1 avril 2023 6 01 /04 /avril /2023 17:08

 

 

LA BD:





 

C'est quoi ? LE TEMPS EST ASSASSIN



 

C'est de qui ? Brrémaud et Berr



 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui ? Philéas

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui, les 2.



 

Une planche:

 

 

 

Ca donne Quoi ?Ayant découvert l’oeuvre de Michel Bussi via -déjà- une adaptation BD de Nymphéas Noirs, j’avais trouvé ça alléchant.

 

Mais force a été de reconnaître que c’est surtout la vision de Didier Cassegrain et son trait ô combien sensuel et expressif qui avait opéré le charme, en effet mes tentatives de lecture d’autres bouquins de Bussi s’est révélée décevante, le style et l’univers de l’écrivain n’étant clairement pas ma tasse de thé.



 

Ce n’est pas cette version du Temps est assassin qui me fera changer mon fusil d'épaule, même si le travail des auteurs de l’album BD n’est pas en cause.



 

En effet Fred Brrémaud, dont nous avons lu des choses fort sympathiques ici, fait de son mieux pour synthétiser plus de 500 pages de roman en à peine plus d’un cinquième de BD, ayant forcément recours à pas mal de récitatifs mais avec des trouvailles narratives intéressantes, bien appuyé par le trait réaliste de Nathalie Berr qui, si elle m’avait plus emballé avec le Paris sous les eaux des Naufragés du métropolitain, rend aussi bien les paysages bucoliques et sauvages de la Corse que l’expressivité des protagonistes.



 

Après, cette histoire de famille un peu embrouillée, aux personnages  un brin cliché qui aligne quelques poncifs d’époque (musicaux, cinématographiques, culturels pour ne pas dire folkloriques…) et à la conclusion capilotractée s’il en est ne m’a clairement pas accroché.

 

Je viens de voir que TF1 l’avait adapté en téléfilm avec une pléiade d’acteurs aux jeux pire les uns que les autres, ce n’est encore clairement pas une version qui me réconciliera avec Bussi! 








 

LA MUSIQUE:





 

C'est quoi :MIO CARO ASSASSINO



 

C'est de qui ? E. Morricone



 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Plein de fois oui.



 

On peut écouter ?

 


 

Ca donne Quoi ? Le début des années 70, période la plus prolifique est intéressante de la carrière pourtant ô combien riche de Morricone, voit ce dernier collaborer de nouveau avec le réal de Mon nom est Personne pour la musique de son unique giallo.

 

Cette série B, noyée au milieu d’une surproduction transalpine à l’époque,   se démarque cependant de la masse par un  sens soutenu du suspense, la crudité de certaines scènes, et, o f course, sa B.O.

 

 

La partition du compositeur qui commence déjà à expérimenter sur ses scores dans l’esprit jazz fusion que des gens comme Miles Davis affectionnent, avec un saxo radicalement free jazz et des parties de percussions jouées en même temps à la batterie et au vibraphone amènent une touche d’originalité manifeste

 

Les scores dit « expérimentaux » de Morricone sont loin d’être parmi ses plus connus et c’est fort dommage car ils se révèlent tous aussi intéressants et efficaces. Ici l’ambiance flirte avec l’irréel, la peur de l’inconnu ou encore l’angoisse névrosée.

 

Une B.O qui a fait beaucoup de bien au Temps Assassin de Bussi version cases et bulles!





 

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13 novembre 2022 7 13 /11 /novembre /2022 13:56


 

LA BD:




 

C'est quoi ? SANS UN MOT…


 

C'est de qui ? Elena Ominetti & Jerbert


 

La Couv':

 


 

C’est édité chez qui ? Tabou

 

 

Déjà croisés sur le site? Non.


 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Quatre récits coquins composent cet album: 

 

Une femme rentre chez elle et surprend un cambrioleur…en train d’essayer ses dessous sexys! Ni une ni deux, voilà nos deux protagonistes en plein ébats SM, pour le bonheur de l’un comme de l’autre.

 

A l’aéroport une méprise de valise amène un jeune homme et une rouquine peu farouche adepte de photos dénudées à se rencontrer et à coucher ensemble dans une chambre d'hôtel où la jeune femme va réalier que son amant d’un soir est en fait…photographe de nu.

 

 

On le sait (et pour cause!) dans une bibliothèque le silence est de mise. Quand une usagère y regarde une vidéo x sur son smartphone elle subit les foudres (et pas que!) de la bibliothécaire qui s’avère être…la fille de la vidéo et…un petit peu plus même.

Il va être difficile de rester silencieuses pour le coup.

 

Dans un bar où se produit une belle chanteuse un mec préfère regarder un match de foot sur son téléphone plutôt que de profiter de la soirée avec sa copine. Quand la chanteuse commence à s’éffeuiller, invite la copine en question à la rejoindre sur scène pour quelques échanges saphiques, et que le reste de la salle devient une orgie, c’est notre beauf amateur de foot qui reste …bête.



 

Pas évident, nous l’avons déjà vu chez nous, de faire de la BD complètement muette qui soit assez graphique pour rester lisible et narrative sans l’aide des bulles et phylactères.


 

Comme son nom l’indique Sans un mot… en est une - de BD muette- mais ce qu’il n’indique pas -mais vous l’auriez deviné vu la thématique de la chronique (et la couv plutôt suggestive)- c’est que c’est également une BD pour adultes.


 

Alors cela étant on est plutôt ici sur de l’érotisme classe que sur du X avec gros plans explicites mais le sexe est bien présent, joliment suggestif et bien dessiné dans un style semi réaliste détaillé au choix de colo intéressant: tout en niveau de gris avec une seule couleur, différente pour chaque héroïne/histoire.

L'ensemble est très réussi et a donc largement de quoi emballer les amateurs du genre. 

 





 

LA MUSIQUE:




 

C'est quoi :L’AUTOMOBILE


 

C'est de qui ? E. Morricone


 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui

 

On Peut écouter?

 

 

Ca donne Quoi ? Les années 70 sont pour Morricone synonymes à la fois de liberté créatrice et d’expérimentation. Au milieu de quelques grosses productions, le maestro enchaîne à un rythme quasi dément les scores de séries B et autres productions mineures sur lesquelles, bien souvent, il a quartier libre et ne se fait pas prier pour en profiter.


 

Sur cet épisode d’une trilogie télévisuelle dont le quasi seul atout (outre la musique de Morricone) est la présence d’Anna Magnani, le compositeur mélange des éléments à priori disparates de ses oeuvres habituelles: classicisme romantique racé, folklore italien sautillant, ambiances jazzy  et, last but not least, électricité torve (qu’il réservait en général au giallo).


 

D’un résultat qui aurait pû être juste indigeste sur le papier, Morricone tire une musique envoûtante voire hypnotique, quasi intemporelle et, évident, difficilement qualifiable côté genre.

 

Qualité et variété qui, si pas inoubliable, se révèle très agréable à écouter, tout comme Sans un mot…l’a été à lire d’ailleurs.




 

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18 avril 2022 1 18 /04 /avril /2022 08:54

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ? AU NOM DU PAIN. MARCELIN.

 

 

C'est de qui ? Gaudin & Le Jeune

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Glénat

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui, les deux.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Saint Jean, petit village français où, en cette fin des années 30, la famille Martineau vient s’installer pour ouvrir une boulangerie. Si les affaires décollent vite, l’arrivée de guerre suivie de celle des soldats allemands, va chambouler leur petite vie.

Mobilisé au front, le père meurt dans un bombardement et Marguerite et ses deux grands enfants doivent se débrouiller seuls.

 

Marcelin, le fils, entre en contact avec des résistants et, bientôt les Martineau participent activement à la lutte contre l’occupant en délivrant des messages codés dans leurs pains.

 

Mais l’intérêt du gradé allemand pour Marguerite, et un faux pas de nos courageux boulangers, va les mettre dans un sale…pétrin !

 

 

Très bonne entrée en matière que ce premier tome d’une saga ambitieuse puisque son but est de narrer trois décennies  de l’Histoire avec un grand H via le prisme de celui d’une famille de boulangers.

 

Si ce récit de résistance est plutôt classique, il est porté par des personnages bien écrits, ne manque ni de rythme ni de suspense et bénéficie du dessin semi réaliste de Steven Lejeune qui produit des décors riches et détaillés imprégnant encore plus le lecteur dans l’époque.

 

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :L’AGNESE VA A MORIRE

 

 

C'est de qui ? E. Morricone

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Beaucoup.

 

 

On peut écouter ?

 

Ca donne Quoi ? Dans une décennie complètent folle où il compose certaines années plus d’une douzaine de B.O sans quasiment jamais sacrifier à la qualité, Ennio Morricone change de style comme de chemise.

 

Ainsi en 1977 il écrit pour du film d’horreur, du thriller politique, un film sur une orque tueuse ou encore des films de guerre.

 

C’est évidemment dans ce dernier genre que l’on a pioché le score du jour, celui de L’Agnese va a morire, qui partage plus d’un élément avec ce premier tome d’Au nom du pain puisqu’il se déroule dans les années 40 et que  l’on y retrouve aussi une jeune femme dont le mari a été victime de l’ennemi et qui va entrer dans la résistance.

 

Le maestro italien navigue entre romantisme tragique et suspense lyrique, avec, en corps principal, les vents, aux accents mélodramatiques toujours maîtrisés, appuyés par une section de cordes sur un rythme faussement martial qui n’est pas sans faire penser parfois à un hymne.

 

 

 

 

 

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16 février 2022 3 16 /02 /février /2022 10:15

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ? AMOUR CRU

 

 

C'est de qui ? El Diablo & Gyl-N au scénar et G. Mardon au dessin.

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Glénat

 

 

Déjà croisés sur le site? Mardon oui.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Charlie et Mélina, deux trentenaires célib’ sont des copines d’enfance aussi différentes que possible. Là où la première est réservée voire coincée, l’autre a littéralement le feu au cul et est avide d’expériences -sexuelles of course- d’un soir.

 

Aussi quand Charlie ne donne plus de nouvelles pendant de longues périodes à son amie, cette dernière découvre qu’elle a rencontré le grand amour en la personne d’Alan, un galeriste un peu snob.

 

 

Les deux amants vivent une love story parfaite en apparence mais une nuit, invitée chez eux, Mélina découvre qu’ils se livrent à des jeux érotiques empreints de cannibalisme.

 

Leur perversion va les mener jusqu’au point de non-retour.

 

 

Décidément ce premier cycle érotique m’aura donné l’occase de vous parler -un peu !- de moi puisque la parution de ce nouvel album de la collection Porn n pop dirigée par Céline Tran (qui jusqu’à présent ne décoit pas, loin s’en faut) m’a beaucoup fait penser à deux films que j’ai vus à l’époque de mes études de cinéma, à savoir l’Empire des Sens et, surtout, Trouble Every Day.

 

Dans ces deux longs métrages aussi il est question de mise en danger par la passion dévorante, de pratiques extrêmes, d’anthropophagie sexuelle (dans le second, que je ne saurais que vous conseiller : Dalle y est très bien, Gallo tout en retenue et la bande son signée Tindersticks est aussi réussie que déroutante).

 

Amour Cru est une réussite aussi bien dans son scénar qui sait éviter les écueils, qui allie les atouts d’une BD de cul excitante tout en traitant un sujet délicat, oscillant entre l’humour noir, le X et le drame, que dans son dessin où l’on retrouve le toujours très original Grégory Mardon dans un style graphique plus lâché qu’à l’accoutumée, flirtant avec la caricature voire presque psyché sur certaines scènes.

 

On a donc gardé le meilleur pour la fin, sans aucun doute !

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

 

C'est quoi :SO FINE

 

 

C'est de qui ? E. Morricone

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Oui

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

 

Ca donne Quoi ? Alors qu’il sort de la décennie qui l’aura vu écrire ses partitions probablement les plus éclectiques et expérimentales, par paquet de dix (si, si !), Ennio Morricone entame les années 80 avec autant d’entrain mais de façon plus conventionnelle.

Ainsi, entre les partitions travaillées de la Passante du Sans Soucis et du Professionnel (dont le thème passera à la postérité via une pub pour …croquettes pour chiens) le maestro se frotte à une paire de comédies dont ce ratage américain à l’affiche putassière s’il en est.

 

Mais Morricone n’est pas homme à bâcler son ouvrage et il flirte ici largement avec le pastiche, que ce soit de la musique classique ou pop, le tout dans une bonne humeur aussi communicative que variée.

 

Si une paire de pistes ont assez mal vieillies, le reste de cette B.O légère amène le même décalage bienvenu à Amour Cru que le trait débridé de Mardon.

 

 

 

 

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21 août 2021 6 21 /08 /août /2021 16:51

 

 

LA BD:

 

 

 

 

C'est quoi ?  MARQUE PAR LE DIABLE.

 

 

C'est de qui ? Corteggiani & Tisselli

 

 

La Couv':

 

 

C’est édité chez qui ? Mosquito

 

 

Déjà croisés sur le site? Oui, ensemble d'ailleurs.

 

 

Une planche:

 

 

Ca donne Quoi ? Un agent de la police montée canadienne part sur les traces d’une jeune indienne disparue dans les montagnes. Rapidement notre homme va découvrir qu’il est sur la piste sanglante laissée par une bande d’illuminés menés par un pasteur fanatique qui enlève de jeunes femmes afin de leur faire subir les pires sévices.

Dans les hauteurs glacées c’est la poudre qui fait loi.

 

Dans la lignée des Tex édités ces dernières années, Mosquito nous propose ce récit âpre et sans concessions qui emprunte autant au code du western que du road movie et dont la partie graphique, signée Tisselli, est assez époustouflante, toute en couleur directe, avec de magnifiques paysages enneigés qui contrastent avec le gore de certaines scènes de fusillades.

 

Un bel album pour clore ce cylce, qui ravira les amateurs de western  et de beau dessin.

 

 

 

LA MUSIQUE:

 

 

 

C'est quoi : PISTOLS DON'T ARGUE

 

 

C'est de qui ? E. Morriconne

 

 

La Couv':

 

 

Déjà entendu chez B.O BD? Très souvent.

 

 

On peut écouter ?

 

 

 

 

Ca donne Quoi ? Juste avant de devenir le maître étalon de la B.O de western spaghetti (et pas que), Ennio Morriconne met en musique ce film de seconde zone qui lui permet, comme ce sera souvent le cas sur des dizaines de séries B de genre, d’expérimenter à loisir sur sa partition.

 

Si le générique est assez lambda et porte la marque indélébile de son auteur, le reste est quasiment toujours à contrepied des figures imposées. Le piano joue sur des rythmiques aussi inattendues que changeantes, l’harmonica est complètement en retrait avec des apparitions sporadiques et stressantes, les incursions dans le registre atonal mettent l’auditeur mal à l’aise tant elles semblent sorties de nulle part…

 

Et pourtant l’ensemble fonctionne fort bien, installant une ambiance aussi sombre que celle du Marqué par le Diable de Corteggiani et Tisselli , finissant de faire de la lecture de ce premier western de 2021 une franche réussite.

 

 

 

 

 

 

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Une Chronique de Fab

 

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