27 janvier 2016 3 27 /01 /janvier /2016 15:38

 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

C'est quoi : LA TRISTESSE DE L’ELEPHANT

 

 

C'est de qui ? N. Jacqmin & N. Antona

 

 

La Couv':

 

 

Déjà croisés sur B.O BD? Non

 

 

C’est édité chez qui ? Les Enfants Rouges

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Des Enfants Rouges je ne connaissais que les (très recommandables ) polars de Vincent Gravé et les récits orientaux de Nicloux. La surprise de ce récit doux amer n'en n'a été que plus grande tant on est ici dans un registre différent, bien que tout aussi réussi. Louis est un garçon pas vraiment gâté par l'existence: orphelin, myope comme une taupe et grassouillet, il est le souffre douleur de l'internat et n'a que peu de raisons de se réjouir dans la vie. Jusqu'au jour où un cirque s'arrête en ville et qu'il fait la connaissance de la ravissante petite Clara et de Pégase son éléphant. De là, les deux auteurs de la Tristesse de l'Eléphant nous refont Love Story mais sans jamais tomber dans la mièvrerie, avec une justesse de ton et une tendresse rendues encore plus fortes par le style graphique doux et précis de Nina Jacqmin. Gardez donc votre mouchoir pas loin, l'émotion est palpable jusqu'à la dernière page de ce joli bouquin.

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? HYSTERIA

 

 

C'est de Qui? G. Waltzing & C. Henson

 

 

La couv' 

 

 

Déjà entendu sur le site? Probable.

 

 

On peut écouter?

 

 

 

 

 

Ca donne Quoi ? Si, une fois encore, les sujets et background des deux medias pourraient difficilement être plus éloignés, la B.O d’Hysteria se révèle pourtant de très bonne compagnie avec la Tristesse de L’éléphant. Fortement influencée par l’époque à laquelle se déroule le film, l’ère victorienne, elle est dansante, légère et nuancée, Waltzing, livre en effet une musique à mi-chemin entre le score à proprement parler et une partition directement inspirée de la musique classique (sa formation initiale), que les morceaux supplémentaire de Christian Henson viennent compléter à merveille. Cela étant, je ne saurais que trop vous conseiller –une fois n’est pas coutume-  d’utiliser la B.O pour votre lecture avant de voir le film, sous peine d’associer ensuite les images du film avec les variations du thème, ce qui ne collerait plus du tout !

 

 

 

----------------------

 

 

Une Interview croisée "Musique et BD" des deux auteurs:

 

 

Commençons par un classique :

 

 

Vos Cinq Cd de chevet ?

 

 

 

Nina?

 

  1. Transformers (de Lou reed),
  2. Psycho Tropical Berlin (de La Femme),
  3. Tohu Bohu (de Rone),
  4. Moon Safari (de Air),
  5. et j'aime toutes les musiques de The Do

 

Nicolas?

 

  1. Queen !!!!! Qu’importe l’album !!!!
  2. Bruce Springsteen, idem peu importe l’album, The Boss !
  3. Gloria Estefan “cut both ways” et plus largement tout ce qu’elle a fait, je suis un grand fan de la cubaine…
  4. Mylène Farmer période « désenchantée ».
  5. Seiji Yokoyma et toute sa BO des séries Saint Seiya.

 

 

 

 

 

Et vos Albums de Bd ?

 

 

Nina:

 

Blast (Manu Larcenet),

Peter Pan (Loisel),

Aldébaran (Leo),

Silence (Comès),

Quartier Lointain (Taniguchi)

 

 

 

 

 

Nicolas:

Sans ordre de préférence :

 

  1. Le summum de la narration et du dessin « les 7 vies de l’épervier » de Cothias et Juillard.
  2. L’œuvre d’Alan Moore… Que rajouter ? Alan Moore quoi !
  3. « Le 3ème testament » Dorison/Alice une claque à sa sortie !
  4. « la confrérie du Crabe » Andreae. Lu à une période difficile. Plus jamais relu mais gravé à jamais dans ma mémoire!
  5. « Tintin » Hergé, divers niveaux de lecture, graphiquement propre etc…
  6. « Corto Matese » Hugo Pratt. Pratt tout simplement, Corto évidemment !

 

 

 

 

 

Les influences et les goûts :

 

Une musique de film qui vous  marqué, que vous affectionnez particulièrement (indépendamment du film) ?

 

 

Nina:

 

En général, toutes les musique de Danny Elfman me marquent! Celle d'Edward au mains d'argent par exemple.

 

 

 

 

 

Nicolas:

 

Deux BO que j’écoute en boucle :

 

  1. « le dernier des mohicans » de Trevor Jones et Randy Edelman. Le film (en VO please !!!) et sa BO, extraordinaires !
  2. Saint Seiya, musique épique ! des heures d’écoute, au quotidien encore aujourd’hui pour certains morceaux.

 

 

 

 

Qui sont tes maîtres à penser en BD, ceux qui t’ont donné envie d’en faire, quelles sont tes influences ?

 

Nina:

 

J'adore ce que fait Manu Larcenet, il fait le scénario et les dessins et ils sont parfait tout les deux.
Sinon je suis surtout influencée par l'animation à la base, surtout celle de Hayao Miyazaki!

 

 

 

 

Nicolas: 

 

 

J’ai été élevé avec Tintin, Astérix, Lucky Luke. Le grand classique de beaucoup d’enfants de ma génération (1974).

Mais mes vraies premières émotions BD furent les lectures de « Storm » de Don Lawrence. De l’aventure et de l’évasion et puis il y a Redhair la rousse bien nommée qui accompagne Storm !

Je suis un jour tombé sur un album intitulé « la magicienne trahie » et je n’ai plus quitté Thorgal et Aaricia.

 

 

 

 

Puis lors d’une dédicace près de chez moi j’ai rencontré le dessinateur Brice Goepfert et j’ai lu son « Fou du Roy » avec Patrick Cothias au scénario. C’était ma première rencontre avec la saga des « 7 vies de l’épervier ». De manière très subjective le cycle principal est un chef-d’œuvre absolu ! Je le lis et relis avec toujours autant de plaisir en y trouvant toujours quelque chose de nouveau.

J’ai eu une très grosse période comics, j’avais une collection complète de Strange, Spidey etc… Des auteurs comme Buscema, Lee, Claremont, Ditko m’ont diverti pendant des années.

 

Actuellement je suis les sorties d’auteurs comme Christophe Bec, Xavier Dorison, Alex Alice, Frank Pé, Fred Duval… Mais il y a tant d’auteurs talentueux !

 

Puis il y a Hugo Pratt et Alan Moore, eux sont des génies, ils sont sur une autre planète, intouchables…

 

Tous m’ont influencé d’une manière ou d’une autre par leurs albums.

 

Hors BD Jules Vernes et René Barjavel sont les deux grands auteurs que je relis régulièrement.

 

 

 

 

Ton travail :

 

 

Ecoutes tu de la musique quand tu écris/dessines, et plutôt quoi ?

 

 

Nina:

 

Oui toujours!! En particulier des musiques de Disney... ou même parfois j'écoute le film en bossant.

 

 

Nicolas:

Je travaille en musique, pas en chanson, car elle me permet de trouver l’inspiration plus rapidement. Certaines musiques sont très liées dans mon esprit à « la tristesse de l’éléphant », c’est pourquoi je suis très curieux de voir tes choix quant à l’album ;)

Chaque son me relie à une émotion, un vécu et me connecte à une idée. Après il y a certains moments où il ne faut même pas me parler ! (ma femme et mes enfants adorent…)

Par contre je ne lis pas en musique.

 

 

 

Ce sur quoi tu travaille actuellement, tes prochains projets (si tu as la liberté de les évoquer bien sur) ?

 

 

Nina:

 

Pour l'instant j'ai des projets mais je ne travail pas encore dessus, puisque je fais les dessins, je dois attendre que le scénariste me donne de quoi bosser!

 

Nicolas:

 

Actuellement je peaufine une série en 3 tomes pour un éditeur mais chutttt … il s’agira d’un thriller ésotérique à mille lieues de « la tristesse de l’éléphant » !

 

 

 

 

Et si…

 

…en lieu et place de la Bande Dessinée tu avais fait de la musique, tu aurais été qui, tu aurais joué quoi ?

 

Nina:

 

J'aurais aimé faire de la musique à caractère un peu punk français, avec des paroles déjantées et des petits sons électroniques qui restent en tête, un peu comme La Femme!

 

 

 

Nicolas:

 

Sans hésiter Freddie Mercury ! Le chanteur et le groupe me subjuguent, ils sont passés par plusieurs styles et ont tout réussi ! La personnalité charismatique de Mercury me fascine aussi, un mythe, un vrai. Il me serait facile de dire que j’aurais adoré savoir jouer de la guitare, mais j’ai une tendresse particulière pour le saxophone. J’adore la mélodie que l’on peut en sortir. Un jour peut-être…

 

 

 

Encore un grand merci pour vos réponses, et au plaisir de vous retrouver dans les pages de Bandes Originales Pour Bandes Dessinées !

 

 

 

Nina:

 

Avec grand plaisir!! Merci à toi de t'intéresser à notre BD!

 

 

Nicolas:

 

Merci à toi et longue vie à « Bandes Originales Pour Bandes Dessinées » !

 

 

---------------------

 

 

Une Chronique et une interview réalisées par Fab

Repost0
26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 07:49

 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

C'est quoi : SILAS COREY. LE TESTAMENT ZARKOFF 2.

 

 

C'est de qui ? Nury et Alary

 

 

La Couv':

 

 

Déjà lu chez nous? Oui, sur plein de choses, le tome précédent entre autre.

 

 

C’est édité chez qui ? Glénat.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Silas tente d’exfiltrer Nina Zichler d’une ville alemande déchirée par la défaite et les diverses factions qui tentent d’en tirer parti. Une chose est sure, personne ne veut qu’ils s’en sortent vivants, mais c’est placer peu de foi en un homme comme Silas Corey, sorte de mélange entre un Sherlock Holmes et un James Bond d’un autre temps. Sens du découpage, parti pris narratifs, choix graphiques payants, Alary joue sur du velours avec le scénario de son compère, qui lui permet de donner le meilleur de lui-même. Ce dernier écrit un polar politique uchronique parfait, digne des meilleurs récits du genre, sans une réplique de trop (ce qui est rare chez lui soyons honnête)  et aux protagonistes que les zones d’ombres rendent encore plus passionnants. A chaque nouveau tome, la série Silas Corey gagne en qualité et se place comme l’une des meilleures réalisations de son scénariste, ce qui n’est pas peu dire quand on regarde le CV du monsieur. Je sais que je me suis emballé -à raison- pour pas mal de choses déjà ce mois-ci mais, une fois encore j'espère que d’autres aventures de Silas sont prévues dans l’avenir.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

 

C'est Quoi ? CLOAK AND DAGGER

 

 

C'est de Qui? Max Steiner

 

 

La couv' 

 

 

Déjà entendu chez nous? Souvent.

 

 

On peut écouter? Vous pouvez même regarder le film en entier.

 

 

 

 

Ca donne Quoi ? Si l’action de Cloak And Dagger  se déroule durant la Seconde Guerre Mondiale, son scénario partage beaucoup de points communs avec ce nouveau Silas Corey : traque dans une ville occupée, groupes extrémistes prêts à tout, suspense omniprésent, éléments de thriller et d’espionnage, bref un cocktail chargé de tension pour lequel Steiner écrit une partition au cordeau, certes respectant quelques canons du genre mais d’une efficacité manifeste. Si, à la vision du film, on peut regretter les jeunes années de Fritz Lang qui livre somme toute un film de genre assez lambda, on ne peut pas ne pas remarquer sa B.O qui se démarque du lot par sa richesse mélodique et ses thèmes qui font mouche. Cette même année Steiner écrit deux autres scores de thriller, dont le célèbre Grand Sommeil et on sent la maîtrise sans failles du compositeur.

 

 

-----------------

 

Une chronique signée Fab

 

 

 

Pour ceux qui n’auraient pas encore répondu au petit questionnaire B.O BD:

 

 

Repost0
25 janvier 2016 1 25 /01 /janvier /2016 14:25

 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

C'est quoi : LE CHANT DU CYGNE 2

 

 

C'est de qui ? Babouche, Dorison et Herzet

 

 

La Couv':

 

 

Déja lu sur B.O BD? Oui, ensemble sur le tome précédent.

 

 

C’est édité chez qui ? Le Lombard.

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Notre troupe de révoltés déserteurs est en route vers Paris afin de remettre à un politicien haut placé la pétition des poilus fatigués de n’être que la chair à canon des décideurs gradés. Traqués par un rescapé implacable, leur nombre va se réduire comme peau de chagrin alors que leur amitié se renforce au détriment de leurs différences. Cette seconde et dernière partie du chant du cygne confirme la bonne tenue du premier tome, histoire d’hommes au scénario écrit avec métier (en même temps derrière le clavier il n’y a pas de manchots !) et illustrée avec force (ces pleines pages !) et originalité (l’aquarelle, le choix des couleurs et des ambiances). Si j’ai toujours un peu de mal avec les visages et expressions des protagonistes, trop typés manga à mon goût, ce diptyque est à classer au rang des réussites. Une sombre page de l’Histoire de France durant la Première Guerre Mondiale qui a fort bien su se démarquer de la palanquée de séries parues sur le thème ces dernières années.

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? HAMBURGER HILL

 

 

C'est de Qui ?   Phillip Glass

 

 

La couv' 

 

 

Déjà entendu par ici? Oui

 

 

On peut écouter?

 

 

 

 

 

Ca donne Quoi ? Confier la musique d’un film de guerre (au Vietnam en plus) à Phillip Glass, musicien hors norme, pilier de la musique minimaliste et responsable d’une poignée de B.O à tomber (dont certaines entendues chez nous), était une idée de génie, je vous le dis ! Utilisant ses  moyens de prédilection, à base de répétitions et de thèmes hypnotiques, le compositeur livre quelque chose de peut être plus rythmique que ses pièces habituelles. Le film, comme ses pairs célèbres (Apocalypse Now, Platoon) utilise beaucoup de chansons du répertoire rock pop, la musique de Glass est pour le coup hélas assez peu utilisée malgré l’ambiance qu’elle aurait pu amener sur pas mal de scènes qui ne fonctionnent pas aussi bien sans. Peut-être un peu froide et distante au premier abord sur le tome 2 du Chant Du Cygne, elle met rapidement l’accent sur le côté tragique du scénario (vous ne vous attendiez tout de même pas à une happy end si ?) sans parler des thèmes communs aux deux médias et a atténué ce décalage que le dessin « manga » avait créé pour moi.

 

 

-----------------------------

 

Une chronique de Fab

 

 

Pour ceux qui n’auraient pas encore répondu au petit questionnaire B.O BD:

Repost0
23 janvier 2016 6 23 /01 /janvier /2016 15:23

 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

C'est quoi : EXPOSITION

 

 

C'est de qui ? Ignacio Noé

 

 

La Couv':

 

 

Déjà croisé chez B.O BD? Oui.

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Puisqu’il semble que nous ne verrons jamais le troisième et dernier tome de Douce, Tiède et Parfumée, je me suis rabattu sur les autres travaux de son auteur, et il s’avère que le monsieur a pas mal œuvré dans la BD adulte. Cette Exposition joue à fond sur l’érotisme « de situations », comme un film à sketches. Lors du vernissage des œuvres d’un artiste spécialisé dans les pin-ups, chaque anecdote –racontées par son accorte petite fille- donne lieu à des scènes des plus explicites où l’humour est néanmoins toujours présent. Alors certes, ce n’est pas le scénario le point fort de ce one shot mais, ne connaissant au départ que la série grand public sus-citée, qui tout de même présentait des situations gentiment soft, j’étais curieux de voir ce qu’Ignacio Noé était capable de proposer sur de la BD purement pornographique, et bien je n’ai pas été déçu et on n’est clairement pas volé sur la marchandise ! Ses héroïnes sont sensuelles à souhait, n’ont froid ni aux yeux ni ailleurs, et l’ensemble se lit avec plaisir.

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

 

C'est Quoi ?  THE GIRL FROM U.N.C.L.E

 

 

C'est de Qui ?   Divers dont Dave Grusin.

 

 

La couv' 

 

 

Déjà entendu sur le site ? Certains oui.

 

 

On peut écouter?

 

 

 

 

 

 

Ca donne Quoi ? Spin off du « Man » du même organisme (UNCLE pour ceux qui ont du mal), The Girl From U.N.C.L.E date de la fin des années 60 et, comme l’on peut attendre d’une B.O de cette époque, mélange allègrement éléments d’espionnages et de psychédélisme débridé. Le thème principal est une réinterprétation assez libre de celui écrit par Jerry Goldsmith pour la série mère, par David Grusin, qui composera aussi les B.O de quatre épisodes complets. Quelques autres épisodes auront également droit à leurs propres musiques mais le reste se contentera de réutilisation de pistes. Un peu décalé niveau époque comme ambiance avec L’Exposition, la B.O de la série amplifie son côté fun et glamour (si, si !)

 

 

-----------------------

 

Une chronique de Fab

 

 

Pour les retardataires, le questionnaire que nous vous avons concocté afin d'améliorer B.O BD:

 

 

Repost0
23 janvier 2016 6 23 /01 /janvier /2016 09:00

 

 

L’an passé, si l’on excepte cette chronique qui a littéralement explosé toutes les stats (tout en étant une gentille galéjade), il faut bien reconnaître que les articles les plus consultés ont été ceux postés lors des cycles consacrés à la BD érotique. Qu’à cela ne tienne, puisque c’est ce que veut la plèbe, B.O BD, toujours soucieuse de vous contenter, vous propose à nouveau ce week-end un cycle dédié à la BD réservée aux adultes.

 

 

 

 

LA BD :

 

 

 

C'est quoi : LA SURVIVANTE

 

 

C'est de qui ? Paul Gillon

 

 

La Couv':

 

 

Déjà lu sur B.O BD? Non

 

 

C’est édité chez qui ? Glénat dans la collection Drugstore

 

 

Une planche :

 

 

 

Ca donne Quoi ? Publiée de 1985 à 1991, la tétralogie de Gillon décrit les aventures d’Aude Albespry, belle jeune femme qui, "grâce" à un accident de plongée, échappe à la destruction totale de l’humanité. Pour autant le monde ne s’arrête pas de tourner puisque, l’histoire se déroulant dans un futur proche, toutes les tâches rébarbatives (y compris la police) ont été confiées à des robots qui poursuivent leurs missions sans vraiment s’inquiéter de la disparition de leurs créateurs. Aude n’a donc pas grand-chose à faire pour survivre, nourriture et biens de consommation continuant d’être produits, désormais pour son seul usage. Elle s'installe dans la suite d’un luxueux hôtel parisien et profite du room-service robotisé assuré par le dévoué Ulysse (le balais dans le cul de C3-PO, la tête de Johnny 5 et le cerveau dérangé d’HAL 9000). Enfermée dans cette cage dorée, Aude finit quand même par ressentir quelques besoins qu’elle aimerait voir combler… Elle rabat son désir sur Ulysse, qui s’adapte assez rapidement aux nouvelles exigences de sa maîtresse. A partir de cette trame de départ fort basique, qui occupe quasiment tout le 1er tome (quand même), Gillon va néanmoins développer une réflexion pertinente, mais un peu bordélique, sur l’opposition entre intelligence humaine (mue par des instincts) et artificielle (régie par une logique purement mathématique). On voit bien où cette affaire peut nous mener, mais le cul dans tout ça, me direz-vous... Utile ou futile ?! Utilisé comme élément déclencheur d'une quête obsessionnelle pour Ulysse, il prend vraiment son sens durant tout le 1er tome qui pourrait d'ailleurs se suffire à lui-même. Par la suite, Gillon recentrera l'intrigue autour de Jonas, le fils d'Aude. Même si les thèmes développés restent riches, sont servis par des dialogues d’une belle qualité littéraire et surtout par le dessin toujours élégant de Gillon, il faut reconnaître que l’histoire devient un brin répétitive. L'érotisme, qui aurait pu servir de « moteur » central passionnant à cette recherche d’une connexion homme/femme-machine, finit par être relégué au rang de passage obligé qui s’articule maladroitement avec le reste. Nettement moins aboutie que Les Naufragés du temps, la série de Gillon, La Survivante n'en reste pas moins une oeuvre intelligente qui conserve, à travers les décennies, un charme et une sensualité indéniables.

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

 

C'est Quoi ? CONTAMINATION

 

 

C'est de Qui ? Goblin

 

 

La couv' 

 

 

Déjà croisé par ici ? Oui, pour leur excellente BO de Zombie (aka Dawn of the Dead)

 

 

On peut écouter ? Le premier morceau, le reste est sur le Tube

 

 

Ca donne quoi : Le groupe de rock progressif Goblin (ex-Oliver, ex-Cherry Five) reste indissociable de la filmographie de Dario Argento (au moins dans la période où il avait du talent à revendre) qui l’avait repéré, au milieu des années 70, au retour d’une tentative de percée londonienne sans lendemain. En 1975, il recrute les quatre musiciens pour composer la bande originale de son chef d’œuvre Profondo Rosso. Suivront l’excellent album Roller (1976), la BO de Suspiria (1977), puis celle de Zombie en 1978, géniale suite du cultissime Night of the Living Dead de George Romero. Le film de Luigi Cozzi sur lequel le groupe officie en 1980 n'est peut-être pas aussi reluisant. Sans être un complet nanard (avec Cozzi c'était pas gagné), Contamination s'essaye quand même, avec un certain brio, au grand écart entre Alien, L'Invasion des profanateurs de sépultures et le film d'espionnage. Quoi qu'il en soit, Goblin réussit à transcender le matériau de départ et propose une partition à la fois terrifiante et… funky soutenue par les sonorités synthétiques caractéristiques des films d’horreur européens des années 70-80. Un melting-pot qui nous replonge avec délice dans cette période dont est issue la BD de Gillon et soutient parfaitement l’odyssée de sa Survivante, dans un monde post-apocalyptique où toutes les déviances sont permises.  

 

 

 

-------------------- 

 

Une Chronique de Lio

Repost0

Présentation

  • : Conseils d'écoutes musicales pour Bandes Dessinées
  • Conseils d'écoutes musicales pour Bandes Dessinées
  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
  • Contact

Rechercher

Tags