21 janvier 2016 4 21 /01 /janvier /2016 17:36

 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi : LE CLUB DES PREDATEURS 1

 

 

C'est de qui ? Steven Dupré & Valérie Mangin

 

 

La Couv':

 

 

Déja lu sur B.O BD? Oui pour la scénariste.

 

 

C’est édité chez qui ? Casterman.

 

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Dans le Londres de l'époque Victorienne, la différence des classes est à son paroxysme, alors que les pauvres doivent envoyer leur progéniture travailler dans les usines et autres filatures, les bourgeois, propriétaires de ces mêmes fabriques, ne savent plus comment occuper leur loisirs. Cette oisiveté et cette richesse les conduisent parfois même aux pires abus. C'est ce que vont découvrir, plus ou moins à leurs dépends, les jeunes héros de cette nouvelle série, bien glauque voire gore. Çe n'est pas forcement le terrain sur lequel on attendait Valérie Mangin, mais force est de reconnaître qu'elle s'y débrouille pas trop mal, son Angleterre penchant plus vers celle de Jack L'éventreur que celle de Downtown Abbey. Elle est plutot pas mal épaulée par le trait de Steven Dupré, aussi a l'aise dans l'Angleterre Industrielle que quand les vikings rencontrent des extra-terrestres. Les amateurs du genre apprécieront.

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? GIORGINO.

 

 

C'est de Qui ?   Laurent Boutonnat. 

 

 

La couv' 

 

 

Déjà entendu chez nous? Non, faut pas déconner non plus !

 

 

On peut écouter?

 

 

 

 

Ca donne Quoi ? A moins que vous ne soyez né après l'an 2000 (et encore) il y a peu de chances que vous ayez échappé au phénomène Mylène Farmer. La chanteuse rouquine qui n’avait froid ni aux yeux ni ailleurs a en effet plus ou moins monopolisé les ondes radios et chaînes musicales durant les années 90 via des tubes et des clips souvent explicites et surtout clairement calibrés (comprenez qui suivaient plus ou moins les modes musicales). L'homme de l'ombre en partie responsable de ce succès, Laurent Boutonnat, a toujours eu, à mon humble avis, des velléités de réalisation cinématographique au vu des clips pompeux qu’il a conçu pour notre Mylène nationale (euh non, raté, elle est québécoise en fait). Au summum de la carrière de sa muse il saute le pas et pond Giorgino, un (bien trop) long métrage au budget colossal avec la star en héroïne. La blague sera de courte durée,  son scenario très noir et sa complaisance envers lui-même feront du film un flop monumental qui le pousseront même, tel un nabab hollywoodien de pacotille, à racheter toutes les copies afin qu’il n’y ait pas d’exploitation de son chef d’œuvre incompris à la télévision (las, 15 ans plus tard, suite à l’engouement sans faille d’un noyau de fans hardcore masochistes Giorgino sortira finalement en DVD). Reste la B.O qui, reconnaissons le tout de même, n’est pas le travail d’un manchot (ou d’un sourd, ce serait plus adapté ici, quoique Beethoven…non, on s’égare). En effet, même si il fait de la soupe sonore depuis plus de 30 ans (Alizée « Elle Lolita » c’est lui aussi !), Boutonnat la fait bien et a un sens certain de la mélodie et de la composition accrocheuse. Pour sa peloche boursoufflée il a écrit une musique qui sert bien son propos, au souffle aussi dramatique que sombre, attendue mais efficace.

 

 

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Une chronique signée Fab

 

 

N'oubliez pas de répondre au petit questionnaire que nous vous avons concocté afin d'améliorer B.O BD:

 

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21 janvier 2016 4 21 /01 /janvier /2016 08:50

 

 

 

LA BD:

 

 


C'est quoi : L’ŒIL DE LA NUIT. LE DRUIDE NOIR.

 


C'est de qui : Lehman et Gess.

 

 

La Couv':

 

 

Déjà croisés sur B.O BD? Oui, ensemble même.

 

 

C’est édité chez qui?: Delcourt.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Théo Sinclair, après avoir récupéré le Mercur-X inventé par son géniteur, se voit dans ce troisième album confronté à un cas d’invocation qui a mal tourné. Un esprit des plus ancien et des plus mal intentionné a pris possession du corps du jeune inconscient qui l’a ramené à la vie et notre super héros va avoir fort à faire pour remettre les choses en place. Après une introduction des plus Migolesques, et un épisode avec une créature monstrueuse lâchée dans Paris de haute volée, le duo d’auteurs déroule sa nouvelle intrigue sans temps morts, à grands renforts de scènes chocs alternées à d’autres plus intimistes mais tout aussi importantes, pour un résultat réjouissant. Le trait de Gess qui gagne encore en finesse (avec toujours ces superbes illustrations pleine pages dans un style plus pictural) et la narration en épisodes, pour coller à l’esprit feuilleton du matériau d’origine, sont autant de satisfactions de lecture supplémentaires. La BD Franco-Belge a définitivement trouvé le super héros qu’il lui fallait.

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? UNE MESSE POUR DRACULA

 

 

C'est de Qui ? James Bernard.

 

 

La couv' 

 

 

 

Déjà entendu chez B.O BD ? Oui.

 

 

On peut écouter? Dans son intégralité même:

 

 

 

 

 

 

Ca donne Quoi ? Conçue au départ sans Christopher Lee, arrivé à saturation du personnage qui lui collait aux basques, Une Messe Pour Dracula verra finalement l’acteur anglais remettre capes et canines pour un film poussif et peu imaginatif où le vampire n’est pas à la fête. L’incontournable James Bernard, responsable de la majorité des scores de la Hammer de cette décennie, est aux commandes de la musique et applique ses formules gagnantes à base de sursauts de cordes et explosions de cymbales…mais pas que ! De montées chromatiques en canons inattendus (le hautbois répondant aux violons en est un exemple frappant), Bernard, avec l’économie de moyens qui est sa marque de fabrique, relève le défi de mettre cet énième film de vampire en musique sans céder à une quelconque facilité. La B.O de cette Messe est probablement la seule chose que l’on puisse sauver aujourd’hui de la production, et sa variété, surtout sur cette version étendue, fait plaisir à entendre. Si, à l’écoute seule, elle peut paraître grandiloquente par moments, vous verrez qu’en illustration musicale de ce troisième volet du Nyctalope de l’Oeil de la Nuit, ça apporte une saveur gothico désuète délectable.

 

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Une Chronique de Fab

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20 janvier 2016 3 20 /01 /janvier /2016 14:51

 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

C'est quoi : LE PETIT CHAPERON ROUGE

 

 

C'est de qui ? Hélène Beney & Domas

 

 

La Couv':

 

 

Déjà lu chez nous? Non.

 

 

C’est édité chez qui ? Bamboo.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Outre le fait que, désormais, nous consacrons le mercredi aux BD destinées (plus ou moins) à la jeunesse, vous savez que je suis assez enclin à sensibiliser nos chères têtes blondes au médium. Pour avoir moi-même des enfants, les voir lire ou leur lire des BD est un de mes grands plaisir dans l’existence, et qu’y a-t-il de mieux dans la vie ? (Non la réponse à cette question n’est pas : Tuer ses ennemis! Les voir mourir devant soi et entendre les lamentations de leurs femmes !). Ceci étant je ne peux être qu’admiratif  du concept Ma Première BD chez Bamboo qui présente des adaptations de classiques de contes en version muettes (ou presque) avec bonus en fin d’album (exercices de dessins, texte du conte original, etc…). Ce Petit Chaperon Rouge, même s’il prend quelques libertés avec le conte que l’on connaît (la maman du chaperon lui donne une carte pour se rendre chez la Grand-mère, que l’enfant perd !) est joliment dessiné, dans un style simple, actuel et très coloré, bien narré, bref un basique revu avec réussite.

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? LA VALSE DES FLOCONS

 

 

C'est de Qui? Tchaikovski

 

 

La couv' 

 

 

Déjà entendu sur B.O BD? Oui.

 

 

On peut écouter?

 

 

 

 

 

 

Ca donne Quoi ? Succès phénoménal qui étonna même son créateur, Casse-Noisette est probablement l’une des œuvres musicales les plus connues du répertoire. Si les sujets et les ambiances de la Valse des Flocons et du Petit Chaperon Rouge sont sensiblement différents, je vous l’accorde, la maestria évocatrice de Tcahikovski se prête à merveille à l’illustration du conte revu et corrigé par Domas et Beney, même si, pour les plus jeunes qui liront/à qui vous lirez l’album ça risque de paraître un brin dramatique sur la fin. Néanmoins, un autre avantage à cette lecture accompagnée, c’est qu’elle permettra également de faire découvrir ce ballet incontournable aux enfants (et leur confirmer que SI il existe bien une autre musique que les daubes qu’assènent les ondes FM et chaines musicales). Et on dit merci qui ?

 

 

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Une chronique signée Fab

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20 janvier 2016 3 20 /01 /janvier /2016 08:51

 

 

Retrouvez, après la Chronique Musicale, une interview "Musique et BD" de Régis Hautière, scénariste de l'album.

 

 

 

LA BD:

 

 


C'est quoi :LES SPECTACULAIRES 1. LE CABARET DES OMBRES

 


C'est de qui : Régis Hautière et Arnaud Poitevin

 

 

La Couv':

 

 

Déjà croisés sur B.O BD? Oui, le scénariste.

 

 

C’est édité chez qui ? Rue De Sèvres.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Les Spectaculaires sont, au début de ce premier tome, un quatuor d’artistes de cirque un peu bras cassés que le succès semble fuir tout comme les spectateurs. Mis au pied du mur par leur banque, ils vont accepter la requête d’un savant un peu toqué (qui, ça n’aide pas, a pris une balle dans la tête qui lui a enlevé un œil et la mémoire immédiate) d’aider à retrouver les plans d’une machine meurtrière volés par des gens forts mal intentionnés. Il n’en faut pas moins pour faire de notre équipe des super héros avant l’heure…bon peut être pas très « supers » mais héros surement ! Voilà une nouvelle série qui devrait combler les amateurs d’aventures old school au scénario prenant et bien fun et au dessin cartoony original. Dans la lignée de choses comme Aspic, ou la Voleuse du Père Fauteuil (pour le dessin notamment), Le Cabaret des Ombres plaira aussi bien aux vieux briscards qu’aux ados de par son capital sympathie indéniable et la promesse des aventures à suivre. Cerise sur le gâteau, comme toujours chez Rue De Sèvres, l’album est très soigné (vernis sélectif, papier de qualité) et c’est une histoire complète, que demander de plus.

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? THE PAGEMASTER

 

 

C'est de Qui ? James Horner

 

 

La couv' 

 

 

Déjà entendu chez B.O BD ? Oui

 

 

On peut écouter?

 

 

 

 

 

Ca donne Quoi ? A l’image du film pour lequel il l’a écrite, la B.O de James Horner pour Pagemaster pioche ses inspirations à droite à gauche sans pour autant ressembler à un joyeux foutoir. Horner se fend de morceaux dignes d’un Disney (le film est un mélange animation/prises de vues réelles dans lequel des classiques de la littérature sont matérialisés) et les ambiances alternent de la franche comédie sautillante et débridée au suspense imposant plein de cuivres vrombissants. Après, comme fort souvent avec Horner, les « emprunts » divers et variés sont légions, mais c’est fait avec savoir-faire et piocher chez Korngold, Williams ou même Moussorgski donne tout de même un résultat très probant. Un régal en tout cas avec la première aventure de nos Spectaculaires.

 

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Bonjour Régis et merci d’avoir accepté de te prêter au jeu du questionnaire croisé B.O/BD.

 

 

Commençons par un classique :

 

Tes Cinq Cd de chevet ?

 

     

      Gypsy Punks - Underdog World Strike (Gogol Bordello)

      Olympia 1964 (Jacques Brel)

      Requiem (W.A. Mozart)

      Wild go (Dark Dark Dark)

     The Rise and fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars (David Bowie)

 

 

 

 

Et tes Albums de Bd ?

 

          Pinocchio (Winshluss)

          La Gloire d'Héra (Letendre – Rossi)

          Monster (Naoki Urasawa)

          Obélix et Compagnie (Goscinny – Uderzo)

          Watchmen (Moore - Gibbons)

 

 

 

 

 

Les influences et les goûts :

 

 

Une musique de film qui t’a marqué, que tu affectionnes particulièrement (indépendamment du film) ?

 

 

         Conan the barbarian

 

 

 

 

Qui sont tes maîtres à penser en BD, ceux qui t’ont donné envie d’en faire, quelles sont tes influences ?

 

 

      Franquin, Goscinny, Alan Moore, Daniel Goossens, Philippe Vuillemin, Naoki        Urasawa.

 

 

 

 

Ton travail :

 

 

Ecoutes tu de la musique quand tu écris/dessine, et plutôt quoi ?

 

 

Quand je travaille, j'écoute plutôt des musiques d'ambiance, pas trop entraînantes et j'évite la chanson française (pour ne pas être déconcentré par les paroles).

 

 

Ce sur quoi tu travaille actuellement, tes prochains projets (si tu as la liberté de les évoquer bien sur) ?

 

 

Le tome 16 d'Aquablue, le tome 4 de la Guerre des Lulus, le tome 2 des Spectaculaires, le tome 2 des Trois grognards (le tome 1 paraîtra au mois de mai prochain) et un one shot d'espionnage pour une nouvelle collection.

 

 

Et si…

 

 

…en lieu et place de la Bande Dessinée tu avais fait de la musique tu aurais été qui, tu aurais joué quoi ?

 

 

       Thom Yorke.

       J'aurais aimé jouer de la guitare.

 

 

 

 

Encore un grand merci pour tes réponses, et au plaisir de te retrouver dans les pages de Bandes Originales Pour Bandes Dessinées !

 

 

 

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Une chronique et une interview réalisées par Fab

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17 janvier 2016 7 17 /01 /janvier /2016 11:57

 

 

Lio nous a gardé le meilleur pour la fin!

 

 

LA BD:

 

 

 

C'est quoi : CONTES ET RECITS DE GUERRE

 

 

C'est de qui ? Dino Battaglia

 

La Couv':

 

 

Déjà croisés sur B.O BD ? Oui, pour son adaptation de Gargantua & Pantagruel

 

 

C’est édité chez qui ?  Mosquito

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Publiées entre 1976 et 1977 dans Linus, le mensuel cofondé par Umberto Eco, auquel contribuèrent des artistes comme Sergio Toppi, Hugo Pratt ou Guido Crepax, ces huit adaptations de Maupassant s’inscrivent dans un travail de longue haleine entamé par Dino Battaglia en 1968, avec Moby Dick, et qui se poursuivra quasiment jusqu’à sa mort,  survenue en 1983, avec Poe, Lovecraft, Stevenson ou encore Rabelais. Toutes les "nouvelles" réunies ici par Mosquito ont pour toile de fond la guerre de 1870 qui opposa la France à la Prusse. Pour retranscrire cette époque faite de tensions, d’incertitudes, mais aussi de cruauté souvent absurde, et traduire au plus près le style de Maupassant, Battaglia a su créer un langage qui n’appartient qu’à lui et dont les expérimentations formelles n’ont pas pris une ride. Ce langage se caractérise d’abord par un effacement de la case qui permet au dessinateur d’abolir les repères spatio-temporels traditionnels de la bande dessinée, en libérant sa narration sur l’ensemble de la page, et d’offrir au regard différents parcours de lecture. Ce faisant, il parvient à nous faire voir, autant que ressentir, la dilatation temporelle propre à la littérature, en élaborant une sorte d’imparfait de l’indicatif visuel, tout en structurant le récit autour des personnages. Cette mise en espace extrêmement rigoureuse et parfaitement équilibrée (jusque dans la disposition et le graphisme des phylactères et des onomatopées) s’accompagne également d’un travail virtuose sur la matière. Comme l’écrit fort justement Frank Pouzargues dans son études consacrée à Contes et récits de guerre : « Chez Battaglia, le gris devient une couleur à part entière. Diluant les encres de Chine, les étalant, les tamponnant au coton-tige, les zébrant de blanc, les grattant au rasoir, il obtient des nuances de gris uniques rythmées par une savante utilisation des aplats noirs et des grandes surfaces blanches ». Enfin, au-delà de son immense talent de dessinateur, Battaglia était aussi un scénariste inspiré, capable de trouver le juste milieu dans sa réécriture de Maupassant (dont il avait d’ailleurs pleinement intégré l’esprit) entre fidélité et prise de distance, en tenant compte des nécessités imposées par la bande dessinée et sa propre sensibilité. Si l’adaptation peut se définir comme un art consommé de la recréation, alors Battaglia nous prouve ici qu’il en était l’un des maîtres incontestés.         

 

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

 

C'est Quoi ? PAYSAGE DANS LE BROUILLARD

 

 

C'est de Qui ? Eléni Karaïndrou

 

La couv' 

 

 

Déjà entendu chez nous? Non

 

 

On peut écouter? Un extrait, mais d'autres sont disponibles sur le Tube.

 

 

 

Ca donne Quoi ? Seconde collaboration entre Eléni Karaïndrou et le réalisateur Théo Angelopoulos, la bande-son de Paysage dans le brouillard (qui pourrait être le titre d’une nouvelle de Maupassant) contient déjà tous les éléments que l’on retrouvera par la suite dans ses deux œuvres les plus célèbres : Le regard d’Ulysse et L’Eternité et un jour. Lente et nostalgique, sa musique se déploie généralement autour d’une mélodie empreinte de simplicité et d’une profonde nostalgie qui n’a pas forcément besoin des images du film qu’elle illustre pour exister et en susciter de nouvelles. Ces images, dépouillées comme peut l’être un paysage gris-blanc aux contours indistincts, au milieu duquel se détacherait quelque silhouette solitaire, ce sont celles que l’on retrouve aussi dans chacune des pages de Battaglia. L’univers de la compositrice grecque et celui du dessinateur italien, tous deux hors du temps, étaient voués à se rencontrer… C’est chose faite, du côté de Maupassant. Au cœur du bocage normand disparaissant dans la brume, de la campagne endormie sous la neige, sur les berges d’une rivière où deux amis viennent oublier la guerre le temps d’une partie de pêche, ou dans l’ombre des ruelles d’un bourg désolé, attendant dans la crainte l’arrivée de l’envahisseur prussien. 

 

 

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Une chronique signée Lio

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  • : Conseils d'écoutes musicales pour Bandes Dessinées
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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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