6 janvier 2016
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17:14
LA BD:
C'est quoi : LA CAROTTE AUX ETOILES
C'est de qui Thierry Murat, Régis Lejonc et Riff Reb’s
La Couv':

Déjà lu chez nous? Oui pour le dessinateur.
Une planche:

Ça donne Quoi ? Via une allégorie animalière qui n’est pas sans faire penser aux fables de La Fontaine (si le monsieur avait vécu au XX° siècle s’entend) Murat, adapté ici par Lejonc, raconte la perte des rêves et des illusions en nous contant l’histoire d’un lapin scientifique qui, après avoir réussi à atteindre son but, créer une carotte volante/feu d’artifice va se retrouver confronté au progrès, vendre son invention à un requin (au sens propre !) de la finance puis participer pour le compte du roi soleil à la création d’une carotte de destruction massive qui anéantira la lune elle-même. S’éloignant un temps des récits maritimes expressifs, Riff Reb’s prouve, si besoin était, qu’il est à l’aise quelque soit le contexte et réalise un sans faute animalier superbe. Un récit universel qui parlera aussi bien aux petits qu’aux grands.
LA MUSIQUE
C'est Quoi ? VINCENT
C'est de Qui ? Ken Hilton
La couv'

Déjà croisé chez B.O BD? Non
On peut écouter?
Ca donne Quoi ? Alors encore sous contrat chez Disney, Burton se voit alloué un budget et une équipe réduite afin de réaliser un court métrage inspiré d’un poème qu’il a écrit et comptait transformer en histoire pour enfant avant de décider d’en faire un film d’animation. Le résultat, si fort peu prisé par le studio aux grandes oreilles qui le retirera rapidement du circuit, est un bijou dans son genre, hommage au cinéma expressionniste européen du début du siècle (précédent aujourd’hui n’est ce pas) à l’univers d’Edgar Allan Poe et, last but not least, au grand Vincent Price qui prêtera d’ailleurs sa voix à la narration. La musique en leitmotiv (au début et à la fin) est de Ken Hilton qui reprend un air célèbre intitulé The Streets of Cairo (écrit par un certain Sol Bloom) et souvent associé aux charmeurs de serpents (bien que, si vous voulez mon avis, aucun charmeur de reptiles n’a jamais du la jouer mais passons). Le reste du dessin animé est plein d’orgues menaçantes et gothiques à souhait singeant avec humour les B.O des vieux films d’horreur de la Hammer ou de chez Universal.
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Une chronique signée Fab
6 janvier 2016
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/janvier
/2016
08:24
LA BD:
C'est quoi : HASIB ET LA REINE DES SERPENTS 1
C'est de qui : David B.
La Couv':

Déjà croisés sur B.O BD? Oui
C’est édité chez qui ? Gallimard, un lien vers le site :
http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD-JEUNESSE/Fetiche/Hasib-et-la-Reine-des-serpents
Une planche:

Ca donne Quoi ? Shéhérazade raconte au sultan l’histoire d’un bucheron, Hasib, qui, perdu dans une foret va faire la connaissance de la Reine des Serpents qui, à son tour, lui fait le récit de ses origines divines hautes en couleurs. David B. sur les Mille et une Nuits c’est une évidence, sa riche bibliographie est en effet parsemée de contes et légendes, dont certains pas mal influencés par le chef d’œuvre de la littérature orientale. Son graphisme superbe toujours dans ce style si personnel et pourtant très parlant s’adapte parfaitement aux récits imbriqués de ce conte, jouant sur les formes, les bulles et les cases, éclatant par la même, pour le plus grand plaisir du lecteur, la narration traditionnelle et créant au passage un hypnotique bestiaire. En espérant que l’auteur, une fois la fin de ce récit parue, se penche sur les autres trésors que recèlent les Mille et une Nuits.
LA MUSIQUE
C'est Quoi ? THE THIEF OF BAGDAD
C'est de Qui ? M. Rozsa
La couv'

Déjà croisé ici? Plus souvent qu’à son tour !
On peut écouter?
Ca donne Quoi ? Condensé de plusieurs contes des… Mille et une Nuits ( !) ce long métrage britannique tourné dans l’esprit hollywoodien (et clairement à cette fin) par plusieurs réalisateurs fleure bon l’aventure exotique avec un grand A. C’est Miklos Rozsa alors quasi débutant dans la musique de film, qui est choisi pour écrire la B.O quand Korda, son « patron » de l’époque, entend certains de ses morceaux préliminaires. Si ses compositions sont évidement à forte consonances orientales, les codes du cinéma de genre et de la musique classique (sa formation initiale) sont également employés avec un égal bonheur. Dans cette musique, élément clé du film et de sa réussite, on peut déjà entendre en substance tout ce qui fera le succès et la magnificence de son auteur. Alors il est vrai que l’ensemble est parfois un peu trop grandiloquent pour la version de David B. mais on ne boudera pas notre plaisir pour autant.
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Une chronique par Fab
5 janvier 2016
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13:17
LA BD:
C'est quoi : DEMOCRATIE
C'est de qui ? Alecos Papadatos, Annie Di Donna & Abraham Kawa
La Couv':

Déjà croisé sur B.O BD? Non
Une planche:

Ca donne Quoi ? Si ce one shot volumineux (200 pages) est « vendu » comme successeur de Logicomix, ce n’est pas ce qui m’a poussé vers lui, ayant été quelque peu hermétique à l’ouvrage sus-cité. Ici les auteurs se sont attelés à rien de moins que l’évocation de la naissance de la démocratie en Grèce au V° siècle. A la veille de la bataille de Marathon, un jeune homme, Léandre, raconte les divers complots et autres coups d’états qui ont mené son pays d’une suite de tyrannies à l’inespérée démocratie, payée au prix fort. Si l’intention est des plus louables et certaines parties du scénario édifiantes à la lueur des événements géopolitiques des dernières décennies de notre monde actuel, l’ensemble du livre se révèle parfois indigeste, faute à l’accumulation des protagonistes et de leurs intérêts divers, ou encore à l’imbrication de récits au sein même de flashbacks. Le dessin est plus soigné sur les reconstitutions historiques que sur les personnages mais l’ensemble reste agréable.
LA MUSIQUE
C'est Quoi ? LA BATAILLE DES THERMOPYLES
C'est de Qui ? Manos Hatzidakis
La couv'

Déjà croisé chez nous? Non
On peut écouter?
Ca donne Quoi ? S’il a peu œuvré pour Hollywood (et pour le cinéma en général), Hatzidakis a néanmoins eu l’occasion d’écrire pour des pointures puisque l’on croise sur son Cv des noms comme Elia Kazan, Jules Dassin ou encore celui qui nous intéresse aujourd’hui, Rudolph Maté. Célèbre pour une poignée de films de genre mais également pour avoir été le chef opérateur de réals fameux, Maté livre ici une version épique d’une page d’Histoire qui ne l’est pas moins puisqu’il s’agit de l’affrontement entre les spartiates de Léonidas face à l’envahisseur Perse. Autrement plus réaliste et intelligent (en même temps ce n’est pas bien difficile) que son remake par Snyder, la Bataille des Thermopyles brille notamment par sa musique. Outre ses qualités de compositeur classique et son sens de la mélodie (il a écrit pas mal de « tubes » dans différents genres), Hatzidakis est également un théoricien émérite de la musique traditionnelle grecque, sa partition pour le péplum s’en ressent, mélange grandiose de folklore et d’épique. Une B.O originale qui a fait beaucoup de bien à Démocratie et ses longueurs.
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Une chronique par Fab
4 janvier 2016
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08:10
LA BD:
C'est quoi : ALEXANDRE JACOB. JOURNAL D'UN ANARCHISTE CAMBRIOLEUR.
C'est de qui ? Vincent et Gaël Henry
La Couv':

Déjà croisés sur B.O BD? Non
C’est édité chez qui ? Sarbacane, un lien vers le site :
http://editions-sarbacane.com/alexandre-jacob-journal-dun-anarchiste-cambrioleur-2/
Une planche:

Ca donne Quoi ? Si j’avais de vraies inclinaisons politiques, les lecteurs de B.O BD l’ont compris avec le temps, elles seraient probablement très à gauche, sous les drapeaux rouges (des Léninistes) voir sous les drapeaux noirs (ceux des anarchistes). Ceci étant dit, vous vous doutez que c’est avec un certain intérêt que j’ai lu cette évocation de la vie d’Alexandre Jacob, personnage peu connu du grand public et pourtant haut en couleur. Libre penseur, rebelle à quasi toute forme d’autorité et adepte de la cambriole de haut vol dans l’esprit d’un Robin des Bois du début du XX° siècle. Les deux Henry livrent une belle copie, qui évoque avec humour et émotion le parcours rocambolesque de notre héros, de ses débuts dans les petites combines jusqu’aux « Travailleurs de la Nuit », sa petite entreprise de cambrioleurs forcenés. Les passages du procès sont aussi truculents que le personnage qui n’échappera pas au bagne dont il reviendra cependant après plus de 20 ans. Au rayon des petits bémols j’aurais aimé que le scénario insiste un peu plus sur la redistribution des butins des rapines de Jacob et ses acolytes (qui du coup passent parfois plus pour des as de la cambriole que comme des amis des « petits et des faibles ») et je trouve que le style de Gaël Henry est parfois très (trop) influencé par celui de Manu Larcenet (voir de Blain) et gagnerait à s’en émanciper (surtout qu’on sent un vrai potentiel derrière). Rien de terrible cela étant, l’album reste des plus réussi et est en plus enrichi d’un supplément riche en documents d’époques sur Jacob et les siens.
LA MUSIQUE
C'est Quoi ? ARSENE LUPIN
C'est de Qui ? Jean Pierre Bourtayre
La couv'

Déjà entendu sur le site? Non
On peut écouter? En regardant le premier épisode de la mythique série:
Ca donne Quoi ? Tout en écrivant pour les plus grands de la chanson française, d’Aznavour à Auffray, en passant par Eddy Mitchell, Jean Pierre Bourtayre compose également pour le petit écran de mémorables génériques (les plus jeunes de nos lecteurs demanderont à leurs parents de leur parler du Champs Elysées de Drucker par exemple). Il est l’auteur de la musique de ce que beaucoup considèrent comme la meilleure adaptation à l’écran des aventures du héros de Maurice Leblanc, avec l’inoubliable Georges Descrieres en Arsène Lupin. Outre la concordance des époques et donc du « style musical » entre les deux œuvres, il faut savoir qu’Alexandre Jacob est très probablement l’une des inspirations de Leblanc pour son gentleman cambrioleur. Les auteurs y font d’ailleurs un sympathique clin d’œil dans le bouquin.
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Une chronique par Fab
2 janvier 2016
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14:36
LA BD:
C'est quoi : WATERTOWN
C'est de qui ? Götting
La Couv':

Déjà lus chez nous? Oui
C’est édité chez qui ? Casterman, un lien vers le site :
http://www.casterman.com/Bande-dessinee/Catalogue/albums/watertown
Une planche:

Ca donne Quoi ? Les anciens du coin se souviennent peut être d’un tout petit bouquin, sobrement intitulé Noir, qui, en bichromie de noir et de bleu, rendait hommage au genre du même nom. L’auteur de cette petite perle récidive aujourd’hui dans la même veine (l’hommage) avec quelque chose de cependant bien plus ambitieux puisqu’il nous livre un one-shot de près de 100 pages tout au pinceau (dont il a cependant cette fois réalisé les couleurs à l’ordinateur). Watertown, une bourgade des Etats-Unis, les années 60, Philip Whiting, modeste courtier en assurance à la vie monotone, va s’improviser détective privé et enquêter sur la mystérieuse disparition d’une jeune femme, qu’il croit liée à la mort du patron de celle-ci. Ses recherches vont peu à peu prendre le pas sur son quotidien jusqu’à dépasser certaines de ses limites. S’il en respecte les principaux éléments (Voix-off omniprésente, éléments qui s’enchainent, descente aux « enfers » du héros, étude psychologique, flics retors,…), en choisissant un antihéros comme personnage principal de Watertown, Götting prend avec réussite certains codes du Roman Noir à contre pied jusqu’à une fin surprenante mais judicieuse. Un album qui allie fond et forme avec originalité et se lit d’une traite pour bien commencer l'année sous le signe du polar.
LA MUSIQUE
C'est Quoi ? BRINGING OUT THE DEAD
C'est de Qui ? E. Bernstein
La couv'

Déjà entendu sur le site? Oui
On peut écouter? Un tout petit extrait à 0.25
Ca donne Quoi ? Si Scorcese, en amoureux de la musique pop/rock au sens large (il a entre autre réalisé pas mal de fabuleux docus sur des artistes ou des genres) est connu pour parsemer ses long métrages de morceaux emblématiques de cette culture, il ne faut pas pour autant oublier que certains des plus grands compositeurs du cinéma ont écrit pour lui. Bernstein a mis en musique quatre de ses films, dont le superbe Age Of Innocence et donc ce Bringing out the dead. Si le travail du compositeur est pas mal éclipsé par les chansons entendues dans le film (au point qu’aucune galette officielle n’a jamais vu le jour), sa présence est un élément clé du film, de par sa nature crépusculaire et sombre, presque éthérée, tant qu’à l’écoute en tant que telle, on croirait presque entendre de la musique de film noire, un rien « underscoring », dans l’esprit de ce que Carter Burwell a pu faire pour le meilleurs Cohen (toutes proportions gardées of course). C’est cette atmosphère mélangée et très maitrisée qui m’a donné envie d’associer les deux media et j’ai été clairement inspiré sur ce coup là tant ils se marient bien. Pour l’anecdote, la collaboration suivante des deux monstres sacrés du cinéma Hollywoodien sera la dernière puisque, pour Gangs of New York, Scorcese, suite à un remontage du film et à la pression de la prod’, n’utilisera pas le travail de Bernstein qui le vivra plutôt mal. C’est Howard Shore qui lui succédera aux cotés du réal aux sourcils fournis.
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Une chronique signée Fab