14 octobre 2021 4 14 /10 /octobre /2021 11:43

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  SAINT ELME 1

 

 

C'est de qui ? Lehman & Peeters

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Delcourt

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui, Lehman comme Peeters, et même ensemble.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Dans une bourgade européenne éloignée de tout, alors qu’un malfrat dézingue sa bande pour sauver un garçon, un détective débarque à la recherche d’un fils à maman tandis qu’une riche famille dysfonctionnelle magouille avec la maire du village.

 

Le duo Peeters / Lehman revient trois ans après le déjà très bon Homme Gribouillé avec ce premier tome de Saint Elme, phase de présentation des partis en présence où l’on trouve pêle-mêle des trafiquants patibulaires, un privé aussi caricatural que sa sidekick est marginale, une famille de mafieux en col blanc ou encore une sorte de communauté qui célèbre une cérémonie païenne qui tourne mal.

 

On sent bien que tout ceci va s’imbriquer mais pour l’instant l’ensemble reste délicieusement énigmatique.

 

 

La Vache Brulée  est un récit choral aussi hypnotique que nerveux, parfois déstabilisant, avec une noirceur constante- appuyée par le trait de Peeters et un choix de colo sombre voire glauque- et un casting aussi hétéroclite que décalé, digne d’une de ces -très bonnes- séries TV européennes que l’on a vu fleurir ces dernières années sur les Netflix et consorts, de Dark à Katla en passant par Black Mirror.

 

Lehman écrit et Peeters dessine mais on sent une vraie osmose au sein de leur processus créatif qui donne l’un des albums phares de cette rentrée !

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :BECKETT

 

 

C'est de qui ? R. Sakamoto

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? Reprenant le concept souvent payant du héros parachuté dans un environnement étranger et hostile, cette production Netflix ne restera pourtant pas dans les annales et ce malgré une bonne grosse dose d’action et de paranoïa tout au long du film.

 

Plus intéressante est sa B.O que l’on doit à la légende Ryuichi Sakamoto qui, après avoir pourtant écrit pour des grands du 7°Art (Oshima, Bertolucci, De Palma et j’en passe) n’a jamais rechigné à tenter l’aventure de la musique de jeu vidéo ou de télévision, le tout en menant de front une carrière perso aussi riche qu’éclectique.

 

Ici il propose une musique à la fois atmosphérique avec les nappes dont il a le secret, de celles qui oscillent de la mélancolie à l’étrangeté, mais aussi uber tendue avec des moments de suspense personnifiés par des ostinatos de cordes torturées sur lesquels viennent se poser de lourds sons de cuivres qui feraient baver d’envie un Hans Zimmer.

 

Le tout n’est pas parfois sans faire penser à du Penderecki sous amphètes et est, à on humble avis, bien trop bon pour le film pour laquelle cette B.O a été écrite.

Par contre, et c’est tant mieux du coup, ça fait un score juste parfait pour ce premier tome aussi halluciné qu’enlevé de Saint Elme.

 

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

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8 octobre 2021 5 08 /10 /octobre /2021 09:22

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  BLACKSAD. ALORS TOUT TOMBE.

 

 

C'est de qui ? Guarnido & Canales

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Dargaud

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui, ensemble et séparément.

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? John Blacksad se serait bien passé de ce job de protection du président du syndicat des travailleurs du métro de New York, figure intègre qui, comme son prédécesseur, est visé par la pègre.

Mission quasi perdue d’avance de maintenir un tel client en vie surtout avec les implications financières et politiques qui entourent les chantiers de la Grosse Pomme.

 

De son coté Weekly, qui en pince pour une jeune actrice de théâtre journaliste indépendante à ses heures, se met en tête d’écrire un article sur le magnat de la construction de la ville et va vite s’apercevoir que plus il y a de l’argent et du pouvoir en jeu plus les ramifications sont nauséabondes.

 

Les auteurs de Blacksad nous avaient habitués à être patients mais là il faut avouer que l’attente aura été longue. Il faut dire que l'un s'était aventuré pour les Indes tandis que l'autre voguait avec un gentilhomme de fortune.

 

Cependant la teneur de ce nouvel album, début d’un diptyque (c’est une première pour la série), console sans problèmes le lecteur amateur de Noir classique mais bien ficelé et/ou de dessin disneyen parfaitement maîtrisé, parmi ce qui se fait de mieux dans le genre.

 

Avec son intrigue à tiroirs, sa narration à plusieurs voix, son casting animalier enthousiasmant (surtout du coté des bad guys, avec des associations d’espèces bien choisies) et ses réminiscences de faits réels, ce Alors Tout Tombe convainc sans peine et fait espérer que sa suite ne tarde pas trop à venir.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :PERRY MASON

 

 

C'est de qui ? T. Blanchard

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui

 

 

On peut écouter ?

 

 

Ca donne Quoi ? J’ai un problème avec Terence Blanchard, fréquent collaborateur de Spike Lee, qui si en tant que musicien ou compositeur m’intéresse assez, je trouve plutôt « passe partout » sur ses scores pour le grand écran.

 

Dans le cas présent c’est pour le petit qu’il a écrit avec cette nouvelle version de Perry Mason.

Blanchard a fait le choix de s’inspirer du jazz d’époque tout en lui insufflant une couleur et des arrangements assez modernes.

 

Restant dans un registre underscoring qu’il affectionne, le compositeur arrive à souligner l’action et à mettre l’emphase sur le suspense sans jamais en faire des caisses.

 

La lecture de ce nouveau Blacksad aurait peut-être demandée un peu plus de pistes d’action mais dans l’ensemble la partition de Blanchard fait son job.

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

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1 octobre 2021 5 01 /10 /octobre /2021 09:09

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  DANS LA TETE DE SHERLOCK HOLMES 2

 

 

C'est de qui ? Lieron & Dahan

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Ankama

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui sur le tome 1.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Fort de ses méthodes d’observation et d’analyse, le génial détective de Baker Street remonte le fil (rouge !) des enlèvements liés au théâtre chinois et met à jour un lugubre projet ourdi par la vengeance de son magicien.

 

Le « bad guy » de ce Ticket Scandaleux est un bel exemple d’écriture qui sait s’éloigner du pastiche et ses motivations en feraient presque la victime de l’histoire si son plan machiavélique n’était pas si sordide !

 

Son erreur ? Avoir voulu se frotter au cerveau quasi infaillible de Sherlock Holmes.

 

C’est dans ce cerveau que nous plongent à nouveau le duo derrière ce diptyque aussi original que bien écrit où la forme se met en quatre au service du fond sans quasiment jamais le desservir.

 

 

Alors autant le dire d'emblée, c'est vrai que l'on pourra trouver que, le trop étant l’ennemi du bien, les trouvailles graphiques et narratives de Benoit Dahan donnent parfois le tournis et n’aident pas toujours à suivre un scénario pourtant limpide mais le plaisir de lecture n’en n’est pas gâché pour autant, loin s’en faut.

Mais le concept même colle tellement bien au héros, avec ce décorticage en règle du fonctionnement de son raisonnement, que le plaisir de bédéphile est indéniable.

 

Un mot d'ailleurs sur le maîtrise du « sujet ». Elle est aussi profonde qu’admirable, on sent en effet qu’au delà du background historique, solidement ancré dans le contexte géopolitique de l’époque et bien exploité, les auteurs ont une connaissance et un amour de l’œuvre de Conan Doyle que les amateurs (dont votre serviteur fait partie de très longue date) apprécieront à leur juste valeur.

 

Comme on l’espérait lors de la chronique du tome précédent, une nouvelle enquête est déjà prévue, en un tome, et c’est une excellente nouvelle !

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :SHERLOCK HOLMES ATTAQUE L’ORIENT EXPRESS

 

 

C'est de qui ? J. Addison

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Une poignée de fois oui.

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Ecrire un bon pastiche est au moins aussi difficile que d’écrire un récit « canon », surtout en ce qui concerne des monuments culturels comme Sherlock Holmes.

 

La solution à 7 pour cent (devenue donc en VF à l’époque une « attaque de l’Orient Express » !!) voit le célèbre locataire de Baker Street accompagné par son fidèle Watson à Vienne afin que Freud le guérisse de son addiction à la cocaïne.

 

Le voyage sera bien entendu l’occasion pour Holmes de mettre ses talent à exécution.

Le vétéran John Addison qui a presque trois décennies de carrière derrière lui, et a écrit pour des pointures comme Hitchcock ou Mankiewickz, s’amuse ici comme un petit fou à singer à la fois les codes du genre, avec quelques belles pistes dédiées au suspense (on y retrouve des idées développées sur le Rideau Déchiré d’ailleurs), mais aussi les styles folkloriques des différentes contrées traversées par le duo.

 

Avec une bonne humeur communicative parfois digne d’un film d’animation et, of course, un violon bien mis en avant, cette B.O est aussi agréable avec le film de Ross qu’avec le second volet de Dans la Tête de Sherlock Holmes !

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

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27 septembre 2021 1 27 /09 /septembre /2021 09:21

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  DOCTEUR RADAR. MORTS A VENISE.

 

 

C'est de qui ? Simsolo & Bezian

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Glénat

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui, sur les précédents.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? L’Italie de l’entre deux Guerres ; alors que Mussolini assoit peu à peu son pouvoir sur la Botte, Radar est furax : la formule pour faire décoller la fusée qui lui permettrait de menacer la terre de bombardements massifs, est incomplète.

 

Qu’à cela ne tienne, si Straub, son ennemi juré, ne veut pas lui livrer, le savant fou va faire régner la terreur sur la cité des Doges.

 

Etranglement de politiques, sulfatage meurtrier de civils par un avion rasant la lagune ou encore … piranhas, l’imagination de Radar n’a d’égale que sa cruauté !

Mais ses opposants ont eux aussi plus d’un tour dans leur sac et ils vont devoir rivaliser d’audace et d’ingéniosité pour contrer le maître du crime !

 

Trois ans après un second tome un petit peu en deça du premier, Bézian et Simsolo reviennent en forme sur cet ultime chapitre de leur série/hommage aux feuilletons criminels du début du siècle dernier.

Radar y est machiavélique, ses ennemis sont à la hauteur de son génie, les femmes y sont forcément fatales et l’action et le suspense sont les maîtres mots de cette course poursuite pyrotechnique et granguignolesque.

 

Bézian propose des découpages intéressants avec des scènes sur plusieurs cases dynamiques et, si son casting a parfois tendance à se ressembler dans les seconds rôles, ses personnages ont toujours ces gueules taillées à la serpe qui les rendent si charismatiques.

 

Une belle conclusion à une trilogie originale et aboutie.

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :BABYLON BERLIN

 

 

C'est de qui ? Klimek & Tykwer

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Non

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? « Couple » de cinéma assez improbable sur la papier, l’australien Klimek et l’allemand Tykwer ont néanmoins à leur actif une filmo aussi intrigante qu’éclectique.

Là où le premier est exclusivement compositeur, le second, est d’abord réalisateur et on lui doit des films comme Cours, Lola Cours, l’Enquête ou encore l’adaptation du Parfum.

 

Les deux hommes écrivent la plupart de leurs opus à quatre mains pour des résultats très convaincants, Lana (ex-Larry) Wachowski a d’ailleurs fait appel au duo pour les B.O de Cloud Atlas et du prochain Matrix.(oui, je sais je me le demande aussi : avions-nous besoin d’un autre Matrix ?!)

 

Pour Babylon Berlin, la version TV des romans de Kutscher, le duo s’est bien évidemment inspiré de la musique d’époque, utilisant un piano désaccordé ou encore des airs de music hall mais tout en gardant un esprit très film noir et des arrangements volontairement actuels.

 

Au milieu de chansons connues mises à la sauce 1920 (Brian Ferry fait d’ailleurs une apparition dans une saison où il chante un titre de Roxy Music), un orchestre assez consistant interprète la partition du duo en alternant des ambiances chargées musicalement et des pistes plus underscoring, dédiées aux atmosphères tendues des scènes.

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

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27 août 2021 5 27 /08 /août /2021 07:53

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  UN ETE CRUEL

 

 

C'est de qui ? Brubaker & Phillips

 

 

La Couv':

 

C’est édité chez qui ? Delcourt comics

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui très souvent.

 

 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ? J’ai eu la « malchance » de découvrir Criminal, la série phare de Brubaker et Phillips, alors que je terminais une énième lecture des Sin City de Miller. Et à l’époque j’avais jugé que cette dernière était bien supérieure à Criminal et j’ai gardé ce préjugé pendant quelques années.

 

Force est de reconnaître que je me méprenais, les deux séries, si elles sont chacune à leurs manières ancrées dans une tradition du Noir Américain, ont leurs qualités (et leurs défauts) propres, partagent certes des points communs (la voix-off omniprésente, les loosers magnifiques, les femmes fatales…), mais restent deux oeuvres aussi différentes que magistrales.

 

Ce huitième tome de la série qui vient de paraître en VF (même s’il est présenté comme un hors-série, il s’agit bien, selon les propres dires de Brubaker en fin de bouquin, d’un tome de l’arc principal) revient sur la façon dont est mort Teeg Lawless, l’un des protagonistes principaux de l’histoire, et sur ce qui a forgé le caractère orageux de son rejeton et des potes de ce dernier. Le tout via le récit imbriqué de destinées qui s’entrechoquent sur fond de casse d’envergure.

 

Au scénar comme au dessin les habitués de Criminal ne seront pas déçus, l’univers de la série est toujours aussi poisseux et désespéré, avec son casting de has been attachants dans leur tragédie, croqués de façon viscérale par un Phillips toujours au top.

 

 

Petit bémol sur la colo du fiston, qui m’avait déjà fait tiquer sur le tout récent Pulp et qui, je trouve, est un peu excessive sur certaines cases ; mais rien qui gâche le plaisir de ce gros TPB que les amateurs ne reposeront pas avant de l’avoir terminé.

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :THE BIG SLEEP

 

 

C'est de qui ? J. Fielding

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD?

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

Ca donne Quoi ? Après plus d’une décennie a avoir collaboré avec les grands noms du cinéma américain, et pu, sur les longs métrages de Peckimpah surtout, expérimenter dans divers domaines (adaptation de musique classique, sonorités folkloriques et autres free jazz avant-gardiste) Jerry Fielding est mandaté pour écrire la musique du remake du Grand Sommeil avec Mitchum en lieu et place de Bogart.

 

Si cette version de 78, n’est pas à la hauteur de son modèle (reconnaissons que l’intrigue du roman d’origine est assez brumeuse par moment) et que la transposition dans le Londres des 70’s n’amène rien à l’histoire, bien au contraire, la musique de Fielding est par contre une belle réussite du genre.

 

Bien plus sobre que sur pas mal de ses précédentes partitions, le compositeur écrit des thèmes à la croisée des styles d’un Lalo Schifrin et d’un John Barry, moins groovy cependant, avec une place importante réservée au suspense et à l’underscoring via des plages de piano, de cordes ou encore de vents qui opèrent quelques savantes montées en puissance quand l’intrigue le demande, appuyés par des rythmiques savantes.

 

Classique dans l’esprit, le score de The Big Sleep sait évoquer beaucoup sans trop en faire et son atmosphère pleine de tension est très raccord avec ce nouveau Criminal.

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

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  • : Conseils d'écoutes musicales pour Bandes Dessinées
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  • : "...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)
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