17 mars 2016 4 17 /03 /mars /2016 14:02

 

 

Passons donc du drame médieval à l'anticipation post-apocalyptique avec une aisance que seuls les chroniqueurs de B.O BD maîtrisent:

 

 

 

 

LA BD :

 

 

 

 


C'est quoi : SURVIVANT

 

 

 

C'est de qui : Takao Saito

 

 

 

La couv' :

 

 

Déjà lu chez nous ? Non

 

 

 

Une  planche :

 

 

 

 

Ça donne quoi ? Après un tremblement de terre, le jeune Satoru reprend connaissance dans une grotte et découvre avec stupeur qu'il se trouve seul, sur une île perdue au milieu de l'océan. Comment est-il arrivé là ? Que sont devenus les camarades qui étaient avec lui ? Quelle est la cause des violentes secousses sismiques qui parcourent régulièrement l'île ? Autant de mystères que notre héros devra éclaircir plus tard, s'il ne veut pas mourir de faim ou de froid, avant la venue du long et rude hiver qui s'annonce.

Pas franchement taillé pour la vie au grand air, Satoru va devoir apprendre à pêcher et chasser sa pitance, se construire un abris et se défendre contre une faune parfois hostile - un ours furibard (comme Léo !), mais surtout des hordes grouillantes de rats qui s'en prennent inlassablement à ses réserves de nourriture.

 

Dans les deux premiers tomes, tel un Robinson des temps modernes (qui trouvera même un bref moment son Vendredi), le jeune homme va donc lentement s'endurcir jusqu'à maîtriser, plus ou moins, son environnement. Pour le reste...

 

En révéler plus sur cette série, publiée entre 1976 et 1978, par le créateur de Golgo 13, ne pourrait que gâcher le plaisir du lecteur. Contentons nous de dire que Saito ne sacrifie jamais le développement de son histoire, ni l'évolution de son personnage, sur l'autel de l'action (même s'il sait ménager quelques belles scènes de cataclysmes). En dépit d'un ton parfois trop didactique ou moralisateur, le mangaka livre avec ce seinen un manuel de survie, doublé d'une fable écologiste teintée de science-fiction post-apocalyptique (je vous donne quand même des indices...) tristement prémonitoire et d'une grande qualité d'écriture. Remarquable et rapidement addictif !

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

 

 

C'est quoi ? SILENT RUNNING

 

 

 

C'est de qui ? Peter Schickele

 

 

 

La couv' :

 

 

 

Déjà entendu chez B.O BD ? Je ne crois pas

 

 

 

On peut écouter? Passées les 2min10 du morceau d'ouverture chanté par Joan Baez, on entre vraiment dans le vif du sujet.

 

 

 

 

 

Ca donne Quoi ? Surtout connu pour les effets spéciaux révolutionnaires qu'il a conçus pour 2001, l'Odyssée de l'espace, Rencontre du Troisième Type ou Blade Runner, Douglas Trumbull s'est également essayé une bonne dizaine de fois à la réalisation. Deux de ses oeuvres ont laissé des empreintes un peu plus durables que les autres dans la rétine des spectateurs : Brainstorm (1983) avec Christopher Walken et Natalie Woods (dans ce qui allait être son ultime rôle) et Silent Running (1972), excellente histoire de science-fiction humaniste et écologiste un peu oubliée aujourd'hui (mais dont les curieux pourront lire ici une analyse fort pointue et avisée du critique Jean-François Tarnoswki, publiée naguère dans Positif).

 

Silent Running partage avec Survivant une narration presque exclusivement centrée sur un personnage unique (d'un côté l'astro-botaniste Freeman Lowell, incarné par Bruce Dern, de l'autre Satoru, jeune Japonais lambda), mais également une sombre et tristement réaliste lucidité quant aux répercussions de la nonchalance de l'Homme vis-à-vis de son environnement.  

 

La musique de Schickele, orchestrateur de Joan Baez sur trois de ses albums et musicien réputé pour ses reprises déjantées de Bach, livre une BO dans la tradition orchestrale 70's d'un Williams (la surenchère épique en moins... mais le rythme très lent du film l'impose) qui illustre idéalement (même époque, problématiques proches) le manga de Saito. 

 

 

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Une chronique de Lio

 

 

 

 

LA BD:

 

 


C'est quoi : THE TIME BEFORE

 


C'est de qui   C. Bonin

 

 

La Couv':

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bobd - dans manga Saito SF Schickele
3 mars 2016 4 03 /03 /mars /2016 17:31

 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

C'est quoi : LA PEUR GEANTE. LA GUERRE DES ABYSSES.

 

 

C'est de qui ? Lapière & Arnaiz

 

 

La Couv':

 

 

Déjà lus chez nous? Oui pour le scénariste.

 

 

C’est édité chez qui ? Ankama.

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Notre héroïne a réussi à décoder le langage des bestioles géantes et  l’affrontement final s’annonce épique. Mais c’est sans compter sans la faculté d’adaptation des créatures ennemies, autrement plus dangereuses que le croit l’humanité.

Exit Mathieu Reynes au dessin sur cette troisième et dernière partie, probablement dû à un problème de calendrier avec Harmony , remplacé au pied levé par Raul Arnaiz dans un style assez proche pour ne pas choquer (même si moins précis par moments). Lapière ménage bien ses effets pour tenir son lecteur en haleine jusqu’au bout.

Si ce n’est pas l’adaptation que j’ai le plus appréciée de la collection des Mondes de Wul, il faut reconnaitre que cette Peur Géante nous en donne pour notre argent coté grand spectacle, bons sentiments et menace à grande échelle.

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? ALIEN VS PREDATOR : REQUIEM

 

 

C'est de Qui ? Brian Tyler

 

 

La couv' 

 

 

Déjà entendu chez nous? Hélas oui.

 

 

On peut écouter?

 

 

 

 

Ca donne Quoi ? Non content d’avoir foiré un premier volet pourtant porteur de promesses, vu les parties en présence, la Fox remet le couvert quelques années plus tard avec ce requiem tout aussi peu inspiré.

Ceux qui connaissent Brian Tyler savent que son nom n’est pas synonyme de finesse ou d’originalité. Ici c’est la violence et la menace lourde qui tiennent la vedette, à grands coups de cuivres apocalyptiques et de cordes aux résonances métalliques qui abîment les tympans de l’auditeur, le tout singeant lamentablement et sans grande intelligence  les grandes heures des Goldsmith, Silvestri et autres Goldenthal (prédécesseurs du ladre sur les séries Alien et Prédator).

Mais, cela étant, pour un grand spectacle de SF à base de grosses bestioles comme la Peur Géante, c’est d’une efficacité manifeste. 

 

 

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Une chronique de Fab

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17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 16:53

 

 

Décidément on est en veine en ce moment, voilà que l’équipe de B.O BD s’enrichit avec l’arrivée d’un nouveau chroniqueur, Léo, qui nous livre son impression sur Descender de Lemire et vous propose une B.O pour aller avec : 

 

 

 

LA BD :

 


C’est quoi : DESCENDER T.1

 


C’est de qui : Jeff Lemire et Dustin Nguyen

 


La couv’ : 

 


On les a déjà croisés dans le coin : oui (séparément).

 


C’est édité chez qui : Urban Comics

 


Une planche : 

 

 


Ça donne quoi ? Conçu pour être le compagnon de jeu d’un enfant humain sur une lointaine colonie minière, dans une société interplanétaire où robots et humains vivaient en harmonie, le petit Tim-21 repend conscience dix ans après avoir été mis en veille pour la nuit. Dans l’intervalle, non seulement tous les mineurs sont morts dans un accident, mais des robots d’une taille colossale, les Moissonneurs, sont apparus en orbite autour des principales planètes civilisées et en ont décimé les populations avant de disparaître tout aussi mystérieusement, provoquant en retour des pogroms de robots de la part des humains à travers toute la galaxie... 
Pas toujours au top de l’inspiration quand il bosse sur les super-héros de DC ou Marvel, Jeff Lemire se montre bien plus à son aise dans des créations plus personnelles, et notamment de science-fiction (Sweet ToothTrillium). Si dans un premier temps, le scénario de Descender semble emprunter massivement à des choses déjà souvent vues dans des livres et films de SF, voire des jeux vidéo, il apparaît vite que le Canadien n’use de ces éléments bien connus des lecteurs que comme une commodité pour poser rapidement son univers, et en venir à ce qui l’intéresse. Thématique chère à l’auteur et explorée ici à nouveaux frais, les questions de filiation (de descendance, pour reprendre le titre) vont en particulier se révéler au cœur de ce récit qui sait se montrer sensible et émouvant, sans pour autant rogner sur l’action et le suspense.
L’alchimie fonctionne parfaitement avec le style graphique adopté par Dustin Nguyen, qui reprend et adapte ici les techniques qu’il avait développées sur la série Little Gotham : des aquarelles aux couleurs vives (ici le plus souvent dans des tons de bleus et d’ocre), posées sur des dessins parfois détaillés, parfois seulement esquissés, pour un résultat, dans tous les cas, original et de toute beauté.

 

 

 


LA MUSIQUE

 

 


C’est quoi ? INTERSTELLAR

 


C’est de qui ? Hans Zimmer

 


La couv’ :

 


Déjà entendu chez nous : oui.

 


On peut écouter ?

 


 

 

 

Ça donne quoi ? Plutôt connu pour ses B.O. « épiques » / bourrines, le père Zimmer sait, à l’occasion, faire preuve d’un peu plus de sensibilité.

Pour l’épopée spatiale intimiste de Christopher Nolan, si le compositeur ne résiste pas au plaisir d’envoyer les basses (et les orgues) dans les passages les plus mouvementés, lorgnant alors vers son style consacré, il se fend également d’un plutôt joli thème principal élégiaque – mêlant boucles d’arpèges électroniques et de violons mélodramatiques – et de quelques autres plages plus délicates qu’à l’accoutumée. Tout ça se marie plutôt efficacement avec Descender et ses différentes ambiances, tant pour souligner l’émotion qui s’en dégage principalement que pour accompagner les pages plus angoissantes ou violentes.

 

 

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Une Chronique de Léo

 

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12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 10:25

 

 

Et c'est avec un grand plaisir que nous accueillons aujourd'hui un nouveau chroniqueur que l'on devrait revoir assez souvent.

 

 

 

 

LA BD

 

 

C’est quoi ? TRILLIUM 

 

 

C’est de qui ? Jeff Lemire

 

 

La couv’ :

 

 

Déja rencontré chez nous? Oui

 

 

C’est édité chez qui ? Urban Comics.

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne quoi ? Trillium narre les destins croisés de Nika, scientifique pacifiste luttant en 3797 contre les ravages d’une infection virale d’ampleur cosmique, et de William, vétéran du premier conflit mondial, brisé par les horreurs de la guerre et reconverti dans l’exploration. Par-delà les barrières du temps et de l’espace, Trillium constitue le récit de leur histoire d’amour…

Le talentueux Jeff Lemire abandonne temporairement les ambiances typiques de ses travaux antérieurs (comme la trilogie Essex County, son plus récent Sweet Tooth voire Animal Man dans le cadre du New 52 de DC Comics), et troque le climat anxiogène des bourgades rurales nord-américaines pour les profondeurs menaçantes de l’espace ou des forêts sud-américaines. Si ce changement de cadre constitue un élargissement intéressant de la palette de Lemire, on ne peut pas dire que le récit fasse vraiment dans l’originalité : les déplacements temporels et les réécritures subséquentes de la réalité constituent aujourd’hui le quotidien des personnages de comics.

Comme à son habitude, c’est dans l’exécution que Lemire se révèle pour ce qu’il est : dialoguiste surdoué, le canadien parvient comme aucun autre de ses confrères à rendre la love-story des deux personnages principaux, véritable cœur de son récit, particulièrement poignante. Et si le trait de Lemire, assez brut de décoffrage, n’a rien d’exceptionnel, ses expérimentations sur le plan du découpage se révèlent payantes : le sens de lecture changeant qui guide son histoire a le mérite de la cohérence formelle. Il faut en effet régulièrement tourner et retourner le volume pour suivre les circonvolutions du récit. Une astuce narrative qui a eu le don d’agacer certains lecteurs, mais qui autorise une certaine identification à la désorientation qui saisit les héros de Lemire au détour de chaque page.

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

 C'est Quoi ? SHAPE SHIFT

 

 

 C'est de Qui ? Zombi

 

 

 La couv' :

 

 

 Déjà croisé chez nous? Non 

 

 

On peut écouter?

 

 

 

 

Ca donne quoi ? Steve Moore et Anthony Paterra (les deux moitiés de Zombi), à l’instar des héros de Trillium, sont en quelque sorte à cheval entre deux espace-temps : leur musique renvoie autant aux ambiances rétro-futuristes des BO de films signées par John Carpenter ou les italiens de Goblin qu’au math-rock alambiqué et vertigineux de leurs compatriotes et contemporains Don Caballero ou Battles.

Shape Shift, le dernier-né de leur discographie, constitue également une sorte de retour aux sources : après deux albums pêchant presque par trop de virtuosité (et impossibles à reproduire live, au grand dam du tandem), ce disque calibré pour la scène rappelle Cosmos, probablement la perle du groupe.

Les morceaux Interstellar Package et Siberia II, longs et hypnotiques, interpellent particulièrement : si le groupe s’était déjà illustré dans ce type de format, le côté ouvertement répétitif de ces morceaux, portés par des motifs simples tournant en boucle, donne l’illusion à l’auditeur de s’être perdu dans une boucle temporelle aux relents psychédéliques, comme Nika et William le ressentent eux-mêmes dans le récit de Lemire.

 

 

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Une chronique de Peio.

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3 février 2016 3 03 /02 /février /2016 09:37

 

 

 

LA BD:

 

 


C'est quoi : BRANE ZERO 2

 


C'est de qui : Mathieu Thonon

 

 

La Couv':

 

 

Déjà croisé dans le coin? Oui, sur le tome 1.

 

 

C’est édité chez qui ?  Akiléos.

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? En 2014 Mathieu Thonon créait la surprise avec un premier tome étonnant de maîtrise, certes très influencé mais des plus efficaces, il nous revient aujourd’hui avec la suite et fin de son récit post apocalyptique. Les écarts entre les Branes (ces mondes alternatifs créés par les différents choix) et les voyages spatio temporels des protagonistes sont en train de mettre en danger notre réalité. Tout un chacun va essayer d'enrayer le processus...ou de l'accélérer! Si l'action survitaminee  et les impressionnantes scènes de destruction massive dignes des meilleurs Blockbusters du genre sont toujours au rendez-vous, j'ai tout de même déploré une complexification du scenario (multiplication de certains personnages par exemple)qui rend l'ensemble complexe à appréhender (le sujet des réalités parallèles étant déjà casse  gueule, je pense que dans le domaine il faut éviter au maximum d'en rajouter), néanmoins la narration nerveuse et les cadrages cinématographiques de Mathieu Thonon font plutôt bien passer la pilule. Un joli coup d'essai que l'on espère voir transformé rapidement par l'auteur, sur un autre genre par exemple.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE

 

 

 

C'est Quoi ? ALIEN VS PREDATOR

 

 

C'est de Qui ? Harald Kloser

 

 

La couv' 

 

 

Déjà entendu chez nous? Oui.

 

 

On peut écouter?

 

 

 

 

Ca donne Quoi ? Si, sur le papier, la rencontre de deux icônes du cinema de SF burnée aurait du être historique, le résultat est, n'ayons pas peur des mots, affligeant de nullité. Pourtant Dieu sait qu'avec les mythologies respectives des deux franchises il y aurait eu de quoi faire, mais bon passons. La B.O de ce premier volet (oui, parce qu'en plus ils en ont fait plusieurs les bougres!) est un peu à l'image de la pelloche: boursouflée, mettant l'action au premier plan très loin devant l'inventivité ou l'originalité et, là encore, loin d'atteindre l'intérêt des musiques des séries mères. Harald Kloser, collaborateur encensé par Roland Emerich (ca vous situe le degré de sensibilité musicale du bonhomme!) place bien quelques idées intéressantes, notamment via des pistes très percussives ou l'emploi de sonorités electro bien placées, mais reste trop sur un créneau bourrin pour vraiment emporter l'adhésion. Cela étant c'est de la B.O de genre qui s'avère adaptée à cette suite de Brane Zero, sans problèmes.

 

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Une chronique signée Fab

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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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