19 septembre 2020 6 19 /09 /septembre /2020 08:06
 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  CARBONE ET SILICIUM

 

 

C'est de qui ? M. Bablet

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Ankama

 

 

Déjà lu sur le site? Oui quasiment toute sa prod.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Un des leitmotiv des récits de SF de ces dernières décennies, au grand écran, en littérature comme en BD, c’est la prise de contrôle par les I.A de l’humanité, généralement avec perte et fracas.

Mathieu Bablet, auteur complet original et inspiré, poursuit ici sur les thématiques qui ont fait la réussite du très beau Shangri-La, à savoir, la folle course en avant de l’humanité directement vers sa perte, la peur de la différence, l’appréhension (aux deux sens du terme !) du futur… Le tout via le prisme d’un couple de robots qui, chacun à sa façon, refuse l’emprise de leurs créateurs.

 

Pourtant pas de révolte armée ou de rébellion sanglante ici, non, loin de là même. Une émancipation pacifique mais radicale : nos droïdes, malgré leurs apparences, sont finalement terriblement humains.

Silicium veut découvrir le monde, il parvient à tromper la surveillance des humains et s’enfuit parcourir le globe, retrouvant Carbone à intervalles plus ou moins réguliers, au fur et à mesure de leur histoire. Cette dernière trouve l’échappatoire via la connexion au réseau global, vivant des millions d’expériences et de vies au fur et à mesure de ses pérégrinations digitales.

 

 

Beaucoup d’aspects de cet album aussi hors du commun que captivant font un écho douloureux à l’évolution que nous sommes en train de vivre : surpopulation, inconscience de l’humain face à la catastrophe écologique, alternative néo-bab’ à l’uber captalisme… et si quelques dialogues sont peut-être un peu maladroits, le propos général est édifiant et réaliste.

 

Bablet est un artiste qui sait mettre la forme au service du fond, et inversement. Ses trouvailles graphiques, notamment pour personnifier les avatars de ses robots, l’utilisation d’images en « négatifs » et, évidemment, son trait hybride fouillé, à la fois anguleux et précis, est un vecteur idéal pour cette parabole de l’humanité et de son avenir ô combien incertain.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :DUNKIRK

 

 

C'est de qui ? H. Zimmer

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Pas mal de fois oui.

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? Si vous venez depuis un moment chez B.O BD vous devez vous dire que je suis maso. En effet, alors que je considère Hans Zimmer comme l’une des pires choses qui soit arrivé à la musique de film ces dernières décennies, de loin en loin, j’écoutes (et vous propose) un de ses travaux en accompagnement musical de mes lectures.

 

Je n’ai pas vu Dunkirk, n’étant as un afficionado des films de guerre, mais en est entendu pas mal de bien. Je me suis donc penché sur son score, écrit par le boss de Remote Control où l’on retrouve, en plus des tics du compositeur que sont les bourdonnements de drones et autres cliquetis stressants, le procédé appelé gamme de Sheppard et qui, pour faire simple, est une superposition de suites de gammes à des hauteurs différentes, superposées en boucles infinies qui donnent une fausse impression de montée en puissance continue.

Ce n’est pas une nouveauté, loin s’en faut, puisque les Pink Floyd par exemple l’avait utilisée dans les années 70.

 

Couplé aux ambiances sourdes et menaçantes électroniques du reste de la B.O, ce choix se révèle payant même si un brin redondant et parfois un brin synthétique.

De par des choix faits en étroite concertation avec le réal, la partition métronomique millimétrée et omniprésente de Zimmer s’avère aussi anxiogène qu’hypnotique et si elle manque peut-être un peu de mélancolie parfois pour coller parfaitement à Carbone et Silicium elle en fait un contrepoint

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

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16 septembre 2020 3 16 /09 /septembre /2020 09:55
 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  DONJON ANTIPODES. RUBEUS KHAN.

 

 

C'est de qui ? Sfar, Trondheim & Vince.

 

 

La Couv':

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui, tous et certains ensemble même!

 

 

C’est édité chez qui ? Delcourt

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Robert Vaucanson, canard de son état, travaille dans l'usine de mechas de son oncle, un soir, au péril de sa vie il défend les lieux contre des saboteurs avant d'apprendre que ces denriers avaient été envoyés par le tonton en question afin de toucher l'assurance.

 

Notre canard va se retrouver dindon, de la farce, et être envoyé en prison, séparé de son gamin. Mais, à l'occasion d'une baston entre un des robots de l'usine et une créature sorti des tréfonds de la Terre, Robert se fait la malle et entre au service d'un mafieux, bien décidé à se venger.

 

Ce « Donjon dans le futur », si fun et dynamique, m'a paru assez éloigné du concept de base (si tant est que l'on puisse parler de concept « de base » avec un univers aussi foisonnant que Donjon!). Sfar et Trondheim, scénaristes en chef de l'ensemble, livrent une histoire assez lambda de vengeance, agrémentée de clins d'oeil sympas pour ceux de ma génération (le héros est un sosie de Donald, un robot ressemble à Goldorak, Diabolo fait une apparition...)

 

Par contre Vince, qui, rappelons le, n'a pas son pareil pour dessiner la sensualité sexy, nous régale entre les caricatures disneyennes, les bastons entre mecchas et monstres géants ou encore des décors futuristes chamarrés, rendant de ce nouveau tome bien sympa... mais bon maintenant on aimerait bien qu'il revienne à ses moutons (et donc à des albums pour les plus grands!)

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :LA MOUCHE

 

 

C'est de qui ? H. Shore

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Souvent.

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Howard Shore est à mon sens l'un des compositeurs les plus importants des trois dernières décennies, si la trilogie du Seigneur des Anneaux lui a apporté une renommée mondiale méritée, toutes les B.O qu’il a composées pour Cronenberg sont dignes d’intérêt.

 

Celle de La Mouche, plus gros succès de son réal, a été pensée comme un opéra,  loin des standards du score d'horreur dans lequel il a beaucoup œuvré. Shore propose des montées en puissance jouées par les corps d’instruments qui se superposent au fur et à mesure pour apporter une dimension quasi épique assez rare dans le genre.

 

L’efficacité de sa partition repose essentiellement sur son thème principal, angoissant au possible, où les cordes sont âcres voire agressives, tourbillonnant jusqu’à un paroxysme presque dissonant.  Le reste de la B.O est au diapason – si l’on peut dire- avec peu de moments de répits mais toujours ce sens de l’harmonie et du concept de pièce orchestrale.

C’est pour son aspect grandiloquent et jusqu’au-boutiste que je l’ai choisie, elle apporte un contrepied quasi surréaliste à ce donjon (no)future !

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

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9 septembre 2020 3 09 /09 /septembre /2020 14:56
 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  HOPE ONE. TOME 2

 

 

C'est de qui ? Fane & Grelin

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Glénat / Comix Buro

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui, Fane sur le précédent et Grelin également.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Ce second volet va surprendre les lecteurs du premier car, en lieu et place du vaisseau spatial dans lequel ce dernier se déroulait, nous voici au début des années 70, dans un bled perdu du nord de l’Amérique, balayé par des rafales de neige dans lequel un agent du FBI un peu trop porté sur la bouteille vient prêter main forte à la police locale dont le sheriff a disparu tout comme une starlette de cinéma, en tournage dans les studios locaux.

 

Au fur et à mesure de l’enquête, et grâce au nom de l’actrice recherchée, on découvre assez rapidement le lien entre les deux tomes de Hope One, mais cette suite, sous forme de thriller sous tension plein de rebondissements, s’avère néanmoins très prenant à suivre jusqu’à son dénouement …détonnant !

 

Fane, seul aux commandes du premier volet, laisse ici à Grelin le soin de mettre en images et en couleurs son storyboard. Si je préférais l’aspect brut de décoffrage de Fane à l’inspiration manga de Grelin, ce dernier assure bien sa partie avec ces décors enneigés oppressants, ces protagonistes anguleux et cette ambiance aussi sombre que le scénario.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :WESTWORLD SEASON 3

 

 

C'est de qui ? R. Djawadi

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? Je ne vais pas me faire des amis en écrivant ceci mais Westwworld est, à mon sens, une baudruche survendue qui, hormis pour les amateurs de visuels léchés et d’ambiances pseudo-étranges, n’ a rien de la série culte que HBO, toujours en quête de son prochain The Wire ou GOT, essaye de nous vendre.

 

A la lenteur de l’avancement de l’intrigue et de certaines séquences soporifiques au possible Ramin Djawadi, qui eut d’ailleurs dire merci à HBO de lui avoir confié GOT et une mise en lumière qu’il n’aurait peut-être jamais eu autrement, fait dans un certain minimalisme atmosphérique, digne héritier d’un Vangelis sous tranquillisants, avec force claviers et échos bourdonnants forts à la mode dans la SF de nos jours.

 

Pourtant, sa partition électro chirurgicale se révèle diablement efficace en accompagnement de cette suite surprise de Hope One avec qui elle partage un certain sens du suspense à fleur de peau, de la noirceur menaçante constante.

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

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7 septembre 2020 1 07 /09 /septembre /2020 09:50

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ? BLADE RUNNER 2019

 

 

C'est de qui ? Johnson, Green & Guinaldo

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Delcourt Comics

 

 

Déjà croisés sur le site? Non mais on avait consacré un cycle à des BD et comics dans l'univers de Blade Runner

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Après la suite sortie sur grands écrans voici une paire d’années, Delcourt nous propose cette rentrée un épisode se déroulant peu de temps après l’histoire d’origine, à savoir celle du texte de P.K. Dick adapté par Ridley Scott en 82.

 

On y retrouve cette ambiance glauque de L.A, devenue  mégapole technoïde anxiogène dans laquelle évolue une blade runner (une chasseuse de replicant, robots trop humains déclarés hors la loi) qui va être missionnée pour retrouver la femme et la fille récemment disparues d’un puissant industriel.

Rapidement notre héroïne qui cache un lourd secret – elle est en partie robotisée- va se retrouver au cœur d’une sombre affaire impliquant trafic d’humains, réplicants rebelles organisés en communauté, et autres conspiration de haut vol.

 

Si ce Blade Runner 2019 n’égale pas son illustre modèle (et n’en n’a d’ailleurs peut être pas la prétention), il se révèle un récit de science-fiction ultra prenant, aussi bien rythmé que mis en page et aux protagonistes nuancés.

 La présence au scénario d’un des co scénaristes du film de Scott n’est pas étranger à cette réussite tout comme la nervosité du coup de crayon de l’artiste A Guinaldo qui, après avoir fait ses armes chez DC entre autre relève le défi de s’approprier l’univers de Blade Runner.

Notons qu’en bonus on a droit à une poignée de superbes illustrations signées Syd Mead, artiste concepteur du film de 1982.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :DARK CYCLE 3

 

 

C'est de qui ? B. Frost

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Pour les B.O des deux précédentes.

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? Conclusion de haut vol, même si un peu embrouillée, paradoxe spatio-temporels obligent, la troisième et dernière saison de Dark a tenu ses promesses et a permis à Ben Frost de continuer les expérimentations sonores mis en place dans la seconde saison.

Si donc les instruments classiques ne sont pas ici à la fête, on retrouve des choses aussi intéressantes que des bandes passées à l’envers, des échos retravaillés en post prod, des chœurs masculins remixés et sonnant comme sortis d’un autre monde, le tout venant enrichir des thèmes et mélodies métalliques au confluent des époques, naviguant entre mélancolie tragique et anticipation chirurgicale.

 

Difficilement écoutable en tant que telle, la B.O de Dark Cycle 3 est une musique de SF particulièrement réussie jouant sur l’alternance entre les tensions et les atmosphères planantes de façon fort ingénieuse ce qui en fait une compagne de choix pour ce premier volet de Blade Runner 2019.

 

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab


 

 

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6 septembre 2020 7 06 /09 /septembre /2020 16:32
 

 

 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  RUINES

 

 

C'est de qui ? Riverstone

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Tabou

 

 

Déjà croisés sur le site? Non

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Dans un monde post apocalyptique une jeune femme aux formes plantureuses, évoluant dans son plus simple appareil, essaye de survivre. Elle croise un parachutiste qui se retrouve vite dans le même accoutrement et fais route avec la survivante.

Si évidement ils cherchent de quoi subsister ils sont aussi fortement attirés l’un par l’autre et ce malgré l’environnement hostile dans lequel ils évoluent. Faisant fi des dangers qui les entourent nos deux tourtereaux n’hésitent pas à céder à leurs lubriques penchants (entrainant même une troisième partenaire à un moment).

 

Bon, vous l’aurez compris, si l’album d’hier était tenu par une véritable colonne vertébrale scénaristique, ici je dirais que l’on a un postulat de départ, plutôt classique, et qu’après on est dans de la BD X pur jus où les graphismes ultra réalistes de Riverstone sont fort plaisants à regarder (bien que parfois un peu trop informatisés à mon goût) mais restent l’intérêt principal de cet album.

On peut penser au départ à un croisement entre Druuna et Manara mais les dialogues un peu trop crus et un peu trop nombreux font vite pencher la balance vers la série B d’exploitation.

Après, gardons à l’esprit que Ruines est un album de BD porno et, en ce sens, le lecteur n’est pas trompé sur la marchandise, loin de là !

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi : TNE NEW MUTANTS

 

 

C'est de qui ? Mark Snow

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Non

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? Le vétéran Mark Snow (qui a dépassé les 70 balais !) rendu célèbre pour le générique de X-Files et fort actif dans les années 90 et 2000, avait disparu des radars depuis. Il faut dire qu’hormis ses efforts pour le petit écran (Millenium et Smallville c’est lui aussi), pour le grand, l’américain n’a jamais réussi à percer, alignant quelques séries B inconnues entre les multiples saisons de différentes séries TV.

 

Le revoilà donc aujourd’hui sur le devant de la scène avec le film maudit sur les New Mutants de chez Marvel, popularisés entre autre par l’excellent Bill Sienckiewickz sur papier. Maudit parce que sujet à multiples reports, cause covid ou pas d’ailleurs, remontage, hésitation sur le mode de diffusion bref, j’en passe et des meilleurs.

 

Snow, probablement embauché dans cet esprit, fait toujours dans l’atmosphérique électronique planant, à la limite de l’expérimental parfois, même s’il a –heureusement me direz-vous- adapté son approche aux nouveaux moyens. Suite de pistes assez brèves, la B.O des New Mutants enchaîne les ambiances anxiogènes, hypnotiques ou survitaminées, le tout parfois mâtiné d’une mélancolie glacée, et s’est révélé parfois salvatrice pour cette lecture de Ruines auquel elle a apporté une aura inattendue.

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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