médias confondus.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :MARGRETE

 

 

C'est de qui ? J. Ekstrand

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Non

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Après une carrière essentiellement dans son pays d’origine, Jon Ekstrand s’ouvre depuis quelques années à l’international et a d’ailleurs écrit la B.O du prochain Marvel, Morbius.

Il vient de composer la musique de ce biopic romancé sur la reine Margrete, première reine des royaumes du nord unifiés qui voit son règne mis en péril par le retour du fils qu’elle croyait mort.

 

Si le film pêche parfois par le rythme de sa narration, les acteurs, les décors et, donc, la B.O sont eux de fort bonne facture.

 

A l’instar d’un Jed Kurzel sur son Macbeth -entre autres- Ekstrand utilise essentiellement  le violoncelle comme instrument lead, en tirant des nappes menaçantes, mais sait aussi construire des climax aboutissants dans des déferlements de percussions et de cordes sur une poignée de pistes où l’action le demande.

 

D’ambiance fort sombre, réhaussée de quelques morceaux de bravoure, ce score est très en harmonie avec ce second volet de Jylland.

 

 

 

 

 

---------------

 

 

 

Une Chronique de Fab

 

Repost0
9 décembre 2021 4 09 /12 /décembre /2021 14:12

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ? LA TRILOGIE BERLINOISE. L’ETE DE CRISTAL.

 

 

C'est de qui ? Boisserie & Warzala

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Les Arènes.

 

 

Déjà croisés sur le site? Le scénariste oui.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Alors que la capitale allemande se prépare à accueillir les Jeux Olympiques de 36 (et, accessoirement, à se prendre un beau camouflet de la part de Jesse Owens), Bernard Gunther, ancien policier qui a quitté l’uniforme dégoutté par l’influence grandissante des national socialistes, s’est reconverti en détective privé.

 

Un puissant industriel l’engage pour découvrir ce qui est arrivé à sa fille et son gendre, morts carbonisés dans leur lit, ainsi qu’aux diamants dérobés dans leur coffre-fort.

 

Notre privé cynique va vite se perdre dans un imbroglio où nazis et mafieux se trient dans les pattes et n’hésitent pas à jouer qui des poings qui du Mauser.

 

 

Féru d’histoire, Pierre Boisserie s’attaque ici au best seller de Phillip Kerr, dont le héros, selon la description de son papa, est l’équivalent du Marlowe de Chandler mais dans l’Europe des années 30/40.

 

Le background historique est évidement riche et fort propice au mélange des genres. D’ailleurs, j’ai eu récemment l’occasion de lire un « vrai » livre, lors d’un voyage à l’étranger (ces deux faits étant quasiment aussi rares l’un que l’autre pour votre serviteur !), l’Ange de Munich, autre best seller mais plus récent, qui lui aussi prend la montée du III° reich comme toile de fond.

 

La tension historico-politique ne fait qu’ajouter au suspense de l’intrigue, même si, dans le cas de ce premier tome de la Trilogie Berlinoise, la multiplication des protagonistes aux noms à consonances germaniques, m’a un peu perdu à un moment donné, jusqu’à ce que le héros récapitule les faits à son employeur.

 

La partie graphique, dans une ligne claire aussi classique que réussie, amène une distanciation intéressante et originale à cette adaptation qui aurait été peut-être plus passe partout avec un trait réaliste.

 

Les amateurs de polar historique en auront pour leur argent avec ce petit pavé auquel les Arènes ont apporté un soin tout particulier avec un dos toilé du meilleur effet.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :LA MORT AUX TROUSSES

 

 

C'est de qui ? B. Herrmann

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Cinquième collaboration entre l’un des duos réal/compositeur les plus marquants du 7° Art, la Mort aux Trousses, si peut être pas la plus marquante des œuvres de son auteur, reste un modèle du genre.

 

 

Le générique donne le ton sur un rythme soutenu et hypnotique que l’on retrouve plus ou moins modifié tout au long du score.

 

Amateur d’expérimentations sonores, Herrmann enchaine les motifs musicaux inhabituels, évoquant le suspense via les vents (dont le hautbois et des flutes dans les aigus) tandis que l’action est laissée aux cuivres et aux cordes sur des roulements de batterie dignes d’un Prokoviev.

 

De beaux changements d’atmosphère mais toujours amenés subtilement font l’originalité d’une partition qui, à contrario d’opus futurs du compositeur, aurait sinon manqué d’une certaine musicalité, préférant l’illustration sonore à la mélodie.

 

 

On est néanmoins sur le haut du panier du genre et l’ensemble BD/B.O fait souvent monter la tension à son paroxysme.

 

 

 

 

---------------

 

 

 

Une Chronique de Fab

 

Repost0
29 novembre 2021 1 29 /11 /novembre /2021 10:07

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ? THE KONG CREW 2

 

 

C'est de qui ? Herenguel

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Ankama

 

 

Déjà lu chez nous? Oui sur le précédent.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Nous avions laissé les protagonistes de Kong Crew dans de sales draps pour la plupart : entre le duo formé par le journaliste/aviateur et le scientifique aux prises avec des raptors, l’aviateur de l’US Aur Force en rade dans la Grosse Pome revenue à l’état sauvahe, capturé par des amazones nouvelles générations fans de cosplay ou encore, last but not least, ce pauvre chien qui aimerait bien ne pas finir comme en cas dans la gueule d’un dino.

 

Ce second tome, toujours aussi divertissant, repart de plus belle en proposant même quelques pistes en flash back sur le pourquoi du comment de la situation.

 

On y a droit à de belles scènes de baston entre le roi Kong et les bestioles préhistoriques qui ont élu domicile dans les restes de New York mais aussi a des scènes chez les amazones qui ne sont pas sans faire penser à Mad Max 3.

 

Ce mélange détonnant d’aventures uchroniques de haut vol et d’humour sympa est toujours servi par le dessin virtuose d’Eric Hereenguel qui prend visiblement beaucoup de plaisir à ce mash-up de genres et rend hommage à certains grands du comics US (on pense au Bravo pour l’Aventure d’ Alex Toth mais aussi aux Xenozoic Tales de  Mark Schultz en passant par le Steve Canyon de Milton Caniff, excusez du peu !)

 

Un vrai plaisir coupable qui plus est fort bien mis en valeur par le travail d’édition dAnkama !

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi : MUTINY IN OUTER SPACE

 

 

C'est de qui ? H. Salter et divers

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui, tous probablement.

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? Pour cette série B des années 60, comme il s’en tournait à la pelle à l’époque le budget du film ne prévoyait évidemment pas d’embaucher un compositeur pour écrire la musique.

 

Le studio pioche donc dans le « stock music », vivier de pistes interchangeables écrites et enregistrées par les compositeurs attitrés.

Ici on retrouve des morceaux signés Hans J. Salter, Leith Stevens, Walter Greene, noms que les habitués du coin connaissent bien puisqu’on les retrouve au générique des douzaines de films tous genres confondus.

 

J’ai préféré opter pour de la musique à tendance suspense bien old school  comme celle proposée ici  plutôt qu’une B.O à grand spectacle à tendance aventure avec pointe de comique (genre qu’on croise pas mal dans les 80’s et 90’s par exemple, avec certains films de Spielberg ou de Zemeckis, pour ne citer qu’eux) histoire d’accentuer le coté décalé et série B de qualité 

 

 

 

 

---------------

 

 

 

Une Chronique de Fab

 

Repost0
22 octobre 2021 5 22 /10 /octobre /2021 15:59

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ? DEBOUT LES MORTS

 

 

C'est de qui ?  F. Duchazeau

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Sarbacane

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui souvent.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Au début du siècle dernier, alors que les paysans mexicains, exploités par les riches et l’armée, sont à la limite de se révolter, les défunts sortent de leurs tombes sous forme de squelettes et décident de s’inviter à la fête des morts.

 

Dans une sarabande endiablée les calaveras viennent prêter main forte aux vivants contre l’oppresseur et ce dias de los muertos devient l’occasion de refaire la révolution !

 

Avec ce nouvel album Frantz Duchazeau explore à nouveau quelques une de ses thématiques fétiches : le folklore, le rapport avec la mort, les minorités…

Dans un noir et blanc expressif, empruntant aux illustrations d’époques ou à la caricature il évoque cette Amérique du sud de façon aussi personnelle que décalée.

 

Comme souvent chez l’auteur le burlesque est ici le maître mot et, si parfois un brin décousue, cette farandole grandguignolesque originale se révèle très fun à lire.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :THE FRISCO KID

 

 

C'est de qui ? F. De Vol

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui.

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? Au crépuscule d’une riche carrière parsemée de quelques beaux coups d’éclats (Whatever Happened tio Baby Jane ?,  The Dirty Dozen,…) Frank De Vol met en musique ce western parodique où un rabbin en route pour San Fransisco va manquer se faire tuer par des indiens avant de faire équipe bon gré mal gré avec un hors la loi (joué par Harrison Ford).

 

Le film est resté une poignée d’années dans le ventre mou de la production avant d’être pris en main par Robert Aldrich qui n’évitera pas l’échec artistique et commercial.

 

De Vol reprend quelques ficelles qu’il avait déjà tirées une quinzaine d’années auparavant avec succès sur Cat Balou, un autre western comique et malgré le scénario bancal de ce Frisco Kid il parvient à écrire l’un de ses travaux les plus attachants.

 

Il varie sa partition en insérant au milieu de pistes qui empruntent autant au registre de la comédie grand public que du western, des passages plus profonds où suspense et émotion sont au rendez-vous ainsi que des éléments de musique Klezmer bien adaptés.

 

Un score rafraichissant avec assez de qualité pour la dernière fantaisie macabre de Frantz Ducazeau.

 

 

 

 

---------------

 

 

 

Une Chronique de Fab

 

Repost0

Présentation

  • : Conseils d'écoutes musicales pour Bandes Dessinées
  • Conseils d'écoutes musicales pour Bandes Dessinées
  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
  • Contact

Rechercher

Tags