9 juin 2020 2 09 /06 /juin /2020 14:37
 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  LES 5 TERRES. L’AMOUR D’UN IMBECILE.

 

 

C'est de qui ? Lewelyn et Lereculey

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Delcourt

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui sur les précédents.

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Mederion, dernier de la fratrie de tigres nouvellement au pouvoir, avait-il manigancé la mort de ses deux frères aînés afin d’accéder au trône ?

On est à même de se poser la question, tout comme l’Ombre du roi qui voit dans le futur souverain un stratège en devenir.

Néanmoins la priorité vont aux affaires de l’état, et les opposants au futur monarque sont nombreux et fomentent en douce un coup d’état.

Pendant ce temps la princesse Astrelia est en cavale, poursuivie par plusieurs individus, les jeunes princes des autres races retenus au château peaufinent leur plan d’évasion et Thys, notre aspirant soldat à l'étrange attitude,  est embauché par Mederion.

 

Si j’étais réticent à aller trop dans le sens des multiples critiques (positives) comparant les 5 Terres à GOT, force est de reconnaître avec ce troisième volet que les point communs sont nombreux sans pour autant que la série BD ne puisse, à aucun moment, être considérée comme une copie anthropomorphe de l’œuvre de Martin (et/ou de son adaptation télévisuelle).

Car les Cinq Terres vont à mon avis au-delà, adoptant ici une pose quasi shakespearienne via un scénario qui courre plusieurs pistes à la fois sans pour autant jamais se perdre en route (pas plus que ses lecteurs d’ailleurs) le tout avec une fluidité et un intérêt qui forcent le respect et n’ont d’égales que la densité de l’histoire.

 

L’Amour d’un imbécile a vu sa sortie quelque peu chamboulée par les évènements du printemps mais cela ne devrait pas nuire à la série vu la qualité ce troisième volet qui fait encore grimper le niveau de l’ensemble.

Car, évidement, comme sur les précédents tomes, la partie graphique n’est pas en reste, loin de là, que ce soit dans le foisonnement de son background ou la précision des faciès de ses protagonistes. Lereculey, bien aidé dans la tâche par l’encreur et le coloriste, assure un niveau haut du panier malgré des sorties fort rapprochées (le quatrième est prévu pour la rentrée).

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :HAMLET

 

 

C'est de qui ? P. Doyle

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui pas mal.

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Branagh est un peu le Laurence Olivier de notre époque, après avoir percé sur grand écran avec une adaptation grandiose de Henry V le réalisateur et acteur britannique s’est fait une spécialité des adaptations du Barde que ce soit au cinéma ou sur les planches.

Son Hamlet, transposé au XIX° siècle est la seule version respectant à la lettre le texte d’origine ce qui, à mon sens, a dû pas mal desservir le film qui, de par sa durée de presque 4 heures, a dû décourager plus d’un spectateur potentiel.

Ce sera d’ailleurs un échec assez retentissant au box-office et ce malgré un casting prestigieux et une fidélité n’ayant d’égale que la classe de la mise en scène.

 

Pour la musique c’est le fidèle Patrick Doyle (plus d’une douzaine de collaborations avec Branagh) qui s’y colle.

Son score s’articule autour de trois thèmes dédiés à autant de personnages avec des identités musicales fortes et distinctes. Qu’il écrive pour un quartet de cordes ou un ensemble plus conséquent Doyle applique la même méticulosité dans ses mélodies qu’elles soient discrètes et mélancoliques ou imposantes et majestueuses.

 

Il ne fallait pas moins que ce panel d’ambiances haut de gammes (qui vaudront à Doyle la nomination aux Oscars cette année-là) pour ce troisième tome de haut vol !

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

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23 mai 2020 6 23 /05 /mai /2020 16:04

 

 

 

LA BD:

 

 

 

C'est quoi : LES OISEAUX NE SE RETOURNENT PAS

 

 

C'est de qui ? Nadia Nakhlé

 

 

La Couv':

 

 

 

Déjà croisés sur BO BD ? non

 

 

C’est édité chez qui ? Delcourt / Mirages

 

 

Une planche:

 

 

Ça donne Quoi ? Cet album raconte les affres de l'émigration par les yeux d'une enfant. Cela donne une vision plutôt différente des autres albums que j'ai pu lire sur ce sujet souvent écrits côté humanitaire.

 

Je pense qu'il y a une part d'autobiographie dans le récit de Nadia Nakhlé car certains détails emblent trop intimes pour être des généralités. Elle ne nous dit pas d'où vient Amel mais j'ai pensé à la Syrie ou l'Irak avec le contexte de guerre évoqué. Cette petite fille a une force extraordinaire et a la chance de croiser des adultes bienveillants au milieu de la masse indifférente ou malveillante. Mais elle n'oublie jamais les recommandations de sa grand-mère.

 

 

Les oiseaux qui ne se retournent pas sont ceux d'une chanson écrite par Bacem le déserteur et joueur de oud. Mais ce sont surtout ceux du poème perse du XIIe siècle : La conférence des oiseaux écrit par Farîd Al-Dîn Attâr. Ceux qui partirent à la recherche de leur roi (ou reine) le Simorgh dans une quête comparable à celle d'Amel pour une France idéalisée.

 

Le traitement graphique est plutôt original : un noir et blanc superbe éclairé par touches de couleurs vives pour certains détails. Mais les rêves d'Amal l'entraînant à la suite de la huppe, guide des oiseaux, sont toujours sur fond noir avec des oiseaux blancs. Le simorgh est peut-être bien le phénix de nos légendes et il occupe chaque page annonçant un nouveau chapitre en groupes serrés.

 

 

Des extraits du poème sont donnés à la fois en version originale et en version traduites dans le cœur de l'histoire et en fin d'album.

 

En plus, l'objet livre est de bonne qualité : belle couverture, papier épais. Cela ajoute au plaisir de la lecture.

 

Ne passez pas à côté de mon 2e coup de cœur de l'année de la BD (eh oui, 2020 est l'année de la BD!).

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? L'OISEAU DE FEU (FANTASIA 2000)

 

 

C'est de Qui ?  Igor Stravinski

 

 

La couv' 

 

 

Déjà entendu chez nous ? oui

 

 

On peut écouter ?

Ça donne Quoi ? C'est une merveilleuse musique de ballet qui commence avec la douceur des cordes et des flutes. Puis elle grandit avec force et violence avec percussions et cuivres jusqu'au paroxysme avant de s'éteindre en douceur.

 

Les animateurs avaient choisi un oiseau de feu / volcan débordant et brulant tout dans sa lave jusqu'au retour en douceur de la nature. Ils avaient ainsi choisi de se démarquer complètement du conte russe original où l'oiseau de feu doit être conquis par les fils du tsar Demian dont il a mangé les pommes d'or.

 

De quoi accompagner la lecture d'un récit où violence et douceur alternent jusqu'à une fin sereine.

 

La version du film étant un peu courte, je vous propose une alternative avec le ballet entier par l'orchestre du Kirov dirigé par Valery Gergiev :

 

 

 

 

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Une Chronique de Gen

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2 mai 2020 6 02 /05 /mai /2020 15:41
 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  ENTREZ DANS LA DANSE

 

 

C'est de qui ? Guerineau

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Delcourt

 

 

Déjà lu chez B.O BD? Oui

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Au début du XVI° siècle, en plein Strasbourg, parmi la population des gens sont pris d’un mouvement de  folie commune qui les fait entamer une sarabande endiablée menant certains jusqu’à l’épuisement et la mort et obligeant les autorités à prendre, en vain, des mesures aussi drastiques que l’événement !

 

Nouvelle adaptation dans la collection Mirages chez Delcourt d’un roman de Jean Teulé par Richard Guérineau, si Entrez dans la danse s’inspire d’un fait réel historique surprenant pour ne pas dire surréaliste, il m’a moins emballé que Charly 5, probablement de par son sujet même je dirais. Mais au delà du scénario on retiendra cette critique acerbe et fine de la religion, des choix du pouvoirs au détriment de la populace, (voire celle de la gestion d'une crise sanitaire d'ampleur!!) thèmes toujours ô combien d’actualité.

 

Guérineau rend aussi l’atmosphère burlesque et macabre de cette histoire tragi-comique grâce à son trait cartoony décalé et caricatural qui donne corps à ses danseurs frénétiques et aux personnages satellites, impuissants face à la folie.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :HOMBRES DE MAIZ

 

 

C'est de qui ? Ensemble Lucidarium

 

 

La Couv':

 

 

Déjà croisé dans le coin? Une paire de fois.

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

 

Ca donne Quoi ? Ce sont l’exode de paysans et navigateurs italiens au Mexique -apportant avec eux leurs airs folkloriques, leurs danses et leurs instruments

- durant les seizième et dix-septième siècles qui a accouché d’un certain mariage de cultures, dont celle de la musique.

 

Une partie des musiciens de l’Ensemble Lucidarium, groupe cosmopolite de recherche et d’interprétation de musique médiévale, avec en guest une artiste sud américaine, recrée ici cette osmose dans des conditions aussi proches que possibles du live.

Le résultat est des plus intéressant, d’un point de vue culturel comme musical, avec un mariage d’influences et de sons dansants et joyeux qui, malgré parfois un certain aspect folklorique marqué, se révèle être une bande son aussi burlesque que la bacchanale morbide d’Entrez Dans La Danse.

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab


 

 

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21 avril 2020 2 21 /04 /avril /2020 15:25
 

 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  CŒUR DE TENEBRES

 

 

C'est de qui ? Pecau & Bachelier

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Delcourt

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? On peut dire que le roman d’origine, œuvre assez impressionnante de par son alliance du fond et de la forme (il faut le dire !) aura voyagé au gré des adaptations dans divers médium. D’un fleuve au sein du Congo dans le livre de Conrad, il aura visité la jungle du Vietnam et les marais d’Irak sur grand écran ; et, en BD,on l'a retrouvé sans voix puis,  après un petit tour dans le futur,  le voici dans la Vendée du XVIII° siècle.

 

Pécau, féru d’uchronies s’il en est, transpose donc l’action pendant la Terreur, alors que les soldats de la République traquent et massacrent les derniers partisans de la royauté.

Varenne, officier Bleu, flanqué d’un indien ramené des Amériques (façon Pacte des Loups! ), est chargé de retrouver la trace du Colonel Schreb, gradé ayant disparu dans les marais et supposé avoir bâti un mini empire personnel.

 

L’idée fonctionne plutôt bien ; Benjamin Bachelier quant à lui, loin de ses précédentes adaptations, que ce soit Gatsby ou Taïpi, opte ici pour un noir et blanc hachuré et anguleux, du moins sur une majeure partie de l’ouvrage, pour rendre la noirceur et la tristesse des décors et de la période, la descente aux enfers de notre duo de héros malgré eux.

 

Une version puissante d’un classique aux thématiques …intemporelles !

 

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :THE PROPOSITION

 

 

C'est de qui ? Nick Cave & Warren Ellis

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Chose promise… voici donc la première musique de film écrite par le duo derrière les Bad Seeds de Nick Cave, qui, tout en étant clairement illustrative, n’en reste pas moins intimement marquée de la personnalité musicale de ses deux auteurs.

 

Vu que l’on n’est jamais mieux servi que par soi-même, le scénario de The Proposition a été écrit par Nick Cave himself. Sorte de western vaguement biblique traitant de vengeance et de trahison (pas forcement dans cet ordre), à l’ambiance aride, le film est magnifié par son score, essentiellement instrumental et acoustique, parcouru de guitares et de percussions torturées, sur lesquels les violons de Ellis tantôt plaintifs tantôt grinçants, finissent de donner une aura assez unique.

 

Multi récompensée, cette B.O aussi contemplative qu’hypnotique fait une compagne fort intéressante à la chasse à l’homme fantomatique de cette version du Cœur des Ténèbres.

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab


 

 

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15 avril 2020 3 15 /04 /avril /2020 14:05

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  VENOSA TOME 2

 

 

C'est de qui ? O. Milhiet

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Delcourt

 

 

Déjà lu sur le site? Oui, sur le tome 1.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Venosa, ville de vice minée par le trafic de drogue,  est toujours sous la menace du siège de l’armée du roi Jaranis, bien décidé à y remettre de l’ordre. Mais l’enlèvement de la fille de ce dernier, furieusement accro à la dite drogue va redistribuer les cartes.

En parallèle, au sein de la cité, Epine, un voleur malheureux contraint d’assumer une opération qui a mal tournée, est manipulé par un sorcier désireux de mettre la main sur un vieil artefact qui pourrait s’avérer des plus dangereux.

 

J’avais beaucoup aimé le premier tome de Venosa et trouvait dommage que la série soit à l’arrêt. Quasiment trois ans plus tard voici donc la suite, certes amputée d’une grosse partie de son développement mais au moins nous aurons pu lire la fin.

 

Ce second volume est donc plus généreux que le premier même si l’on sent sur la fin que l’auteur a du se démener pour faire tenir le contenu du troisième volet en une grosse quinzaine de pages. Mission en grande partie accomplie avec un rythme certes plus soutenu mais toujours beaucoup d’humour et ce décalage entre univers et dialogues qui fonctionne à plein.

 

Dommage que Venosa n’ait pas trouvé son public en temps et en heure, elle le méritait pourtant tant il est rare de lire de la Fantasy un tant soit peu originale aujourd’hui. Espérons que l’on recroise rapidement Milhiet auteur à part entière des plus doué.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :HERCULE Vs MOLOCH

 

 

C'est de qui ? C. Rustichelli

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Quelques fois oui.

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? Comme pour le tome précédent j’ai joué la carte du décalage, dans la foulée de l’esprit potache de la BD. Pour  cet énième score de péplum, Carlo Rustichelli, après un thème galopant qui sonne presque comme si on l’avait accéléré, joue plus sur les cordes du fantastique que sur les gimmicks héroïques habituels du genre (même s’ils n’hésitent pas à ressurgir au détour d’une piste ou deux of course).

 

Cuivres et chœurs sont donc de la partie, bien appuyés par les percussions, mais l’atmosphère mystérieuse est développée par le compositeur italien via des thèmes plus subtils où les cordes sont mises à l’honneur et où le reste des instruments se font plus discrets tout en restant efficaces et où l’on décèle même de ci de là d’intéressants effets sonores.

 

Mélange de genre réjouissant, la B.O de cet Hercule contre moloch, énième déclinaison d’une franchise déjà pas terrible au départ, se révèle bien plus sympa que le film et, surtout, assez au diapason de la fin de Venosa.

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

 

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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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