28 novembre 2022 1 28 /11 /novembre /2022 10:27

 

LA BD:





 

C'est quoi ? LE CHÂTEAU DES ANIMAUX. LA NUIT DES JUSTES.



 

C'est de qui ? Delep, Dorison.



 

La Couv':

 



 

C’est édité chez qui ? Casterman.

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui.



 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Après la mise à mort acharnée du chien N°1, les animaux de la ferme se sentent en position de force mais à trop vouloir combattre les monstres ne finit-on pas par leur ressembler?

C’est ce que Miss B essaie de faire comprendre à ses camarades de labeur, secondée par Azélar, le rat philosophe, qui prône la lutte non violente.



 

De son coté Silvio, dictateur ô combien rusé, nomme un nouveau numéro 1 parmi les chiens et, plutôt que de jouer la surenchère dans la violence, essaie de briser ses opposants à l’usure, en en faisant enfermer quelques-uns.



 

C’est compter sans l’intelligence et la force de caractère des meneurs de l’insurrection qui vont réussir à déjouer cette nouvelle oppression et même commencer à faire comprendre aux chiens qu’ils ne livrent peut être pas le bon combat.



 

 

Avant dernier tome de l’une des séries les plus abouties de ces dernières années, ce troisième volet du Château des Animaux fait monter tension et émotion d’encore un bon cran, puisant ses thèmes à la fois dans l’oeuvre dont elle s’inspire -la Ferme des Animaux d’Orwell (inspirée par le communisme en URSS)- mais également dans l’Histoire et ses (trop) nombreux exemples de lutte contre la tyrannie (comment ne pas voir, par exemple, dans les agissements des 2 parti(e)s en présence, les manoeuvres de Staline face à Trotsky et à ses opposants après la 2° Guerre Mondiale?).



 

Côté dessin c’est là aussi la crème de la crème comme dirait un personnage des Aristochats, et, évidemment, la référence n’est pas anodine tant les classiques de Disney ont influencé le trait de Delep, capable, d’un petit coup de crayon de faire passer n’importe quelle expression sur les faciès de ses protagonistes animaliers. 

 

Rarement la BD franco-belge aura accouché d'œuvres aussi accomplies sur le fond comme sur la forme, et c’est à saluer et faire savoir!






 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi :LE JUGE FAYARD DIT LE SHERIFF



 

C'est de qui ? P. Sarde



 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui



 

On peut écouter ?

 


 

Ca donne Quoi ? Je vous entends déjà raler sur le fait que j’aille choisir une B.O en apparence aussi lointaine que cette partition de Sarde pour le tome 3 du Chateau…gens de peu de foi…ce serait bien mal connaître le coin de penser que les choses sont laissées au hasard.



 

En effet, si le sujet du film de Boisset est la corruption judiciaire et, par extension, de la société française (nous sommes en 1974, on voit que plus les choses changent plus elles restent les mêmes n’est ce pas, mais passons), sa musique est audacieusement avant-gardiste, avec des arrangements peu répandus à l’époque et l’utilisation d’instruments à vent et cordes qu’il fait sonner vaguement folkloriques.

 

Rythme et suspense sous jacent sont les maîtres mots  d’une majorité des pistes de cette musique qui n’a pas pris une ride, dépassant le cadre du film politique pour lequel elle a été écrite et évoquant à la fois la mélancolie et la tragédie, avec cependant une pointe d’espoir de ci de là…un peu comme l’histoire de nos héros à 4 pattes luttant contre la tyrannie du Château! 





 

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16 septembre 2022 5 16 /09 /septembre /2022 07:15

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ? GAULOISES

 

 

C'est de qui ? Igort et Serio

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Futuropolis

 

 

Déjà croisés sur le site? Non

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Dans l’Italie du siècle dernier, deux hommes que tout oppose en apparence ont pourtant en commun leur gagne-pain : l’assassinat.

 

Aussi froids et efficaces l’un que l’autre, le destin finira par les mettre face à face.

 

 

Le polar graphique de cette rentrée nous vient de l’autre coté des Alpes, avec, au scénario, Igort qui revient au genre en en proposant une variation aux prémices classiques (la destinée de deux tueurs diamétralement opposés qui vont se retrouver avec un contrat l’un sur l’autre) mais au traitement des plus inhabituels, l’auteur italien préférant les ellipses et les non-dits à la voix off et aux scènes chocs.

 

 

Délaissant les crayons pour l’occasion, il laisse à son compatriote Andréa Serio le soin de sortir les siens, et il a choisi ceux de couleurs.

 

 

Délicates, voire diaphanes parfois, faussement naïves, qui mettent aussi bien en lumière les paysages aux lumières écrasantes du sud de l’Italie que des lieux bien plus glauques, elles font de Gauloises un polar clairement atypique, loin des sentiers (ra)battus du genre qui, avec ses choix de narration et de cadrages parfois déstabilisants, donnent envie de revenir à la lecture une fois l’album fini (et digéré) afin d’en apprécier, la surprise passée, les tenants et aboutissants de l’histoire et son atmosphère si particulière.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :MORT D’UN POURRI

 

 

C'est de qui ? Sarde et Getz

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui.

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? Pour leur quatrième collaboration, Lautner et Sarde choisissent de perpétuer une tradition déjà vieille de deux décennies, celle de donner au thriller la couleur du jazz.

 

Optant d’un commun accord pour un saxo soliste, c’est au grand Stan Getz que les deux hommes font appel, et, pour le même prix (ou presque !) obtiennent rien moins que Rick Laird, Billy Cobham et Billy Hart, à savoir ce que l’on fait de mieux dans le jazz à l’époque.

 

 

Ajoutons l’orchestre symphonique de Londres à ce quatuor de rêve, le tout interprétant une partition soyeuse de Sarde qui navigue entre airs langoureux et chaloupés et passages plus sobres et l’on obtient une vraie réussite du genre, moins marquée que pas mal de ses consœurs.

 

 

Une nonchalance souvent borderline, toute en nuances, un peu comme le polar atypique du duo italien du jour.

 

 

 

 

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29 avril 2022 5 29 /04 /avril /2022 14:12

 

 

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ? VALOIS. QUI S’Y FROTTE S’Y PIQUE.

 

 

C'est de qui ? Gloris & Calderon

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Delcourt

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui.

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? Le corps de Charles VIII n’est pas encore froid que déjà son successeur et cousin veut épouser la veuve afin de s’approprier la Bretagne.

Problème, il est déjà marié, mais le pape Borgia, qui a besoin des forces françaises pour conquérir le nord de l’Italie saura résoudre ce souci.

Il envoie son ambitieux de fils Césare pour mener les négociations.

 

A l’ombre de la grande Histoire nos deux héros, Henri et Blasco, nagent avec les requins et seront le jouet des grands de ce monde.

 

Fratricide, trahisons, désaveu et adultère sont de mise dans cette conclusion de Valois, riche en évènements et en scènes fortes qui confirme que cette mini série en quatre tomes est une vraie réussite de la BD franco-belge  historique, que ce soit de par son scénario bien mené et fort documenté comme par son prodigieux dessin riche et réaliste au "casting" de stars.

 

Bravo et merci messieurs Gloris et Claderon!

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :LA PRINCESSE DE MONTPENSIER

 

 

C'est de qui ? P. Sarde

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ?   Phillipe Sarde retrouve Bertrand Tavernier, sur un film d’époque moins inspiré que le précédent avec une histoire d’amour tragique pendant les guerres de religion en France au XVI° siècle.

 

Le compositeur fait le choix payant d’utiliser quasi exclusivement des instruments d’époque (flute à bec, viole, cornet, etc…) mais avec des arrangements et rythmiques résolument modernes, mettant beaucoup à contribution les percussions à cet escient. Les thèmes, qui correspondent aux protagonistes principaux, s’opposent sans cesse, passant d’un romantisme lyrique à une dureté prenante avec des voix marquées.

 

Du panache et de l’épique romantique pour ce dernier Valois haut en couleurs.

 

 

 

 

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2 septembre 2021 4 02 /09 /septembre /2021 12:19

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ? UN ROI SANS DIVERTISSEMENT

 

 

C'est de qui ? Terpant et Dufaux

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Futuropolis

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui, les deux, ensemble même.

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? A la fin du XIX° siècle alors qu’une petite bourgade montagnarde du Vercors est frappée par une série de disparitions, un capitaine de gendarmerie, Langlois, es dépêché sur place pour résoudre le cas.

 

L’enquête va être courte et efficace mais va réveiller chez Langlois de drôles de sentiments qui le poursuivront toute sa vie et, quelques mois plus tard, quand il revient s’installer à Trièves, ce n’est plus le même homme.

 

Ma première « rencontre » avec Un Roi sans Divertissement » s’est faite un peu par hasard quand j’ai découvert que Brel en avait signé le générique.

 

 

 

 

Intrigué par les paroles et les images d’ouverture du long métrage j’ai poussé plus loin la curiosité et en est été bien payé puisque j’ai trouvé l’histoire – et son adaptation- assez admirables.

 

Curiosité donc que de retrouver le récit passé par le prisme du 9° Art surtout sous la plume de Dufaux et le crayon de Terpant, le premier ayant réussi à capter l’essence du texte de Giono et le second rendant, comme à son habitude, une copie magistrale où son style réaliste fait merveille que ce soit dans  les paysages qui respirent le terroir ou les protagonistes, expressifs à souhaits, même si d’habitude je ne suis pas fan des « modèles » connus pour figurer les personnages (on trouve entre autre au casting de  ce « Roi » Daniel Day Lewis, Romy Schneider ou encore,…Jacques Terpant lui-même dans le rôle de l’assassin !)

 

Un bien bel hommage à l’un des romans les plus marquants de Giono.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :LE CHAT

 

 

C'est de qui ? P.Sarde

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD?

 

 

On peut écouter ?

 

Ca donne Quoi ? Philippe Sarde est un compositeur qui s’attache. Dans le travail du moins puisque, ne serait-ce que pour Granier Deferre, réal de ce Chat, il va écrire pas moins de 16 B.O.

 

Celle-ci est la toute première, le musicien -enfant de la balle dont le parrain est George Auric, ça aide ! - s’est décidé pour la carrière l’année précédente lors de laquelle il a composé 3 scores pour Sautet et Molinaro entre autres.

 

Afin d’évoquer la mélancolie de la vieillesse et la tension maladive qui s’installe entre les protagonistes du scénario, Sarde opte pour un piano solo dont certains arrangements et phrasés ne sont pas parfois sans faire penser à la musique sérielle voire le minimalisme.

Quelques notes et autres demi-tons, disséminés de ci de là dans des thèmes où domine la tristesse, amènent une certaine gène chez l’auditeur de par une atonalité passagère aussi peu familière qu’inattendue.

 

Un effet simple et pourtant imparable qui a fort bien fonctionné sur pas mal de passages de ce Roi sans Divertissement et son atmosphère glacée.

 

Anecdote intéressante, le thème du Chat plut tellement à Sarde que, quelques années plus tard, quand on lui commande une B.O pour Ghost Story, le compositeur n’hésites pas à reprendre sa partition du Chat pour développer toutes les idées que, de son propre aveu, il n’avait « pas eu la place » d’explorer sur le film de Granier Deferre.

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

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10 novembre 2018 6 10 /11 /novembre /2018 08:47

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  ANIMABILIS

 

 

C'est de qui ? T. Murat

 

 

La Couv':

 

 

L'Homme et les bêtes  /  Animabilis  Vs.  Le Locataire

 

Déjà lu chez nous? Oui

 

 

 

C’est édité chez qui ? Futuropolis

 

 

 

Une planche:

 

 

L'Homme et les bêtes  /  Animabilis  Vs.  Le Locataire

 

Ca donne Quoi ? En cet hiver de 1872, Victor est envoyé par son journal pour enquêter sur un chien noir aux yeux rouges qui terrorise une bourgade côtière de l'Angleterre.

 

Plus poète que journaliste, notre jeune héros idéaliste et rêveur va se buter à la froideur et à la rusticité des gens du coin et , surtout, découvrir la beauté sauvage de la lande au travers d'une femme/créature fantasmagorique avec qui il vit une liaison aussi charnelle que surnaturelle.

 

Ne vous attendez pas donc, malgré le début du pitch, à une resucée du Chien des Baskerville, si l'on a bien une paire de scènes fantastiques, l’enquête sur la créature est plus un prétexte qu'autre chose pour Thierry Murat à délivrer une réflexion sur le rapport de l'homme à la nature, la sensibilité artistique et naturelle face à la religion et à la bétise.

 

Graphiquement aussi, Aniambilis invite à une certaine langueur bucolique et contemplative, dans un style parfois un peu trop photo réaliste à mon goût mais qui sert bien son propos.

Avec ce nouvel album, Murat continue son exploration du médium dans ce que le fond peut apporter à la forme...et vice-versa.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi : LE LOCATAIRE

 

 

C'est de qui ? P. Sarde

 

 

La Couv':

 

 

L'Homme et les bêtes  /  Animabilis  Vs.  Le Locataire

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui, pas mal de fois.

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Dans une décennie bien chargée, Phillipe Sarde collabore pour la première fois avec Polanski (les deux hommes re travailleront à deux reprises, su Tess et Pirates!) pour une partition qui alterne classicisme soigné et angoisse poussée et

étrange notamment grâce à l'usage d'un harmonica de verre (sur lequel les doigts doivent être mouillés).

 

Cet instrument que l'on aurait plutôt l'habitude d'entendre dans des musiques féeriques complète ici à merveille -et à contre emploi!- des cordes souvent à la limite de la dissonance, un piano relativement minimaliste et une poignée d'instruments à vent variés.

 

Une suite d'ambiances bien liées qui, comme Animabilis, prêtent à la réflexion, à la rêverie mais aussi à l' effroi parfois.

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

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  • : Conseils d'écoutes musicales pour Bandes Dessinées
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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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