23 décembre 2015
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12:38
LA BD:
C'est quoi : LE COURANT D’ART
C'est de qui ? Bézian
La Couv':

Déja lu chez nous? Oui.
C’est édité chez qui ? Soleil, un lien vers le site :
http://www.soleilprod.com/serie/courant-d-art.html
Une planche:

Ca donne Quoi ? Si dans votre entourage vous avez des amateurs de peinture ou de bande dessinée originale et innovante, vous venez de trouver le cadeau de dernière minute à mettre au pied du sapin. Après un Docteur Radar aussi sombre qu’épatant, Bézian nous revient avec un double hommage à deux artistes (pas forcement des plus connus) via un album surprenant. Oliver Byrne, auteur des Eléments d’Euclyde, ouvrage sur la géométrie illustrée par des formes plutôt que des nombres (qui est à l‘origine de notre « BD ») et Mondrian, le fondateur du Néo-plasticisme dont les œuvres faîtes de formes géométriques colorées sont mondialement connues. Par le biais de « tableaux » chronologiques, instants clés de la carrière et de la vie de chacun, Bézian livre un travail virtuose sous la forme d’un livre à l’italienne en accordéon recto verso tout simplement bluffant.
LA MUSIQUE
C'est Quoi ? SUITE JAZZ N°1
C'est de Qui ? Shostakovich
La couv'

Déjà entendu sur B.O BD? Oui
On peut écouter?
Ca donne Quoi ? Attention, si vous n’avez lu que « Jazz » ci dessus et vous êtes arrété là, regardez juste en dessous et notez le nom du compositeur. A moins d’être tombé ici par hasard, il y a de fortes chances que vous saviez qui est Dimitri Shostakovich, l’un des plus grands compositeurs russes de sa génération, auteur d’œuvres essentielles et, entre autre, victime du régime stalinien. Ici l’appellation jazz fait surtout référence que la partition est écrite et jouée par/pour un orchestre composé d’instruments habituellement rencontrés dans le genre de prédilection de gens comme Coltrane ou Monk. Cela étant les deux suites Jazz sont en fait des pièces composées pour la scène (il écrivait pas mal pour le théâtre et, comme vous le savez fidèles lecteurs de B.O BD, un peu pour le grand écran) destinées à être dansées. C’est donc du Shostakovich plus léger qu’à l’accoutumée, sans pour autant que cela soit péjoratif attention, au contraire disons même que c’est ce qu’il a fait de quasiment le plus accessible. Une musique évocative et joyeuse, une belle illustration musicale haut de gamme pour les expérimentation formelles de Bézian.
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Une chronique par Fab
21 décembre 2015
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11:09
LA BD:
C'est quoi : LE SENTIER DES REINES
C'est de qui ? Anthony Pastor
La Couv':

Déjà lu chez nous? Oui
C’est édité chez qui ? Casterman, un lien vers le site :
http://www.casterman.com/Bande-dessinee/Catalogue/albums/le-sentier-des-reines
Une planche:

Ca donne Quoi ? Nous sommes au lendemain de la Grande guerre, après avoir perdu leurs « hommes », deux femmes et un adolescent décident, au mépris de toutes les conventions de l’époque, de quitter leur hameau retiré dans les montagnes de Savoie pour essayer de vivre autre chose. Leur périple va être mis à mal par l’arrivée d’un ancien Poilu désireux de récupérer –par tous les moyens- une montre gousset que le mari d’une de nos héroïnes a ramené du front. Etonnant de retrouver Anthony Pastor aussi loin de ce qu’il a fait précédemment mais ravi de voir qu’il s’en sort encore mieux. Son scénario est un mélange futé de réalité historique et de fiction, il a eu l’intelligence d’enrichir cette histoire de destins de femmes traversant une France en pleine mutation, d’une intrigue réaliste pleine de suspense qui donne aux Sentiers des Reines un air de road-movie historico social passionnant. La partie graphique là aussi laisse parfois sans voix, Pastor, par un travail de recherche iconographique studieux, rend magnifiquement les paysages de l’Après-Guerre, que ce soient les solitudes enneigées des montagnes savoyardes où les quartiers des villes traversées par notre étrange équipage. Bref, une réussite en tout points.
LA MUSIQUE
C'est Quoi ? WOLF HALL
C'est de Qui ? Debbie Wiseman
La couv'

Déjà entendu sur le site? Oui
On peut écouter? En live même s'il vous plait!
Ca donne Quoi ? Il y a longtemps que, tel un Jean Claude Van Damme, nous n’avions pas tenté le grand écart facial. Une fois encore, et malgré l’audace de l’exercice, celui ci s’est avéré payant. Wolf Hall, mini série britannique au succès retentissant (et mérité), se penchant sur la destinée de Thomas Cromwell face à Henry VIII, possède en fait deux B.O, une composée de pièces de musique dite tudorienne et l’autre écrite dans un esprit bien plus contemporain par Debbie Wiseman. Cette dernière a préféré une partition pour ensemble léger (une douzaine) où les cordes traditionnelles sont renforcées par des instruments d’époque (tels le luth par exemple), qui lui a permis d’évoquer avec bien plus de subtilité mais tout autant de force que l’aurait fait un grand ensemble les émotions et les méandres du scénario. Les compositions de Wiseman sonnent ainsi intemporelles et leur mélancolie éthérée apporte un plus inattendu à l’épopée de nos héroïnes hors du commun.
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Une chronique signée Fab
19 décembre 2015
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16:11
Quand un auteur à part entière se met au western ça donne quoi? Réponse en musique:
LA BD :
C'est quoi : GUS. NATHALIE
C'est de qui ? Christophe Blain
La Couv':

Déja vu sur B.O BD? Oui.
Une planche:

Ca donne quoi ? L'idée avait de quoi séduire : le futur dessinateur et co-scénariste du génial Quai d'Orsay propose une série qui mêle western et atermoiements sentimentaux de cowboys trentenaires. Malheureusement dans les faits, le résultat n'est pas vraiment probant. L'aspect « western » est pourtant réussit et convoque habilement toute l'imagerie du genre (attaques de trains, parties de poker, saloons enfumés, aventurières en guêpières, gunfights, paysages désertiques…). Le dessin de Christophe Blain se prête très bien à l'exercice et évoque souvent, par son trait nerveux et dépouillé, celui des vieux strips publiés dans les journaux américains. Ce format en trois ou quatre cases, qui s'appuie sur des échanges de dialogues incisifs et des chutes percutantes, aurait peut-être mieux convenu à la BD. En étirant ses histoires sur huit à dix pages Blain peine à trouver, dans son écriture, le souffle nécessaire pour tenir le lecteur en haleine. Les répliques, qui devraient fuser comme des balles hors d'un colt 45, font souvent « long feu » et Gus, dans son ensemble, manque cruellement de rythme. Conséquence de tout cela, la BD ne parvient jamais à trouver un réel équilibre entre les deux concepts qui la sous-tendent, au point de se demander par moment où l'auteur veut nous emmener. Dommage. Il faudrait maintenant lire les deux tomes suivants pour voir si l'auteur rectifie le tir ou si c'est tout simplement moi qui ne prends pas à ce genre mayonnaise.
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LA MUSIQUE
C'est Quoi ? BLAZING SADDLES
C'est de Qui ? John Morris
La Couv'

Déjà entendu dans le coin ? Oui
On peut écouter ?
Ca donne quoi ? A BD de western décalée, BO de western décalée… Après Spaceballs, parodie de Star Wars (et de films de SF en général) dont il avait composé la musique, nous retrouvons John Morris, toujours au service de Mel Brooks et toujours pour les besoins d'une parodie. Sorti en 1974, Le Shérif est en prison (Blazzing Saddles en vo) fait partie de la série des « grands détournements » de genres cinématographiques orchestrés par le réalisateur de Frankenstein Jr. avant qu'il ne se fasse détrôner sur son propre terrain par les films des ZAZ (les « Y a-t-il… un pilote/un flic... », les deux Hot Shots, mais surtout Top Secret !, avec Val Kilmer, qui reste encore aujourd'hui un monument d'humour absurde). Le principe est toujours plus ou moins le même, conserver le cadre du genre parodié, ici le western, pour lui rendre hommage et greffer dessus des scènes comiques passablement décalées. Morris conserve cet esprit dans la composition de sa musique, puisqu'il reprend l'idée, très en vogue dans les westerns des années 50-60, de la chanson qui accompagne le générique de début ou de fin, en y injectant une succession de thèmes qui n'ont rien à voir avec l'ensemble (on entend même, à un moment, l'air des Looney Tunes !). Tout ça nous donne une BO bien barrée qui apportera, peut-être, à la lecture de Gus un peu de l'humour qui lui fait défaut.
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Une Chronique par Lio
19 décembre 2015
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09:19
Il y avait longtemps que nous n'étions pas allé faire un tour dans l'Ouest lointain, nous y retournons donc pour le week end le temps d'un cycle chronologique à l'envers avec des titres originaux et/ou marquants du genre qui finira en beauté!
LA BD:
C'est quoi : 1890
C'est de qui : Francesco Ripoli
La Couv':

Déjà croisé chez nous? Non
Une planche:

Ca donne Quoi ? Du Dernier des Géants à Mon nom est Personne en passant par Impitoyable ou True Grit (l'original avec le Duke ou son remake avec le Dude), les westerns qui retracent l'ultime aventure d'une figure de cowboy déclinante ne manquent pas. Plutôt que de s'appesantir sur une énième déconstruction de mythe, Francesco Ripoli préfère donc élargir son propos. Le titre de sa BD est à lui seul programmatique. C'est avant tout la fin d’un siècle que l’artiste va nous raconter, d’une ère de révolutions et de conquêtes - plus inspirante et flamboyante, au moins dans l'imaginaire collectif, que ne le sera le sombre et "moderne" XXème siècle - symbolisée ici par les deux figures historiques que sont Buffalo Bill et Domenico Tiburzi. Si le 1er n'a guère besoin de présentation, le 2nd en revanche, sorte de Robin des Bois toscan, quasiment inconnu dans nos contrées, méritait bien le petit dossier qui lui est consacré en annexe du volume. Se déroulant essentiellement en Italie (l'autre pays du western), 1890 nous décrit en parallèle les dernières années d'un Buffalo Bill, icône de l'Ouest sans fards, bien usée par l'alcool, en tournée avec son spectacle et d'un Tiburzi, bandit de grand chemin libertaire traqué par les carabinieri qui veulent lui faire la peau. Magie de la fiction, les deux hommes se verront réunis le temps d'un cliché pris à l'improviste, aussitôt dérobé par Tiburzi et que le photographe passera une bonne partie de sa vie à rechercher. Comme ce dernier, Ripoli nous livre un portrait croisé de légendes original et touchant, magnifié par un noir et blanc et des jeux de textures qui confèrent à sa BD la patine d’un document d’époque.
LA MUSIQUE
C'est Quoi ? TRUE GRIT
C'est de Qui ? Carter Burwell
La couv'

Déjà entendu par ici? Oui
On peut écouter?
Ca donne Quoi ? Succès critique et public, cette nouvelle adaptation du roman de Charles Portis, dont Henry Hathaway avait déjà tiré un film en 1969, marque la 15ème collaboration entre les frères Coen et Carter Burwell, lequel se voit confier la mission délicate de succéder, derrière le pupitre, au grand Elmer Bernstein. Critiquée par certains pour son omniprésence parfois pesante et son caractère trop descriptif, la musique de Burwell apparaît pourtant comme la digne héritière des compositions héroïques de l’Âge d’or du western, auxquelles elle rend un vibrant hommage. Ample, majestueuse, se déployant avec la fougue d’un cheval au galop, la BO de ce True Grit, cuvée 2010, sait également se réserver des plages plus retenues et apaisées à travers lesquelles vibrent les sonorités nostalgiques d’un vieux piano de bastringue. Créée pour accompagner l’ultime aventure de Rooster Cogburn, marshall coriace et indécrottable pochetron, cette bande son ne pouvait que seoir à celle de Buffalo Bill et Domenico Tiburzi.
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Une chronique signée Lio
18 décembre 2015
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17:57
LA BD:
C'est quoi : DIETER LUMPEN
C'est de qui ? Pellejero & Zentner
La Couv':

Déjà lus chez nous? Oui
C’est édité chez qui ? Mosquito, un lien vers le site :
http://www.editionsmosquito.com/ouvrage.php?id=216
Une planche:

Ca donne Quoi ? Dieter Lumpen est un jeune homme de fortune, amateur de jeu, de femmes, d’argent et d’aventure. Dans cette fort belle intégrale parue chez Mosquito on retrouve l’ensemble des albums parus entre 86 et 94, aux longueurs et intérêts divers. On y voit notre héros faire le chauffeur pour une vieille dame bien particulière, récupérer un poignard des plus convoités, livrer des armes à des rebelles, subir des peins de cœur, s’essayer au cinéma ou encore rencontrer un fantôme amoureux. On a beaucoup rapproché Dieter Lumpen, beau brun ténébreux, aventurier bourlingueur, du Corto Maltese de Pratt, cousinage revendiqué d’ailleurs par Pellejero lui-même (dans le dernier Kaboom entre autres) mais je trouve cependant que c’est un brin réducteur. Alors certes nos deux beaux bruns bourlinguent aux quatre coins de la planète mais là où Pratt joue la carte de l’aventure avec un grand A et fait dans la poésie, d’ambiance comme graphique, Zentner, le scénariste argentin de Dieter Lumpen, n’hésite pas à faire des incursions bienvenues dans le fantastique, le polar ou la romance, mélangeant même parfois allégrement le tout. Le trait de Pellejero est aussi plus classique que celui de l’Italien, moins expressif parfois mais, dans un autre genre, très réussi néanmoins (ce n’est pas pour rien si il a été choisi pour reprendre les aventures du marin à la boucle d’oreille). Une série aux qualités manifestes qui n’a quasiment pas pris une ride (et autrement plus agréable que le dernier Corto sus-cité).
LA MUSIQUE
C'est Quoi ? CASABLANCA
C'est de Qui ? Max Steiner
La couv'

Déjà entendu dans le coin? Oui
On peut écouter?
Ca donne Quoi ? La musique de film à l’époque hollywoodienne de Steiner n'était pas des plus riche niveau psychologie et introspection , on cherchait avant tout l’illustration appuyée et grandiose (voire pompeuse!) avec des thèmes souvent directement inspirés des grands compositeurs classiques. Casablanca, grand succès du 7°Art s’il en est, voit Steiner mélanger ses influences européennes au style en vogue à Broadway, où il a débuté. Le résultat est étonnant, les séances romantiques et nostalgiques le disputant au suspense et à l’exotisme léger, le tout enrichi de pas mal de morceaux de musique diégetique, pour les scènes dans le night club. Cela étant, il faut savoir que Steiner n’était pas très emballé par le projet (et c’est un euphémisme) et n’hésita pas à réemployer pas mal de passages de précédents travaux, The Lost Patrol en tête. C’est un peu suranné et grandiloquent pour les aventures de Dieter Lumpen mais pas désagréable, loin de la.
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Une chronique signée Fab