16 mai 2022 1 16 /05 /mai /2022 08:25

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ? ULYSSE. L'AMOUR D'UNE DEESSE.

 

 

C'est de qui ? C. Ferri

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Tabou

 

 

Déjà croisé sur le site? Oui

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Grace à sa ruse Ulysse a été l’artisan de la chute de Troie, mais les dieux ne l’entendent pas de cette oreille et ce qui devait être un retour paisible à Ithaque se transforme en une errance de dix ans, pleine de périls et de tragédies.

 

Tandis qu’il erre sur les mers, tantôt jouet de la belle Calypso, tantôt luttant contre les cyclopes, Pénélope sa fidèle épouse a fort à faire pour repousser les avances des nombreux prétendants à sa couche, tous persuadés qu’Ulysse a disparu corps et biens.

Tous sauf Télémaque, son fils, qui part à sa recherche.

 

Après avoir adapté l’Illiade, Cosimo Ferri s’attaque cette fois à l’autre œuvre d’Homère, la non moins célèbre Odyssée qui raconte les périples d’Ulysse.

 

Si l’on connaît l’histoire quasi par cœur, ne serait-ce que grâce aux innombrables versions en romans, BD, et, last but not least sur grand et petit écran, force est de reconnaître que l’auteur italien arrive a redonner un air de fraicheur à l’Odyssée en choisissant une narration non linéaire, avec des flashbacks et autres ellipses intéressantes.

 

Tout comme pour Achilles, cette nouvelle trilogie sort sous deux formes, une classique chez Graph Zeppelin et celle qui nous intéresse ici, en version X où l’auteur agrémente son récit d’une grosse poignée de scènes érotiques explicites que son style réaliste soigné rend très réussies.

 

Alors certes ces scènes n’apportent que fort peu au récit en lui même, et l’on voit assez nettement qu’elles sont « rajoutées » au scénario (comprenez : présentées en général sur des doubles pages qui, si enlevées, donnent la version « soft ») mais elle pimentent clairement et fort agréablement cette version de l’Odyssée.

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :THE LONG SHIPS

 

 

C'est de qui ? D. Radic

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui.

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? Pionnier du courant réaliste et moderniste dans son pays, Dusan Ribic a peu composé pour le grand écran mais ses quelques efforts dans ce domaine feraient presque regretter qu’il ne s’y soit pas plus intéressé.

 

Prenons la B .O de The Long Ships par exemple, film de vikings un peu surréaliste réalisé dans la foulée du long métrage qui a vu Kirk Douglas et Tony Curtis triompher quelques années plus tôt.

Ses thèmes vifs pleins de motifs ascendants et descendants inspirés par la musique folklorique font appel aussi bien aux codes de la musique de films qu’à la polytonalité qu’affectionnait le compositeur.

 

Avec une atmosphère épique et entrainante, crée essentiellement par les cuivres et les percussions, le score de The Long Ships, si un brin suranné forcément, accompagne les pérégrinations coquines d’Ulysse à merveille.

 

 

 

 

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14 mai 2022 6 14 /05 /mai /2022 08:24

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ? LA CHUTE DE DANTE

 

 

C'est de qui ? M. Carot

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Glénat

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Torturé par les affres des troubles de la création (et de l’érection ?!) un jeune peintre, Dante, prénom ô combien prémonitoire, fait la connaissance un soir de Judith, une superbe femme qui va devenir sa mécène, sa muse…et sa perte !

 

Rejetant amis et fiancée, notre artiste soudain galvanisé va s’apercevoir, mais trop tard peut être, que Judith n’est pas exactement ce qu’elle prétend.

 

Le mythe de Faust, revu et corrigé par la plume et le crayon de Manolo Carot, qui revient ici à ses premiers amours, la BD érotique, avec cette variation plutôt classique d’une histoire qui ne l’est pas moins, mais rendue piquante par une poignée de scènes fort explicites.

 

L’originalité de ce nouvel album de la collection coquine de chez Glénat réside dans sa partie graphique via le style anguleux et expressif de l’artiste espagnol.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :THE EXORCIST - REJECTED

 

 

C'est de qui ? L. Schifrin

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? Si l’un des films d’épouvante les plus connus du genre doit une partie de son succès au Tubular Bells de Mike Oldfields, la partition d’origine avait été confiée à Lalo Schifrin qui s’était fendue d’un travail tout bonnement effrayant.

 

Pourtant une première bande annonce ayant eu des conséquences désastreuses sur l’audience (mais la cause en était plus probablement la suite d’images stroboscopiques choisies par le réal ; je pense que l’on peut dire que les spectateurs des années 70 étaient des petites natures), Friedkin, le réalisateur, mit en cause la musique de Shifrin et, malgré que ce dernier ait écrit du matériel plus conséquent pour le reste du long métrage, verra son travail refusé par Friedkin qui préfèrera utiliser des morceaux de musique préexistants, notamment de la musique sérielle et du Penderecki, pour un résultat certes efficace mais, à mon humble avis, à des années lumières de ce qu’avait proposé Schifrin.

 

Cordes glissées, tapotées et triturées, mises en contrepoint par un piano jouant dans les graves sont le sel de thèmes tout bonnement déstabilisants, où l’atmosphère peut changer drastiquement d’un instant à l’autre.

 

La Chute de Dante n’a été que plus vertigineuse accompagnée par les expérimentations horrifiques de l’un des plus brillants compositeurs de sa génération qui avait coutume de dire que 70% de la réussite d’un film est due à sa B.O…et dire que l’Exorciste aurait pu être encore plus culte !

 

 

 

 

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23 avril 2022 6 23 /04 /avril /2022 14:53

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ? LE FLEUVE SHINANO

 

 

C'est de qui ? Kamimura & Okazaki

 

 

La Couv':

 

 

Déjà croisé sur le site? Oui pour Kamimura.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Dans le Japon des années 30, dans la région du fleuve Shinano, Yukie, une jeune fille dont la mère est partie et à laquelle le père ne  s’intéresse guère, va connaître son premier amour et laisser sa sexualité débordante mener son existence, cédant à ses désirs quitte à bafouer les tabous de la société de l’époque et briser la vie de ses compagnons successifs, qu’ils soient professeur, medecin ou encore artiste peintre.

 

Présenté ainsi le scénario du Fleuve Shinano peut laisser penser à une tragédie dramatico-romantique…et c’est ce que c’est.

Mais faite avec ambition, doublé d’une réflexion sur la société de l’époque et, last but not least d’une jolie pointe d’érotisme aussi suggestive que surannée.

 

 

 

L’ensemble est raconté avec une telle poésie lyrique dans le style graphique et la composition des planches, que cette sorte de Madame Bovary nippone se laisse lire avec surprise voire délectation, et laisse un goût doux amer, assez rare en BD finalement, qui donne envie d’explorer le reste de l’œuvre de Kamimura, qu’il soit seul ou accompagné d’un scénariste.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :THE STAIRCASE

 

 

C'est de qui ? J. Pook

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendue chez B.O BD? Oui

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? Après avoir découvert Jocelyn Pook via sa B.O pour le Eyes Wide Shut de Kubrick, je me suis intéressé à la carrière de cette violoniste et compositrice qui, entre collaborations marquantes dans le monde de la pop (Massive Attack, Peter Gabriel…) et scores pour des réals prestigieux (Anderson, Scorcese, Kubrick) mais aussi une poignée de français.

 

 

C’est le cas de The Staircase, docu sur le procès de l’écrivain Michael Peterson, accusé du meurtre de son épouse.

 

Si, une fois n’est pas coutume (encore que !) le sujet du film pour lequel la B.O a été écrite est fort éloigné de celui de la BD, la mélancolie que Pook tire de ses cordes, avec ses thèmes lancinants joués en cœur par les violons et les violoncelles est très en phase avec la tristesse générale du Fleuve Shinano.

 

Alors que, souvent,  les cordes, quasi seul corps d’instrument employé ici, se répondent dans les aigus pour les violons et les graves pour les violoncelles (on penses sur certains morceaux aux phrasés du célèbre Masked Ball du précité Eyes Wide Shut), sur quelques pistes, un piano solo s’invite, amenant avec lui un peu de quiétude d’une tristesse parfois poignante.

 

Un magnifique contre point à la beauté du manga de Kamimura.

 

 

 

 

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16 février 2022 3 16 /02 /février /2022 10:15

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ? AMOUR CRU

 

 

C'est de qui ? El Diablo & Gyl-N au scénar et G. Mardon au dessin.

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Glénat

 

 

Déjà croisés sur le site? Mardon oui.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Charlie et Mélina, deux trentenaires célib’ sont des copines d’enfance aussi différentes que possible. Là où la première est réservée voire coincée, l’autre a littéralement le feu au cul et est avide d’expériences -sexuelles of course- d’un soir.

 

Aussi quand Charlie ne donne plus de nouvelles pendant de longues périodes à son amie, cette dernière découvre qu’elle a rencontré le grand amour en la personne d’Alan, un galeriste un peu snob.

 

 

Les deux amants vivent une love story parfaite en apparence mais une nuit, invitée chez eux, Mélina découvre qu’ils se livrent à des jeux érotiques empreints de cannibalisme.

 

Leur perversion va les mener jusqu’au point de non-retour.

 

 

Décidément ce premier cycle érotique m’aura donné l’occase de vous parler -un peu !- de moi puisque la parution de ce nouvel album de la collection Porn n pop dirigée par Céline Tran (qui jusqu’à présent ne décoit pas, loin s’en faut) m’a beaucoup fait penser à deux films que j’ai vus à l’époque de mes études de cinéma, à savoir l’Empire des Sens et, surtout, Trouble Every Day.

 

Dans ces deux longs métrages aussi il est question de mise en danger par la passion dévorante, de pratiques extrêmes, d’anthropophagie sexuelle (dans le second, que je ne saurais que vous conseiller : Dalle y est très bien, Gallo tout en retenue et la bande son signée Tindersticks est aussi réussie que déroutante).

 

Amour Cru est une réussite aussi bien dans son scénar qui sait éviter les écueils, qui allie les atouts d’une BD de cul excitante tout en traitant un sujet délicat, oscillant entre l’humour noir, le X et le drame, que dans son dessin où l’on retrouve le toujours très original Grégory Mardon dans un style graphique plus lâché qu’à l’accoutumée, flirtant avec la caricature voire presque psyché sur certaines scènes.

 

On a donc gardé le meilleur pour la fin, sans aucun doute !

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :SO FINE

 

 

C'est de qui ? E. Morricone

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

 

Ca donne Quoi ? Alors qu’il sort de la décennie qui l’aura vu écrire ses partitions probablement les plus éclectiques et expérimentales, par paquet de dix (si, si !), Ennio Morricone entame les années 80 avec autant d’entrain mais de façon plus conventionnelle.

Ainsi, entre les partitions travaillées de la Passante du Sans Soucis et du Professionnel (dont le thème passera à la postérité via une pub pour …croquettes pour chiens) le maestro se frotte à une paire de comédies dont ce ratage américain à l’affiche putassière s’il en est.

 

Mais Morricone n’est pas homme à bâcler son ouvrage et il flirte ici largement avec le pastiche, que ce soit de la musique classique ou pop, le tout dans une bonne humeur aussi communicative que variée.

 

Si une paire de pistes ont assez mal vieillies, le reste de cette B.O légère amène le même décalage bienvenu à Amour Cru que le trait débridé de Mardon.

 

 

 

 

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14 février 2022 1 14 /02 /février /2022 19:45

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ? ELISABETH BATHORY

 

 

C'est de qui ? R. Caceres

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Tabou BD

 

 

Déjà croisé sur le site? Non

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Alors annonçons le d’emblée, ceux qui s’attendent à une évocation de l’histoire de la comtesse Bathory en seront pour leurs frais (mais ils pourront toujours se consoler en se penchant sur les BD déjà parues sur le personnage et plutôt réussies par ailleurs).

En effet, dans cet album « de jeunesse », sous le crayon enthousiaste (sic !) de l’artiste espagnol Raulo Caceres  la comtesse devaient une monstresse démoniaque qui va de rencontre en rencontre débridées d’un éventail exhaustif des vampires et autres créatures assimilées dans les divers contes et légendes du monde entier.

 

Ceci étant dit autant être clair sur toute la ligne, l’évocation en question donne lieu à une pornographie aussi extrême que sans concessions, avec force scènes orgiaques gores dans un style réaliste détaillé et chargé que l’option du noir et blanc sauve de l’overdose (quoique !).

 

Si Caceres a des influences multiples et variées, je ne saurais conseiller cet album regroupant les 21 épisodes de sa saga qu’à un public plus qu’averti et amateur de sexe jusqu’au-boutiste, de pratiques plus qu’hardcore où il est évidemment question de nécrophilie, de mutilations, de sadisme, de violence, j’en passe et des meilleurs.

 

Probablement l’un des albums les plus X que l’on ait chroniqué chez nous et je vous avoue que ce n’est pas celui que j’ai préféré, loin s’en faut, mais il en faut pour tous les goûts n'est ce pas?

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :VAN HELSING

 

 

C'est de qui ? A. Silvestri

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui.

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? A l’inverse des ratages sous testostérones (ou acide, ou les deux) que sont les quelques films à gros budget qui ont tenté de surfer sur la vague de l’horreur gothique du débutd es années 2000, les B.O des dits-films se sont souvent révélées bien plus réussies.

 

Prenons Van Helsing par exemple, dont le titre, référence à l’ennemi de Dracula, devient ici un prétexte à voir un Hugh « Wolverine » Jackman tout en cheveux, dézinguer quelques monstres de cinéma aussi iconiques que mal représentés.

Sa musique est signée par un Alan Silvestri en grande forme qui, dans la mouvance des partitions héroïques de son répertoire (Prédator en tête), livre un opus condensé mais intense, torturé au possible que ce soit dans la violence de ses rythmiques, le grandiloquent de ses chœurs ou le pompeux de ses cuivres.

 

Une bataille musicale éreintante sans être lassante que les faiseurs de la décennie en cours et des suivantes (comprendre : Zimmer et sa clique) ne sauront jamais égaler, et qui souligne le jusqu’au boutisme de Elisabeth Bathory version porno trash.

 

 

 

 

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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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