20 août 2016 6 20 /08 /août /2016 08:31

 

 

 

 

 

LA BD:

 

 


C'est quoi LA GESTE DES CHEVALIERS DRAGONS. TOMES 16 – 10 – 11 – 14 - 15

 


C'est de qui : Ange (scénariste) + les dessinateurs : Cossu (16) – Guiton (10) – Looky (11) – Boutin-Gagné (15)

 

 

Une Couv': 

La Saga de L'été... La Suite!

Déjà croisé sur B.O BD?  Oui.

 

 

C’est édité chez qui ? Soleil

 

 

Une planche (un peu particulière!):

 

 

 

 Ca donne Quoi ?  Le tome 16,  La déesse raconte l'histoire d'une manipulation forgée des siècles auparavant par une partie de l'Ordre moins connue : les missionnerias. Ces membres de l'ordre sillonnaient les campagnes en soignant les villageois et en utilisant les guérisseuses pour conditionner la population via des maximes simples.

 

C'est donc par le plus grand des hasards que des émissaires de l'ordre d'Arsalam découvrent dans un village proche une immense stature aux généreuses formes féminines après que les villageois les aient aidé à tuer un dragon. Quand "la déesse" est amenée en ville, les prêtres d'Hâman rejettent le nouveau culte qui donne aux femmes des droits en opposition avec leurs propres règles : divorce, respect de la virginité, gestion de ses biens.

 

Le haut-prêtre, intelligent, refuse d'interdire cette religion et attend qu'une erreur soit faite, surtout après que Yassine Lorta lui ait appris que les maximes des villageois ont été créés par l'Ordre. Nouri, informée par Yassine qui fût son fiancé, refuse le mensonge et provoque involontairement la chute du nouveau culte et la reprise en mains par la prêtrise d'Hâman… avant de s'enfuir avec Yassine, banni après avoir avoué son athéisme.

 

 

 

 

À la 1e lecture, cet album ne m'avait pas vraiment accroché, mais je lui ai trouvé beaucoup de qualités à la relecture. Il éclaire de façon brutale le combat de l'Ordre pour le statut des femmes puisque l'on y découvre les manipulations qui ont été faites. Ange est sûrement lecteur(s) de SF et fantastique, donc il n'est pas vraiment étonnant qu'une allusion à Dune via les missionerias (voir le Bene Gesserit et ses manipulations variées) apparaisse dans la série. 

Yassine est un homme libre de ses pensées et il est écoeuré par les compromis et la corruption de la prêtrise. Je suppose qu'il est devenu prêtre d'Hâman (écriture différente de l'Occident, mais sans doute même divinité)  sous la pression de sa famille. Encore un type bien de la série!

 

Cossu arrive à donner une vie extraordinaire aux combats ou aux mouvements de foules. Ses personnages sont expressifs. Ses corps féminins sont dignes (ou inspirées) des peintres orientalistes du XIXe siècle. Il a su rendre l'antagonisme des personnages les plus âgés : le haut-prêtre et la matriarche aussi manipulateurs l'un que l'autre mais le 1e est plus calculateur et la 2e plus brutale.

 

 

 

 

Dans le tome 10, Vers la lumière, le lecteur découvre un peuple composé de tribus indépendantes qui aura un rôle primordial dans la suite : les sardes. Tout commence avec le naufrage d'un vaisseau volant commercial, sur lequel voyageait un groupe de novices de l'ordre de Faïza, suite à son "aspiration" vers un combat entre vaisseaux de guerre de l'ordre et un gigantesque dragon volant. Ont survécu : 5 novices, une jeune femme et son petit garçon, un jeune homme et un vieil officier du vaisseau.

 

Ils vont être récupérés par des sardes, peuple nomade, sauvage et esclavagiste. Récupérés ne veut pas dire sauvés car les sardes vendent leurs proies, surtout les femmes. Mais les tribus sont poursuivies par un duc de l'empire accompagné de 3000 hommes.

Le tumulte lié plus les choix différents des chefs de tribus, combattre pour rouge et bleu et fuir pour argent, va permettre à 3 novices de s'en tirer, à Marik en se faisant adopter par l'officier, à la femme et au jeune homme de survivre. Le dernier chef sarde revenu emporte Louis, le petit garçon, pour en faire un roi…

 

 

 

 

 

Ange semble s'être inspiré des tribus nomades et guerrières du passé : Vandales, Huns, Mongols… qui ravageaient les pays voisins par leurs pillages. Ce sont des guerriers puissants, bien armés et courageux même si ce sont aussi des marchands d'esclaves.

 

Ange introduit une nouveauté, qui n'a pas été reprise après (me semble-t-il) : des vaisseaux volants de guerre appartenant à l'Ordre pour combattre les dragons volants. Il y a aussi une faille dans la formation des novices puisque l'une d'elles est prête à vendre ses amies pour se sauver.

 

Guiton a dessiné le plus cauchemardesque dragon de toute la série (à mon avis). Ses créatures du Veill sont des plus étranges et complètement différentes de la représentation à laquelle les précédents tomes nous avaient habitués. Elles ont un côté ubuesque dont je ne saurais dire si je le trouve ridicule ou effrayant. Sa représentation des sardes avec tatouages de couleur de leur tribu et/ou armures de la même couleur est très curieuse entre guerriers du futur vus par de la SF et guerriers d'héroïc fantasy. Les fausses barbes des chefs sont-elles des parties de leurs armures? Cela donne à cet album un côté très à part de tous les autres.

 

La colorisation du désert et de la lumière par Séphane Paitreau ajoute beaucoup à l'album.

 

 

 

Le tome 11, Toutes les mille et une lunes nous présente une cérémonie importante de l'ordre des chevaliers dragons. Toutes les matriarches de tous les ordres viennent au fort, un immense château situé en plein milieu d'un désert et loin de tout.

Elles sont accompagnées par leurs meilleures novices d'environ 12-13 ans qui vont subir des épreuves destinées à les trier pour faire émerger 3 recrues exceptionnelles qui "auront un rôle majeur dans le destin de l'ordre des chevaliers dragons".

 

Pendant que les adolescentes subissent ce "tri" mortel, les matriarches débattent sur l'évolution des règles de l'ordre dirigé par l'ancienne avec Farida, matriarche d'Ishtar, en arbitre des séances. L'ancienne, qui pense être largement réélue à la fin des débats, veut revenir aux "lois des temps de fer" d'une intransigeance totale vis-à-vis de tout manquement.

Les matriarches les plus libérales sont prêtes à truquer le vote s'il le faut. Tout va s'accélérer à l'annonce que les sardes ont franchi les montagnes : c'est la guerre qui commence.

 

L'ancienne est poussée à la démission par Farida et la matriarche de Messara parce que sa dureté risque de provoquer l'éclatement de l'ordre au pire moment possible. C'est une grande guerrière qui sera bien meilleure générale en chef dans la guerre que dirigeante politique.

 

 

 

 

 

Ange plonge le lecteur un peu plus profondément dans les méandres (et les hypocrisies) de l'ordre. Il nous dévoile un fonctionnement semi-démocratique où les matriarches votent les propositions de l'ancienne ou de l'assemblée. Mais les secrets du fort nous sont révélés par les babillages de la prolixe minime Soriko et confirmés en images.

Il y a aussi les épreuves, souvent mortelles, auxquelles sont soumises les plus prometteuses des novices : quel gâchis! Ainsi que la punition démentielle (50 coups de fouet) promise à 2 novices un peu trop curieuses de découvrir le fort… elles arrivent à s'échapper dans le désert, ouf! Dans un précédent tome, un personnage qualifiait l'ordre de "ordre exclusivement féminin, composé d’illuminées frigides", peut-être n'avait-il pas totalement tort ou peut-être que, à force de combattre des dragons, les guerrières se déshumanisent totalement. À noter que les sardes ont provoqué la guerre en pénétrant sur le sol de l'empire… et que l'ordre renonce à sa neutralité pour soutenir l'empire de Messara et protéger la civilisation.

 

Looky et Stéphane Paitreau ont réalisé un travail complètement hallucinant dans cet album. La colorisation est tellement fine avec des demi-teintes et des fondus tels que j'ai du mal à imaginer cet album sans. Même si j'apprécie au plus haut point les graphismes de Looky qui sont d'une finesse et d'une expressivité rarement vues en BD. En plus il joue sur l'éclatement des cadres avec des pages, doubles ou pas, mettant en valeur quelques cases, puis des accolements de cases… bref, une dynamique de dessin bien éloignée du gaufrier classique.

Que dire des matriarches sinon qu'elles sont fabuleuses avec des visages couturés de cicatrices comme celle de Messara ou l'ancienne, des tenues extraordinaires avec os ou dents de dragons ou tenues régionales, tunique et turban blancs pour Farida ou broderies dorées pour d'autres.

L'architecture du fort est tout aussi extraordinaire : château classique sinon rustique vu de l'extérieur et splendeurs mélangées de gothique flamboyant (les voutes en ogive, le cloitre, les vitraux), de baroque (les rotondes, les sculptures dans des niches) et de palais orientaux (atrium autour d'un bassin, moucharabiehs en dentelles de pierre).

 

Mon album préféré de la série…

 

 

 

 

On reste dans l'oriental avec le tome 15, L'ennemi. Le chevalier dragon Saraï est enlevée par les hommes du sultan Sarkis alors qu'elle observait le dragon à abattre. Celui-ci est un grand collectionneur : d'œuvres d'art, de livres, d'armes, de femmes.

Avoir une chevalier dragon dans son harem est une fierté pour lui. Mais il ne sera pas facile d'en faire une épouse docile et le sultan a fait entrer une louve dans sa bergerie! À Messara, la nouvelle de l'enlèvement de Saraï n'est pas perçue de la même façon par les sœurs jumelles : Rhina, la matriarche de l'ordre, et Helsana, l'impératrice.

La guerre contre les sardes est en plein développement et l'empire a besoin de l'aide des sultans sunnis; la vie de Saraï ne pèse pas lourd à côté de celle de milliers de gens. Mais la seule protection des chevaliers dragons dans les contrées éloignées est le fait que jamais on ne laisse impuni un crime contre l'une d'elles; le viol de Saraï serait donc un fâcheux précédent.

Les 2 arguments se valent. Saraï fomente une révolte du harem au moment même où les ombres de l'ordre s'apprêtent à agir en massacrant tout le monde dans le palais. L'accord passé entre les sœurs 20 ans avant est brisé : elles ne prendront plus de décisions communes.

 

 

 

Ange a créé des personnages plutôt intéressants avec ces 2 sœurs avançant parallèlement plutôt que côte à côte. La matriarche est dogmatique et dure tandis que l'impératrice est sensible et diplomate. Ce sont elles les vraies héroïnes de ce tome. L'histoire de Saria n'est qu'un prétexte pour les introduire dans la série. Leur dispute donne un contexte très sombre à la guerre de 1000 ans.

 

J'avoue ne pas avoir accroché aux graphismes de Boutin-Gagné. Je trouve ses personnages un peu trop hiératiques, un peu trop figés. Sa mise en page est très sage même s'il joue sur des cases de tailles différentes. En revanche, les décors des palais du sultan ou de la ville de Messara sont superbes.

 

 

Suite au prochain épisode…

 

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Une chronique de Gen 

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17 août 2016 3 17 /08 /août /2016 15:29

 

 

 

 

LA BD:

 

 


C'est quoi NAINS 4. OOSRAM DES ERRANTS.

 


C'est de qui : Jarry, Bordier.

 

 

La Couv': 

Nain Errant  /  Nains 4  Vs.  LOTR. War In The North

Déjà croisé sur B.O BD?  Oui.

 

 

C’est édité chez qui ? Soleil

 

 

Une planche:

 

 

 Ca donne Quoi ?  La phrase d'introduction du tome sur le site de Soleil résume parfaitement la situation : " Toute révolte commence dans les larmes et finit dans le sang."

 

On dit les nains âpres au gain, mais de là à trahir leur roi en détournant un trésor il y a un gouffre qu'il est dangereux de franchir. C'est l'erreur qu'a faite Oösram, général de Goll-Garsëm. Il a été trahi et condamné à devenir un errant, c’est-à-dire un paysan sans valeur aux yeux des 4 ordres, juste digne de donner toutes ses récoltes et ses animaux même si cela le condamne à mort avec sa famille.

 

Mais Oösram a été un guerrier et il comprend que les ordres ne sont rien sans le travail des errants. Et il veut que les errants deviennent le 5e ordre des nains! Il va apprendre aux paysans que leurs outils peuvent aussi devenir des armes et il va se sacrifier pour unir les errants.

 

 

Pour moi, ce tome est le plus intéressant de la série puisqu'il montre une autre facette du monde des nains : l'oppression d'une partie de la population par les ordres dominants. Nicolas Jarry domine bien son univers même si je me pose des questions à propos des nains des villes : marchands, taverniers… À quel ordre les rattache-t-il? On sent une forte influence de la période médiévale sur cet univers.

 

Jean-Paul Bordier s'est parfaitement fondu dans le style de la série dont le design commun a été défini par Pierre-Denis Goux.

 

La série Nains ne les montrent pas vraiment sous un jour sympathique. Oösram est peut-être bien le premier personnage auquel j'ai pu m'attacher.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

 

C'est Quoi ? THE LORD OF THE RINGS : WAR IN THE NORTH

 

 

C'est de Qui ? Inon Zur

 

 

La couv' 

 

 

Déjà entendu sur B.O BD?  Oui mais il y a bien une paire d’années.

 

 

On peut écouter?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Si le compositeur israélien Inon Zur n’est pas Howard Shore, loin s’en faut, il faut lui reconnaître un sacré sens de la réappropriation voire de la réinterprétation.

 

Spécialiste chevronné de la musique de jeux vidéo (on lui doit notamment des épisodes de hits vidéo ludiques comme Fallout, Baldur’s Gate ou encore Dragon Age) il a bénéficié pour ce RPG/action situé dans le monde de Tolkien version Jackson de gros moyens coté orchestre. Il en profite pour composer des thèmes aux réminiscences de ceux que Shore a produit pour les films, mais en s’en éloignant et en développant de nouvelles ambiances variées et intéressantes.

 

Via des compositions riches et complexes Zur livre une B.O de fantasy épique qui ne manque ni d’originalité ni d’efficacité ce qui, considéré le genre et la franchise concernés, n’était pas gagné d’avance.

 

 

 

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Une chronique de Gen et Fab

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15 août 2016 1 15 /08 /août /2016 16:27

 

 

 

LA BD:

 

 


C'est quoi LA GESTE DES CHEVALIERS DRAGONS TOMES 5 - 2 - 19 - 12

 


C'est de qui : Ange (scénariste) + les dessinateurs : Paty (5) – Briones (2) – Boutin-Gagné (19) - Cossu (12)

 

 

Une Couv':

La Saga De L’été, 3° Partie.

Déjà croisé sur B.O BD? Certains

 

 

C’est édité chez qui ? Soleil

 

 

Ca donne Quoi ?  Dans le tome 5, Les jardins du palais, on voit apparaître à l'âge adulte un personnage évoqué enfant dans le tome 9 : le chevalier dragon Snejana, cousine de la comtesse de Cressay.

On peut donc penser que 15 à 20 ans séparent les albums. Bien que chevalier de l'ordre d'Alexira, Snejana a une mission à Faïza où l'ordre était autrefois puissant. Avec son apprentie Josanifena, dite Jo, et Ralène, seule et dernière chevalier de Faïza, elle doit retrouver un symbole de pouvoir pour faciliter l'accession au pouvoir d'un allié de l'ordre… Mais "l'ordre ne se mêle pas de politique", on nous aurait menti!…

Elles vont devoir traverser les jardins du palais du doge, dans la salle du trône duquel un dragon était apparu il y a environ 20 ans. Il n'y a plus de dragon, donc plus de Veill, mais de multiples créatures y vivent dont les plus petites ne sont pas forcément les moins dangereuses.

Les 3 femmes vont être séparées et faire leurs propres découvertes. Snejana, l'orgueilleuse et méprisante chevalier, va apprendre à respecter les autres. Ralène va retrouver respect et confiance en elle. Jo va trouver le trésor qui lui permettra de quitter l'ordre et de rejoindre son amoureux.

 

 

 

On voit bien dans ce tome que plus le temps passe plus les principes fondateurs s'estompent. L'ordre est prêt à risquer la vie de quelques membres pour apporter un soutien politique à un haut personnage. La "noblesse" de l'ordre est aussi écornée par la façon dont Ralène est traitée par Snejana, et à travers elle par l'ordre d'Alexira.

Paty semble avoir pris un grand plaisir à dessiner des paysages grandioses… et des créatures particulièrement hideuses. J'aime un peu moins ses personnages dont je trouve les attitudes un peu trop figées.

 

 

 

Le tome 2, Akanah nous fait retrouver la chevalier Oris héroïne de Brisken avec beaucoup d'années en plus et une chevelure entièrement blanche.

On y découvre adultes 2 petites filles vues plus ou moins rapidement dans le passé : Akanah la rousse que Jaïna avait envoyée vers l'ordre avec consigne de tuer son petit frère quand il se transformerait (tome 1) et Eléanor la brune que Mara avait recueillie dans le désert (tome 3). Elles ont bien grandi mais pas vraiment en sagesse car elles aiment défier les hommes dans les tavernes et se battre avec eux.

Les chevaliers seront accompagnées dans leur voyage vers une zone de Veill par Jan, un jeune prêtre cartographe d'Aman, "protégé" par un talisman. Mais Oris comprend que le dragon n'est pas mort et décide d'aller l'affronter avec ses 2 jeunes protégés. Jan suit par passion et par amour pour Akanah, mais il sera touché par le Veill qui lui laissera de profondes cicatrices sur le visage. Cela fera une encoche de plus sur la poignée de l'épée d'Oris (la 6e?).

Malheureusement pour Akanah et Jan, leur amour devra s'effacer devant le mariage prévu entre 2 grandes familles… Mais Akanah hérite de la hache de la vieille Viala dont nous apprendrons plus tard dans la série qu'elle s'appelle la "faucheuse d'Ishtar".

 

 

 

Un 2e tome qui, une fois remis dans la chronologie, montre que le scénariste Ange avait certainement écrit l'histoire de l'ordre et du monde au moins dans ses grandes lignes, ainsi que les bases de la vie de plusieurs personnages : Oris, Akanah, Eleanor, Mara…

 

C'est la marque des grands auteurs que de réussir à faire vivre autant de personnages de façon cohérente sur autant de temps avec des erreurs minimes (mais qui n'en sont peut-être pas) comme des noms qui changent ou qui reviennent dans un autre contexte. Le scénario dévoile aussi quelques points intéressants sur la prêtrise d'Aman, les "on-dit" sur comment lutter contre le Veill (en déflorant une vierge par exemple), les accords autour des mariages…

 

Briones nous offre un des plus longs combats contre un dragon de la série sur 7 pages en débutant par une attaque aérienne. Il met beaucoup de vie de de mouvement dans les combats à mains nues ou avec armes.

Il y a juste un petit détail amusant que j'ai découvert en relisant le tome : au départ la hache est une hache simple et ne devient une hache double que pendant le combat dans la taverne. Si j'en crois mes sources personnelles, la hache simple est pourtant plus efficace que la double au corps à corps… mais moins élégante en dessin! Il est amusant aussi de penser qu'il a dessiné Oris âgée avant de la dessiner jeune dans le tome 4.

 

 

 

Pas de dragons dans le tome 19, L'antidote! Mais une mission pour Akanah et Eléanor que l'on pourrait qualifier d'humanitaire : escorter une caravane transportant un antidote contre une maladie sur une partie du trajet.

Cette mission est aussi une punition pour avoir accepté des dons d'objets d'une cité qu'elles ont libérée d'attaques de créatures du Veill… ou plutôt elles ont punies pour ne pas les avoir suffisamment cachés. En plus des 2 chevaliers, il y a une troupe de Hans, ethnie qui protège les caravanes sur les routes. Nos 2 héroïnes vont découvrir la vie des caravaniers.

Elles vont aussi tisser des liens commerciaux, cachés bien sûr puisque interdits par les règles. Quand elles découvrent que leurs accompagnateurs ne sont pas ce qu'ils disent être, Eléanor va combattre seule contre une grand troupe pour permettre à la caravane de fuir. Pendant ce temps, Akanah va rejoindre l'escorte finale pour qu'elle accélère vers la caravane.

 

 

 

Cet album apporte un éclairage sur la partie orientale du monde avec un fort côté 1001 nuits : caravanes de marchands, caravansérails, marchandises rares et chères…

Mais la partie la plus intéressante concerne l'hypocrisie qui règne au sein de l'ordre : la virginité n'empêche pas tout ce qui peut se faire "au-dessus de la ceinture", les dons d'argent sont interdits mais les dons de tissus ou nourriture ou objets divers le sont à condition qu'ils ne soient pas trop ostentatoires. Si c'est le cas, ils doivent être remis au trésor de l'ordre. Nous apprenons aussi quelques points intéressants sur les voyages en bateaux volants.

 

Boutin-Gagné n'est pas le dessinateur que je préfère dans la série. Je le trouve meilleur dans les séries semi-réalistes comme Le mangeur d'âmes.

Ici c'est Eléanor qui est mise en valeur en équilibre avec le tome 2 où Akanah tenait la vedette. Belle, intelligente et dangereuse, c'est la digne élève de la vieille Oris (qui a 80 ans dans ce tome).

 

 

 

Le tome 12, Ellys commence par le massacre par un dragon d'un groupe de nomades circulant sur les routes de pierres rouges. La seule survivante arrive au château où Ellys vit depuis qu'elle a épousé le duc Louis.

Ellys constate que les légumes sont bizarres et elle a écho d'animaux morts dans une zone relativement proche. Sa formation à l'école de l'ordre d'Ishtar lui fait penser à la présence d'un dragon. Mais son beau-frère refuse d'envoyer un message car il veut contraindre son frère à répudier Ellys et craint que les chevaliers dragons la soutiennent. La présence du dragon sera avérée grâce à Leïla la jeune nomade mais il est trop tard pour contacter l'ordre. Ellys et le maître d'armes Henj vont former en quelques semaines un groupe de vierges du duché pour aller combattre le dragon.

Le groupe drogue Ellys qui est enceinte pour l'empêcher de venir. Elle peut enfin révéler à son époux son obsession : sa responsabilité dans la mort de Jaïna (voir tome 1). L'amour qu'il lui porte la réconcilie avec elle-même comme l'affection qu'elle a montré à Laïla a permis à celle-ci d'admettre qu'elle n'était pas responsable de a mort de sa tribu.

 

 

 

Ange nous renvoie ici au tome 6 avec des tribus se disant héritières de N'Aria dite raïad et suivant les chemins de pierres rouges. Il nous rappelle aussi qu'il n'est pas facile de vivre avec le remords. Il nous offre un beau portrait masculin avec le duc Louis qui est très amoureux de sa femme et prêt à la soutenir dans son conflit familial.

 

Je suis quand même étonnée que Henj ait pu accompagner le groupe de vierges et combattre avec elles sans souffrir du Veill… c'est plutôt rare dans la série.

 

Cossu illustre cette histoire de douleurs personnelles de belle façon avec des personnages expressifs dans la joie autant que dans le malheur plus quelques beaux paysages. Les amateurs de dragons seront ravis puisqu'il intervient dans toute sa force et sa violence au début et à la fin de l'album.

Un dragon européen classique avec souffle enflammé, ailes membraneuses, griffes immenses et collerette hérissée de pointes.

 

Suite au prochain épisode…

 

 

 

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Une chronique de Gen

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5 août 2016 5 05 /08 /août /2016 14:45

 

 

 

 

LA BD:

 

 


C'est quoi LA GESTE DES CHEVALIERS DRAGONS TOMES 14 – 6 -21 et HS

 


C'est de qui : Ange (scénariste) + les dessinateurs : Palma , Cossu, Sentenac (14) – Sieurac (6) – Collignon, Derochebrune, Martino, Roudier, Sentenac, Toulhoat (21) – Dohé (HS)

 

 

Une Couv':

La Saga de l'été, 2° partie.

 

Déjà croisé sur B.O BD? Certains.

 

 

C’est édité chez qui ? Soleil

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Dans mon introduction, j'ai oublié de parler de la structure de l'ordre des chevaliers dragons. Elle est proche de celle de tous les ordres de chevalerie dont nous avons eu connaissance dans l'Histoire.

 

Au somment de la hiérarchie, il y a la dame ancienne (voir tome 11) qui est élue ou réélue toutes les mille et une lunes par l'assemblée des matriarches. Dans chaque cité ou contrée, un ordre qui en porte le nom est créé avec une matriarche à sa tête assistée par une seconde et des conseillères. En cas de défaillance de la matriarche (décès ou…), la seconde prend sa place. Puis il y a les chevaliers dragons adoubées après un long entraînement et avoir été écuyères. Avant cela, elles ont été novices, parfois depuis le plus jeune âge.

 

Les ordres évoqués au cours de la série sont : Messara (le plus puissant et le plus ancien), Ishtar, Narak, Faïza, Alexira, Pâhar, Tcha-Sarki, Chastelle, Anarek, Salmyre, Arsalam… Dans le tome 11 l'existence de 33 ordres est évoquée.

 

Selon la chronologie officielle, tout a commencé au tome 14. La Première, où la vénérable Everlyne raconte la légende du 1e combat entre une vierge et un dragon aux 3 novices élues du tome 11 dont Amarelle qui est un (sinon le) personnage majeur de la série. La légende évoque le long combat d'une femme sans nom qui a empêché le dragon se sortir des grottes de la montagne depuis des années. Arrive une tribu d'hommes qui s'installe sur le territoire en plantant une épée dans le sol… Une épée en plein âge des cavernes? Mais ce n'est qu'une légende, l'épée n'était peut-être qu'un morceau de métal arraché à un filon modifiée par le Veill…

Comme le fait remarquer la novice Soriko, il y a plein d'absurdités dans cette légende. Et le lecteur se demande à quoi sert cet album qui ne fait que rappeler des points déjà évoqués et expliqués sur le Veill et ses effets…

 

 

 

Puis, on remonte le temps pour atteindre la période du tome 6, Par-delà les montagnes. Maintenant les ordres de chevaliers dragons existent et accomplissent leurs missions partout où apparaissent des dragons. Ici, c'est au milieu de montagnes enneigées qu'une équipe de 5 chevaliers combat un monstrueux dragon blanc.

Le chevalier N'aria est blessée et séparée de ses compagnes, puis recueillie par une tribu de nomades, les Nauris. Ce peuple a été touché par le Veill, mais uniquement physiquement : ils sont gentils, accueillants, gourmands, jouisseurs et pas du tout violents.  Mais la règle prévoit de les tuer tous les êtres touchés par le Veill avant qu'ils ne deviennent dangereux. Comme la décision de changer la règle ne peut être prise par une matriarche seule, N'aria devra combattre ses amies pour permettre aux Nauris de fuir. A-t-elle survécu? Les Nauris aussi? Mystère, c'était il y a si longtemps.

C'est l'un de mes albums préférés de la série : pour l'ambiance si particulière et pour le lumineux personnage de N'aria… et pour les superbes dessins de Sieurac aussi!

 

Venons maintenant à 2 hors chronologie.

 

 

 

Le tome 21, La faucheuse d'Ishtar, est forcément hors chronologie puisqu'il raconte en 6 histoires (ou plutôt 1 + 5) ce qu'il est advenu de la fameuse hache depuis sa fabrication jusqu'aux temps du récit. Pour le lecteur, cet album a les qualités et les défauts classiques des œuvres collectives : il permet de découvrir de nouveaux dessinateurs, mais la qualité de chaque ensemble scénario + dessins est inégale. Comme chaque histoire est indépendante, la transition d'une esthétique à une autre est facilitée. Il est amusant de voir que les dessinateurs actuels s'affranchissent de plus en plus du gaufrier classique en remplissant la totalité des pages imprimées pour donner plus d'ampleur à des scènes mouvementées par exemple (combat contre un dragon ou salle immense ou paysage grandiose). On y retrouve par 2 fois un chevalier dragon déjà vu dans la série : Oris. J'ai cru y retrouver un autre personnage sous un autre nom : Verna du tome 21 me semble être la version jeune de Viala du tome 2.

 

 

Les amateurs de dragons ou de créatures dentues apprécieront ce tome même si les combats sont courts ou juste ébauchés. Les autres aimeront certains personnages pour les sentiments qu'ils laissent passer : doutes ou craintes. Il faut avouer aussi que voir des chevaliers dragons dans un bordel est un peu troublant…

 

 

Un tome HS, Chevaliers dragons devenu en réédition Les contrées du Levant  a été réalisé avec le dessinateur coréen Dohé aux dessins. Dans la plus grande ville d'une île, Alatéa, une jeune fille, essaie de convaincre (en pure perte) les hautes autorités religieuses que ce n'est pas la peste qui touche la population mais le Veill lié à la présence d'un dragon. Elle s'appuie sur les récits de sa grand-mère qui fut chevalier dragon de l'autre côté de la mer. Pour les autorités, la solution consiste à tuer les personnes côtoyant des malades… Alatéa va chercher sa petite sœur, Aelin, dans son école bloquée par les gardes. Puis elle va s'équiper pour aller tuer le dragon. Elle sera protégée à son insu par l'officier Merekh-Khâ qui a constaté que les vierges ne sont pas touchées par la maladie comme dans la légende.

 

 

En introduction, j'avais évoqué la rareté des types bien dans la série, ici on a un parfait exemple d'un vrai héros capable de se sacrifier pour permettre à Alatéa d'agir. Influence asiatique oblige, le dragon de Dohé est d'un autre type que eux des autres albums : serpentiforme et de grande longueur, avec des cornes et des crocs impressionnants (voir le long chinois ou le ryu japonais ou le yong coréen…).

 

De superbes dessins mélangeant des personnages de diverses origines et influences (de l'occident à l'orient), sans doute colorisés par ordinateur vu les nuances obtenues, illustrent cette histoire qui montre que le mépris des légendes, surtout quand elles viennent des femmes, est partout le même… ainsi que la propension des autorités à éradiquer un problème par la pire des solutions : tuer les tous!

 

Suite au prochain épisode…

 

 

 

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Une chronique de Gen

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bobd - dans Fantasy Soleil
25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 06:26

 

 

 

 

LA BD:

 

 


C'est quoi : TROLLS DE TROY. L’OR DES TROLLS

 


C'est de qui : Arleston & Mourier.

 

 

La Couv':

De l'Or pour les Trolls  /  Trolls de Troy 21  Vs.  La ruée vers l'or

Déjà croisés sur B.O BD ? Oui

 

 

C’est édité chez qui ? Soleil.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? La série des Trolls de Troy avait montré quelques faiblesses ces derniers temps avec des scénarios étirés en longueur pour atteindre les 44 pages fatidiques ou 2 albums à suivre. Arleston semblait être arrivé aux limites de son univers, mais voilà ce tome 21 qui renoue avec la folie et la dérision des premiers albums. Ouf!

 

Sur un sujet apparemment simple, Waha a conclu un accord avec 3 chercheurs d'or pour qu'ils puissent exploiter le gisement de la rivière proche du village troll de Phalompe, les évènements vont s'enchainer dans une spirale folle : destruction de la forêt par une foule de chercheurs d'or, création d'une milice anti-troll de protection à base de pulvérisation de parfums, parachutage par dragon géant trolloguidé de monceaux d'or pour faire chuter les cours…

 

Graphiquement Mourier maitrise parfaitement ses personnages (depuis le temps, c'est normal) et les forêts de Troy qu'il dessine seraient des merveilleux sites de randonnée… s'il n'y avait pas les trolls!

 

Pour ceux qui ne le sauraient pas encore : les noms bizarres des trolls et des sages (enfin d'une majorité de ces personnages) ont-ils un sens caché?

Pour le savoir, rien de plus simple : en ajoutant Troll ou Sage au début ou la fin du nom du personnage, on obtient un jeu de mot plus ou moins convenable.

Exemple : l'amoureux de Waha Pröfy donne Pröfy + Troll = profiteroles ou la petite trolesse Tyneth donne Troll + Tyneth = trotinette… Idem, pour les sages, Khömunimaj donne Sage + Khömunimaj = sage comme une image...

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? LA RUEE VERS L’OR

 

 

C'est de Qui ? Divers.

 

 

La couv' 

 

 

Déjà entendu chez nous ? Pas impossible.

 

 

On peut écouter?

 

 

Ca donne Quoi ? Chaplin n'a pas écrit totalement la musique pour la version muette du film sortie en 1925 mais seulement quelques morceaux.

Pour la version reprise en 1942, il en a écrit la totalité assisté pour l'arrangement par Gerard Carbonara et par Max Terr pour la direction d'orchestre.

 

Il y a des réminiscences de morceaux de musique classique dans plusieurs parties de la BO, Chaplin jouait d'oreille et n'écrivait pas ses morceaux. On entend des mesures de Grieg avec Peer Gynt ou Rimski-Korsakov avec le Vol du bourdon. J'y ai personnellement retrouvé quelques mesures de Wagner sorties soit du Ring, soit de Tannhäuser (la romance à l'étoile). Il a aussi utilisé des morceaux traditionnels en illustrations sonores.

 

Mais le morceau (même court) qui accompagne parfaitement cette aventure des trolls est La danse des petits pains. Non seulement c'est le morceau de plus connu du film, mais il convient parfaitement à l'appétit démesuré de nos "amis" poilus et à l'image finale (qui rappelle un peu les banquets d'Astérix)… à se passer en boucle!

 

 

 

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Une chronique de Gen

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