Ca donne Quoi ? France, le XVIII° siècle, les duels d'honneur n’ont pas encore été interdits et sont parfois -souvent!- mortels!
C’est ce qui va arriver au père de Françoise et conditionner l’existence de la jeune fille qui ne vivra désormais plus que pour la vengeance.
Mais avant de défier le meurtrier de son père, le redoutable -arme à la main comme dans des draps- Baron de Valmy, Françoise va devoir améliorer sa science de l’épée… et se faire passer pour un garçon, les duels étant interdits aux femmes.
Elle jette son dévolu sur un ancien maître d’armes, devenu peintre et alcoolique, qui va accepter de la former.
Nous avions laissé Triff dans ses relectures coquines de contes célèbres, puis dans son détour romain, album un peu frustrant de par le coté érotique finalement assez light.
Le reproche pourrait être le même sur cette nouvelle série de cape et d’épées (et de cul), les scènes hot étant peu nombreuses avec sur certaines un sentiment de “tiens je rajoute du X ici pour le côté album pour lecteurs avertis”.
Néanmoins la qualité des scènes en question, du trait de l’italien en général et, cerise sur le gâteau, du scénario (même si le postulat de départ est assez classique) fait de cette Duelliste une réussite.
LA MUSIQUE:
C'est quoi : SUITE ELISABETHAINE
C'est de qui ? J. Ibert
La Couv':
Déjà entendu chez B.O BD?
On peut écouter ?
Ca donne Quoi ? Ecrite en 1942, alors qu’Ibert est en exil (du parti Nazi) à Antibes, cette pièce musicale est au départ une musique de scène qu’il a composé pour une représentation théâtrale marseillaise du Songe D’une Nuit d’été Shakespearien.
Une œuvre pour soprano solo, orchestre, et chœur féminin, enjouée et racée, qui doit beaucoup à la musique de Purcell et de Gibbons, très illustrative (il ne faut pas oublier qu’Ibert à été accompagnateur de films muets aux débuts de sa carrière).
Un équilibre délicat entre grande musique et score cinématographique qui est très agréable en lisant ce premier tome de la Duelliste.
Ca donne Quoi ? A la fin du précédent opus, on quittait Petit, seul au milieu de la terrible forêt des Oloks, on opère dans ce quatrième tome un retour en arrière pour évoquer l’existence tumultueuse de sa mère, Bragante, première née du Fondateur, terrible souverain au look de Raspoutine, également père d’une poignée de garçons aussi bêtes que méchants qui donneront bien du fil à retordre à notre héroïne.
Femme de tête, lettrée et maline, elle aura hélas beaucoup de peine à tenter de renverser un pouvoir patriarcal et brutal qui finira par causer sa perte.
Si, à l’époque de la sortie du premier tome de cette magnifique série, Bertrand Gatignol m’expliquait, lors d’une rencontre-dédicace à Aix en Provence que l’univers des Ogres Dieux était si riche qu’Hubert et lui pouvaient proposer de nombreux albums en fonction du succès rencontré.
La disparition tragique du scénariste plus tôt cette année (qui aura vraiment été pourrie) met probablement un terme à ce qui va rester, à mon sens, comme l’un des fleurons de la BD Franco-Belge tous genres et époques confondus.
Entre la finesse des dialogues, la psychologie des personnages, les thématiques abordées (la place de la femme, la vanité, l’accès à la culture…), les scénarios dignes héritiers des meilleurs contes et légendes classiques et, last but not least, le trait hybride diablement expressif de Gatignol, à la croisée des chemins de l’animation, du manga et de l’illustration, les Ogres Dieux est une réussite totale, un mariage du fond et de la forme rare, un plaisir sans fin de lecture.
Peut être, qui sait, Bertrand Gatignol, seul ou accompagné d’un scénariste qui développerait les idées prévues par le talentueux et regretté Hubert, nous donnerons encore à lire les destins hors du commun de leur saga pleine de bruit et de fureur, mais même si ce n’est pas le cas, et si l’on se sent un peu orphelins à la fin de ce Première Née, on le referme en se disant qu’on a été témoin de la création d’un chef d’œuvre !
LA MUSIQUE:
C'est quoi : DIANE DE POITIERS
C'est de qui ? J. Ibert
La Couv':
Déjà entendu chez B.O BD? Oui.
On peut écouter ?
Ca donne Quoi ? Compositeur touche à tout aux multiples talents, qui a œuvré dans quasiment toutes les formes de la musique classique et s’est frotté, avec réussite, au monde du cinéma, Jacques Ibert fonctionnait, de son propre aveu, beaucoup aux émotions.
Ainsi quand Isa Rubinstein lui commande un ballet ayant pour thème Diane de Poitiers, il conjugue la musique traditionnelle en France au XVI° siècle et la panache de folklore Russe et Inca (nations représentées par des rinces dans la pièce).
Musicien curieux, amoureux du mélange des tessitures, il complète ses sections de cuivres et de vents par des instruments moins classiques, du glockenspiel (sorte de xylophone double) à la harpe en passant par le hautbois d’amour, le vibraphone ou encore tout un assortiment de percussions.
Le résultat est très vivant, passant de la mélancolie langoureuse à un héroïsme joyeux qui inspirera probablement les compositeurs de cinéma d’aventure des décennies suivantes.
Une superbe pièce assez eu connue et d’une richesse rare, tout comme cet ultime ( ?) volet des Ogres Dieux !
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Bonjour Bertrand et merci d’avoir accepté de te prêter au jeu du questionnaire croisé B.O/BD.
Commençons par un classique :
Tes Cinq Cd de chevet ?
En ce moment et pendant la production de Première Né
Parachutes de Coldplay
Kiwanuka de Kiwanuka
Persona de Bertrand Belin
Let it be Naked des Beatles
Le Requiem de Mozart
Et tes Albums de Bd ?
Le Discours de la Panthère
Kingdom
Golden Kamui
Slam Dunk
Yawara
Les influences et les goûts :
Une musique de film qui t’a marqué, que tu affectionnes particulièrement (indépendamment du film) ?
Akira
Qui sont tes maîtres à penser en BD, ceux qui t’ont donné envie d’en faire, quelles sont tes influences ?
Katsuhiro Otomo
Akira Toriyama
Osamu Tezuka
Tom et Janry
Lambil et Cauvin
Ton travail :
Ecoutes tu de la musique quand tu dessines, et plutôt quoi ?
Je fais une play liste par album sur Deezer il y a un peu de tout dedans. Celle du Grand Homme était vraiment bien mais je l’ai effacé par mégarde. Quand je dis de tout c’est vraiment de tout:)
Ce sur quoi tu travaille actuellement, tes prochains projets (si tu as la liberté de les évoquer bien sur) ?
Sur du design en animation et sur un album où je serais aussi au scénario.
Et si…
…en lieu et place de la Bande Dessinée tu avais fait de la musique tu aurais été qui, tu aurais joué quoi ?
Mozart ou Schubert :)
Encore un grand merci pour tes réponses, et au plaisir de te retrouver dans les pages de Bandes Originales Pour Bandes Dessinées !
Ca donne Quoi ? Pas sur que beaucoup d’enfants lisent ou liront encore le Don Quichotte de Cervantes. Mais ce n’est pas très grave puisque Martin Desbat nous en livre une version délirante et poétique avec son Chasseur, traqueur de gibiers de toutes sortes, tant que celui-ci sort de l’ordinaire. Seulement voilà, notre chasseur n’est pas doué pour son sport favori, c’est rien de le dire mais, grâce à son ingénieux serviteur, Sancho (oui, hein !) l’honneur est sauf même si les animaux ne finissent pas empaillés malgré les indénombrables trophées qui ornent la demeure de nos héros (excellente trouvaille que les animaux attendant bien sagement de l’autre coté des murs, ma fille a beaucoup aimé !). Bref, entre un bestiaire original et délirant, un style graphique haut en couleur et une narration au rythme enlevé, cette nouvelle série jeunesse à tout les atouts de son coté pour plaire au plus grand nombre!
LA MUSIQUE
C'est Quoi ? LES RENCONTRES
C'est de Qui ? Jacques Ibert
La couv'
Déjà croisé chez nous ? Oui
On peut écouter?
Ca donne Quoi ? Ce sont, plus exactement, les « 3 pièces de Ballet » des Rencontres d’Ibert que j’ai écouté avec Le Chasseur de rêves. Respectivement intitulées Les Bouquetières, les Créoles et les Bavardes, ces trois compositions regroupées en forme de ballet sont assez typiques du style de leur auteur. Ibert, qui, nous l’avons vu déjà chez nous, a composé pour l’écran et pour la scène, était assez versé dans le domaine de la musique illustrative et évocatrice. On pense dans cette description de personnages de la société à la dans évidemment, mais celle du ballet populaire, du music-hall. L’ensemble est enlevé, culmine en un virevoltement des instruments des plus entrainants et dégage une joie et une énergie communicative. Un accompagnement un rien décalé avec la BD de Martin Desbat mais qui lui confère un autre niveau de lecture que les adultes ne renieront pas.
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Conseils d'écoutes musicales pour Bandes Dessinées
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"...ces illustrations sonores. On apprend toujours quelque chose avec elles. Y compris sur des œuvres qu'on a soi-même écrites." Serge Lehman. (La Brigade Chimérique, Metropolis, L'Homme Truqué)