24 septembre 2015 4 24 /09 /septembre /2015 16:43

 

Chroniquer le dernier Chris Ware en une quinzaine de lignes relève a priori de la gageure. Mais si l’on se dit que l’auteur est parvenu à faire tenir ses quatorze livres, livrets, journaux, recueils de strips et autres dépliants cartonnés dans une boîte de 42,2x29,5 cm, l’exercice paraît tout de suite plus abordable !

 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi : BUILDING STORIES

 

 

C'est de qui ? Chris Ware

 

 

La Couv':

 

 

Déja croisé sur le site? Non

 

 

C'est édité chez qui?  Delcourt, un lien vers le site: 

http://www.editions-delcourt.fr/serie/building-stories.html

 

 

Une planche:

 

 

 

 

 

Ca donne Quoi ?  Quid de cet « OVNI éditorial qui bouleverse les codes de la bande dessinée » (je cite 20 Minutes, mais on trouve pléthore d’effets de manchettes comme celui-là dans la presse, spécialisée ou non) ? Force est de constater, une fois le seuil franchi, que Building Stories reste ni plus, ni moins une BD comme les autres. Une excellente BD ! De Chris Ware… avec tout ce que cela implique de méticulosité et de minutie ! Et une oeuvre, au final, bien plus accessible (peut-être pas financièrement) que Jimmy Corrigan qui ne comptait pourtant qu'un seul volume. Quelles sont donc ces fameuses « histoires » qui s’articulent autour d’un vieil immeuble de Chicago ? Avant tout, précisons que le pluriel du titre pose question, puisqu’il laisse entrevoir une expérimentation pérecienne, pleine de digressions, dans laquelle s’entremêleraient les existences des différents locataires. L'idée est là… le temps d'un livre et de deux livrets. Hormis ceux-ci et les intermèdes consacrés à Bradford, « La Meilleure Abeille du Monde », 90 % de Building Stories est centré sur un seul personnage, dont on ne saura jamais le nom, unijambiste, élève ratée des Beaux-Arts. C'est sa vie, pleine de doutes existentiels et de solitude, que Chris Ware nous invite à (re)construire. Une histoire fort bien écrite au demeurant, dont on découvre avec intérêt de nouveaux pans - parfois amers, souvent pathétiques - au hasard des supports que l’on pioche dans la splendide boîte où ils sont rangés, mais qui ne fait pas franchement des histoires. Dès lors, Building Stories s’apparenterait-il à une simple relecture (féminine) de Jimmy Corrigan ? Il y a un peu de ça, mais comme Manhattan de Woody Allen pourrait en être une de Annie Hall….  En réalité, il faudrait surtout que certains critiques se calment avec leurs superlatifs galvaudés, qu'ils laissent Chris Ware creuser tranquillement son sillon et l'on aura peut-être moins le sentiment, en lisant sa dernière création, que la montagne a accouché d'une souris. Parce que des « souris » comme ça, on aimerait en croiser plus souvent !         

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? STEAMBOAT WILLIE

 

 

C'est de Qui  Wilfried Jackson & Bert Lewis

 

 

La couv' 

 

 

Déjà entendu chez nous? Non

 

 

On peut écouter?

 

 

 

     

 

 

Ca donne Quoi ? En parlant de souris… Sorti en 1928, Steamboat Willie est considéré, au vu de son succès, comme la véritable naissance de Mickey Mouse, même si le personnage est déjà apparu, un an plus tôt, dans Plane Crazy et The Gallopin' Gaucho. Le film constitue également une date importante dans l'histoire du cinéma, pour son utilisation de la technique du son synchronisé, à une époque où le procédé est encore balbutiant (The Jazz Singer d'Al Cosland, premier film à intégrer des scènes de chansons et de dialogues, date de 1927). Parodie du film Steamboat Bill Jr. (Cadet d'eau douce en français) de Buster Keaton et Charles Reisner, sorti trois mois plus tôt, le dessin animé de Disney reste encore aujourd’hui une source d'inspiration régulièrement citée… Le rapport avec Chris Ware ? En plus d’être l’auteur de Quimby the Mouse, une relecture de Mickey pleine d’humour noir, et d’adopter un style graphique qui le relie directement à celui des dessinateurs du début du siècle (le XXème !), l’amour immodéré qu’il porte aux choses anciennes et un peu désuètes fait qu’on ne peut s’empêcher d’entendre, en lisant son dernier effort, la bande-son grésillante d’un vieux cartoon comme Steamboat s’échapper d’un poste de télévision déglingué, pour aller raisonner à travers les étages, « the stories » comme on dit en Amérique, de son vénérable immeuble. 

 

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Une longue (mais il a eu la permission du rédac' chef) chronique de Lio

 

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